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vendredi 3 décembre 2010

Automne mortel

J'ai le deuil à l'âme ce décembre.

Qui suis-je? Des personnes aimées meurent l'une après l'autre et mes yeux se prennent pour l'océan. Des personnes admirées meurent et ma tête explose de souvenirs. De tout cela, amoureux, enfants, amis et famille parviennent à me consoler.

Mon espoir est en berne cependant, alors que rien ne panse la plaie mentale de l'assassinat d'un organisme culturel que j'aimais. Symbole de la démocratie parce que tout citoyen pouvait y coopérer. Symbole du dévouement parce que porté à bout de bras par des bénévoles voués à la promotion des arts de la scène. Symbole de l'efficacité reconnue et soulignée par Rideau en 2005 (voir ici). Avec l'aval et la complaisance d'une ministre libérale de la Culture, dérogeant aux règles de son propre ministère sur les conditions requises pour devenir « diffuseur majeur », le politique a eu raison du citoyen.  En confirmant son soutien à Diffusion Saguenay, Christine St-Pierre enterre tout espoir pour une coopérative culturelle portée par le citoyen. 

TDS requiem, mais non in pace.

Dans le cumul de toutes les inquiétudes exprimées sur le comportement des élus, que ce soit au municipal, au provincial ou au fédéral, en cette année 2010, la triste fin de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi est ce qui me peine le plus. Sa mise à mort honteuse a tué ma foi. Je n'ai plus confiance.

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jeudi 26 août 2010

DS danse sur la tombe du TDS

Le Théâtre du Saguenay, mis en faillite contre la volonté de ses membres sous le faux prétexte d'une dette dépassant le million -  allégation dont la fausseté a été démontrée, chiffres à l'appui, par des membres du conseil d'administration, par le fiscaliste André Salesse et par le directeur-général qui  a fermement nié les allégations du président du ca sur sa présumée démission - n'est pas encore enterré que Diffusion Saguenay, gonflé d'une subvention de 160 000 $ provenant des contribuables de Saguenay et de la promesse, qui aurait été confirmée le 22 juin, d'une aide financière de 90 000 $ du ministère de la Culture, danse sur la tombe d'une honnête coopérative composée de citoyens avant même que sonne l'hallali.
(Plutôt que de tout répéter voir texte et liens qui suivent en cliquant sur ce lien : ici )

Il y a quelque chose d'indécent dans toute cette saga. Tout comme l'a été la consultation populaire sur la nouvelle salle de spectacle, où la majorité votant pour une dépense de 10,5 M$, pour la rénovation de l'auditorium collégial, apprend sans broncher que ce chiffre , ainsi que l'expliquaient pourtant de nombreuses personnes avisées, était autant sous-évalué que le 40 M$ pour une nouvelle salle était sur-évalué.

Que faire? Puis-je cautionner Diffusion Saguenay sachant dans quel irrespect cette entité contrôlée par le pouvoir politique a été fondée? Dès lors, ne devrais-je pas renoncer aux spectacles présentés ? Dilemme!

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lundi 16 août 2010

Mon beau pays


Je vis un bel été dans un décors qui m'emplit les yeux et l'esprit d'une sensation de pur bonheur. 

Je fais le plein de certitude: le plus beau voyage me conduit à 35 kilomètres de tous les services citadins sur les bords de la rive nord d'un fjord magnifique. 

Imaginez seulement le plaisir de prendre ses repas sur la terrasse les yeux rivés sur ce paysage. 

