Aucun message portant le libellé Jean Laforge. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Jean Laforge. Afficher tous les messages

mardi 3 juin 2014

Jean Laforge, tes enfants ont planté un chêne il y a 8 ans


Mains de Jean Laforge
© Photos Édith Ringuette


Un petit moment. Un temps bien court. Juste pour me souvenir que le 3 juin 2006 nous étions réunis ici, tes enfants, tes petits-enfants et nos amis pour te souhaiter longue vie sous la forme d’un chêne planté sur tes cendres. Toi qui ne voulais pas vieillir, encore moins mourir, tu te continues dans cet arbre emblématique.

 Le chêne Jean Laforge
3 juin 2014

Mais, cher papa, cher Jean Laforge, pourrais-tu dire à tes bourgeons de fleurir enfin dans ce printemps 2014, si froid parce que la planète surchauffe.

Sur une de tes branches, j’accrocherai le nom d’Édith – mon amie à qui je dois de très belles photos de tes mains d’artiste – parce que je pleure son départ récent.

Un petit moment. Un temps bien court. Pour dire que rien ne meurt si le souvenir est vivant.

***

lundi 3 juin 2013

J'ai planté un chêne

Le chêne Jean Laforge grandit

3 juin 2013. Voilà sept ans déjà, avec mes frères, j'ai planté un chêne.

Cet arbre emblématique de force et de durée allait nourrir ses racines des cendres de notre père. Un homme libre,  lui-même symbole de force et de durée. Un artiste libre de tout dogme et complaisance dont l'originalité lui a valu davantage l'exclusion des « cercles » conventionnels que le soutien. Une authenticité qui s'est épanouie à la chaleur des amitiés indéfectibles dont il a été entouré jusqu'à la fin.

Jean Laforge est mort le 20 mai 2066. J'en parle ici.

Et depuis, il continue de vivre et de grandir, face à la maison qu'il a occupée pendant 33 ans, où il a vécu ce qui aura été les meilleures décennies de sa longue vie. Une maison au bord du Fjord Saguenay, où il aimait tant recevoir, faire la fête, regrouper famille et amis pour une fringale de tartes joyeusement célèbre.

Le 16 août 2013, Jean Laforge aurait eu 100 ans. Il avait lancé de nombreuses invitations pour célébrer son centenaire, convaincu de son invulnérabilité. Il ne savait pas que le cancer le dévorait à l'abri de symptômes déguisés en simple toux attribuée à tort à une bronchite chronique.

Ce 3 juin 2013, le vent chante son souvenir dans les feuilles d'un chêne.








Jean Laforge devant La sarabande des enfants perdus 
© Photo Jeannot Lévesque



jeudi 20 décembre 2012

Lettre à mon grand frère Christian

Christian Laforge, mon héros


Cher Christian,

T’ai-je jamais dit à quel point tu es précieux pour moi? Quand je te regarde, toi mon grand frère, si beau que nos parents n’ont pas regardé plus loin pour me trouver un prénom, c’est la tendresse fait homme que je vois.

Aussi loin que je me souvienne, tu es présent dans ma vie comme un ange gardien, toujours bienveillant, toujours prêt à trouver des solutions à mes problèmes, toujours efficace pour avoir le geste qui réconforte sans jamais rien demander en retour.

Aujourd’hui, 20 décembre, jour de ton anniversaire, je me dis qu’il est plus que temps de dire haut et fort tout l’amour que j’ai pour toi. Un amour que tu n’as jamais déçu ni dans ce que tu fais ni dans ce que tu es. Alors, ce jour, à défaut de pouvoir dire merci papa merci maman d’avoir mis au monde un être tel que mon grand frère Christian, je l’écris publiquement pour que ma voix porte loin ma joie et ma fierté d’être ta petite sœur. 


Christian, synoyme de bonté, de générosité, le grand frère idéal.



Plein de souvenirs tendres emplissent mes pensées en ce moment.

Toi, racontant l’histoire du triporteur à deux enfants turbulents que nous étions Jean-Mi et moi, pour qu’ils se calment et évitent d’être punis.

Toi, soucieux de me protéger, accompagnant ta jeune sœur en quête d’un emploi d’été à Montréal, malgré son air rebelle contre ta présence, afin de t’assurer qu’elle ne tombe pas sur des employeurs douteux.

Toi, généreux, couvrant sans me le dire les chèques sans fonds d’un patron malhonnête pour t’assurer que je puisse payer mon inscription au collège.

