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mercredi 2 juin 2010

Pour une nouvelle salle de spectacle

 Les oiseaux de Chantale Vincelette
Deux minutes du 1er juin

Plutôt deux fois qu’une pour la nouvelle salle de spectacle.
Deux fois POUR l’avenir de mes jeunes, parce que je suis :

Pour une nouvelle salle de spectacle
et
Pour que l’on sauve le Théâtre du Saguenay

J’ai déjà longuement parlé de la saga concernant la construction d’une nouvelle salle de spectacle régionale pour la population de tout le Saguenay.
Note : J'ai réuni les principaux liens à la fin de ce texte.

Depuis la séance du Conseil de Ville de Saguenay du 4 avril 2005, alors que, unilatéralement, dans le grand silence des conseillers municipaux, envers et contre toutes les prises de position du milieu, des organismes culturels et de nombreux artistes, il a été imposée une résolution en faveur de la rénovation de l’auditorium du collège de Chicoutimi, balayant du même coup les conclusions du rapport Trigone, j’ai compris qu’il n’y avait rien à comprendre… à moins d’émettre une hypothèse au risque de me retrouver avec une poursuite infondée d’un million.

Le soufflet infligé fut alors si imprévu et si brutal que tous les intervenants - gens des arts et gens d’affaires inclus - en sont restés cois. Là où je m’attendais à une rébellion justifiée des milieux concernés, j’ai cru voir une résignation. Je n’avais pas compris que, pour plusieurs, c’est l’espoir qui venait d’être avorté.


Porte-parole des jeunes du Conservatoire pour une nouvelle salle de concert
Lors de la conférence de presse du 4 juin
© Photo courtoisie Miche Baron

Puis, il y a eu 2009. Cette pure et vivifiante levée des jeunes du Conservatoire de musique, résolus à se battre pour une salle de concert rendant justice à la musique qu’ils apprennent à jouer comme des maîtres, auprès des maîtres. Galvanisés par les propos du jeune chef prodige Jean-Philippe Tremblay, relatés dans le Quotidien par le journaliste Daniel Côté, ils ont osé dire non à un règlement d’emprunt qui devait sonner le glas d’un rêve bien légitime : une salle de spectacle ouverte sur leur avenir.

Mauvaise nouvelle pour l'auditorium Dufour
Le Quotidien du 4 juin confirme la présence d'amiante,
selon le rapport de la firme LVM-Technisol 
Photo -  Archives Le Quotidien


Même si l’on doit comprendre et respecter l’ardeur de la directrice du collège de Chicoutimi à plaider pour la cause de son établissement scolaire, c’est regrettable d’opposer deux concepts qui ont chacun leur raison d’être. Nul ne doute que l’auditorium Dufour a besoin d’être rénové. Cette salle est au service des étudiants du collège et, comme pour le Cégep de Jonquière, comme pour l’auditorium des écoles Lafontaine ou Charles-Gravel, comme pour l’auditorium du Collège d’Alma, ses administrateurs se doivent de veiller à leur bon état pour répondre à leur vocation éducative. On devine qu'il ne doit pas être facile de se résigner à perdre les revenus de location que générait le diffuseur Théâtre du Saguenay. La cause du cégep est sympathique, mais justifie-t-elle de renoncer à une autre vision?

Une autre vision comme ce projet de 16 M$
rejeté par le Conseil municipal lors de l'assemblée du 4 avril  2005


Pourquoi pas ?
Vendredi 4 juin, un vent d'espoir
© Photo courtoisie Michel Baron

Par contre, alors que les citoyens payeurs de taxes sont à l’heure d’un choix important, soit  payer une partie des coûts de la rénovation de l’auditorium ou payer pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle, comment peut-on leur laisser croire qu’une des deux options leur coûtera quatre fois plus cher que l'autre ? 

Une question honnête aurait proposé aux citoyens : voici ce que VOUS  (vos taxes) aurez à payer pour la rénovation d’une salle que le diffuseur devra louer, soit  8596M $, et voici ce que VOUS (vos taxes) aurez à payer pour la construction d’une nouvelle salle qui vous appartiendra, soit  10524M $. Que préférez-vous ?
Note : j’ai lu les rapports des analystes des deux parties et j’ai retenu le plus plausible à mes yeux, soit celui d’André Salesse. Pourquoi ? Parce que Monsieur Salesse a démontré sa compétence en livrant les chiffres comptables les plus réalistes de la dette du Théâtre du Saguenay (162 000$), dénonçant la mise en faillite sur la prétention contestable d’une dette de plus de 1,5M$ avancée par les fossoyeurs du TDS.

En fait, je crois que la vraie question à poser est de savoir si la population désire que sa Ville soit dotée ou non d’une nouvelle salle de spectacle. Et à partir de là, trouver le financement, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres projets audacieux, que certains ont aussi contestés, que ce soit dans le domaine sportif ou touristique ou culturel.


Sauver le Théâtre du Saguenay


 
À La Une du Quotidien - 2 juin 2010

Je suis pour que l’on sauve le Théâtre du Saguenay d’une faillite injustifiée. Cette coopérative culturelle a le mérite d’avoir doté la région d’une excellente réputation comme diffuseur majeur. Le TDS nous a fait honneur. Le Théâtre du Saguenay est une coopérative inclusive de toute la population de la région. Au lieu de se refermer sur un «membership» essentiellement local, elle est ouverte à toute personne du «diocèse de Chicoutimi», ce qui inclus des résidents de Saint-Honoré, de Saint-Fulgence, de Sainte-Rose-du-Nord, de Saint-Ambroise, etc. dont plusieurs aimeraient bien avoir leur mot à dire le 6 juin.

