Aucun message portant le libellé Musique. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Musique. Afficher tous les messages

mardi 23 juin 2009

La chanson rebelle

Stera - Afghan Star
En arrière plan Elaha Sorue


Ce matin, j'ai écouté l'émission Grand reportage portant sur Star Afghanistan (2005), sauvegardé sur mon ENP (enregistreur numérique personnalisé). Les participants franchissent une frontière entre l'obscurité imposée plusieurs années par les Talibans et l'aube d'un lendemain qui chante que désirent les jeunes Afghans. Mais le risque n'est pas le même selon que l'on soit un homme ou une femme.

Pour les deux jeunes chanteuses parmi les dix concurrents de SA, c'est leur réputation et leur vie qu'elles ont mis en jeu. Élaha Sorue, éjectée à la demi-finale, a été menacée de recevoir de l'acide au visage par un inconnu et par des membres de sa familles. Quant à Setara, retirée dès la seconde émission, elle a provoqé un tollé de protestations en dansant tout en chantant. Oh! scandale! La voilà traitée de putain et menacée de mort. En peut en voir un extrait ici.

Chanter peut devenir un acte de guerre pour ces rebelles Afghanes ou une arme de combat si l'on écoute ce chant de Boris Vian, «Le déserteur». Cet autre rebel, Boris Vian, mort le 23 juin 1959, comme nous le rappelle Denise Pelletier (ici).



vendredi 1 mai 2009

L'Ensemble Bouffon a conquis les Français


L'Ensemble Bouffon - 2009
Jessy Dubé, Clément Tremblay, Marie-Claude Simard, Jean-René Lavoie
au lancement de l'album Le Passeur
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

L’Ensemble Bouffon est revenu de France avec un billet de retour pour 2010 dans les étuis des violons et d’une guitare.

Nos mousquetaires de la musique traditionnelle sont partis trois pour présenter à la Vieille France les chants de leurs ancêtres après quelques siècles dans les vents de quelques arpents de neige.

Une première escale à Olivet, le jeudi 26 mars, a suscité l’envie de les entendre plus encore, comme l’écrit Eric De Rhuiz, directeur des bibliothèques :

«Tout d'abord merci encore pour ce concert à Olivet si chaleureux et de m'avoir fait également partager un peu de votre musique en rythme !! Merci de m'avoir invité sur scène avec vous. J'écoute votre CD tous les jours et je ne m'en lasse pas. Mes préférences sont, même si cela est difficile tant l'univers est cohérent, pour Sunday river (superbe ballade) et J'ai dit oui pis y a dit non (connivence, humour et bonne humeur, ce qui vous caractérise à mon avis). [...] Voilà, nous nous occupons de vous trouver des dates pour votre venue 2010 en France.»

Deux jours plus tard, Clément Tremblay, Marie-Claude Simard et Jessy Dubé étaient accueillis à Angoulême, précédés par une promotion fort enthousiaste.

«L'ensemble Bouffon arrive spécialement du Québec en exclusivité», titrait le bulletin de nouvelle. «L'année 2009 sera un cru très spécifique avec la venue pour la première fois en France de l'ensemble Bouffon, un groupe musical de la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean qui animera notre soirée de musiques traditionnelles du Québec, samedi 28 mars à la salle fêtes de La Couronne» explique Eliane Roy, la présidente de l'association La Couronne-le Québec Autrement. En négociation depuis plusieurs mois avec les responsables du groupe musical, la petite équipe de bénévoles du comité de jumelage a décroché «son exclusivité». Le groupe musical québécois fera l'aller-retour pour proposer «une veillée du bon vieux temps des premiers arrivants d'ancêtres qui savaient fêter» aux cousins couronnais. […] Passionné par les musiques traditionnelles du Québec, l'ensemble Bouffon a enregistré trois disques compacts. Dans son troisième opus de 2003, le groupe a ajouté des chansons apprises dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sorti en février dernier, le dernier album de chansons est le résultat des cueillettes entreprises par les musiciens auprès des aînés de leur région. Le comité de jumelage couronnais a été créé en mai 1998, l'histoire de ce dernier est intimement liée à celle des douze échanges scolaires qui ont eu lieu entre 1990 et 2001. Ses objectifs étant de faire connaître au plus grand nombre le Québec. »

Conquête confirmée

Jessy Dubé et Marie-Claude Simard
Photo Philippe Rebeix - Sud Ouest


Le mardi 31 mars, le journal Sud Ouest racontait le passage remarqué de notre trio. «L’Ensemble Bouffon a conquis le public couronnais embarqué sous le charme de chansons, de musiques traditionnelles et même de danses, le tout agrémenté par d'histoires bien savoureuses venues du Québec, écrit le journaliste. Ce trio de la région du Saguenay, auteur de plusieurs albums, venait pour la première fois en France. Il est connu dans la Belle province pour son travail de recherche sur le patrimoine musical et la mise en valeur des musiques et chansons de sa région. Organisateurs ravis Quant à l'équipe organisatrice, elle est ravie. Ce concert, qui a été un vrai succès, lui a permis d'atteindre son objectif, à savoir faire connaître au public, le Québec, ses habitants et sa culture, le tout, bien sûr, dans l'optique de la défense de la francophonie.

Je n'ajouterai rien, sinon vous suggérer d'écouter Le Passeur. Rien de mieux pour comprendre pourquoi L'Ensemble Bouffon retournera en France en 2010.

Et pourquoi pas Musique traditionnelle d'Irlande, leur premier album, À cause, leur second, À cause d'eux, troisième opus dont on peut entendre un extrait, Par les temps qui courent, ici.