 Fjord Saguenay vu de la terrasse du Refuge des Laforge
Petit-déjeuner À l'Anse à Cléophe ou Anse d'en Haut 
Sainte-Rose-du-Nord 
© Photo Réjean Leclerc

 Fjord Saguenay vu de la terrasse du Refuge des Laforge
Début de la soirée À l'Anse à Cléophe ou Anse d'en Haut 
Sainte-Rose-du-Nord 
© Photo Réjean Leclerc

 
  Balade vers la plage sur la rive nord du Fjord Saguenay 
À l'Anse à Cléophe ou Anse d'en Haut 
Sainte-Rose-du-Nord 
© Photo Réjean Leclerc

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dimanche 21 février 2010

Aux arts-mes citoyens

Des citoyens déterminés à sauver le Théâtre du Saguenay
se sont réunis samedi dernier

«AUX ARTS COMPAGNONS»
Patrice Leblanc



Aux arts-mes citoyens



Que Patrice Leblanc me permette cet emprunt à sa propre locution , «Aux arts compagnons», alors qu’il a réussi à mobiliser un groupe de personnes afin de préserver l’esprit de la Coopérative culturelle et de sauver le Théâtre du Saguenay que certains s’empressent à enterrer sans avoir tout tenté.

La faillite annoncée du Théâtre du Saguenay a levé un vent de révolte. Et c’est avec spontanéité qu’une première assemblée s’est tenue samedi 20 février 2010, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, pour créer le groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay qui a déjà son site web ici, et sa page Facebook là. Plus de 75 personnes étaient présentes et de nombreuses autres dont je suis, absentes à regret, ont signifié leur appui par écrit (fait avéré).

Un naufrage incompréhensible

Depuis le 30 juin 2009, les vagues sont devenues tempête dans la saga, résumée ici, de cet organisme culturel qui pourtant naviguait avec brio depuis 1974 sous les directions successives de Françoise Desbiens et de Louise Beaulieu.

En 2005, Louise Beaulieu (Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU, octroyé pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace) quittait la direction générale d’une Coopérative en excellente santé, comme le rapporte Pascal Girard dans le Progrès-Dimanche:
«Quand j'ai quitté en 2005, on avait une réserve dans les cinq chiffres, a-t-elle avancé. Celle à qui elle avait succédé était également présente. Françoise Desbiens fut l'une des fondatrices. Elle a rappelé que la mission première était l'accessibilité de la culture. Selon elle, cette mission s'est perdue dans les dernières années.» (PD du 21 février page 14)

Sur la page du groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay, Éric Dubois précise: «Plusieurs éléments sont encore nébuleux et nous nous expliquons mal comment cette coopérative, florissante jusqu'en 2005 (plus de 1,5 M $ en chiffre d'affaires), a été déroutée vers un désastre financier dont nous n'avons pas encore l'ampleur réelle.»

Dans le rapport financier de 2006-2007, le directeur général Robert Hakim (engagé à l’unanimité par le CA que présidait Jean Bilodeau) déclarait, à la journaliste Anne-Marie Gravel, anticiper un surplus appréciable : «Robert Hakim, écrit-elle, estime percevoir un surplus d'environ 60 000 $ grâce à la présence d'un peu plus de 50 000 spectateurs au cours de la dernière saison."Nous bénéficions d'un budget de 1,5 million $, dont plus de 88 % provient de la billetterie. Nous devons nous assurer de présenter que des spectacles vendeurs tout en continuant notre mission et en respectant nos objectifs. Les spectacles internationaux et à grand déploiement viennent remplir les coffres, ils font la différence!", a souligné le directeur général du Théâtre du Saguenay.» (Le Quotidien du 7 juin 2007, page 31.) Un surplus de 57 000$ a été confirmé au dépôt du rapport financier de 2007.

Faut-il donc comprendre qu’il aura fallu moins de deux ans pour créer une dérive entre 2008 et 2009?

Rappelons que le rapport des états financiers pour 2008, rendu public seulement en juillet 2009, démontrait un déficit de seulement 180 000$. Chiffres déclarés à la fois par Robert Hakim (dg), Vassilis Fasfalis (président) et Albert Lemieux, comptable chargé des états financiers du Théâtre du Saguenay. (Le Quotidien, jeudi 2 juillet 2009, p. 31)

Moins d’un an plus tard ce serait la faillite???