Je suis pour la Coopérative culturelle qui est le cœur du Théâtre du Saguenay parce qu’elle est apolitique et que son chiffre d’affaire annuel de 1,5 M $ démontre sa capacité de mener à bien son plan de redressement. J’admire ses défenseurs qui, plutôt que de tourner le dos aux créanciers, affirment au contraire qu’ils veulent honorer leur dette, payer leur dû et continuer la mission que cet organisme dirigeait très bien avant que ne leur soit imposée une ingérence indue et politique.

 Éric Dufour, musicien
© Photo Michel Baron


 Marie Gilbert-Thévard
© Photo Michel Baron




Je m’incline avec respect devant les Éric Dufour, Marie Gilbert-Thévard qui se multiplient et qui donnent des ailes à plus d’un. Je m’incline devant un Patrice Leblanc qui a lancé le cri de ralliement, «Aux arts citoyens» ainsi qu’un André Salesse qui met des chiffres sur les doutes soulevés.



Et je ne peux qu’applaudir les six cents personnes présentes, hier soir, au spectacle donné par des artistes d’ici, mettant des noms, des visages et la preuve de leur talent sur les «Ils sont qui eux?» trop longtemps ignorés, trop souvent méprisés.

J’ignore, ce 2 juin 2010, si David l’emportera contre Goliath. Quoiqu’il arrive, ce que je ressens au plus fort de ma foi en cette jeunesse debout, c’est l’espoir retrouvé.

La vie c’est l’évolution, le mouvement, le changement.

L’avenir c’est construire.


***
Éric Dufour et Marie Gilbert-Thévard ont remis une lettre 
à Michel Bonneau, alors directeur régional au ministère de la Culture, 
des Communications et de la Condition féminine, 
demandant de reporter l'octroi des subventions
liées au projet de rénovation de l'Auditorium Dufour.
© Photo Jeannot Lévesque
 


Liens complémentaires

Analyse comparative : ici
Se souvenir de 2005: ici

J'ai un peu écrit sur le sujet

La Voix des jeunes : ici  
Aux Arts mes citoyens : ici
TDS coup de théâtre : ici
Go multimedia : ici
Quoi encore? ici
La tentation totalitaire : ici
Histoire sans fin d'une salle : ici

Vendredi 4 juin 2010
sur le site éventuel de la 
Nouvelle salle de spectacle régionale du Saguenay


Ils sont pour une nouvelle salle de spectacle



Marie Gilbert-Thévard
plaide la cause des jeunes et de nombreux artistes

Éric Dufour ne lâche pas





Les médias étaient présents ce vendredi 4 juin

Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour
Se battent depuis plus de 14 mois
Pour que la population du Saguenay puisse  disposer d'une salle de concert 
digne des musiciens formés dans cette région.

***

dimanche 21 février 2010

Aux arts-mes citoyens

Des citoyens déterminés à sauver le Théâtre du Saguenay
se sont réunis samedi dernier

«AUX ARTS COMPAGNONS»
Patrice Leblanc



Aux arts-mes citoyens



Que Patrice Leblanc me permette cet emprunt à sa propre locution , «Aux arts compagnons», alors qu’il a réussi à mobiliser un groupe de personnes afin de préserver l’esprit de la Coopérative culturelle et de sauver le Théâtre du Saguenay que certains s’empressent à enterrer sans avoir tout tenté.

La faillite annoncée du Théâtre du Saguenay a levé un vent de révolte. Et c’est avec spontanéité qu’une première assemblée s’est tenue samedi 20 février 2010, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, pour créer le groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay qui a déjà son site web ici, et sa page Facebook là. Plus de 75 personnes étaient présentes et de nombreuses autres dont je suis, absentes à regret, ont signifié leur appui par écrit (fait avéré).

Un naufrage incompréhensible

Depuis le 30 juin 2009, les vagues sont devenues tempête dans la saga, résumée ici, de cet organisme culturel qui pourtant naviguait avec brio depuis 1974 sous les directions successives de Françoise Desbiens et de Louise Beaulieu.

En 2005, Louise Beaulieu (Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU, octroyé pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace) quittait la direction générale d’une Coopérative en excellente santé, comme le rapporte Pascal Girard dans le Progrès-Dimanche:
«Quand j'ai quitté en 2005, on avait une réserve dans les cinq chiffres, a-t-elle avancé. Celle à qui elle avait succédé était également présente. Françoise Desbiens fut l'une des fondatrices. Elle a rappelé que la mission première était l'accessibilité de la culture. Selon elle, cette mission s'est perdue dans les dernières années.» (PD du 21 février page 14)

Sur la page du groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay, Éric Dubois précise: «Plusieurs éléments sont encore nébuleux et nous nous expliquons mal comment cette coopérative, florissante jusqu'en 2005 (plus de 1,5 M $ en chiffre d'affaires), a été déroutée vers un désastre financier dont nous n'avons pas encore l'ampleur réelle.»

Dans le rapport financier de 2006-2007, le directeur général Robert Hakim (engagé à l’unanimité par le CA que présidait Jean Bilodeau) déclarait, à la journaliste Anne-Marie Gravel, anticiper un surplus appréciable : «Robert Hakim, écrit-elle, estime percevoir un surplus d'environ 60 000 $ grâce à la présence d'un peu plus de 50 000 spectateurs au cours de la dernière saison."Nous bénéficions d'un budget de 1,5 million $, dont plus de 88 % provient de la billetterie. Nous devons nous assurer de présenter que des spectacles vendeurs tout en continuant notre mission et en respectant nos objectifs. Les spectacles internationaux et à grand déploiement viennent remplir les coffres, ils font la différence!", a souligné le directeur général du Théâtre du Saguenay.» (Le Quotidien du 7 juin 2007, page 31.) Un surplus de 57 000$ a été confirmé au dépôt du rapport financier de 2007.

Faut-il donc comprendre qu’il aura fallu moins de deux ans pour créer une dérive entre 2008 et 2009?

