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mercredi 13 juin 2012

Dans les faits... lettre d'Ariel à J. Charest

En attendant de retrouver la force de reprendre le clavier pour m'exprimer, voici un écrit que j'endosse de toute ma conscience de citoyenne qui refuse que le parti libéral continue impunément de mentir. Je vote pour cette jeunesse libre qui se fait entendre malgré les coups de matraques, la violence policière armée et les emprisonnements arbitraires que je préfère à une jeunesse libéral. Ce texte se retrouve ici:

Voici le texte intégral:

Réponse à Jean Charest

par Ariel Laforge, jeudi 7 juin 2012, 22:47 ·
Monsieur Charest,

Dans les faits, plus de 75 % des étudiants se sont prononcés contre la hausse drastique des frais de scolarité.

Dans les faits, la majorité des élèves ont fini leur session sans retard, car la grève a été refusée généralement par un vote extrêmement serré (pour certains, ça répondait de justesse au 50 % + 1). Il faut aussi savoir que les votes contre la grève n’avaient pas à être reconduits alors que les votes pour la grève devaient être reconduits hebdomadairement.

Dans les faits, plusieurs établissements en grève ont eu une reprise des cours forcés par une occupation policière (force de l’ordre ou privée) après que le gouvernement a décidé de ne plus reconnaître le droit à la grève étudiante faisant passer le terme de grève à boycott, un changement d'image nécessaire pour une prise de position qui va à l’encontre de tout ce qui était socialement admis depuis plus de 40 ans.

Dans les faits, aucune preuve, étude ou recherche ne prouve que les universités du Québec soient sous-financées. Au contraire, les données tendent à prouver que les universités n’ont jamais été aussi riches, mais les fonds semblent être déplacés de l’enseignement vers la recherche non-fondamentale qui sert les compagnies privées. Les universités ne sont donc pas sous-financées, mais leur gestion soulève de sérieuses questions.

Dans les faits, ceux qui ont fait la demande d’augmenter le financement des universités sont les mêmes personnes qui ont décidé unilatéralement de déplafonné leur fond de retraite leur octroyant ainsi une augmentation de leur revenu à la retraite dépassant plus de 50 000 $ par année (il faut savoir qu’au Québec, le salaire moyen de la population avoisine les 50 000 $ par année). Ce déplafonnement est financé à même les budgets de fonctionnement des départements universitaires créant un déficit pour les universités allant de 1 à plus de 10 millions de dollars.

Dans les faits, le Québec a les frais universitaires les plus faibles en Amérique du Nord, mais ils sont parmi les plus élevés de l’OCDE et la province est encore loin d’atteindre les objectifs du pacte de gratuité scolaire que l’État a signé.

Dans les faits, selon l’OCDE, le programme de prêt étudiant le plus généreux est celui de l’Ontario.

Dans les faits, la bonification du programme de prêts et bourses permettra à environ 10 % des élèves non admissibles
d’y avoir droit (on parle ici d’avoir droit à la capacité de s’endetter pour étudier en ne payant les intérêts qu’une fois les études complétées) est financer à même le budget de fonctionnement des universités et le crédit d’impôt pour les frais de scolarité. En gros, on prend de l’argent depuis le remboursement des étudiants et aux universités pour donner de l’argent aux universités de façon à ce que les banques puissent faire des bénéfices dans le processus.