Fait-on faillite avec des revenus de 1,5 millions de dollars? Ou bien négocient-on d’abord avec les créanciers identifiés?

Il y a trop de questions sans réponse pour que les membres de la Coopérative culturelle de Chicoutimi déclarent forfait sur la décision unilatérale - du moins c’est ce qui ressort des témoignages des membres - du seul président, non élu qui plus est.

«Nous constatons que sur un CA de neuf personnes jusqu'à tout dernièrement, seulement quatre étaient élues par les membres de la corporation. Le président Pierre Mazurette n'a jamais reçu l'assentiment des membres pour sa nomination, ni pour ses démarches pour mettre fin aux activités de la coopérative.» lit-on sur le site Sauvons le Théâtre du Saguenay.

Serait-ce que les membres de la Coopérative ont été laxistes?

Non, découvre-t-on, à la lecture de ce que relate Éric Dubois dans son compte-rendu de la rencontre de samedi : «Le président Mazurette a refusé de tenir une assemblée spéciale des membres, même si celle-ci avait été demandée par des membres de la corporation. Il a aussi refusé de travailler sur un éventuel plan de relance des opération du TDS, qui aurait été, selon nous, la première chose à faire avant de convenir de la faillite. En ce sens, les membres et un syndic de faillite auraient très bien pu orienter les démarches vers une proposition concordataire envers les créanciers du TDS et préparer un plan de redressement. Nous croyons que c'était son travail en tant que président de la coopérative, travail qu'il s'est toujours refusé de faire.»

Mais alors comment Monsieur Mazurette s’est-il retrouvé à la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Saguenay? Le président nommé par le ca - lequel avait préalablement été élu par l’assemblée générale pour être membre de ce conseil d'administration - était Richard Boivin. Celui-ci a démissionné peu après.

«Le président Pierre Mazurette, en poste depuis décembre 2009 avait un objectif clair: mener la coopérative vers la faillite. C'est le mandat qu'il a accepté, suite à l'invitation lancée par le Maire Jean Tremblay. Il s'est affairé depuis à dépeindre la situation qui prévalait au TDS comme étant catastrophique, sans pourtant démontrer clairement, chiffre à l'appui, cette affirmation. Le président se cache derrière l'enquête policière en cours, mais allègue des manque à gagner de un millions de dollars. Mais rien ne prouve cela actuellement», affirme Éric Dubois.

Il faut reconnaître que les déclarations successives rapportées dans les journaux ont de quoi nous troubler. La valse des chiffres non vérifiés et non prouvés a perdu ses repères passant de 300 000$ a 400 000 $ pour dépasser la douche froide d’un million assaissonné d’une affirmation non vérifiée disant que «les revenus sont pratiquement inexistants.» (Le Quotidien, mardi 16 février 2010, p. 3)

La mise en faillite n’était pas encore faite que Le Quotidien rapporte: «Le directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, s'est rendu hier à Québec pour rencontrer à ce sujet les autorités du ministère de la Culture et des Communications et voir les différentes options qui s'offrent à la Ville, dont celle de créer une nouvelle corporation.» Nous avons bien lu Ghyslain Harvey et non le directeur-général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, ni la présidente du Conseil des arts, Sylvie Gaudreault. Rarement nous n’aurons été témoin d’un tel empressement au service de la Culture au Saguenay!

Mais voilà que le Citoyen, non résigné à se voir dépossédé de sa coopérative, se multiplie. Car le Théâtre du Saguenay appartient à la Coopérative culturelle fondée en 1974 et composée de membres qui ont le droit de prendre les décisions qui les concernent. Ils sont venus le réaffirmer ce samedi 20 février en compagnie des membres fondateurs de ce fleuron. Fleuron malmené par des décisions politiques depuis que ses membres ont été spoliés de leur libre arbitre sur leur propre salle de spectacle et, maintenant, de leur désir de survivre.