***


samedi 11 avril 2009

La Vie parisienne : 1463 présences



La Vie parisienne - SALR 2009
Mise en scène Éric Chalifour
© Photo Sylvain Dufour

Coordonnatrice de la Société d’art lyrique du royaume, pour ne pas dire directrice-générale, Gisèle Munger me confirme aujourd’hui 1463 présences pour les cinq représentations de La Vie parisienne.

Un chef de réputation internationale, Jean-Philippe Tremblay, à la direction musicale. Une étoile montante du chant lyrique au Canada et en France, Marie-Ève Munger soprano colorature, à la direction artistique. Une œuvre d’Offenbach parmi les plus jouées depuis sa création en 1863. Une mise en scène et une interprétation de qualité… Et 1463 spectateurs pour un spectacle d’opéra bouffe où nous avons déjà été des milliers à être présents à Chicoutimi.

Jeannot Harvey
© Photo Sylvain Dufour

C’est le moment ou jamais de souligner ce doublé du président d’honneur de la dernière levée de Fonds de La Société d’art lyrique du Royaume, Jeannot Harvey. Afin d’aller au bout de son engagement de soutenir cette activité artistique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le président du Groupe Cegerco Inc. a acheté tous les billets de la seconde représentation de La Vie parisienne, celle du jeudi 2 avril.

«La culture est ce qui nous distingue comme personne, comme communauté et comme pays et c’est ce qui reste dans la mémoire des gens. Mais pour les artisans de ce milieu, il leur est difficile, même presque impossible en ce moment, de trouver des fonds afin de concrétiser leur projet.» Signant ce propos dans le programme souvenir de La Vie parisienne produite par la SALR, Jeannot Harvey lance aux gens d’affaires de la région : «Nous croyons que nous devons donner l’exemple.»

La Vie parisienne - SALR 2009
Le ténor Gaétan Sauvageau - Le baryton Dominique Côté
© Sylvain Dufour

La vente des billets figure en bonne place dans les revenus nécessaires au soutien du développement d’une maison de production. Les jeunes talents que nous formons dans nos écoles ont besoin, dans leur région, d’une scène propice à leur servir de tremplin. Une tâche qui nous concerne tous.

***

jeudi 2 avril 2009

La vie parisienne… joyeuse folie saguenéenne




Scène de La Vie parisienne - SALR
©Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien



Le plaisir était au rendez-vous



Sans Offenbach, le livret de La Vie parisienne d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy aurait-il franchit le cap des 142 ans de popularité? Un texte d’une telle pauvreté serait bien vite vilipendé par la critique malgré les airs éblouissants du compositeur. Dénonçant la superficialité ridicule des «nantis» toujours en quête de jouissances faciles, le scénario comme le sont souvent les livrets de l’opéra bouffe, ne paie pas de mine… À moins d’être revu par des Saguenéens à l’esprit vif.


Gaétan Sauvageau - Gardefeu
La Vie parisienne - SALR
© Photo Sylvain Dufour

La Société d’art lyrique du Royaume présente, depuis mercredi, cet opéra bouffe de Jacques Offenbach, la plus jouée de ses œuvres dit-on, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, dans une version incontestablement jouissive.

Pas de temps mort. La mise en scène d’Éric Chalifour a su tirer parti d’une musique endiablée, misant sur une interprétation alerte, très physique, bouffonne à la limite de l’excès, dans un bel équilibre vocal des chœurs autant que des solistes.

La Vie parienne - SALR
«Bouffone à la limite de l'excès»
Marie-ève Munger (Gabrielle) - Jean-Sébastien Turgeon (Frick)
© Photo Sylvain Dufour

L’adaptation épurée, les allusions à l’actualité québécoise et régionale, les clins d’œil nombreux et amusants – rarement entendre parler russe n’aura été aussi distrayant – la scénographie ingénieuse malgré sa sobriété, la composition des tableaux et les déplacements sur la scène, tout démontre le professionnalisme des artisans de cette production de belle venue.

Maestro Jean-Philippe Tremblay
© Photo Sylvain Dufour

L’orchestre, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay, a livré une interprétation vibrante, parfaitement intégrée à ce tout théâtral, vocal et instrumental. Les chœurs, nombreux dans cette opérette, ont chaque fois été un plaisir. Faut-il les nommer ? Peut-être quelques-uns particulièrement accrocheurs: Elles sont tristes les marquises, Rondeau du Brésilien et la finale de l’acte I, Ce que c'est pourtant que la vie (Triolet de Gardefeu), l’air tyrolien, Son habit a craqué dans le dos, et la finale du 4e acte.

Marie-Ève Munger - soprano colarature
Gabrielle dans La Vie parienne de la SALR
© Photo Sylvain Dufour

Bien qu’ayant toujours déclaré occuper un modeste second rôle dans cette production, Marie-Ève Munger, une fois de plus, brûle les planches. Son jeu théâtral, sa prestance et son interprétation s’ajoutent à une voix très belle qui ne cesse de nous plaire. La soprano colorature campe une Gabrielle mutine, adorable, dont la fougue apporte de la couleur au personnage de la «timide» gantière.