Dans les faits, le coût réel par jour peut différer grandement selon la méthode employée. Moi j’ai tendance à calculer ce que ça me coûte réellement. Donc, je mets de côté le crédit d’impôt pour les frais de scolarité puisqu’il s’agit d’un remboursement effectué quelques années plus tard, une fois le diplôme obtenu. Alors, nous avons une hausse (maintenant) de plus de 1760 $ répartis sur 7 ans, ce qui nous donne environ 252 $ de plus chaque année. 252 / 365 = 0,69 $ la première année. En détail : année 1 = 0,69 $, année 2 = 1,38 $, année 3 = 2,07 $, année 4 = 2,76 $, année 5 = 3,45 $, année 6 = 4,14 $, année 7 = 4,83 $. Et si l’on fait la moyenne sur 7 ans, on obtient une hausse de 2,76 $ par jour, soit 5 fois plus élevé que ce qui est prétendu. Mais mon calcul pourrait aller beaucoup plus loin, parce que ce qui n’est plus dit (mais toujours prévu), c’est qu’une fois la hausse drastique complétée, les frais de scolarité seront soumis à une hausse de 5 % par année. Alors, maintenant, le coût par jour, on le calcul pour quelle cohorte?

Je ne m’étendrai pas sur la loi 78, une loi qui s’étend sur tellement de domaines qu’il en devient difficile de voir la réelle portée de cette dernière sans faire une dissertation qui comprendrait plusieurs pages. Je signalerai seulement que les personnes même qui devraient la plaider la dénoncent (le Barreau du Québec, les juristes de la couronne).

Dans les faits, le Québec se veut démocratique, mais il est la dernière province canadienne à permettre à ses policiers à effectuer des arrestations de masses (une technique dénoncée plusieurs fois par l’ONU notamment). C’est aussi la province qui a le plus recours aux lois spéciales et aux votes sous bâillons pour régler les conflits de travail et les débats sociaux.

Dans les faits, ce qui a paru, au début, comme un conflit d’une hausse de frais est un conflit idéologique où un gouvernement à l’allégeance impérialiste tente d’éluder le débat nécessaire pour faire passer une société à tendance socialiste à une société capitaliste dure.

Ariel Laforge

mardi 6 avril 2010

Claude Robinson se multiplie dans son combat

Claude Robinson
© Photo: François Roy,
La Presse - Archives


Claude Robinson se multiplie.
Il aura fait plus d'enfants qu'il ne le pensait peut-être.

Sa cause est devenue LA cause qui nous concerne tous. Nous les exilés du pouvoir et de l'argent. Non seulement il est le créateur spolié, trahi, plagié, mais encore il est citoyen d'un pays qui dans ses lois et plus encore dans l'absence de ses lois n'assure pas à ses créateurs des droits légitimes sur le patrimoine dont s'enrichit sa nation. Pire, le système judiciaire est conçu de telle façon qu'il faut être naïf de penser que tous sont égaux devant la Loi.

«Et malgré un jugement qu'un juge a pris huit mois à livrer, me voilà encore être obligé à me défendre. C'est ce que j'appelle de l'abus. Mais je suis prisonnier. Je me dois de continuer sinon c'est fini pour moi»

Ce mercredi 7 avril à 11h, sera ouvert le site
http://clauderobinson.org/


Les faits

Relatés sur le site de Startec (Société des Auteurs de Radio, Télévision et Cinéma):

1982 : Claude Robinson crée " Robinson Curiosité ", personnage central d'un projet de série télévisée pour enfants, qu'il dessine d'ailleurs à partir de son propre visage. Il développe le concept, crée plusieurs autres personnages, écrit des synopsis, des scénarios et une bible avec la description et les dessins de chaque personnage.

De 1983 à 1985 : Claude Robinson présente son projet à divers diffuseurs et producteurs au Québec, ainsi qu'à Téléfilm Canada. Il s'associe avec Pathonic en 1985 en vue de produire la série.

1986 : Claude Robinson et Pathonic retiennent les services de CINAR comme consultante pour la promotion et la vente de la série aux États-Unis. Dans le contrat de services signé par Ronald A. Weinberg, Cinar s'engage à prendre connaissance de tout le projet (personnages, synopsis, scénarios et autres composantes). Claude Robinson se rend à New York et à Los Angeles rencontrer des producteurs et des diffuseurs avec les représentants de Cinar et Pathonic. Malgré l'intérêt des diffuseurs américains, ces rencontres demeurent sans suite.