Membre du comité, Jocelyn Robert écrit: «Jusqu'en 2005, le Théâtre du Saguenay était une bonne entreprise rentable dont les opérations permettaient la diffusion d'un calendrier des arts de la scène important depuis plus de trente ans et ce, en respect d'une mission défendue par des professionnels... Cependant, avec la décision de la Ville de s'opposer à la vision de développement du TDS en 2005 et de ne pas
respecter les souhaits et intérêts du milieu professionnel, la ville a contribué directement à mettre en place une gouvernance inapte à défendre les vrais intérêts de la diffusion pour détourner les objectifs au profit du privé.»

Un comité a été formé.

«Rassembler et informer tous les gens qui ont à cœur la survie du Théâtre du Saguenay et l'avenir culturel de la région. Ne laissons pas la ville prendre le contrôle de la diffusion!» conjuguent-ils au présent.

Comme le dit avec justesse Patrice Leblanc, il ne s’agit pas seulement de la cause d’une ville mais bien d’une région. La mienne, la vôtre. En devenant membre de la coopérative, les citoyens de la périphérie des villes fusionnées de Saguenay démontrent leur sentiment d’appartenance à la dimension régionale de nos infrastructures culturelles. Un aspect bien trop souvent occulté, au grand dam des artistes et travailleurs culturels de la région du Saguenay.

Lucien Frenette, directeur général du Conseil régional de la culture, Denise Lavoie, ancienne directrice du Festival international en arts de la marionnette, Éric Dubois, candidat municipal défait et membre du Théâtre du Saguenay, Jocelyn Robert, directeur général de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Pierre-Paul Legendre, membre numéro 29 de la coopérative, Véronique Beaulieu, ancienne membre du conseil d'administration et Patrice Leblanc, organisateur de la rencontre et membre de la troupe des Clowns noirs, forment le comité qui a pour mandat de rencontrer le syndic Réjean Bergeron, de tenir une assemblée générale spéciale et d'entamer les démarches de relance.

Notons que le comité a reçu l’appui de Jeanne Blackburn, qui fut ministre et députée au cours des années 1985 à 1998 pour le Parti québécois et du fiscaliste André Salesse qui défend le projet d’une nouvelle salle de spectacle pour la région du Saguenay.

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mercredi 3 février 2010

Salle de spectacle: une parodie savoureuse


On trouve de tout sur youtube

:-)

Une parodie de la fureur du Führer
avec pour thème
la Salle de spectacle à Chicoutimi



D'un auteur non identifié, mais qui ne passera pas inaperçu.

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On devrait bientôt la voir aussi sur le site de http://www.nouvellesalle.com/

dimanche 15 novembre 2009

Salle de spectacle : Go Multimédia se prononce


Go Multimédia a déposé son rapport sur les coûts d'une nouvelle salle de spectacle à Chicoutimi. La population aura, dit-on, l'opportunité de se prononcer sur l'option qu'elle préfère. Mais quelle sera la question posée?

Dans un cas, il s'agit de rénover du vieux. Dans l'autre il s'agit d'investir dans du neuf. Et le coût dont il faut se soucier sera celui que le contribuable saguenéen aura à assumer.

Dans un cas comme dans l'autre, la majeure partie des fonds provient de l'extérieur. Juste retour de nos impôts payés au fédéral et au provincial, complétés par des fonds privés recueillis dans la collectivité. Donc, dans un cas comme dans l'autre, la part de Saguenay serait sensiblement la même que ce soit pour rénover ou pour construire. C'est CE chiffre-là qu'il sera important de soumettre aux citoyens.


© Progrès-Dimanche 17 février 2008


Au tout début du rapport Go Multimédia nous lisons: «Lors de nos entretiens avec ces organismes, nous avons compris qu'ils convoitaient plutôt l'acquisition d'une salle pluridisciplinaire avec une acoustique de qualité et qu'un site faisait consensus auprès de tous, soit la zone ferroviaire, localisée sur le boulevard Saguenay Est, à l'est de la rue Lafontaine. Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle.»