Rappelons que le rapport des états financiers pour 2008, rendu public seulement en juillet 2009, démontrait un déficit de seulement 180 000$. Chiffres déclarés à la fois par Robert Hakim (dg), Vassilis Fasfalis (président) et Albert Lemieux, comptable chargé des états financiers du Théâtre du Saguenay. (Le Quotidien, jeudi 2 juillet 2009, p. 31)

Moins d’un an plus tard ce serait la faillite???

Fait-on faillite avec des revenus de 1,5 millions de dollars? Ou bien négocient-on d’abord avec les créanciers identifiés?

Il y a trop de questions sans réponse pour que les membres de la Coopérative culturelle de Chicoutimi déclarent forfait sur la décision unilatérale - du moins c’est ce qui ressort des témoignages des membres - du seul président, non élu qui plus est.

«Nous constatons que sur un CA de neuf personnes jusqu'à tout dernièrement, seulement quatre étaient élues par les membres de la corporation. Le président Pierre Mazurette n'a jamais reçu l'assentiment des membres pour sa nomination, ni pour ses démarches pour mettre fin aux activités de la coopérative.» lit-on sur le site Sauvons le Théâtre du Saguenay.

Serait-ce que les membres de la Coopérative ont été laxistes?

Non, découvre-t-on, à la lecture de ce que relate Éric Dubois dans son compte-rendu de la rencontre de samedi : «Le président Mazurette a refusé de tenir une assemblée spéciale des membres, même si celle-ci avait été demandée par des membres de la corporation. Il a aussi refusé de travailler sur un éventuel plan de relance des opération du TDS, qui aurait été, selon nous, la première chose à faire avant de convenir de la faillite. En ce sens, les membres et un syndic de faillite auraient très bien pu orienter les démarches vers une proposition concordataire envers les créanciers du TDS et préparer un plan de redressement. Nous croyons que c'était son travail en tant que président de la coopérative, travail qu'il s'est toujours refusé de faire.»

Mais alors comment Monsieur Mazurette s’est-il retrouvé à la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Saguenay? Le président nommé par le ca - lequel avait préalablement été élu par l’assemblée générale pour être membre de ce conseil d'administration - était Richard Boivin. Celui-ci a démissionné peu après.

«Le président Pierre Mazurette, en poste depuis décembre 2009 avait un objectif clair: mener la coopérative vers la faillite. C'est le mandat qu'il a accepté, suite à l'invitation lancée par le Maire Jean Tremblay. Il s'est affairé depuis à dépeindre la situation qui prévalait au TDS comme étant catastrophique, sans pourtant démontrer clairement, chiffre à l'appui, cette affirmation. Le président se cache derrière l'enquête policière en cours, mais allègue des manque à gagner de un millions de dollars. Mais rien ne prouve cela actuellement», affirme Éric Dubois.

Il faut reconnaître que les déclarations successives rapportées dans les journaux ont de quoi nous troubler. La valse des chiffres non vérifiés et non prouvés a perdu ses repères passant de 300 000$ a 400 000 $ pour dépasser la douche froide d’un million assaissonné d’une affirmation non vérifiée disant que «les revenus sont pratiquement inexistants.» (Le Quotidien, mardi 16 février 2010, p. 3)

La mise en faillite n’était pas encore faite que Le Quotidien rapporte: «Le directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, s'est rendu hier à Québec pour rencontrer à ce sujet les autorités du ministère de la Culture et des Communications et voir les différentes options qui s'offrent à la Ville, dont celle de créer une nouvelle corporation.» Nous avons bien lu Ghyslain Harvey et non le directeur-général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, ni la présidente du Conseil des arts, Sylvie Gaudreault. Rarement nous n’aurons été témoin d’un tel empressement au service de la Culture au Saguenay!

Mais voilà que le Citoyen, non résigné à se voir dépossédé de sa coopérative, se multiplie. Car le Théâtre du Saguenay appartient à la Coopérative culturelle fondée en 1974 et composée de membres qui ont le droit de prendre les décisions qui les concernent. Ils sont venus le réaffirmer ce samedi 20 février en compagnie des membres fondateurs de ce fleuron. Fleuron malmené par des décisions politiques depuis que ses membres ont été spoliés de leur libre arbitre sur leur propre salle de spectacle et, maintenant, de leur désir de survivre.

Membre du comité, Jocelyn Robert écrit: «Jusqu'en 2005, le Théâtre du Saguenay était une bonne entreprise rentable dont les opérations permettaient la diffusion d'un calendrier des arts de la scène important depuis plus de trente ans et ce, en respect d'une mission défendue par des professionnels... Cependant, avec la décision de la Ville de s'opposer à la vision de développement du TDS en 2005 et de ne pas
respecter les souhaits et intérêts du milieu professionnel, la ville a contribué directement à mettre en place une gouvernance inapte à défendre les vrais intérêts de la diffusion pour détourner les objectifs au profit du privé.»

Un comité a été formé.

«Rassembler et informer tous les gens qui ont à cœur la survie du Théâtre du Saguenay et l'avenir culturel de la région. Ne laissons pas la ville prendre le contrôle de la diffusion!» conjuguent-ils au présent.

Comme le dit avec justesse Patrice Leblanc, il ne s’agit pas seulement de la cause d’une ville mais bien d’une région. La mienne, la vôtre. En devenant membre de la coopérative, les citoyens de la périphérie des villes fusionnées de Saguenay démontrent leur sentiment d’appartenance à la dimension régionale de nos infrastructures culturelles. Un aspect bien trop souvent occulté, au grand dam des artistes et travailleurs culturels de la région du Saguenay.