1987 : Claude Robinson reprend ses démarches avec un nouveau partenaire, SDA, et vise aussi le marché européen. En avril, il présente son projet au MIP-TV, à Cannes, entre autres, à Christophe Izard, alors de Calypa et à Peter Hille, président de Ravensburger. Il y fait la rencontre de Micheline Charest et de Ronald A. Weinberg. Thérésa Plummer-Andrews de la BBC demande par télex la cassette du démo de la série Robinson Curiosité. Mais, de retour de Cannes, SDA se retire du projet.

1988 à 1994 : En 1988, Claude Robinson fonde une nouvelle compagnie afin de produire son projet de manière indépendante.

1995 : Des démarches auprès de Philips pour la production de CD-i interactifs donnent des résultats. Mais le 4 septembre, Claude Robinson voit " Robinson Sucroé " sur les ondes de Canal Famille. C'est le choc. Début octobre, il envoie une mise en demeure à CINAR, qui affirme n'avoir aucune trace dans ses archives d'un lien quelconque avec Claude Robinson ou son œuvre. Début novembre, il porte plainte au criminel (GRC) pour contrefaçon de droits d'auteur (ce dossier est toujours en cours). Puis au début novembre 1995, il envoie une seconde mise en demeure, en vain.

1996 : En juillet 1996, Claude Robinson intente une poursuite au civil contre les producteurs de la série Robinson Sucroé.



La pauvreté des artistes canadiens, dont le revenus moyen se situe en de ça de quelque 20 000$ est déjà un scandale. Mais voilà qu'un des nôtres, après plus de 14 ans de lutte judiciaire - et à quel prix? - obtient gain de cause, il subit l'ultime outrage de se voir obligé de se battre à nouveau.

Ils sont riches … et un peu grâce à lui. Lui, il est pauvre… beaucoup plus à cause d'eux et d'un système légal qui donne plus de pouvoir au poids de l'argent. N'en déplaise au juge… il n'y a pas de justice quand le verdict ne suffit pas à rendre la Justice.


***

Quelques liens utiles

La quête de Claude Robinson : ici

Le droit d'auteur en France : ici

Le très bon texte de Nathalie Petrowski dans la Presse: ici

Une différence qui se calcule : ici


Office de la propriété intellectuelle au Canada : ici


Certains projets de loi, comme le projet C-61, soulèvent bien des questions : ici

Et pour terminer une citation:

«Le titulaire du droit d'auteur est également chargé de veiller à toute violation du droit d'auteur. Si cela se produit, le titulaire du droit d'auteur peut exercer un recours légal (article 34).»





mardi 2 juin 2009

Ouf! La loi Hadopi a été rejetée!

Ne rêvez pas. La répression a le Pouvoir.

Effectivement rejetée en avril, la loi Hadopi a été adoptée le 12 mai dernier par les députés de la République de France à 296 voix contre 233. Liberté, égalité, fraternité!
Bien naïfs ceux qui croient qu'il s'agit de défendre les droits d'auteurs.

Que les droits d'auteurs soient protégés, je suis d'accord. Que l'on cherche une solution intelligente et juste pour contrer le téléchargement illégal, je comprends. Mais qu'une république (la France) qui est née dans une volonté de droits et liberté ait pu concocter une loi telle que la loi dite HADOPI (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet), confiant à un tiers, en total conflit d'intérêt et non à la Justice, le pouvoir de surveiller (espionner?) et de punir (coupure totale allant jusqu'à un an de tout accès Internet au «client payeur de cet accès internet) l'accusé, coupable ou non, sans jugement, sans défense, sans égard au fait que «le crime» reproché puisse avoir été commis par un autre que «le présumé coupable», me fait terriblement peur.