S'appuyant sur ce dit consensus, l'étude n'a donc pas regardé s'il existe un site alternatif qui aurait pu, lui aussi, faire consensus. On ignore si la question a seulement été soulevée. Or cette information importe puisque le rapport tient compte d'un aspect qui influe sur les coûts. C'est-à-dire le fond du terrain nécessitant une structure compensée pour soutenir le poids de la construction, les frais de décontamination et le coût d'un stationnement (j'imagine que cela sera vrai pour tout autre édifice construit sur ce site).

Mais attention! Il faut savoir si, salle de spectacle ou pas, la décontamination et la réalisation d'un stationnement, Saguenay entreprendra tout de même ces travaux, ainsi que décrit ici dans son projet de rénovation du Centre-Ville. Si cela est, ces dépenses ne devraient donc pas être incluses dans les coûts de la nouvelle salle puisqu'elles figurent déjà dans les projets de la Ville. Sinon, ils ne servent qu'à gonfler le prix global du projet de la nouvelle salle de spectacle.

Go Multimédia
a consulté les organisme et leurs représentants suivants: L'orchestre symphonique représenté par Daniel Tremblay et Jocelyn Robert, Le Festival de musique du royaume (Gabrielle Gaudreault présidente fondatrice, Hélène Gaudreault, André Salesse), les porte-parole des Étudiants du Conservatoire (Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour), la Société d'art lyrique du royaume (Luc Blackburn, président et conseiller municipal) et le Théâtre du Saguenay (Robert Hakim directeur général et Éric Asselin).

Notons - je crois que cela a de l'importance - que cette étude a été réalisée avec la collaboration du client de Go multimédia, soit Ville de Saguenay représentée par Jean-François Boivin et François Hains.

Pour revenir sur «l'exclusion» du Théâtre du Saguenay dans le dit «consensus» et je cite: «Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle», il serait utile de se souvenir d'un passé récent. En 2005, l'Association des centres-villes déposait un projet d'implantation d'une nouvelle salle de spectacle polyvalente de 1200 sièges rejoignant les attentes des organismes culturels. Ce projet a reçu sans équivoque l'aval du Théâtre du Saguenay. Et pour cause, cette infrastructure ne se limitait pas seulement à une salle de spectacle, mais prévoyait loges, bureaux, salle de répétition, café et autres commodités modernes. Coût prévu: 16M$. La contribution demandée aux contribuables de Saguenay se limitait à 3 M$ contre une participation de 2,2 M$ pour un projet de rénovation de l'auditorium Dufour dont le coût total était alors évalué à seulement 3,5 M$. Précisons que c'est sur cette sous-évaluation du coût des rénovations de l'auditorium Dufour (projet Sirois) que Ville de Saguenay a imposé son choix.

Rappelons que le 4 avril 2005, sans consultation, unilatéralement et muselant toute opinion contraire au projet Sirois, incluant les porte-parole du Théâtre du Saguenay, les élus de Saguenay ont appuyé sans s'exprimer la décision du maire Jean Tremblay. J'en ai parlé ici.

Aux premiers temps de cette saga d'une salle de spectacle, à Chicoutimi, c'est donc bien le Théâtre du Saguenay qui le premier appuyait le projet d'une nouvelle salle de spectacle, projet soumis par des gens d'affaires de Saguenay. L'organisme culturel, comprenons-le, n'a pas eu d'autre choix que de se rallier à l'option «rénovation» afin de sauvegarder son statut de diffuseur officiel et d'assurer sa survie.

Le projet de Go Multimédia

Le rapport de Go Multimédia décrit avec détails et illustrations ce que sera la nouvelle salle de spectacle. Projet qu'il recommande d'ailleurs.

