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dimanche 17 septembre 2023

Lison Hovington partie trop vite, trop loin

Lison et sa sœur Claire-Hélène qui a pris soin d'elle jusqu’au bout.


Chère Lison,

 

Je ne peux pas croire mes mots surgissant du clavier pour dire tout mon chagrin, confrontée que je suis à la mort d’une amie si précieuse.

 

Lison, tu  étais comme un soleil qui enveloppait sans brûler. Un soleil doux permettant une floraison colorée dans les jardins les plus secrets de nos cœurs.

 

Nous étions toutes deux dans la jeune vingtaine quand, par nos métiers, nous nous sommes rencontrées. Par quelle magie, toi plus jeune que moi de 5 ans, tu es devenue la grande sœur que je n’ai pas eue. Tu as été le témoin de mes élans comme de mes peines, tempérant ma nature fougueuse lorsque tu devinais les dangers que je refusais de voir. Protectrice, là était ta magie. Et nous fûmes plusieurs à bénéficier de ce don généreux. 

 

Les rencontres professionnelles se sont multipliées. Nous nous sommes reconnues dans l’amour de la vie, le plaisir du rire, la quête de vibrer au talent et à la beauté des autres. Nous étions un terreau fertile où s’est épanoui une amitié qui aura duré un demi-siècle.

 

Il paraît qu’avant de mourir on revoit notre vie. Il y a donc une mort en moi, car défilent dans ma tête tous nos souvenirs. J’ai été témoin de tous tes combats, ceux du cœur, de la maladie. Tu étais arrivée à l’aube d’un nouveau bonheur, celui de vivre auprès d’une tendre présence fraternelle dans un lieu paradisiaque, délivrée des soucis financiers, te préparant à vivre de beaux voyages sur les traces de Paul Gauguin.

 

Tu n'as pas eu le temps d’imaginer que rodait en toi un ennemi redoutable menaçant ta vie. Tu as subi le choc d’un verdict qui criait à l’urgence d’entreprendre des soins. Une biopsie ratée, suivie d’un mois interminable d’une attente pour le diagnostic fatal. Tu t’es sentie abandonnée par un système déshumanisé.

 

Le temps est devenu ton objectif majeur. Gagner du temps pour retarder le plus possible ce départ non voulu. Tu as traversé quatre séances de chimiothérapie avec courage, subissant les contre-coups dans l’espoir de conquérir du temps pour vivre. Tu as retrouvé les plaisirs gourmands, franchissant chaque jour comme tu as franchi les marches de cet escalier construit pour toi afin de t’installer dans la cache à l’affût du gibier. Tu as retrouvé ton rire, reconstruit tes rêves de voyages lorsque tu as su que la tumeur était réduite de 40%.

 

Et voilà que, quelques jours plus tard, la grande faucheuse t’as surprise en prenant un autre chemin pour t’atteindre. Une embolie pulmonaire. Tu as sombré dans l’inconscience, malgré les soins des ambulanciers. Tu t’es envolée en quelques heures vers ton dernier et mystérieux voyage.

 

Tu t’es envolée comme un oiseaux s’élance hors du nid et c’est nous qui regardons l’immensité de cet espace vide de toi, les ailes brisées.

 

Tu te plaignais de manquer de livres, avides  de tomes de milles pages. Je les regarde ces livres préparés pour ce qui devait être notre prochaine rencontre, muets comme je peux l’être de tant de mots en deuil de toi.

 

Cette douleur que je ressens dans  cet ailleurs où tu es, je la perçois avec l’intensité d’une amitié si forte qui semble t’entendre me dire « vis Christiane, vibre de ce qui nous faisait vibrer, évoque nos souvenirs pour que je survive à travers toi comme à travers mes amours ».

 

Je le ferai Lison, comme le ferons toutes ces personnes que tu as aimées et qui t’aiment parce que, même dans cette mort qui tue un peu de nous, tu continues à nous faire grandir.