Lucien Frenette, directeur général du Conseil régional de la culture, Denise Lavoie, ancienne directrice du Festival international en arts de la marionnette, Éric Dubois, candidat municipal défait et membre du Théâtre du Saguenay, Jocelyn Robert, directeur général de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Pierre-Paul Legendre, membre numéro 29 de la coopérative, Véronique Beaulieu, ancienne membre du conseil d'administration et Patrice Leblanc, organisateur de la rencontre et membre de la troupe des Clowns noirs, forment le comité qui a pour mandat de rencontrer le syndic Réjean Bergeron, de tenir une assemblée générale spéciale et d'entamer les démarches de relance.

Notons que le comité a reçu l’appui de Jeanne Blackburn, qui fut ministre et députée au cours des années 1985 à 1998 pour le Parti québécois et du fiscaliste André Salesse qui défend le projet d’une nouvelle salle de spectacle pour la région du Saguenay.

***

mercredi 3 février 2010

Salle de spectacle: une parodie savoureuse


On trouve de tout sur youtube

:-)

Une parodie de la fureur du Führer
avec pour thème
la Salle de spectacle à Chicoutimi



D'un auteur non identifié, mais qui ne passera pas inaperçu.

***

On devrait bientôt la voir aussi sur le site de http://www.nouvellesalle.com/

vendredi 22 janvier 2010

Théâtre du Saguenay : coup de théâtre!

Le 15 mai 2009, se réunissaient en conférence de presse, Vassilis Fasfalis président du TDS, Serge Simard ministre et le maire Jean Tremblay
© Photo Rocket Lavoir - Archives Le Quotidien


Depuis l'assemblée générale houleuse de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi du 30 juin 2009, impossible de ne pas savoir que la salle Opéra cabaret urbain était en difficulté. (Voir ici)

Tellement en difficulté, que ce fameux mardi 30 juin 2009, les membres présents ont eu la surprise d'apprendre que le cabaret avait été vendu par le conseil d'administration présidé par Me Vassilis Fasfalis pour la somme symbolique de 1$ à une personne dont on n'a pas voulu, à ce moment-là, dévoiler le nom. La somme dérisoire se justifiait, expliqua-t-on alors, par le fait que cette vente allait permettre d'éponger le déficit de 188 000 $ du Théâtre du Saguenay (Notons que ce montant identifié s'inscrivait pour la fin de l'année financière 2008). Déficit lié directement aux tribulations entre le TDS et L'Opéra, dont la coopérative avait acquis 51% des parts, tandis que Robert Hakim, des Productions Robert-Hakim et, jusqu'en janvier 2010, directeur général du Théâtre du Saguenay en conservait 49%.

Les membres de l'assemblée n'avaient pas eu accès aux états financiers de l'année 2008 et encore moins à ceux de 2009 lors de cette assemblée, car le Conseil d'administration avait omis de tenir une assemblée générale annuelle en 2008, comme prévu dans les règlements de la compagnie, article 28 :

«28. Assemblée annuelle
Dans les quatre mois qui suivent la clôture de chaque exercice social de la coopérative, ses membres doivent être convoqués en assemblée annuelle pour prendre connaissance du rapport annuel, statuer sur la répartition des trop-perçus annuels, élire les administrateurs, nommer le vérificateur et se prononcer sur toute autre question concernant l'association.»

Pierre Mazurette, président du Théâtre du Saguenay
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien


Dans un article publié par le Quotidien le 15 janvier dernier, Louis Tremblay écrit : «Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts. Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts.»

Le 19 janvier, le journaliste précisait ce qui suit : «Jusqu'à maintenant, et selon les nombreuses informations recueillies par Le Quotidien, le Théâtre du Saguenay a engagé plus ou moins 300 000$ dans l'Opéra. Cette entreprise risque d'être mise en faillite d'ici les prochains jours puisque la relance a échoué. La coopérative, qui devait récupérer une partie de ses investissements avec la vente de l'Opéra, risque donc de tout perdre dans l'aventure. Le FIER du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme subventionné à 66% par Québec et qui a agi comme institution financière dans le projet, a récupéré seulement 40 000$ des 355 000$ investis au départ. Les administrateurs cherchent à comprendre pourquoi la situation s'est détériorée de la sorte. Il y a aussi certains éléments à expliquer. Alors que la coopérative avait vendu l'entreprise en juin et n'avait donc plus d'obligation, deux versements totalisant 30 000$ ont été faits pour renflouer les coffres de l'Opéra avec des chèques du Théâtre du Saguenay.»

En complément, le journaliste et chef de la Section des arts du journal Le Quotidien, Daniel Côté cite le fiscaliste André Salesse qui rappelle aux élus de Saguenay que : «Depuis quatre ans, la coopérative est gouvernée par la ville. C'est celle-ci qui a nommé Vassilis Fasfalis, puis Pierre Mazurette, à la présidence. Elle a aussi fait en sorte que des gens quittent le conseil d'administration et que d'autres y soient intégrés. Maintenant que ça va mal, il ne faut pas chercher ailleurs. Ce sont les hauts dirigeants qui sont responsables ", argue le fiscaliste en faisant allusion, entre autres, à la mairie.»

Finalement, aujourd'hui 22 janvier, Louis Tremblay divulgue de nouveaux chiffres : «Dans les états financiers vérifiés par le comptable Albert Lemieux, le Théâtre du Saguenay accusait un déficit à la fin du mois de juin. Jusqu'à maintenant, et les chiffres n'ont jamais été contestés, l'aventure de l'Opéra a englouti au moins 600 000$ dont une bonne proportion provient des contribuables de Saguenay et des Québécois en général. Le budget de Saguenay pour le Théâtre du Saguenay est passé de 90 000$ par année à un peu plus de 160 000$ au cours des deux dernières années.»


En conclusion

Plus on apprend sur cette saga incroyable, plus on sait que l'on ne sait pas.

Si ce n'est que la population de la RÉGION du Saguenay peut compter sur son diffuseur majeur. De 1974 à 2005 sa gestion a été saine et efficace. Au point qu'en 2005, la directrice générale Louise Beaulieu a reçu le Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU. Ce prix lui a été octroyé «pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace et d'habile négociatrice qui a su, au fil des ans, communiquer sa passion et exercer un leadership incontestable dans sa communauté et son milieu professionnel.»