Cette partie est très intéressante, mais occulte totalement toute comparaison avec «l'autre produit» en concurrence, c'est-à-dire l'auditorium Dufour rénové. Rappelons que les coûts de cette rénovation n'ont cessé de croître depuis 2005. Voir ici.

Ce rapport anticipe les coûts d'exploitation et d'entretien de la salle de spectacle particulièrement élevés. Dans un dossier bien étoffé réalisé sur le sujet en 2005, Yvon Paré, alors journaliste pour Le Quotidien écrivait déjà : «Après vérification auprès de plusieurs intervenants, les coûts d'entretien dont on fait souvent mention dans la région sont nettement gonflés. Nulle part au Québec ces frais ne dépassent les 175 000 $. Alors, quand on parle de 500 000 $ pour l'entretien d'une salle, on exagère.» (Un investissement réaliste, Progrès-Dimanche 16 janvier 2005, page B 13)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Curieusement, on ne parle pas des retombées économiques directes et collatérales, ni même des revenus anticipés de cet investissement. Pourtant il existe des exemples vérifiables où d'autres municipalités ont fait la preuve des avantages d'un tel investissement. Comment la population pourra-t-elle prendre une décision éclairée avec des données aussi incomplètes?

Que dire? «Des études sérieuses évaluent à un million de dollars les retombées de la programmation de l'Auditorium Dufour dans le milieu. Il n'est pas fantaisiste de multiplier ce montant par trois au cours des années suivant la construction ou une rénovation sérieuse. La ville se prive de plusieurs millions en ne bougeant pas. Sans compter qu'une salle peut être un élément clef dans la relance d'un centre-ville. La preuve a été faite partout au Québec. Est-ce qu'une nouvelle salle de spectacles est un placement ou une dépense? À vous de trancher.» (Progrès-Dimanche, 16 janvier 2005, page B4 : Un outil de relance privilégié)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Pour faire le bon choix, le citoyen doit savoir le prix qu'il paiera réellement dans un cas comme dans l'autre. Lui laisser croire qu'il doit décider de dépenser 10,5 M$ en rénovation ou 39 M$ en construction nouvelle serait malhonnête. Mais voilà, le rapport Go Multimédia n'explique nulle part la provenance des fonds requis et donc, nous tient dans l'ignorance quant aux déboursés réels des contribuables de Saguenay dans ce projet.

Le rapport Go Multimédia laisse trop de questions sans réponse pour s'en contenter. Il a certainement respecté le mandat qui lui a été donné.

Aux défenseurs d'un projet d'avenir ambitieux de se mobiliser.

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Copie de l'étude réalisée par Go Multimédia disponible sur le site de Saguenay dans les Dossiers de l'heure: ici

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jeudi 8 octobre 2009

Dans un pays aux arbres d'or

Mon pays c'est l'automne.
Prise de vue à 850 mètres de hauteur,
à partir du Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

J'ai la tête dans les nuages. J'espérais plus de soleil. Il s'est pointé trop tard.

Cela ne m'a pas empêché d'aimer ce que j'ai vu. Trésors visuels accumulés lors d'une grande balade sur le Mont-Valin avec halte prolongée au Pic de la Hutte.

Vue du Pic de la Hutte, Mont Valin, Saguenay.
Pas assez de soleil pour aviver les tons d'or des arbres
à 850 mètres de hauteur.

© Photo Christiane Laforge

Un fjord, des lac, des arbres d'or.
Prise de vue à 850 mètres de hauteur,
à partir du Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge


Floraison d'automne.
Trésor trouvé lors d'une balade au Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

Ton de soleil,
capturé lors d'une balade sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

Il était tout seul, un peu en retrait du sentier,
ignorant tout de sa beauté.
Je l'ai cueilli sans y toucher du bout de ma lentille.

©Photo Christiane Laforge

jeudi 1 octobre 2009

La grande faucheuse frappe encore

Que de deuils cette seule année! Ma grande amie Rita, mon grand frère Jacques, le généreux Stan D'Haese, Thérèse Bouchard, Pierre Falardeau et, ce lundi, Ghislain Bouchard.