 

Ton amie

 

Christiane

 Un très beau témoignage de Daniel Giguère à TVA sur la carrière d'animatrice de Lison.

https://www.facebook.com/843930103/posts/10167755206205104/?mibextid=9R9pXO


 

 

 

samedi 28 décembre 2013

Un côté sombre. Un côté lumineux.





En parallèle avec ce blogue, je navigue désormais sur le site Mauvaise herbe. J'y accoste au moins une fois par mois.

Mon troisième texte, publié le 28 novembre 2013 : Un côté sombre. Un côté lumineux

Par quelles curieuses ramifications cérébrales suis-je en train de laisser mes doigts danser sur les lettres du clavier d’où jaillissent les mots qui vont suivre? Comment la somme de mes lectures de moult verbiages (?), pardon! opinions sur les femmes, les religions, les libertés et les violences accaparant l’espace médiatique de ce mois m’amènent à ne plus voir qu’un seul mot? Et que ce mot s’impose à mon esprit comme une urgence à dire? Et que ce dire se révèle plus viscéral que rationnel?

Patience, je vais vous l’écrire ce mot.

Mais comment? Il est le dénominateur commun du meilleur et du pire, la cause et la solution. L’omniprésence. La complémentarité essentielle. Le contraire parfois. L’indispensable alliance.

Ce mot virevolte à l’intérieur de ma tête comme un papillon autour d’une lumière. Une pensée comme une étincelle qui a surgi au cours d’une discussion passionnée, comme elles le sont souvent. J’ai l’impression d’être défiée, confrontée à un impératif présent. Pétrie du doute que cela soit perçu tel que ressenti et pourtant certaine que d’oser en révélera un sens. Et si nous parlions de l’homme?

Qui suis-je sinon cette femme taillée dans plusieurs décennies de vie, l’esprit modelé au contact des innombrables personnes qui ont traversé mon existence? Qui suis-je sinon la fille d’un homme, la compagne d’un homme, la mère d’un homme?

Interpellée par l’écho des débats successifs sur l’égalité des hommes et des femmes, sur la violence faite aux femmes, le trafic humain pour fin de prostitution, l’incroyable prolifération de réseaux pédophiles (750 000 connectés selon l’ONU) et tutti quanti, j’ai presque failli hurler en silence cette question d’Aragon : « Mais est-ce ainsi que les hommes vivent? »

Serais-je l’aveugle inconsciente en plein déni de la réalité? Ou l’actualité occulterait-elle la réalité?

Seule fille dans une famille de trois garçons, je me voyais interdire ce qui leur était permis, privée d’une liberté qui leur était acquise. J’ai affronté un père qui ne voyait pas l’intérêt des études collégiales pour une fille destinée à s’occuper de ses enfants et d’un mari. J’ai choisi d’afficher ma soif des livres plus que des parures et du maquillage. J’ai contesté avec succès le banquier qui voulait m’imposer la tutelle d’un endosseur. J’ai claqué la porte d’un employeur qui me refusait un salaire égal à celui de mes confrères. J’ai mené, en privé d’abord puis collectivement, une révolution qui a changé mon monde. Mais pas seule.

À mes côtés, j’ai découvert un père, enfin dépouillé du carcan machiste de son propre dressage, aller au front pour l’égalité des droits; des frères me faire découvrir les écrits de Simone de Beauvoir, Virginia Woolf et Denise Boucher; des confrères risquant leur emploi pour instaurer des conditions de travail égalitaires.

Cette société où je vis dans ce Québec d’aujourd’hui, nous l’avons construite ensemble, femmes et hommes, aspirant les uns comme les autres à une vie différente de celle de nos parents où le féminin et le masculin étaient confinés à un rôle prédéterminé.

Au fil du temps, j’ai vu des hommes de plus en plus nombreux contribuant à une évolution sociale où les petits garçons et les petites filles avancent main dans la main avec confiance; des jeunes pères soucieux d’être auprès de leurs enfants dès leur naissance; des hommes sachant conjuguer femme et amitié; des hommes magnifiques de tendresse dans la joie comme dans la maladie. Je vois cela et je me dis que c’est bon et beau, que c’est ainsi que nous voulons vivre.