J’ai beaucoup apprécié l’accent et la classe de la Martina Govednik (Métella), l’assurance et la vitalité de Caroline Tremblay (Pauline). Peut-être moins à l’aise dans le jeu théâtral, Ariane Girard (la barronne) a un timbre de fois très particulier, un vrai plaisir que de l’entendre chanter.
Irrésistible tandem - Dominique Côté, Gaétan Sauvageau
La Vie parisienne - SALR
© Photo Sylvain Dufour

J’ai trouvé irrésistible le tandem créé avec une belle complicité par le baryton Dominique Côté (Bobinet) et le ténor Gaétan Sauvageau (Gardefeu), deux belles voix en solo comme en duo. En fait, nous étions gâtés par la distribution masculine avec l’hilarant Martin Giguère (Prosper et Joseph), les enjoués Éric Renaud (Alphonse et Urbain), Jean-Sébastien Turgeon (Frick) et Julien Patenaude (Le baron) et l’exotique séduisant Gérald Germain (Le Brésilien).
La Vie parisienne - SALR
Gérald Germain Le Brésilien
© Photo Sylvain Dufour

Soulignons le travail ardu des danseuses sous la direction de Julie Dubois-Gravel. De nombreuses et vivantes chorégraphies qui, malgré certaines échappées compréhensibles et une performance pas toujours égale, ont contribué habilement à l’ambiance tourbillonnante de ce spectacle hautement festif.

Julien Patenaude (Le baron)
Gaétant Sauvageau (Gardefeu)
Ariane Girard (La baronne)
La Vie parisienne - SALR 2009
© Photo Sylvain Dufour


Un beau rendez-vous que cette production 2009 de la Société d’art lyrique du royaume! De belles voix, un jeu dynamique et beaucoup d’humour.

***

À la mémoire de Stan d’Haese

Stan d'Haese 1936-2009



Samedi 4 avril, la quatrième représentation de La Vie parisienne de Jacques Offenbach sera présentée à l’occasion d’une soirée dédiée à la mémoire du très regretté Stan d’Haese, décédé le 4 mars dernier à l’âge de 73 ans.

À ce sujet, Marie-Ève Munger, directrice artistique, écrit : «J’ai une pensée pour les bâtisseurs qui, comme Stan d’Haese, ont aidé à faire de la Société d’art lyrique du Royaume la pierre angulaire qu’elle est devenue dans le domaine lyrique québécois. Et je vous assure que nous continuons à regarder vers l’avenir pour poursuivre leur rêve et le nôtre, celui de mener la SALR toujours plus haut afin de faire honneur aux artistes, aux bénévoles et au public qui nous soutient.»

Stan symbolise tout le dévouement, l’énergie, le talent et la foi qui caractérise tant de personnes investissant, ici, leur temps et leurs connaissances afin de doter notre région d’une vie culturelle riche et inspirante pour nos enfants…. Pour nous tous.

Souhaitons une salle comble, ce samedi 4 avril, pour saluer la mémoire de ce géant qui s’est donné sans rien demander, sinon d’aller de l’avant pour bâtir un monde auquel il croyait.

***

samedi 6 septembre 2008

Jean-François Lapointe Le Magnifique!


Jean-François Lapointe a un heureux problème. Il doit veiller à maîtriser son enthousiasme à l’égard des nombreuses offres qui lui sont adressées sinon les pages de son agenda vont déborder. Il doit parfois refuser certains engagements parce qu’il a déjà dit oui ailleurs. Cela est même arrivé avec La Scala de Milan où il a chanté Pélléas en 2005.


Jean-François Lapointe dans le rôle de Pelléas
© Photo courtoise JF Lapointe

« La Scala, c’était assez exceptionnel. Premier Québécois depuis 55 ans et le premier rôle-titre jamais arrivé. Depuis, j’ai dû refuser plusieurs fois d’y retourner. Soit la date coïncidait avec mes autres engagements, soit le rôle ne me convenait pas. Je sais quand un rôle n’est pas adéquat pour ma voix. J’ai toujours été excessivement prudent à ce niveau.»

Le Monde

« De beaux projets en perspectives jusqu’en 2013 », assure-t-il.
Lors de notre entretien, il revenait des Chorégies d’Orange où il a campé un Valentin très remarqué dans l’opéra Faust de Gounod.


Jean-François Lapointe (Valentin)
dans l'opéra Faust
aux Chorégies d'Orange, août 2008

© Photo courtoisie JFL

« L’incontestable vedette de la soirée! » soulignent plusieurs critiques.
L’Europe accapare de plus en plus ce baryton, Jeannois de naissance qui a grandi à Chicoutimi et tenu ses premiers rôles sur la scène de l’auditorium Dufour aux belles heures de l’opérette du Carnaval-Souvenir. « Un véritable tremplin pour jeunes chanteurs » a-t-il toujours affirmé. Si fermement convaincu de l’importance de développer l’art lyrique en région qu’il a dirigé, pendant plusieurs années, la destinée de la Société d’art lyrique du royaume sur laquelle il garde un regard affectueux, critique et parfois… anxieux.

Laterrière

Les occasions d’entendre chanter Jean-François Lapointe seront plus rares désormais au Québec. Cela devient un privilège qu’il ne fallait pas manquer, alors qu’il était, le dimanche 24 août dernier, au Rendez-vous musical de Laterrière, pour interpréter des grands classiques du répertoire vocal avec la soprano Marie-Ève Munger et le pianiste Michael McMahon.
Denise Pelletier, amie et journaliste à la retraite qui a été mon équipière pendant plusieurs années à la Section des arts du Quotidien et du Progrès-Dimanche, en parle superbement ici.
***
Le texte qui précède devait être l’introduction du reportage publié le jour même dans le Progrès-Dimanche. Le voici.