La grande famille du théâtre est en deuil. Ghislain Bouchard, figure imposante de la vie culturelle au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a franchi le pas ultime. Nombreux diront spontanément «Le père de la Fabuleuse histoire d'un royaume n'est plus», tant cette œuvre magistrale aura marqué le paysage de la scène régionale autant que celle du Québec pour avoir inauguré ici l'ère des spectacles à grand déploiement comme attrait touristique majeur. Mais Ghislain Bouchard a été bien plus que le père de la Fabuleuse.

Cet homme de passion, fortement épris du verbe comme du geste, incarne mieux que personne «L'esprit du Fjord», inspirant de nombreuses vocations théâtrales. Il était là, aux premières heures de cette effervescence que ne démentent pas les troupes actives d'aujourd'hui. Fondateur du théâtre du Coteau, des Pédagos et du Théâtruc, mais surtout de la célèbre «Marmite» bouillonnante à la flamme des Marie Tifo, Ghislain Tremblay, Michel Dumont, Rémy Girard et Jean-Pierre Bergeron, il n'a jamais douté ni de lui ni de ses alliés dans le grand combat mené pour imposer, avec succès, les arts de la scène en région.

Le geste ample et la voix portante, il ne pouvait s'empêcher de faire jaillir les occasions de créer et de mettre ses idées au service de la mémoire. Féru de Belles lettres et de grands esprits, défendant les classiques aussi bien que les Tremblay novateurs, Ghislain Bouchard avait une audace rare. La Foire culturelle de l'UQAC, le Carnaval Souvenir de Chicoutimi ont subi les éclats de cet homme avide d'occuper l'espace scénique et d'y laisser sa marque. Prolifique, il a mis en scène de nombres spectacles, pièces de théâtre, opérettes, défendant l'œuvre des autres ainsi que les siennes, osant bien avant d'autres se commettre dans des créations novatrices - pensons à la comédie musicale «Entre deux temps», sur une musique de Dominic Laprise, en 1984 - piaffant d'impatience quand il était confronté aux réalités comptables.

Il avait déjà bien contribué au développement culturel de cette région, par ses créations radiophoniques et télévisuelles, par la direction habile des opérettes au temps du Carnaval-Souvenir, par l'intense activité culturelle menée à l'université et sur les petites scènes locales, mais c'est à La Baie qu'il a pu déployer ses ailes et nous étonner par un spectacle unique, souvent imité depuis, en créant cette fresque historique magistrale, «La Fabuleuse histoire d'un royaume». Ce spectacle ne devait vivre qu'une saison, commémorant le 150e anniversaire de la fondation du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il a tenu 20 ans et applaudi par près d'un million de personnes, démontrant sans équivoque à quel point l'art a sa place dans le développement économique d'un pays. Un exploit qu'il aurait bien aimé refaire lors de la conception de «Occident 2000», lequel n'a jamais pu être mis en scène. Une grande déception pour Ghislain Bouchard qui a senti que sa grande œuvre devenait sa concurrente. Lui qui voulait que le théâtre s'impose constate avec regret que les spectacles s'opposent dans l'esprit politique des contributeurs, frileux à l'idée de trop multiplier les créations, ainsi qu'il nous le confiera dans quelques entrevues.

Dans sa tête, les rêves s'accrochent et ses tiroirs regorgent de projets, ébauches de créations, débordement d'idées pour l'avenir. La création de «La famille de Bonneau» en 2001, ravive sa flamme et le convainc de croire à sa victoire contre le cancer qui le harcèle. Une lutte qui incitera l'homme de théâtre à retrouver ses vieux complices pour un retour à la scène en produisant «Huit femmes» de Robert Thomas au profit de Leucan en 2006 et, «son chant du cygne» avait-il annoncé, «L'opéra de Quat'sous» pour la Maison ISA (un centre régional d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) en 2007. Ghislain Bouchard était ainsi: toujours un combat à livrer, une cause à défendre et, à défaut de faire de l'art pour l'art, reprendre la parole pour prêter voix à ceux qui se taisent.