Le ministre Jean-Pierre Blackburn
en compagnie de Robert Hakin
coiffant un texte d'Anne-Marie Gravel
publié le 29 mars 2009
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

En 2005, le Conseil d'administration, présidé par Vassilis Fasfalis, engageait Robert Hakim pour succéder à Louise Beaulieu.

Pour l'avenir du Théâtre du Saguenay et la réputation du milieu culturel et artistique du Saguenay, l'enjeu est important. Les membres de la Coopérative de développement culturel doivent accroître leur nombre et retrouver leur souveraineté au sein d'un organisme qui a su nous servir avec honneur pendant plus de 30 ans. S'il en est qui veulent juger, ils ne peuvent occulter trois décennies.

***

vendredi 18 décembre 2009

Promenade hivernale à Chicoutimi


À défaut de mots des images


Forêt de glace
Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009




Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


Fleur de neige
Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


Chicoutimi - Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009

Chicoutimi - Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


samedi 5 décembre 2009

Jean-Claude Villeneuve se raconte

Jean-Claude Vileneuve
©Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien

Samedi dernier avait lieu le lancement du premier livre de Jean-Claude Villeneuve. Le Progrès-Dimanche en a fait sa page vedette de Ici Dimanche. Une belle page tant pour la forme que le contenu signé par le journaliste Denis Villeneuve. Elle n'est malheureusement pas disponible sur l'Internet. Mais sous forme de photo en voici un aperçu visuel.

© Progrès-Dimanche - 29 novembre 2009

Lors du lancement, à la bibliothèque de Chicoutimi, nous avons pu entendre les espoirs enthousiastes des fondatrices de la maison d'édition Vivat, Claire Bouchard et Nicole Bélanger, la petite histoire du livre livrée avec émotion par l'auteur du récit L'époque de mon enfance, Jean-Claude Villeuneuve, ainsi que d'une première appréciation élogieuse de Russel Aurore Bouchard.

Après lecture du manuscrit, ce fut pour moi un plaisir que d'écrire la préface de ce livre qui, je l'espère aura une suite. La voici:

l'Époque de mon enfance
Préface

L'homme d'aujourd'hui est issu de l'enfant d'hier. Jean-Claude Villeneuve en livre un témoignage éloquent dans ce livre, L'époque de mon enfance, où il raconte les treize premières années de sa vie.
« Comment s'est joué le silence d'une enfance et d'une adolescence sous l'influence des rudes traditions et d'une intransigeante autorité » tient-il à expliquer en avant-propos. Curieusement, si rude soit l'époque, si rigoureux soient les parents et les éducateurs, si ardue soit la vie quotidienne quand la survie est un combat jamais gagné, les pages de ce récit resplendissent d'une lumière surprenante. Comme si, à son insu, le petit garçon de cette histoire avait superposé sur la toile noire toutes les couleurs vives d'une volonté farouche de saisir le plaisir de vivre.
« Nous fûmes vite enveloppés par l'arôme du sapin de notre sommier et par la chaleur des bûches d'épinette qui pétillaient dans le gros poêle en fonte », narre-t-il au souvenir des nuits dans le camp de bûcherons, plutôt que de se plaindre de la précarité de cette expérience. Ce passage, comme bien d'autres, permet de croire que cet enfant devenu homme ne courbera pas l'échine. Et l'on regrettera peut-être que ce livre nous laisse aux portes de son adolescence, pour en venir trop vite à l'âge adulte de la fratrie Villeneuve. Il énonce les étapes inévitables de chacun : mariage, enfants, divorce, engagement professionnel, social et politique. Une énumération ponctuelle, sans plus. Comme si l'auteur n'osait aller plus loin dans les sentiments et décidait, par là, de nous laisser de l'autre côté du miroir.
Bien que l'auteur aborde le récit de son enfance par des données historiques concordant avec ses ancêtres et membres des familles Amyot, dit Villeneuve, et Jean, le lecteur se laissera petit à petit entraîner par le conteur qui se révèle au fil des pages. Sans doute, chacun aura sa façon de suivre Jean-Claude Villeneuve dans ce passé familial ; les uns soucieux de s'assurer des faits et dates dans le contexte de l'Histoire, les autres cueillant les cailloux semés dans les pages pour retrouver les pas d'un Petit Poucet refusant de s'égarer dans ce passé.
Les terres agricoles, les forêts, l'usine (en l'occurrence l'Alcan), tout est dur labeur pour les familles où les enfants se comptent quinze à la douzaine. En présentant l'un après l'autre les membres de sa famille, c'est le récit d'une époque, le demi du XXe siècle au Saguenay, qui est ici décrit sobrement. Une existence frugale, laborieuse, où les entreprises et la religion catholique demeurent les maîtres du jeu.
Les anecdotes donnent un ton plus léger à la sévérité de cette vie brossée en mots simples dans un style vif et entraînant. On y découvre la petite pièce, à l'arrière de l'épicerie de quartier, où accueillir quelques clients « particuliers » célébrant la dive bouteille, le dimanche. Le coloré Léon-Georges avec ses « rouleuses » et ses lunettes aux branches réparées avec du sparadrap. Le courageux cheval Nieger et bien d'autres.
Au-delà du simple récit surgissent les caractères des pionniers de cette région. Bien sûr, il y a la vie en forêt, les fermes laitières, le travail en usine, le commerce, mais chacun a sa part de rêve et de conquête. Comme Phydime Jean, le grand-père maternel, en route vers le Yukon (avec le cousin Thomas) pour finalement se retrouver aux États-Unis et revenir au pays pour devenir cultivateur dans le Canton Simard de Chicoutimi-Nord.
Et la tendresse dans cet univers? Jean-Claude évoque un père souvent absent, une mère d'une extrême sévérité. « Les mots amour, bonté, douceur et affection n'eurent pas de place dans son vocabulaire ni dans sa façon de nous éduquer » écrit-il, se souvenant des retours paternels comme de l'heure du châtiment dont les plus turbulents étaient menacés, non en vain.
Les souvenirs sont précieux. Si ce livre ne devait avoir que le seul mérite de préserver la mémoire d'une famille, il aurait déjà toute raison d'être. Cela demande un certain abandon, une dose de courage aussi pour mettre par écrit l'écho d'un passé brossé dans les tons sombres de la pauvreté durement combattue, de la rigidité d'une éducation.
Mais L'Époque de mon enfance de Jean-Claude Villeneuve recèle davantage qu'un récit familial. Dans la troisième partie surtout, Une saison dans les chantiers, l'histoire devient plus universelle, décrivant la vie dans un chantier, avec femme et enfants. Le narrateur devient le témoin privilégié de tous les gestes du quotidien. Un récit savoureux, riche de précision et, en plusieurs passages, fort émouvant d'une existence rigoureuse où la moindre douceur prend des airs de fête.
On avait déjà été sensible à ce petit garçon ému par la beauté de la maîtresse d'école, des épines au cœur aux premiers sentiments de jalousie, du souvenir sucré de l'anniversaire de ses cinq ans, de la corne sous les pieds privés de chaussures tout l'été par souci d'économie, de l'arrivée des premières automobiles et du tout premier salaire… en pommes de terre. Mais, à la lecture d'Une saison dans les chantiers, on découvre un auteur qui sait raconter avec justesse et nuance les odeurs de cuisine et des sapins. De précieuses informations pour des écrivains voulant recréer la vie des bois avec le plus d'authenticité possible.
On n'oubliera pas la première truite pêchée, le premier lièvre piégé, les joies simples, les plaisirs d'une enfance qui n'oublie pas qu'elle a été malmenée - comme certaine aujourd'hui - dans cette école chrétienne où élèves et enseignants se moquent du «bûcheron» qui, pour six mois d'absence à l'école et les signes apparents de la pauvreté, subit le rejet sans pleurer. « J'avais presque treize ans et un homme, ça ne pleure pas! Je reçus plus que ma part de coups et d'insultes. Je dormais très difficilement. Je me rappelle avoir pensé m'enfuir, tellement j'étais malheureux. »
Il trouva la meilleure parade : étudier tant et plus pour franchir avec succès toutes les étapes de cette enfance le menant à sa vie d'homme.
Ce livre est une forme d'héritage, pour les siens… Aussi pour nous.