Progrès-dimanche
Les Arts, dimanche, 24 août 2008, p. 46

Depuis l’âge de 22 ans
Une carrière internationale menée avec beaucoup d'entrain

Laforge, Christiane

CHICOUTIMI – Grands favoris de plusieurs directeurs artistiques d’opéras connus sur la scène mondiale, Jean-François Lapointe sent venir à lui de nouveaux personnages. Sa voix a pris de la maturité, une ampleur, une force qui le sert bien dans une carrière internationale qu’il mène avec entrain.
Que de chemins parcourus, depuis ses fougueuses interprétations des personnages sortis des opérettes Orphée aux enfers, La Veuve Joyeuse, Les Mousquetaires au couvent à Chicoutimi, précédant de peu sa victoire au Concours international de chant à Paris qui lui ouvre la voie à une carrière internationale alors qu’il n’a que 22 ans!
L’élève de Louise André à l’Université Laval de Québec et de Martial Singher à Santa Barbara a campé plus de soixante grands personnages lyriques. Obtenant sans difficulté les premiers rôles de baryton qui, par son interprétation très personnelle, deviennent siens. Dans la presse européenne, on dit «le Pelléas», «le prince Danilo» et, désormais, après sa prestation aux Chorégies d’Orange, «le Valentin» de Jean-François Lapointe.
Une belle voix ne suffit pas dans le monde lyrique. Les directeurs artistiques peuvent choisir parmi les meilleurs du monde. « Et ils sont nombreux », affirme le baryton. Un artiste doit s’emparer de son personnage, lui donner un ton, un style, un caractère tellement unique qu’il s’impose comme favoris des publics, des critiques et des producteurs.

Personnage multiple

Entre 1988 et 2007, Jean-François Lapointe a chanté Pelléas de Débussy plus de 200 fois. Ce rôle est encore à son agenda jusqu’en 2012. Après quoi, il ciblera plutôt celui de Golaud, annonce-t-il. Personnage imposant campé en 2007 à Paris par Laurent Naouri alors que Jean-François incarnait Valentin et Marie-Nicole Lemieux, Geneviève.
Son rôle de Valentin, dans Faust semble aussi voué à un bel avenir. Les critiques ne tarissant pas d’éloges : «Le baryton québécois Jean-François Lapointe fut avec une force, voire une brutalité machiste, un Valentin de grande allure à la voix puissante » écrit Philippe Gut, dans L’Humanité.
Tour à tour Hamlet, Figaro, Almaviva, Don Giovanni, Jean-François Lapointe est aussi Escamillo dans Carmen, en compagnie de la montréalaise Nora Sourouzian dans le rôle-titre. Le spectacle, présenté plus tôt à Lausanne puis à Vichy, fera une tournée au Japon en octobre prochain.
Dans son carnet s’inscrivent aussi « Les Pêcheurs de perles » de Bizet à Toulon, Claudio dans « Béatrice et Bénédicte » de Berlioz à Paris, la « Dame de pique » à Monaco en avril 2009, « Eugène Onéguine » plus tard toujours à Monaco et, dans deux ans, le rôle de Ford dans « Falstaff », son premier Verdi.
«Un rôle pour baryton lyrique, un registre vocal plus large, explique le chanteur. Ma voix s’ouvre à de nouveaux répertoires… Des défis trop beaux pour ne pas les relever.»

L’avion

Sa carte maîtresse : une bonne santé. Son regret : le temps loin de sa famille. Sa seule plainte : le stress des voyages en avion. «Le respect des horaires se détériore. La perte des bagages, cela m’arrive au moins deux fois par année. Chaque voyage comprend 4 à 5 correspondances. Par année, cela me fait de 30 à 40 vols. Tout cela ajoute à l’angoisse et à la fatigue. »
Vivre en Europe ne serait pas une solution puisque ses rôles successifs le conduisent d’une ville à l’autre, incluant exigeant des trajets de six à sept heures en train. « C’est extrêmement rare que je travaille dans une même ville… et le coût de la vie y est très cher. On est bien chez soi au Québec! J’ai toujours été conscient de ça. »
Travailler davantage sur le continent Nord-américain est utopique pense-t-il. L’opéra n’y est pas ancré aussi profondément qu’en Europe. «Comparé à Orange, la culture ici c’est le désert. À Orange, on compte 8000 spectateurs chaque soir. Les gens de tous âges y viennent du monde entier. Ils achètent leur billet un an à l’avance. Orage est un festival prestigieux, un des plus courus par le public et qui reste très populaire.»
Tellement, explique le chanteur que l’on vend des billets pour assister aux répétitions. «Pour les générales, c’était déjà ouvert au public. Mais pour les répétitions, cela devient de plus en plus courant pour une somme modeste. Et ils sont plusieurs centaines. Moi, je trouve ça affreux. Ce n’est pas facile d’essayer des choses, de se tromper… et entre artistes il y a des choses qui doivent se dire sans témoins. »
Tout n’est pas négatif cependant. Comme le rôle de Valentin n’exige pas une présence constante sur la scène, Jean-François en a profité pour aller rencontrer les gens. «C’est un échange assez sympathique. C’est unique. Ce sont des instants précieux. On sent que ces gens-là se sentent plus attachés à l’opéra. Ils viennent en famille.»
Investir
Cette ouverture à l’art lyrique est également politique. Les pouvoirs publics ne s’attendent pas à ce qu’un opéra soit rentable. Ils n’ont pas peur de subventionner généreusement, remarque l’artiste.
Dans une entrevue, accordée le 4 juin dernier à un journaliste canadien, Jean-François Lapointe exprimait son opinion en ce sens.
« Il faudrait nous rendre compte que la culture c’est important et arrêter de confondre les termes culture artistique et culture sociale. Nous n’exigeons pas des musées qu’ils rapportent de l’argent; nous savons qu’ils existent pour protéger notre patrimoine. La même chose vaut pour les arts. C’est une question de priorité des gouvernements. La culture d’un peuple, ce n’est pas seulement ses acquis sociaux (les soins de santé, par exemple). Il faut s’investir dans les choses de l’esprit, cultiver les arts pour eux-mêmes. »