Il nous laisse en héritage la force de ses convictions. Notre deuil est celui d'un artiste, d'un homme rassembleur qui a su insuffler sa passion comme une évidence impérieuse sans égard aux préjugés possibles. Un homme admirable qui a cru que l'on pouvait être au Saguenay-Lac-Saint-Jean et y faire de grandes choses.

© Le Quotidien - 29 septembre 2009, p.11
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dimanche 27 septembre 2009

Salle de spectacle à Chicoutimi... quoi encore!

Je suis perplexe. En lisant le titre Salle de spectacle: Le coût atteindrait 40 millions$, dans l'édition du journal Le Quotidien du 25 septembre dernier, je me suis dit : «Impossible! Cela devient grotesque !»

Puis, à la lecture de l'article signé par François St-Gelais, je me suis sentie flouée comme lectrice du journal par ce «conditionnel» permettant de lancer une affirmation tout en se réservant la possibilité d'un démenti… advenant que…

Plus loin, comprenant que ce chiffre inclut d'autres infrastructures - ce qui modifie totalement la perception de ce qui est avancé - j'ai éprouvé un peu de colère. L'aménagement d'un stationnement sur la zone ferroviaire n'a-t-il pas été annoncé à l'intérieur d'un ambitieux le projet de 50M$ destiné à revitaliser le Centre-ville de Chicoutimi ? Voir l'article (ici).

À qui sert de livrer prématurément en pâture «la primeur» et «l'exclusivité» d'une information qui - l'article ne précise rien en ce sens - peut être ou ne pas être la conclusion du rapport officiel de la firme mandatée, en l'occurrence Go Multimédia? Le dit rapport, lit-on, ne sera pas déposé le 30 septembre comme prévu, mais peut-être fin octobre. Alors, d'où proviennent les chiffres avancés? Spéculation? Fuite?

Et si fuite il y a, vient-elle des mandataires? Du comité exécutif de Saguenay? De la firme Cégertec qui doit évaluer «les répercussions pour le stationnement au centre-ville de la construction d'un nouvel immeuble sur le site de l'ancienne zone ferroviaire»?

Pour se faire une opinion éclairée et objective, le citoyen devrait d'abord avoir une information complète et donc, pouvoir prendre connaissance du rapport commandée par Ville de Saguenay à Go Multimédia.

Une information anonyme et partielle peut-elle être perçue comme une manipulation douteuse au service d'intentions cachées? Manipulation de chiffres ou manipulation d'opinion? Je suis perplexe.

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lundi 22 juin 2009

Mon pays est un fjord

Irrésistible tentation

La flèche littorale - Saint-Fulgence
© Photo Denise Pelletier


Fidèle lectrice du blogue Spécial du jour, je découvre cette superbe photo d'un point de vue exceptionnel - oui, je multiplie les superlatifs! - révélant un coin de MON pays. La flèche littorale de Saint-Fulgence, à peine deux kilomètres de la Maison heureuse (chez moi)

« La flèche littorale de St-Fulgence, explique Denise Pelletier sur son blogue, est une formation rocheuse naturelle et disposée perpendiculairement à la ligne du rivage sur une longueur de 650 mètres. Cette longue bande de sable et de roche s'est formée là où se rencontrent l'eau salée et l'eau douce. Sa particularité, c’est qu’elle est disposée perpendiculairement à la côte, alors que les flèches littorales (il en existe un peu partout dans le monde) sont en général parallèles à la rive. C’est d’ailleurs la plus longue flèche perpendiculaire au rivage en Amérique du Nord. »

Mer à Denise pour la permission accordée de publier cette photo.

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