Christiane Laforge
Anse-aux-Foins
22 août 2009

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dimanche 26 juillet 2009

Le médecin malgré lui du théâtre 100 Masques

Alexandre Larouche, Mélanie Potvin, Marc-André Perrier,
Émilie Jean, Pierre Tremblay, Jérémie Desbiens, Martin Giguère

Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

Vent de rire et de fraîcheur a soufflé sur Chicoutimi. Hier soir, la petite salle Murdock, toute de noir vêtue, s’égayait des répliques piquantes d’un Sganarelle (Pierre Tremblay), médecin malgré lui et fort aise de l’être lorsque les écus sonnant ont remplacé les coups de bâton frappant.

Mélanie Potvin (Martine), Pierre Tremblay (Sganarelle)
Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

Pour célébrer son dixième anniversaire, le Théâtre 100 Masques s’est offert une farce de Molière comme une récréation où pouvoir utiliser tous les jeux de scènes possibles, s’amusant de la forme plutôt que d’en interroger le sens. L’un n’excluant pas l’autre, mais ouvrant le jeu de scène à des pirouettes physiques et verbales parfaitement inutiles si ce n’est d’y prendre plaisir à le faire autant qu’à le voir faire.

Tout commence devant les rideaux clos, alors que trois hommes en noir vont nommer un à un les 67 donateurs de cette production estivale afin de les remercier. Évitant un protocole fastidieux, ils secondent une comédienne, extirpée d’une malle transformée en minuscule scène, qui, pour chaque nom et profession nommés, déclame une citation appropriée puisée dans les textes de Molière. Toute une lecture des pièces de cet auteur pour en extraire «la» phrase se mariant le mieux avec la fonction du mécène. Un feu roulant, très théâtral, donnant le ton à ce qui va suivre.


Christian Ouellet, metteur en scène et comédien
Ici dans une scène de La Cerisaie - Les Têtes Heureuses
© Jeannot Lévesque


La mise en scène de Christian Ouellet est toute en vivacité. Les trois actes de la pièce Le Médecin malgré lui vont se dérouler tambour battant. Pas d’interruption entre les scènes qui changent de lieu aussi simplement que défile un drap sur une corde à linge. Double draps sur lesquels on a peint l’intérieur d’un riche salon.

Ingéniosité, rythme, mouvements et verbes. Rien ne manque dans ce jeu débridé aux accents incroyables soutenant un texte adapté de façon à assurer une sorte de concomitance entre la langue classique du temps de Molière et la langue vernaculaire de milieux québécois.

Alexandre Larouche (Léandre), Émilie Jean (Lucinde)
Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

Le propos de Molière trouve échos auprès du public saguenéen fort réjoui des tirades échangées sur le mariage, la médecine et l’amour. La salle était petite, mais elle était pleine. Le théâtre 100 Masques aura joué plusieurs soirs à guichet fermé. Une bien agréable soirée… Trop vite passée s’étonnait mon voisin qui doutait avoir assisté aux trois actes.

Un bon choix du metteur en scène que ce rythme soutenu, sans doute très exigeant pour les comédiens qui ont su maîtriser la difficulté que représente (du moins je le crois) la grande proximité du public, en raison de l’espace dévolu à ce théâtre.