Les Québécois

« Les artistes québécois ont beaucoup la cote en Europe. Ils y sont assez nombreux et très présents, dans le populaire et surtout dans la musique classique. » Jean-François Lapointe en sait quelque chose, lui qui était sur scène, pour une seconde fois, avec Marie-Nicole Lemieux (Dame Marthe dans Faust, Geneviève dans Pelléas), tandis que Hélène Collerette, occupait la place de premier violon de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, sous la direction musicale de Michel Plasson.
Pendant les quelques semaines de répétition le travail est intense. «Tous les trois, on s’est vu pas mal, mais on n’a pas beaucoup de temps de congé.»
Marie-Nicole Lemieux a tout de même pris le temps de recevoir Jean-François Lapointe et Hélène Collerette. «Avec une tourtière, évoque joyeusement le chanteur. Une tourtière en France, il fallait le faire! »
Lorsque plusieurs artistes québécois se retrouvent dans une même production, ils sont vite, et plutôt affectueusement, ciblés comme le « clan québécois ».
« Lors des saluts, nous étions sur la passerelle qui entoure l’orchestre à Orange. On saluait en regardant du côté d’Hélène et Michel Plasson, a murmuré «Vive le Québec!»

****


Jean-François Lapointe (Valentin)
Une scène de Faust aux Chorégies d'Orange, 2008
© Photo courtoisie JF Lapointe



Ce qu’ils en disent


• Jean-François Lapointe, admirable chanteur et acteur, d’un engagement total, est un Valentin héroïque mais élégant qui fait de sa mort, malgré le conformisme moral glaçant du personnage sans pitié pour sa sœur, une terrible tragédie. (Benito Pelegrin, Classique news)

• L’incontestable vedette de la soirée fut le Valentin de Jean-François Lapointe, voix ample, superbe, vivante, jouant son rôle pleinement, qui nous a touchés profondément. Mais joignons lui le passage éclair de Marie-Nicole Lemieux, dame Marthe truculente, à la voix convaincante et au jeu naturel. (Hervé Galien, Cahier de la musique classique)

• [..] Jean François Lapointe qui est plus qu'un brillant Valentin, tant par le chant que par le jeu. (Forum France 2)

• En dehors d'une distribution et d'une mise en scène très honnêtes, le grand vainqueur de la soirée fût Jean-François Lapointe pour sa magnifique prestation de Valentin. Il a tout (puissance, clarté, timbre, engagement, présence). Enfin un chanteur d'opéra qui ne se la joue pas, mais qui joue et chante. Ovation ce samedi dernier bien méritée!
(Jean-claude Meymerit, Aqui)

• Jean-François Lapointe est un Valentin d'un beau métal, sans mièvrerie, Marie-Nicole Lemieux une Dame Marthe impayable et savoureuse, véritable luxe pour un rôle aussi court. (Christian Merlin, Le Figaro)


• Musicalement, la soirée cultivait un état de grâce. Dans la transparence et la souplesse attendrie de la direction de Michel Plasson […]. Grâce aussi à un plateau vocal qui ne souffre aucune faiblesse, des émois respectueux de la très drôle Dame Marthe de Marie-Nicole Lemieux au solide Valentin de Jean-François Lapointe. (Serge Martin, Le Soir)

***

dimanche 1 juin 2008

Leonard Cohen à Chicoutimi

Leonard Cohen à l'auditorium Dufour de Chicoutimi, le 30 mai 2008
© Le Quotidien. Photo Sylvain Dufour




Le Quotidien

Arts et spectacles, samedi 31 mai 2008, p. 3


Rien de moins que de l'amour
Leonard Cohen envoûte le public saguenéen


CHRISTIANE LAFORGE
claforge@lequotidien.com

CHICOUTIMI - Du jamais vu! Si intense que l’on demeure sans voix, ne trouvant pas le mot pour traduire ce moment d’exception. Un spectacle unique. Un personnage immense. Entre Leonard Cohen et le public ce n’est rien de moins que de l’amour.

Vendredi 30 mai 2008. Occupant la totalité des sièges de l’auditorium Dufour de Chicoutimi, le public vibre avant même l’arrivée des musiciens. Leonard Cohen entre en scène. C’est déjà l’ovation. «Je vous aime» crie quelqu’un. «Moi aussi je vous aime», réplique l’artiste. Si menu dans son costume anthracite, tenant son chapeau contre sa poitrine, saluant gentiment, il a une telle présence que l’on succombe, conquis.

À peine commence-t-il a chanter Dance me to the end of love que s’instaure une certitude : nous ne serons pas déçus. Loin de là.

Sur la scène, entièrement habitée par les nombreux instruments, trois choristes aux voix très belles, six musiciens - et quels musiciens ! Dix artistes en harmonie pour livrer un spectacle mémorable. À l’entracte comme à la fin, les réactions sont délirantes. Plusieurs fois le public se lèvera spontanément pour l’applaudir, manifestant son émotion sous l’impact des mots et son admiration pour la grandeur du poète.