Je n’oublie pas le côté sombre. Je sais que nous sommes à la croisée des chemins dont la diversité des origines influe sur nos décisions. Mais dans le tumulte qui anime les médias, je ne veux surtout pas oublier le côté lumineux.

***


jeudi 28 novembre 2013

Charte – Laïcité – Droits des femmes

En parallèle avec ce blogue, je navigue désormais sur le site Mauvaise herbe. J'y accoste au moins une fois par mois.

Mon second texte, publié le 28 octobre 2013 : Charte – Laïcité – Droits droits des femmes

Depuis des semaines des torrents de mots frappent indistinctement rochers des convictions et terre friable des aspirations. Je me voulais touriste dans cet univers chaotique où s’affronte l’expression de nos différences. Je m’imposais de n’être qu’une observatrice non partisane. J’aspirais au silence, l’esprit usé, trop flagellé de décennies de combats menés pour atteindre l’ultime objectif : l’affirmation politique, juridique, sociale et universelle que les hommes et les femmes sont égaux.

Mais la rumeur est montée telle une marée charriant le meilleur et le pire de tout ce qui jonche les fonds marins du monde où je vis. Avant même la publication du projet d’une charte des valeurs québécoises, ils ont hurlé au loup. Si rien n’oblige à prendre le risque de la parole, tout m’oblige à réfléchir sur les assauts de ce débat sur mes propres convictions.  Libre à moi de les taire ou de les exprimer. Libre au lecteur de les entendre ou de les ignorer.

Après avoir lu, sous ses diverses formes, courtes et longues, ce « document d’orientation en matière d’encadrement des demandes d’accommodement religieux, d’affirmation des valeurs de la société québécoise ainsi que du caractère laïque des institutions de l’État » j’ai choisi de signer la pétition du Rassemblement pour la laïcité dont la démarche répond mieux à mes aspirations.

 Je me croyais bien informée. Me voilà estomaquée de lire dans le document d’orientation du ministre Drainville que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne a été modifiée en 2008 seulement afin d’y inscrire, explicitement, l’égalité entre les femmes et les hommes. Dès lors, j’ai compris l’urgence d’agir pour passer le l’écrit à l’état de fait.

Aujourd’hui plus que jamais, je crois impérieuse la promulgation d’une charte de la laïcité dans ce Québec du XIXe siècle. Tout comme je crois inéluctable – et même facteur de progression – la cohabitation « multi ethnies » au sein d’une société forte de son identité; cette identité issue des racines de son passé, de son histoire, de sa langue. Une identité forgée à la flamme des luttes menées pour son évolution. Une cohabitation où le droit de la collectivité prévaut sur le droit individuel pour une intégration respectueuse autant que réussie.

Oui, je souhaite une charte de la laïcité. Oui, je suis pour une démarche qui « au-delà des clivages idéologiques, évitant le dogmatisme, cheminera sur la voie d’une laïcité des institutions publiques, garante de l’égalité de toutes et de tous, et source de cohésion sociale. » Oui, je veux que soit affirmée la neutralité de l’État et le caractère laïque de ses institutions. Je veux que soit définie la notion raisonnable des accommodements. Je veux surtout que soit encadré tout accommodement afin qu’il ne soit pas en contradiction avec l’affirmation de l’égalité des hommes et des femmes. J’irai plus loin. J’aspire à une société qui ne sacrifiera pas la liberté de penser, de questionner, de douter, de s’instruire à l’endoctrinement… surtout des enfants.

Pourquoi le projet d’une charte des valeurs québécoises – qui n’aurait pas dû renoncer à se nommer charte de la laïcité puisque seul cet aspect n’a pas été légiféré – a-t-il provoqué une telle vindicte médiatisée à outrance? Il ne s’agissait après tout que d’une invitation à débattre d’un contenu perfectible.

Pourquoi, de tous les signes religieux ostentatoires cités en exemple (malgré le regrettable droit de s’y soustraire inclus en plusieurs cas) le voile est-il devenu le plus proéminent ?