Marc-André Perrier (Valère), Martin Giguère (Géronte),
Jérémie Desbiens (Lucas)
Le Médecin malgré lui - Le Théâtre 100 Masques
© Jeannot Lévesque- Photo Sylvain Dufour

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Dario Larouche - Théâtre 100 Masques
Directeur général et artistique depuis 2007
© Jeannot Lévesque

Le Théâtre 100 Masques (TCM) a été fondé par Sophie Larouche, Maryse Lavoie et Magalie Roy en 1999, alors étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi, afin d’offrir des opportunités d’emplois à la relève, principalement issue du baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’UQAC, et ainsi l’encourager à demeurer dans la région.
(Source : www.théâtre100masques.ca)


Organisme sans but lucratif incorporé en 2004, Le TCM a produit, entre autres, Andromaque de Jean Racine, Fin de partie de Samuel Beckett, Les Nuits Blanches de Dostoïevski, Les précieuses ridicules, de Molière et La Serva Amorosa, de Carlo Goldoni et plusieurs œuvres d’auteurs de la région, dont l’actuel directeur général et artistique Dario Larouche.

En 2005, le Théâtre 100 Masques reprend les ateliers de théâtre auprès des jeunes, activités que tenait le Théâtre L’Eau-Vive (issu du théâtre Le Frou-Frou). Les ateliers et camps intensifs tenus par des professionnels de la scène saguenéenne.

«Depuis 2007, la mission du Théâtre 100 Masques consiste à développer un espace de recherche actif axé sur l’exploration de la forme théâtrale et/ou de la théâtralité… En d’autres termes, il s’agit d’un parti pris marqué pour le metteur en scène et le langage de la scène.»
(Source : http://theatre100masques.blogspot.com/)


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vendredi 19 juin 2009

Une pacotille de petits villages, dixit Michèle Richard

Encore elle!

Peintre amateur depuis 1984, qui n’a jamais exposé (si l’on excepte le Manoir Morin-Heights), jamais été soumise à la critique, jamais participé à quelle qu’activité d’importance que ce soit en arts visuels et totalement inconnue dans le monde de la peinture professionnelle, Michèle Richard rejette d’un revers de la main (de la bouche plutôt) les arguments des personnes qui ont osé contester sa présidence, à ce titre comprenons-le, du Symposium international Jean-Paul Lapointe. Et je la cite :

«Ce n’est pas une pacotille de petits villages qui va me déranger», déclare-t-elle.

Voilà en quelle estime elle considère la ville hôtesse qui l’accueille cette fin de semaine.

On peut l’entendre sur le site de CBJ alors qu’elle accordait une entrevue à l’émission Café, boulot, dodo animée avec brio par Doris Larouche, dont voici le lien:
http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/emissions/emissionV0.asp?pk=920

vendredi 1 mai 2009

L'Ensemble Bouffon a conquis les Français


L'Ensemble Bouffon - 2009
Jessy Dubé, Clément Tremblay, Marie-Claude Simard, Jean-René Lavoie
au lancement de l'album Le Passeur
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

L’Ensemble Bouffon est revenu de France avec un billet de retour pour 2010 dans les étuis des violons et d’une guitare.

Nos mousquetaires de la musique traditionnelle sont partis trois pour présenter à la Vieille France les chants de leurs ancêtres après quelques siècles dans les vents de quelques arpents de neige.

Une première escale à Olivet, le jeudi 26 mars, a suscité l’envie de les entendre plus encore, comme l’écrit Eric De Rhuiz, directeur des bibliothèques :

«Tout d'abord merci encore pour ce concert à Olivet si chaleureux et de m'avoir fait également partager un peu de votre musique en rythme !! Merci de m'avoir invité sur scène avec vous. J'écoute votre CD tous les jours et je ne m'en lasse pas. Mes préférences sont, même si cela est difficile tant l'univers est cohérent, pour Sunday river (superbe ballade) et J'ai dit oui pis y a dit non (connivence, humour et bonne humeur, ce qui vous caractérise à mon avis). [...] Voilà, nous nous occupons de vous trouver des dates pour votre venue 2010 en France.»

Deux jours plus tard, Clément Tremblay, Marie-Claude Simard et Jessy Dubé étaient accueillis à Angoulême, précédés par une promotion fort enthousiaste.

«L'ensemble Bouffon arrive spécialement du Québec en exclusivité», titrait le bulletin de nouvelle. «L'année 2009 sera un cru très spécifique avec la venue pour la première fois en France de l'ensemble Bouffon, un groupe musical de la région de Saguenay-Lac-Saint-Jean qui animera notre soirée de musiques traditionnelles du Québec, samedi 28 mars à la salle fêtes de La Couronne» explique Eliane Roy, la présidente de l'association La Couronne-le Québec Autrement. En négociation depuis plusieurs mois avec les responsables du groupe musical, la petite équipe de bénévoles du comité de jumelage a décroché «son exclusivité». Le groupe musical québécois fera l'aller-retour pour proposer «une veillée du bon vieux temps des premiers arrivants d'ancêtres qui savaient fêter» aux cousins couronnais. […] Passionné par les musiques traditionnelles du Québec, l'ensemble Bouffon a enregistré trois disques compacts. Dans son troisième opus de 2003, le groupe a ajouté des chansons apprises dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sorti en février dernier, le dernier album de chansons est le résultat des cueillettes entreprises par les musiciens auprès des aînés de leur région. Le comité de jumelage couronnais a été créé en mai 1998, l'histoire de ce dernier est intimement liée à celle des douze échanges scolaires qui ont eu lieu entre 1990 et 2001. Ses objectifs étant de faire connaître au plus grand nombre le Québec. »

Conquête confirmée

Jessy Dubé et Marie-Claude Simard
Photo Philippe Rebeix - Sud Ouest


Le mardi 31 mars, le journal Sud Ouest racontait le passage remarqué de notre trio. «L’Ensemble Bouffon a conquis le public couronnais embarqué sous le charme de chansons, de musiques traditionnelles et même de danses, le tout agrémenté par d'histoires bien savoureuses venues du Québec, écrit le journaliste. Ce trio de la région du Saguenay, auteur de plusieurs albums, venait pour la première fois en France. Il est connu dans la Belle province pour son travail de recherche sur le patrimoine musical et la mise en valeur des musiques et chansons de sa région. Organisateurs ravis Quant à l'équipe organisatrice, elle est ravie. Ce concert, qui a été un vrai succès, lui a permis d'atteindre son objectif, à savoir faire connaître au public, le Québec, ses habitants et sa culture, le tout, bien sûr, dans l'optique de la défense de la francophonie.