Mes convictions personnelles et mon respect pour les artistes m'imposent de ne jamais, intentionnellement, télécharger illégalement. Cependant, il arrive que plusieurs membres de ma famille, plusieurs amis et amis d'amis de passage se connectent sur le routeur inscrit à mon nom, ainsi qu'ils me permettent de le faire quand je les visite. Je deviendrais responsable de leurs téléchargements ainsi que de toutes autres personnes qui, à mon insu, utiliserait légalement ou non mon accès Internet? Merveilleux monde que l'on voudrait nous imposer, où la présemption d'innocence, le droit à la défense et la justice sont bafoués.

Pourquoi me suis-je intéressée à cette loi? Parce que certains fournisseurs de l'Internet au Québec, notamment Pierre-Karl Péladeau de Vidéotron, aimeraient bien disposer de ce pouvoir.

Petit à petit, au nom de la «vertu», notre société devient répressive, infantilisante et coercitive. On ne veut pas nous protéger. On veut nous contrôler.

***


vendredi 23 janvier 2009

Y'EN A MARRE!

Une Lolita s’en va t’en guerre.


Mais pas de guerre sans victimes


Y'en a marre!

Si je ne me marie pas, c’est parce que je ne veux pas être mariée. Et j’assume.

En 1981, en prévision de mon mariage, j’ai payé un notaire pour qu’il prépare un contrat en séparation de biens. J’étais une femme adulte épousant un homme adulte, tous les deux conscients de nos droits et devoirs. C’était notre CHOIX d'homme et de femme LIBRES d’opter pour la séparation de nos biens.

En 1989, la ministre Monique Gagnon-Tremblay a concocté et imposé la loi 146 sur le patrimoine familial. Sous-entendant notre incapacité intellectuelle d’évaluer les conséquences de notre liberté d’établir un contrat d’union tel que nous le voulions. Heureusement pour les conjoints mariés avant le 1er juillet 1989, nous avons eu le privilège de retourner, à nos frais, devant un notaire, avant le 1er janvier 1991, pour nous soustraire à cette loi (close dont s’est prévalu la ministre elle-même, voir note à la fin). Une décision dont je me suis félicitée lors de mon divorce.

Il y a quelques années, toujours adulte, responsable et consciente de mes actes, je me suis engagée dans une union de fait. Pas question pour moi d’un mariage m’imposant les contraintes d’un régime matrimonial dont les règles ne me conviennent toujours pas (la loi 146 me prive du droit de disposer de mes biens à ma convenance). De toute façon, nous pouvons, si l’un et l’autre le veulent, établir un contrat d’union, conforme à ce que nous souhaitons.

Et voilà que l’issue d’un procès pourrait remettre MA liberté en question et celle de 34% des couples québécois qui ont choisi de ne pas se marier. Je me sens insultée quand les «très désintéressés» avocats mettent en doute la capacité des femmes et des hommes de prendre des décisions éclairées.

Que les enfants nés d’une union de fait soient protégés est légitime et souhaitable. Chaque parent doit être tenu de contribuer au bien-être de ses enfants de façon responsable et équitable.
Pour les adultes, à chacun d’assumer ses choix.

Sinon, quelle alternative restera-t-il aux amoureux désireux de cohabiter?

***

Note 1 : 1.Tous les couples mariés tant avant qu'après le 1er juillet 1989 sont soumis aux dispositions relatives au patrimoine familial. Cependant, les couples mariés avant le 1er juillet 1989 pouvaient se soustraire à cette loi par une convention notariée signée avant le 31 décembre 1990. Au-delà de 60 000 couples se sont désengagés de l'application de cette loi. Mme Monique Gagnon-Tremblay, ministre qui avait parrainé cette nouvelle loi et qui avait vanté les mérites et les qualités intrinsèques de cette mesure de protection, s'est soustraite à l'application de cette loi. (S. Dansereau, 4 janvier 1990)


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dimanche 30 décembre 2007

Je souhaite...




Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche 30 décembre 2007, p. 22


Une année se termine...
Trop tard pour les regrets!

Laforge, Christiane

Une toute nouvelle année commence. Moment idéal pour rêver.