Pourquoi exprimer son désarroi, voire son incompréhension devant la prolifération des revendications et des accommodements aboutit à des invectives et des accusations de racisme et de xénophobie? 

Comment peut-on vouloir limiter notre perception des enjeux en niant la pertinence d’entendre et voir ce qui se vit au-delà de nos frontières? 

Comment concilier notre désir de respecter la liberté de chacun et d’aspirer à ce que chacun respecte notre liberté d’établir des règles?

Dans ma tête, mille et une questions s’affrontent face à cette tempête verbale.  Elle me heurte de pleins fouets au cœur de mes idéaux, jamais abandonnés, et me confrontent à mes contradictions.

Je rêvais d’un monde sans frontière, d’une humanité en marche où l’on scanderait le bruit de nos pas au rythme de cette merveilleuse utopie (?) que sont les mots liberté, égalité, fraternité. Je croyais au partage, à l’accueil, à l’hymne planétaire réunissant toutes les musiques, où le pas militaire se transformerait en pas de danse. Je voulais être la compagne de l’homme et non son adversaire, convaincue qu’ensemble nous protégerions tous les enfants du monde.

La femme de ces rêves n’a pas renoncé. Et pourtant, aujourd’hui, je vis l’étrange paradoxe où je peux, à la fois, avec respect, amour et tolérance accepter l’autre avec sa différence, ses croyances et, en même temps, combattre les rites contraires à nos lois et les symboles quand ils représentent la négation de ce qui m’est plus sacré que tout ce qu’on peut dire sacré : la femme est l’égale de l’homme.

Quand ma tolérance et mon respect est en contradiction avec mes valeurs, mes convictions et le combat de ma vie, que dois-je choisir?

http://www.mauvaiseherbe.ca/



jeudi 15 juillet 2010

Le Vatican incapable de reconnaître l'égalité entre hommes et femmes

Dôme du Vatican
Maison mère de pensée sexiste

Lu dans La Presse ce matin

Ordonner une femme, un «délit grave» pour le Vatican

Toute «tentative d'ordonner une femme» constitue «un délit grave contre la foi», affirme le Vatican dans un document présenté jeudi à la presse, qui durcit par ailleurs les règles contre la pédophilie au sein du clergé.

Dans ce document baptisé «normes sur les délits les plus graves», le Vatican a mis à jour ses règles vis à vis des sacrements. Ainsi, la tentative d'ordination de femmes, qui entraîne déjà l'excommunication automatique, figure parmi les délits les plus «graves» qui seront traités par la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

Parmi les autres délits contre la foi, le père Federico Lombardi cite «l'hérésie, l'apostasie et le schisme». Par contre les actes pédophiles ne seraient que des offenses «à la morale». Moi, je crois qu'il s'agit des crimes graves contre la personne, encore plus odieux parce qu'il s'agit de crimes contre des enfants sans défense. Bon!  Le Vatican prévoit tout de même des sanctions plus sévères, mais l'épée de Damocles ne pointera pas au-delà de 20 ans après le 18e anniversaire de la victime. Après il y aura prescription.

Pas d'excommunication pour les pédophiles. Cette sanction menace surtout ceux qui oseraient ordonner des femmes. La prêtrise est une fonction exclusivement réservée aux hommes sous prétexte qu'il y a 2000 ans le fils de Marie n'aurait choisi que des hommes comme apôtres. Il y a 2000 ans, les apôtres, dont leur chef,  ne vivaient pas non plus dans l'opulence d'un palais gorgé de richesses. Si l'exemple du passé fait force de loi, il devrait l'être en tout. 

J'ai de la difficulté à comprendre que l'on puisse vouloir être prêtresse pour toute église à ce point misogyne, mais je comprends encore moins que nous tolérions le sexisme institutionnalisé, sous prétexte religieux qui plus est, alors que nous revendiquons la reconnaissance d'un principe « sacré » de notre évolution humaine, à savoir que Tous les humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Ras-le-bol des croyances qui enseignent le contraire.