Précédant ses chansons de courts textes qu’il récite en français, du moins au début, le charme de Leonard Cohen réconcilie Molière et Shakespeare, abolissant avec grâce les limites des deux langues. L’effet est impressionnant. Il crée un lien puissant entre lui et son public par le pouvoir de tout ce qu’il exprime à travers les mots et la musique de ses chansons. On peut bien aimer ses disques, cela ne rivalisera jamais avec ce qui se passe là, ce vendredi de mai, sur la scène de l’auditorium Dufour.

À la troisième chanson il demande «Est-ce que je peux parler anglais ?» pour évoquer ses 15 ans d’absence sur scène et prétendre avec humour «qu’il n’y a pas de remède pour l’amour». Jusqu’à la fin, il établit un lien entre ses chansons et ses musiciens, maintenant le rythme sans bavure. C’est impeccable et chaleureux, propice à l’adhésion inconditionnelle aux échos d’une âme sensible, lucide, tourmentée et pourtant amoureuse. «Comme un oiseau sur la branche, je cherche ma liberté» récite-t-il avant de chanter la très émouvante Bird on a wire. Ce qu’il dit, ce qu’il chante n’a de simple que l’apparence. Ses textes, même les plus sombres, sont d’une telle poésie qu’on les reçoit l’esprit ouvert à la confiance qu’il a d’être compris. Et il l’est.

Everybody Knows met en évidence la grande qualité de ses musiciens. La répétition de certaines phrases, comme un mantra, s’appuie sur la musique. Elle en modifie la couleur, en accentue le sens qui se transforme dans le rythme et les intonations. Avec In my secret life on a le sentiment qu’il entre à l’intérieur de la chanson. Ce n’est pas mécanique, ce n’est pas technique. Cela vient de l’intérieur de lui et explose en douceur dans l’oreille de nos cœurs.

De sa voix grave, il crée de la douceur. De sa silhouette il exprime toute la profondeur de sa parole. Puisant dans les succès anciens, risquant des chansons nouvelles, la salle réagit sans cesse et avec force. Lorsqu’il termine la première partie c’est l’ovation. À la seconde l’accueil est vibrant et Suzanne ajoute à la fièvre du public. Hallelujah les éblouit. Democracy les transporte.
Pas question de le laisser partir, la salle scande son retour. Il revient de bon cœur et, trois chansons plus tard, ravira tout le monde en disant: «On n’est pas pressé», avant de continuer.

Difficile d’expliquer ce qui se passe entre cet homme et son public. Une communion. Une reconnaissance. Tout se résume à cet aveu spontané : «Je vous aime» lancé. Moi aussi monsieur Cohen… plus encore, désormais !

Leonard Cohen, si menu dans son costume anthracite, tenant son chapeau,
saluant gentiment, a une telle présence que l'on succombe, conquis.

© Le Quotidien. Photo Sylvain Dufour



Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Musique; Littérature et livres
Taille : Moyen, 478 mots

© 2008 Le Quotidien. Tous droits réservés.

dimanche 11 mai 2008

L'Auberge du cheval blanc

L'Auberge du cheval blanc, production 2008 de la SALR
Patrick Mallette (Léopold) et Roger Girard (Bistagne)
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien





Arts, samedi 10 mai 2008, p. 34

L'Auberge du cheval blanc
La version saguenéenne renoue avec le succès

CHRISTIANE LAFORGE

JONQUIÈRE - L'air tyrolien réussit bien à La Société d'art lyrique du royaume qui aura pratiquement fait salle comble, soir après soir, depuis mercredi. Avec raison. L'Auberge du cheval blanc renoue avec le succès par la qualité des voix, une direction artistique impeccable, un chœur bien accroché au scénario, un orchestre complice et une mise en scène inspirée.

Sans rien perdre du charme de l'époque ni du pays où se situent ces intrigues joyeuses et romantiques, les artisans de cette version saguenéenne de la célèbre opérette ont su insuffler une modernité fort à propos, avec un zeste d'allusions politiques locales et quelques clins d'oeil sympathiques au cinéma.

Par tradition, ces comédies anciennes sont toujours un peu lentes à mettre en place les intrigues et les personnages, sans doute pour l'époque, dans une volonté de durer plus longtemps sur scène. Pourtant, impossible de retrancher quoique ce soit à cette mise en scène réussie.

L'action est menée sans longueur et, s'il faut encore se résigner à ne pas saisir tous les mots chantés, surtout au tout début, on ne s'ennuie pas un instant à l'Auberge du cheval blanc.

Les interprètes

La distribution n'a aucune faille. Geneviève Couillard Després crée une Josépha énergique capable de coup de cœur et de coup de gueule bien sentis. Patrick Mallette chante un Léopold convaincant, très à l'aise dans ce rôle qui lui permet de donner toute l'ampleur à sa belle voix.



L'Auberge du cheval blanc, production 2008 de la SALR
Marie-Ève Munger (Sylvabelle),Roger Girard (Bistagne), Patrick Mallette (Léopold)
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien

Marie-Ève Munger incarne une Sylvabelle mutine; elle se prête à la fantaisie et l'ingénuité de son personnage sans jamais céder à la tentation de se croire une diva, aussi performante dans le chant que dans le jeu de comédienne.

Thomas Macleay campe un Guy Florès solide. On le sent maître de son jeu, aussi bien dans la fiction que sur la scène.