Je n'ajouterai rien, sinon vous suggérer d'écouter Le Passeur. Rien de mieux pour comprendre pourquoi L'Ensemble Bouffon retournera en France en 2010.

Et pourquoi pas Musique traditionnelle d'Irlande, leur premier album, À cause, leur second, À cause d'eux, troisième opus dont on peut entendre un extrait, Par les temps qui courent, ici.

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samedi 31 janvier 2009

Jean-Marie Laberge


Euphorie- Bronze - Jean-Marie Laberge


«Dix ans, ça fait danser les idées» clament Les artistes de la Maestria.

En novembre 2008, pour célébrer le dixième anniversaire de leur association, 15 peintres et sculpteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont invité 15 écrivains de la région à leur valse de la mémoire.

Chaque artiste devait réaliser une œuvre de grand format inspirée d’un site ou d’un évènement touristique de la région. À partir d’une photographie de la peinture ou de la sculpture, l’écrivain a écrit un texte inspiré de la pièce à laquelle il était jumelé. L’exercice a incité les uns et les autres à créer en toute confiance, les auteurs demeurant libre de décrire, commenter ou divaguer sur la composition visuelle soumise à leur regard.



La flutiste- Bronze.
Jean-Marie Laberge


Un piège! Car j’anticipais toute la poésie d’une envolée d’outardes, le ballet d’un banc de ouananiches ou encore le geste musicale d’un concertiste, thème que l’artiste sait si bien reproduire en occultant le corps du musicien pour n’en tailler que les seuls membres essentiels à l’instrument de musique.

Une idée préconçue de l’œuvre à décrire que nourrissaient également plusieurs auteurs à l’égard de «leur» artiste. Jusqu’à ce que, confrontés à l’œuvre proposée - dans ce cas précis, le site de la Pulperie de Chicoutimi - les ébauches de textes se sont envolées. En création, rien n’est plus agréable que l’inattendu.

Pour chaque jumelage, un face à face provocateur entre le visuel et la page blanche. Le pas de danse allait devoir se soumettre : l’artiste mène le bal, l’écrivain a suivi la cadence.


Menu minet - Bronze - Jean-Marie Laberge




C’est ainsi que

Eau Vivre
bas relief en aluminium coulé de Jean-Marie Laberge,
inspiré de La Pulperie de Chicoutimi
est devenu sous les mots
Nous sommes ce que nous avons été

Un peuple dur comme le métal, orgueilleux comme la cime d’un arbre, issus d’un royaume d’eau et de forêt, déversant sa science dans les papiers porteurs de notre savoir et de notre imagination, architecte d’une histoire dont la modernité d’abord taillée dans le bois, se coule aujourd’hui dans l’aluminium. Voilà ce que je vois dans le bas-relief de Jean-Marie Laberge, intitulé «Eau-Vivre», créé pour le 10e anniversaire de La Maestria.

L’art de Jean-Marie Laberge réside dans cette fascinante habileté à mouler dans les formes sculptées l’essence d’une vision. L’ensemble de son œuvre en témoigne. N’a-t-il pas coulé dans le bronze la grâce d’un vol d’outardes?


L'envol - Bronze - Jean-Marie Laberge

La singulière élégance de la marche des empereurs de l’Arctique?


L'heure du bain - Bronze - Jean-Marie Laberge

Ou l’expression et l’intensité du doigté musical ?



Le pianiste - Bronze - Jean-Marie Laberge

Sous la contrainte d’un thème touristique imposé, l’auteur du monument «Vers l’avenir», érigé en 1988 devant l’École Dominique-Racine, a surpassé la représentation visuelle d’un lieu. Sa murale, La Pulperie de Chicoutimi, allie le symbolisme, le narratif, le figuratif dans une allégorie, impressionnante par la savante complexité du contenu et la moderne simplicité du rendu.

Eau Vivre - Bas-relief aluminium - Jean-Marie Laberge

Au centre du bas-relief, trois visages d’hommes, empreints d’une sérénité intemporelle, s’emparent du premier regard. Qu’importe si les traits évoquent un nom précis! Dans les sillons de chaque visage, on devine la trace d’une population laborieuse contribuant à l’édification d’un patrimoine ancré dans les entrailles d’une terre féconde. À la gauche de la murale des bâtiments rappellent la grandeur du rêve de ces bâtisseurs dont l’œuvre a succombé dans la débâcle tragique d’une crise économique pour renaître en gardienne de notre mémoire. À la droite, le langage personnel de l’artiste va à l’essentiel de la forme, partant de l’arbre transformé en billots chutant vers l’eau tumultueuse dont la forte énergie remonte en une vague vers le papier se dévidant, comme des marches d’escalier, allant des premiers grands journaux vers la base hautement significative où nous lisons : «Le Progrès du Saguenay».

Le symbolisme de cette œuvre, racontant la grande histoire de l’industrie du bois et du papier, force motrice du développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean, prend toute son ampleur d’avoir été coulée, en cette année 2008, dans les tons gris argent de l’aluminium.
Plus éloquente, c’est impossible!


Christiane Laforge
19 octobre 2008

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