***

vendredi 5 mars 2010

Lettre à Naema



À toi Naema d'Égypte qui a été accueillie au Québec.

Je suis, comme toi, une immigrante venue d'un autre pays. J'ai choisi de vivre au Québec parce que j'en aime sa modernité de pensée où je peux vivre ma vie de femme sous le regard des hommes, mes amis, mes alliés, mes amours.

Élevée dans un milieu catholique, j'ai participé à la lutte contre des croyances issues d'un temps millénaire où les femmes étaient considérées inférieures, où les femmes devaient jurer obéissance aux hommes, où les femmes étaient perçues comme les tentatrices et donc les coupables du désir des hommes. J'ai contribué, avec les hommes et les femmes de ce pays, à édifier cette société moderne où le mot liberté s'épelle avec les lettres du mot respect.

Naema, j'éprouve un grand malaise à t'entendre revendiquer le droit de te voiler le visage. Ce n'est pas le vêtement mais tout ce qu'il évoque qui m'indispose. Nous entendons que cela est ton choix personnel. Mais pour toi comme pour nous, nos choix personnels ont une limite. Notre société comporte ses règles incluant de se présenter à l'autre à visage découvert. Le contraire est perçu comme un manque de respect. De nombreux érudits de l'Islam ne cessent de nous expliquer que la religion dont tu te revendiques n'oblige pas les femmes à porter voile ou niqab. Ta propre croyance, expliques-tu, assure que ton choix est religieux. S'il advenait que la seule «croyance» de chacun devienne «la religion» dont notre charte a voulu protéger la libre pratique, j'imagine mal comment accommoder l'exception sans égard pour les convictions de la majorité.

Je te dirai alors que, selon ma croyance, ton choix de porter le niqab pour te soustraire aux regards des hommes est une injure à mon honneur de femme et insulte mon fils. À mon sens, ton choix est signe d'arrogance et non d'humilité, d'orgueil guerrier et non de modestie, te servant de notre conception de la liberté pour nous imposer ce niqab dont le symbole implicite évoque l'oppression des femmes et la négation de leur droit à l'existence.

Ton voile se dresse entre mon fils et les fils de mes sœurs et amies du Québec comme si, parce qu'ils sont hommes, leur regard ne pouvait être que pervers, concupiscent et sans respect pour toi. Ton voile se dresse entre mon visage nu et ma dignité comme si sa nudité était une offense à la modestie, à la pudeur et un appel à la luxure. Ton voile m'oppresse parce que je crois qu'il dissimule trop de blessures encore aujourd'hui imposées à d'autres femmes. Sais-tu que certaines de tes sœurs parmi nous portent le niqab pour se cacher d'une famille qui les menace de mort pour le seul crime d'avoir voulu affirmer leur liberté? Et je les aide à le porter, avec la crainte et la révolte que je partage avec elles. Ton niqab est politique et il m'outrage car tu comptes te servir des lois de mon pays conçues pour protéger nos libertés.

Je me sens terriblement humiliée, comme mère d'un fils à qui j'ai appris que les hommes et les femmes sont égaux et se doivent un respect mutuel. Je me sens isolée de toi par toi, qui te refuses de comprendre que nous voulons pour nos filles et nos fils un autre monde que celui que tu as quitté.

Dans un article de La Presse, je lis :
«Hier, elle (
toi Naema) s'est vidé le cœur. Elle ne comprend toujours pas pourquoi le cégep l'a expulsée. «Ils ont détruit mes rêves», accuse-t-elle.»»


Moi, je ne comprends pas pourquoi tu ne comprends pas. Et ce sont mes rêves que tu détruiras si jamais cette société qui est la mienne cédait à ton entêtement vestimentaire et ouvrait la porte à toute idéologie qui convaincrait ma petite-fille Élika à se couvrir d'un voile et disparaître aux yeux des hommes.