François-Pierre Perron est adorable dans le rôle de Piccolo. Initié au théâtre à sept ans, ce jeune homme de 11 ans est manifestement un comédien né. Quant à Martin Giguère, il sera pour moi le Célestin le plus mémorable de toutes les versions de L'Auberge du cheval blanc.
En poussant son personnage à la limite de la caricature, il le rend des plus sympathiques, donnant du charme à ce dandy naïf irrésistible.

Soulignons aussi la performance d'Éric Renald tour à tour empereur, Gook et Professeur Hinzelmann sans trahir l'un pour l'autre, celle de Caroline Tremblay, la zozotante Clara, de Laurie Tremblay, la Zenzi sensible au jeune Piccolo et de Louise Gagné, l'amusante postière et surprenante Kathi.

Parmi tous, Roger Girard coiffe la couronne de laurier. On le connaît de longue date, remarqué chaque fois dans chacun de ses rôles. Cette fois, il se surpasse. Son Napoléon Bistagne vole la vedette avec un jeu dynamique et coloré. On lui devra bien des rires.

L'action

Dans le mouvement, le rythme, l'équilibre des tableaux et les effets de surprises, on reconnaît bien là l'efficace mise en scène d'Éric Chalifour. Excellente idée d'intégrer la danse aux scènes qui, sans cela, auraient pu être plus ternes. En fait, les chorégraphies de Georges-Nicolas Tremblay, qui a su recourir au talent de quatre danseurs professionnels de la troupe Ecce Mundo, s'intègrent parfaitement à l'intrigue, ajoutant une touche de fantaisie et de rêve supplémentaire aux envolées vocales des tendres duos amoureux.

Le tout est accompagné avec brio par l'orchestre de Chambre de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dirigé par Toshiaki Hamada. Un orchestre qui a su très vite adapter son jeu afin de soutenir les voix sans les supplanter, tout en prenant sa place avec une réelle complicité. Devenant un personnage en soi, avec ses répliques musicales ponctuant l'action.

Ce qui fait la force de cette production 2008 de la Société d'art lyrique du royaume, c'est la conviction d'une volonté partagée par tous de faire la preuve de la valeur de cet art. Serait-ce qu'il a fallu y croire au-delà des difficultés - et elles furent nombreuses - pour mener à bien "ce miracle chaque année renouvelé" comme l'a si bien dit le président de la SALR, Luc Blackburn, dans le discours d'ouverture? L'émotion était palpable sur les visages lors des saluts répétés devant un public qui les a longuement applaudis le soir de la première.




samedi 16 février 2008

Litha


Progrès-dimanche
Les Arts, dimanche 20 janvier 2008, p. 40

Litha, le nouvel album de Skarazula
Curieuse euphorie

Laforge, Christiane

CHICOUTIMI - Les Troubadours de L'Âge des ténèbres de Denys Arcand donnent de l'éclat à notre présent. Le second album de Skarazula suscite une curieuse euphorie. Dans ma tête, les pieds dansent, le corps fait des pirouettes et le temps s'évapore dans les sons joyeux d'instruments médiévaux flirtant sans retenue avec les instruments d'Afrique et d'Orient. La Rose des vents est confondue par le solstice de Litha.

J'avais déjà succombé au charme d 'Ostara, leur premier album célébrant l'équinoxe du printemps, consacrant les sept ans de ce trio fondé en 1999. Litha suscitait à la fois curiosité et crainte. Avaient-ils tenu cette belle promesse d'Ostara? Avaient-ils égaré leurs notes dans les Molières de la récurrence? Charmée en 2006, la conquête est totale en 2007 alors que Litha réchauffe tant l'hiver qu'il pleut en décembre... des larmes de joie, peut-on se dire à l'écoute de ce "clin d'oeil aux fêtes païennes qui ont ponctué la vie de nos ancêtres."

D'une pièce à l'autre, Skarazula crée un esprit enclin à la fête, certes, mais très sérieux dans un jeu musical que le trio maîtrise. Chaque instrument s'affirme, existe, s'épanouit. On éprouve le sentiment de se trouver en plein dialogue amoureux, joyeux, parfois exubérant, quelquefois nostalgique, jamais ennuyant. Et les voix sont très belles.

Skarazula n'interprète pas. Il crée. Il extirpe des sonorités anciennes, s'inspire de musiques d'hier, mélange les cultures pour recréer la sienne.

L'album inclut quatre compositions originales du trio. Kürdi azeri puisant dans la musique turque de l'Azerbaïdjan est jouée sur l'oud, le kaval, le daf et le dumbek. "Les deux autres pièces originales sont jouées à la vièle à archet: il s'agit de Tarantella, un morceau inspiré de la musique italienne, et de Dans ar kêriadenn, une danse bretonne composée par un Québécois aux ancêtres normands! Mauresque, précédée d'un Taqsim, est quant à elle d'inspiration arabe. Les neuf pièces anciennes qu'on retrouve sur Litha vont des danses italiennes du XIVe siècle aux chansons bretonnes du IXe siècle, en passant par les Cantigas de Santa Maria, d'origine espagnole", explique Steve Grenier, porte parole du groupe.

À découvrir pour qui n'a pas connu Ostara. À explorer pour qui aime que le passé se conjugue au présent. À savourer, une fois de plus, pour qui s'abandonne au son de Skarazula.


Encadré(s) :

QUELQUES NOTES...

Les instruments propres à la musique médiévale utilisés par Skarazula : cistre, mandore, cordophones, vièle à archet, vielle à roue, tambour à cordes, psaltérion, harpe médiévale, guimbarde, chalumeau, rauschpfeiffe...

Instruments d'origine orientale : l'oud, le kaval et les tambours sur cadres, comme le daf, le riq et le tar. Un instrument africain, l'udu...