Les fées sont à l'écoute maintenant que le Père Noël a terminé sa distribution de cadeaux. C'est le temps des vœux et mes souhaits sont multiples.

Langue française

Je souhaite que les rédacteurs des sous-titres de nos télédiffuseurs puissent terminer leurs études secondaires afin de maîtriser les accords de verbes.

Je souhaite aux téléspectateurs des télédiffuseurs soucieux de se procurer des logiciels de traduction conçus par des professionnels assistés de linguistes pour éviter la confusion des genres et... par ricochet... du sens.

Je souhaite qu'Anne-Marie Withenshaw, bachelière en Arts et Sciences, détentrice d'une majeure en Communication et une mineure en Musique de l'Université Concordia, puisse décrocher une bourse d'étude chez Berlitz pour apprendre la langue française. Cela, afin de nous épargner cette phrase tordue : "Parce que toi tu dormes pas tu décides qu'on dorme tous pas." (sic), entendue le 26 novembre dernier, lors d'une rediffusion de l'émission Flash enregistrée à Paris, alors que l'animatrice vedette interrogeait l'infatigable Grégory Charles.

Je souhaite que les rédacteurs des communiqués de presse des Centres d'artistes autogérés découvrent les vertus de la simplicité volontaire pour donner à leurs lecteurs le temps de terminer leur bac, afin de comprendre, dès la première lecture, ce que veut dire: "orienté sur l'adéquation des dimensions à la fois sociales et spatiales, attachées au lieu, à l'habitat, aux territoires urbains et ruraux, à l'intime et au public, qui se consacre ainsi à l'exploration et à la diffusion d'un large spectre de pratiques artistiques hybrides en art visuel actuel."

Je souhaite à nos enfants d'avoir le choix d'écouter des émissions de radio et de télévision d'expression française. La nouvelle génération d'animateurs des postes les plus écoutés par les jeunes massacrent odieusement cette langue pourtant si riche et que la nation québécoise revendique comme symbole de son identité.

Les artistes

Je souhaite à nos écrivains de nombreux lecteurs parmi les étudiants qui trouveront leurs livres miraculeusement inscrits au programme scolaire.

Je souhaite aux élèves du primaire et du secondaire de nombreuses sorties culturelles, mais plus encore le temps d'écouter et de faire de la musique, de lire et d'entendre de la poésie, de voir et d'apprendre la peinture. Musique, poésie, théâtre, danse, peinture sont des portes ouvertes sur les cultures du monde, assurant une meilleure compréhension des différentes ethnies et de leur beauté.

Je souhaite à nos politiciens de vivre une année avec le revenu annuel de la majorité des créateurs en art.

Le temps

Je souhaite des journées de 36 heures, des mois de 28 jours, des années de 13 mois.

Je souhaite habiter le Saguenay-Lac-Saint-Jean pour, une autre année, vibrer encore à tous les moments inoubliables que je dois à ces artistes qui habitent mon temps et, semaine après semaine, font danser mes doigts sur les claviers d'ordinateurs dont la mémoire s'épuise à sauvegarder tant de mots.

Je souhaite, à vous lecteurs, santé, bonheur, amitié.

Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Littérature et livres; Langue et questions linguistiques; Arts visuels
Taille : Moyen, 372 mots
© 2007 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

mardi 20 novembre 2007

Julie Boulet



Ce n’est pas moi, c’est l’autre!

Hummm!? Julie Boulet dormait pendant que son chauffeur fautait. Soit!

La désinvolture avec laquelle la ministre s’est empressé d’accuser son chauffeur, se dotant elle-même d’un alibi dormant, avec les conséquences que l’on sait pour cet employé de l’État, me laisse un goût amer.