Gérard Bouchard, homme de tolérance s'il en est, et co-signataire du rapport Bouchard-Taylor n'a pas hésité à exprimer, à l'émission radiophonique de Christiane Charrette, son indignation. Il a dit :
«De se sentir obligée de tourner le dos à la classe pour ne pas regarder [les hommes], de demander à trois hommes de se déplacer pour ne pas les voir : je crois que ces comportements installent l'homme dans une position inférieure. C'est comme si l'homme inspirait une répulsion, qu'il était une source de mal, d'abjection.»

***


Autre lien :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201003/02/01-4256828-port-du-niqab-au-cegep-accommodement-sans-heurts-a-ste-foy.php



mardi 23 juin 2009

La chanson rebelle

Stera - Afghan Star
En arrière plan Elaha Sorue


Ce matin, j'ai écouté l'émission Grand reportage portant sur Star Afghanistan (2005), sauvegardé sur mon ENP (enregistreur numérique personnalisé). Les participants franchissent une frontière entre l'obscurité imposée plusieurs années par les Talibans et l'aube d'un lendemain qui chante que désirent les jeunes Afghans. Mais le risque n'est pas le même selon que l'on soit un homme ou une femme.

Pour les deux jeunes chanteuses parmi les dix concurrents de SA, c'est leur réputation et leur vie qu'elles ont mis en jeu. Élaha Sorue, éjectée à la demi-finale, a été menacée de recevoir de l'acide au visage par un inconnu et par des membres de sa familles. Quant à Setara, retirée dès la seconde émission, elle a provoqé un tollé de protestations en dansant tout en chantant. Oh! scandale! La voilà traitée de putain et menacée de mort. En peut en voir un extrait ici.

Chanter peut devenir un acte de guerre pour ces rebelles Afghanes ou une arme de combat si l'on écoute ce chant de Boris Vian, «Le déserteur». Cet autre rebel, Boris Vian, mort le 23 juin 1959, comme nous le rappelle Denise Pelletier (ici).



vendredi 23 janvier 2009

Y'EN A MARRE!

Une Lolita s’en va t’en guerre.


Mais pas de guerre sans victimes


Y'en a marre!

Si je ne me marie pas, c’est parce que je ne veux pas être mariée. Et j’assume.

En 1981, en prévision de mon mariage, j’ai payé un notaire pour qu’il prépare un contrat en séparation de biens. J’étais une femme adulte épousant un homme adulte, tous les deux conscients de nos droits et devoirs. C’était notre CHOIX d'homme et de femme LIBRES d’opter pour la séparation de nos biens.

En 1989, la ministre Monique Gagnon-Tremblay a concocté et imposé la loi 146 sur le patrimoine familial. Sous-entendant notre incapacité intellectuelle d’évaluer les conséquences de notre liberté d’établir un contrat d’union tel que nous le voulions. Heureusement pour les conjoints mariés avant le 1er juillet 1989, nous avons eu le privilège de retourner, à nos frais, devant un notaire, avant le 1er janvier 1991, pour nous soustraire à cette loi (close dont s’est prévalu la ministre elle-même, voir note à la fin). Une décision dont je me suis félicitée lors de mon divorce.

Il y a quelques années, toujours adulte, responsable et consciente de mes actes, je me suis engagée dans une union de fait. Pas question pour moi d’un mariage m’imposant les contraintes d’un régime matrimonial dont les règles ne me conviennent toujours pas (la loi 146 me prive du droit de disposer de mes biens à ma convenance). De toute façon, nous pouvons, si l’un et l’autre le veulent, établir un contrat d’union, conforme à ce que nous souhaitons.

Et voilà que l’issue d’un procès pourrait remettre MA liberté en question et celle de 34% des couples québécois qui ont choisi de ne pas se marier. Je me sens insultée quand les «très désintéressés» avocats mettent en doute la capacité des femmes et des hommes de prendre des décisions éclairées.

Que les enfants nés d’une union de fait soient protégés est légitime et souhaitable. Chaque parent doit être tenu de contribuer au bien-être de ses enfants de façon responsable et équitable.
Pour les adultes, à chacun d’assumer ses choix.

Sinon, quelle alternative restera-t-il aux amoureux désireux de cohabiter?