Quelques collaborateurs pour "Litha" : Marie-Annick Béliveau, mezzo-soprano, Pierre-Alexandre St-Yves au chalumeau, au rauschpfeiffe, à la vielle à roue et au chant, Dominique Haerinck à la harpe médiévale et Frédéric Fontaine à la guimbarde...

Réalisé et arrangé par Steve Grenier et François Rainville, "Litha" (SKA-CD-002) a été enregistré en majeure partie à Saint-Paul de Joliette. La prise de son est signée Alain Girard, Steve Grenier et François Rainville. Le mixage et le mastering ont été réalisés au studio Sygma par Alain Girard et les membres de Skarazula...

Skarazula apparaît brièvement dans le film de Denys Arcand, "L'Âge des ténèbres". Quatre pièces de leur premier album, "Ostara" (5000 exemplaires vendus), figurent aussi sur la trame sonore du film...

Illustration(s) :

Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Musique
Taille : Moyen, 422 mots

© 2008 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

Doc. : news·20080120·PD·0009

Ostara


Progrès-dimanche
Arts-Télé, dimanche 16 juillet 2006, p. B10

Disques

"Ostara"
Retour en arrière signé
Skarazula

Laforge, Christiane

Chicoutimi - Impossible de ne pas parler de l'album "Ostara". Un disque de musique médiévale dont les notes s'éparpillent dans ma tête comme un pollen fécond soufflé par un vent jeune. Trois musiciens québécois ont fondé le groupe Skarazula en 1999.

Leur répertoire s'inspire de musique médiévale, celtique, orientale, que ce soit leurs compositions ou les musiques retrouvées du XIIIe et XVIe siècle européennes et orientales. Dès la première pièce, on est aspiré par leur monde sonore, joyeusement étonné de l'abandon qu'il provoque.

Après plus de 400 représentations, données principalement en milieu scolaire, Skarazula réalise un premier album dont le titre "Ostara" évoque le nom de la déesse de l'aube et du printemps, Oestre. Leur ton musical correspond bien à cette fièvre d'une renaissance qui nous envoûte chaque fois que l'on cède à la tentation de l'entendre. Un album qui ne passera pas inaperçu!

Plusieurs pièces sont de leur cru, compositions aux noms sans banalité : Ostara, Échos de la mer Noire, Dansa de Lauzeta, Kakma, La bransle du Fol, La danse des moustaches, Illusion. D'autres surgissent d'un lointain passé. Ils en ont gardé l'esprit mais y ont insufflé leur propre sensibilité, recréant sans trahir. Il faut dire qu'ils ne s'improvisent pas dans cet univers très particulier. Deux des musiciens sont aussi luthiers de formation. François Rainville et Steve Grenier ont fabriqué plusieurs des instruments dont ils jouent : psaltérion, cistre, mandore, trompette marine, vièle à archet.

Porte-parole du trio, Steve Grenier explique la démarche unique du groupe disant qu'il "s'inspire des diverses façons qu'ont aujourd'hui les musiciens d'aborder la musique ancienne.

Il s'agit de s'inspirer de ce qui a été découvert sur ce répertoire sans tomber dans la recherche d'une reconstitution historique. En combinant cela à une approche où la liberté est évidente en ce qui a trait aux arrangements, le résultat est à la fois moderne et fidèle à l'esprit médiéval."

Ils sont à découvrir, tant pour tout ce qu'ils ont à dire de leurs multiples talents, de cette polyvalence qui leur assure une originalité, de leurs instruments qu'ils maîtrisent si bien, de leur composition qui nous ravit l'esprit, de leur interprétation d'une musique d'autrefois dont l'écho trouve sa place dans la mémoire du coeur.

Après avoir entendu "Ostara" du groupe Skarazula, la curiosité risque fort de s'éveiller à l'égard des musiciens et de leurs instruments.

Leur site Internet est incontournable à cet égard: www.skarazula.com


Encadré(s) :

François Rainville et Steve Grenier ont fabriqué plusieurs des instruments dont ils jouent

Illustration(s) :

SKARAZULA - Steve Grenier (percussions, psaltérion et voix), François Rainville (cistre, mandore, ouo, trompette marine, vièle à archet et voix) et François Perron (flûtes à bec, flûte traversière, voix).


Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Musique
Taille : Moyen, 344 mots

© 2006 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

dimanche 13 janvier 2008

Dimanche

La musique de Vivaldi a surpris mon rêve en flagrant délit d’escapade langoureuse. Je choisis d’être éveillée en musique n’aimant pas le son agressif des réveils. Vivaldi est en harmonie avec le soleil de ce 13 janvier.

J’hésite. Dois-je céder à la paresse ?

Dans la solitude d’une maison silencieuse, je regarde passer le temps. Il faut savoir s’arrêter si l’on veut vraiment le regarder passer ce temps.. si précieux.

Plus tard :

J’hésite entre le rien faire si plein de promesses et la gaieté partagée avec des présences souhaitées.

Une neige éblouissante de blancheur sous les yeux, Mozart au creux de l’oreille, la nuque frissonnante sous les cheveux mouillés, le parfum des fraises du petit-déjeuner. L’écran de l’ordinateur ouvert, miroir moderne d’une Alice aux pays des merveilles curieuse d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté... Que de choses tristes!

Allez. Je viens de rattraper mon rire au lasso imaginaire. Il rue un peu mais s’amadoue (quel joli mot : amadoue).

Je choisis le tout faire plein d’inattendus.