Madame ne prêche pas par noblesse du cœur. Plutôt que d’être solidaire d’une délinquance «exceptionnelle ??», son chauffeur n’ayant sans doute (!!!) jamais dépassé (???) les limites permises avant ce jour fatidique, et assumer sa part de responsabilité, pour cause de «tolérance ministérielle», Julie Boulet s’est réfugiée derrière le conducteur.
«Ce n’est pas moi c’est l’autre».

Quel manque d’élégance!!

dimanche 24 juin 2007

24 juin

Ce 24 juin, Fête nationale des Québécois depuis 1977, sera-t-il jour de ma mémoire ? Suis-je Québécoise, moi qui ne suis pas née ici ? Je crois depuis longtemps qu’un pays appartient à celui qui le construit. Qu’il n’y a pas droit de naissance, la naissance étant fortuite et non voulue. L’appartenance est un choix libre, affirmé par la présence active, par la contribution au développement d’un pays, par l’adhésion respectueuse à l’âme d’une nation, s’exprimant par sa langue et son idéal social. Je me revendique de ce Québec dont l’identité s’exprime par sa langue et sa pensée française dans un environnement nordique anglo-américain.

Ah! cette langue française, si belle, si riche et subtile, si nuancée... et tant massacrée, tant trahie par nos médias, nos politiciens, nos auteurs et nos enseignants!

Un soir de décembre 2005, dans la joie d’une soirée, pour moi très importante, j’ai parlé de mon amour de cette langue française qui m’est si chère. Je disais :

Hier, je n’aurais sans doute pas écrit un texte pour exprimer ce que je ressens. J’aurais laissé couler les mots sur l’émotion. Aujourd’hui, plus sage... plus prudente, j’ai réagi du bout des doigts sur le clavier. N’est-ce pas ainsi que je vis ma vie depuis des décennies : par mes doigts, fleuves de mots pour lesquels vous me récompensez aujourd’hui ?

Ma joie est grande d’accepter le Prix Jules-Fournier 2005 du Conseil supérieur de la langue française, parce que ce prix me conforte dans un amour inconditionnel à l’égard de cette même langue française.

Je suis née en Belgique. Autre pays de la francophonie où l’on égrène les dizaine de septante à nonante, tout en escamotant l’octante de la Suisse. Je suis née au Québec, à l’âge de neuf ans. Autre pays de la francophonie où le langage «s’abeaudit» des mots anciens que les marins ont déversés sur nos plages. Pour moi, comme pour vous, le mariage de ces deux mondes a engendré une langue française spécifique, unique, vivante, vibrante, qui s’éclate dans nos courriels plutôt que de se laisser étouffer sous les bancs de neige.

C’est par les mots de cette langue française... mieux... c’est par les mots de cette langue française du Québec que j’ai franchi toutes les étapes de ma vie professionnelle, culturelle et sociale. Ce que je pense, ce que je lis, ce que j’écoute, ce que j’écris porte les couleurs aux multiples nuances du langage acquis ici, en terre québécoise, qui plus est du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L’étudiante, formée en arts et lettres, jadis engagée pour classer des photos au Progrès-Dimanche, aujourd’hui journaliste au journal Le Quotidien, a grande envie de dire merci. Merci à ces personnes qui depuis trente ans me permettent d’écrire dans ma propre voix. Me permettent d’user de cette langue française, avec ses mots d’indépendance créés pour éviter l’acculturation linguistique dont nous menace la mondialisation, avec ses mots encore vibrants des échos des abordages d’à peine 500 ans, avec ses expressions uniques issues de nos saisons, avec le métissage des identités, confrontées autant qu’alliées, dont nous sommes les porteurs, nous journalistes, et les héritiers, nous les écrivains.


Ces mots qui ont été soumis à votre regard critique, jurés de ce prix, sont les mots d’une identité que je revendique. Là où Vigneault chante « Mon pays c’est l’hiver », j’écris « Mon pays c’est ma langue », aussi mon identité et ma fierté.

Merci de me permettre d’y croire, ce soir encore plus.

Christiane Laforge
3 décembre 2005