***

Note 1 : 1.Tous les couples mariés tant avant qu'après le 1er juillet 1989 sont soumis aux dispositions relatives au patrimoine familial. Cependant, les couples mariés avant le 1er juillet 1989 pouvaient se soustraire à cette loi par une convention notariée signée avant le 31 décembre 1990. Au-delà de 60 000 couples se sont désengagés de l'application de cette loi. Mme Monique Gagnon-Tremblay, ministre qui avait parrainé cette nouvelle loi et qui avait vanté les mérites et les qualités intrinsèques de cette mesure de protection, s'est soustraite à l'application de cette loi. (S. Dansereau, 4 janvier 1990)


****

samedi 8 mars 2008

Le rendez-vous de notre histoire

Non, je n’ai pas le droit de vote pour choisir qui occupera un des postes politiques parmi les plus importants de ma planète.

Je le regrette. J’aurais aimé que ma voix puisse compter en faveur de ce rendez-vous historique alors que nous n’avons jamais été si près d’élire une femme à la tête des États-Unis.

Les médias sont-ils conscients de leur influence et de leur total manque d’objectivité dans leur manière de décrire les candidats?

Oui... aujourd’hui encore, Olympe de Gouges serait décapitée.

vendredi 23 novembre 2007

Paradoxe

Je suis régie par une charte des droits qui déclare que nous sommes tous égaux .

Je suis régie par une charte des droits qui autorise les religions à enseigner le contraire.

mercredi 21 novembre 2007

La question se pose

Parmi mes courriels, ce mercredi 21 novembre 2007, cette question de Micheline Carrier, éditrice du site Sisyphe :

Est-ce de l'islamophobie de critiquer l'intégrisme islamiste?

Bonne question!


«[...] Jusqu’ici, il se dégage des audiences de la Commission et des mémoires qu’elle a reçus une ferme volonté de préserver la primauté de la langue française, la laïcité des institutions et l’égalité hommes-femmes de l’influence des religions. Faut-il s’en étonner quand on sait que l’histoire du Québec a été marquée par une forte emprise des autorités catholiques sur les pouvoirs civils et l’ensemble de la société ? Le principe de l’égalité hommes-femmes fait l’objet des plus fermes interventions. Là encore, rien d’étonnant si on se rappelle que les intégristes religieux s’attaquent en premier lieu à la liberté des femmes. Aucune religion ne reconnaît dans les faits l’égalité hommes-femmes, certaines la combattent activement et persécutent même les femmes qui luttent pour leurs droits.

Devant le sort réservé à des femmes de pays où la religion sert d’alibi à toutes les violations et à toutes les violences (5), la crainte que de pareils intégristes puissent être tolérés au Québec me paraît légitime. Faut-il rappeler qu’en dépit des lois québécoises et canadiennes, il existe chez nous des adolescentes forcées à se marier, des filles excisées, des hommes polygames, des femmes incitées à afficher des symboles de soumission, et il y a eu au moins un « crime d’honneur » dans l’Ouest du Canada. La France nous donne aussi l’exemple de meurtres par lapidation et autres crimes commis au nom de l’islam contre des femmes, par des hommes de leur famille ou des amis.»

Texte complet :
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2798

lundi 10 septembre 2007

Non à l'intolérable

Tolérante moi ? Pas du tout. Je ne peux tolérer l’intolérable. Et je suis outrée que les dirigeants de mon pays prétendent à la tolérance là où je vois de la lâcheté. Je suis révoltée que l’on se targue de défendre une démocratie, une liberté et une égalité des droits que l’on dénie aux femmes et aux enfants.

Le voile d’une «vertu politique» m’est tout autant odieux que celui dont on couvre les femmes...

On arme nos soldats pour se battre en Irak ou en Afghanistan. Tiens donc... pourquoi pas au Tibet, au Darfour, en Arménie, au Rwanda, en Bosnie ?

L’oppression a plusieurs visages... et plusieurs noms. Pouvoir économique ou pouvoir religieux, l’Histoire de tous les peuples nous a cruellement prouvé qu’il ne sont pas les fleurons de la démocratie.

Si nous croyons que liberté, égalité, démocratie sont le sens de nos valeurs, il est plus que temps d’apprendre à dire NON. Non à l’intolérable.

lundi 4 juin 2007

Lettre à Élika

Mes mains sur le ventre rond de ta maman, j’ai senti, émue, l’onde de fond que provoquent tes mouvements.

Petite-fille, déjà tant aimée, je me réjouis à l’idée que tu vas naître dans un pays où l’égalité entre des sexes est confirmée par une charte des droits.

... Et je tremble quant même un peu, à la pensée que des mouvements cautionnés par des croyances religieuses instaurées par des hommes d’un passé lointain, maintenues par des hommes du présent, renient cette égalité entre la femme et l’homme.

Alors, pour préparer ta venue, je referme mes bras en forme de berceau, souhaitant que toute ma tendresse saura te protéger. Et je reste à l’écoute de ces femmes qui combattent au nom de ta liberté, de tes droits. Justement, ce matin, parmi mes courriels, il est est un que je retiens en songeant à ton avenir.

«Au Québec comme partout dans le monde, il est évident que les droits fondamentaux des femmes sont souvent perçus comme sujets à accommodements dès qu'entrent en ligne de compte des revendications pour motifs religieux et culturels. Pour éviter qu'on en vienne à créer différentes catégories de femmes, selon les droits que leur reconnaissent les religions ou les cultures, il faut refuser que les religions étendent leur pouvoir dans l'espace public et dictent leurs valeurs à la société civile.»

Une invitation du site, http://netfemmes.cdeacf.ca/ , où entendre la parole des femmes :

* «Religions, femmes et fondamentalismes», par Michèle Vianès,
présidente de Regards de femmes (http://regardsdefemmes.com/)
«Partout, dans l'espace et dans le temps, on observe les rapports de hiérarchie patriarcale et d'assujettissement des femmes. Quel est le poids des religions, clé du symbolique, dans la formation et le maintien de cette hiérarchie? Les religions ont été fixées par des hommes, pour les hommes. Les textes sacrés, transcrits, étudiés, commentés le furent aussi par ces mêmes hommes qui, pendant des siècles, eurent le monopole de l'accès à la culture...»
Lire l'article:
http://sisyphe.org/sisypheinfo/article.php3?id_article=141

* «Affirmer nos valeurs fondamentales pour mieux vivre la pluralité», par Diane Guilbault, collaboratrice de Sisyphe.
«Le vivre ensemble dans une société pluraliste repose sur le respect par tous et par toutes de règles communes, lesquelles règles reposent sur des valeurs et des consensus. Ces valeurs, ces règles constituent un tronc commun autour duquel peuvent venir s'ajouter de nouveaux points de vue, de nouvelles couleurs qui viendront l'enrichir. (...) Alors, quel est notre tronc commun en 2007? Quelles sont les valeurs communes qui devraient nous rallier dans la cité ? On croyait que c'était évident...»
Lire l'article:
http://sisyphe.org/sisypheinfo/article.php3?id_article=136

* «La religion et les droits humains des femmes»
Prise de position du Lobby européen des femmes (LEF)
«En aucune circonstance, le LEF ne saurait accepter le relativisme
culturel pour justifier les violations des droits des femmes au motif
que ces violations seraient décrétées par les croyances et la culture et échapperaient dès lors à toute notion de protection des droits humains...»
Lire l'article:
http://sisyphe.org/sisypheinfo/article.php3?id_article=145

Élika, peut-être est-ce davantage pour moi que je te parle de cette prise de parole des femmes. Ne suis-je pas l’heureuse héritière de celles qui, au prix de leur vie pour plusieurs, de leur liberté pour nombreuses, ont conquis les droits dont je jouis aujourd’hui ? Je leur dois de ne jamais les oublier... encore plus ne jamais les renier.

dimanche 4 mars 2007

Infinitude




Infinitude

Créer le mot qui n'existe pas.
Le mot du dire au-delà, l'infini du vivre.
Pas de commencement.
Pas de fin.

Être mouvement.