Toi, préservant mes secrets, ne faisant jamais de reproche, toujours là pour m’accueillir et bien souvent me consoler sans poser de questions.

Toi, semaine après semaine pour m’aider à construire ma maison et plus tard la réparer.

Toi, à mes côtés, dans la douleur de nos deuils et la joie des naissances.

Toi, cette année 2012, mon grand frère pétrissant plus souvent la pâte pour partager les pains que la maladie m’empêchait de boulanger.

Toi mon héros.

Tu es mon frère et mon meilleur ami. Celui qui ne demande rien et donne tout, celui qui écoute sans juger, celui qui sait être présent.

Aussi, ce 20 décembre 2012, je veux te dire combien je t’aime Christian, combien je t’admire et combien je suis heureuse que tu sois né.

Ta petite sœur

Christiane

Bon anniversaire Christian, mon merveilleux frère.

Je t'offre ce texte en cadeau. Un conte de Noël qui est, en fait, le souvenir tel qu'il m'a été raconté.

Extrait de la biographie Jean Laforge, publiée aux Éditions du Gaymont.

 ***

   

mercredi 19 mai 2010

Papa

Il me semble que c'était hier. À cette même heure, ton médecin nous demandait, à nous tes quatre enfants, de te dire que tu allais mourir. Ton corps se tordait de douleur et tu refusais la morphine salvatrice afin de garder ta conscience pour lutter contre la maladie. Mon rôle était de t’aider à comprendre que ta souffrance pouvait être soulagée. Je me suis retrouvée près de toi, la gorge nouée pour te dire que ton combat était terminé. Non, non, tu n'étais pas vaincu... tu avais seulement le droit de te reposer enfin!

Un de tes poèmes disait:

Je suis rendu ce soir au terme du voyage
Qui m'a blanchi le front et creusé le visage
Des pays parcourus où je portai mes pas
Et des jours effacés qui ne reviendront pas.
 

Tu  souffrais tellement! J'ai compris le sens des mots : se tordre de douleur. Comment te convaincre d'accepter l'aide chimique qui allait te soulager? J'avais plutôt envie de te dire, comme lorsque tu es parti pour le Canada quand je n'avais que trois ans, «Ne pars pas papa... ne pars pas.» Mais j'étais devenu grande, alors j'ai dit : «Papa, tu es rendu ce soir au terme du voyage...».

Tu m'a regardée. Ton regard me demandait-il la permission de partir ou me demandait-il pardon de ce nouveau départ?

Tu as finalement accepté d'être soulagé de ta douleur et, dans un soupir résigné que je n’oublierai jamais, tu as posé ta tête sur l'oreiller, t'abandonnant. L'infirmière est venue. Très vite tu t'es endormi.  Tu étais déjà très loin de nous. Et je ne t'ai revu les yeux ouverts que le lendemain, 17h25, à ton dernier soupir. Ce soir-là, peu avant 18h, il y a eu un arc-en-ciel sur Chicoutimi. J'ai dit à Jean-Marie: «C'est bien  de lui ça, il a déjà repris ses pinceaux!» On a ri de chagrin!
Papa, demain 20 mai 2010, cela fera quatre ans que tu es parti. Et je ne t’ai pas encore dit adieu. Ne le ferai pas non plus aujourd'hui.

****

vendredi 15 mai 2009

La mort d'un frère


Mon frère aîné, Jacques est mort à 3h30 du matin ce 14 mai 2009. Derrière les mots de cette simple phrase, il y a l’amputation d’un membre. Nous l’avons cruellement ressenti, deux heures plus tard, au moment de quitter sa chambre de l’hôpital de Chicoutimi, où il a franchi la dernière marche de sa vie.

La réalité s’est imposée : nous n’étions plus que trois enfants, Christian, Jean-Marie et Christiane, de ce quatuor laforgien venu de Belgique retrouver un père absent depuis six ans. Je me souviens, sur le pont de l’Arosa Star, faisant fi des ordres et des appels à la prudence, nous narguions la tempête secouant le navire, convaincus d’être invincibles. Nous ne le sommes pas.

Jacques Laforge - Moment de bonheur

Avis de décès

LAFORGE (Jacques)

Le 14 mai 2009, Jacques Laforge est décédé au Centre de santé et de services sociaux de Chicoutimi, à l’âge de 69 ans et cinq mois, entouré de l’amour de sa famille. Né en Belgique, fils des regrettés peintre Jean Laforge et dame Ida Pierard, il est arrivé au Québec en 1957. Membre de la Jeune chambre de commerce de Chicoutimi, homme d’affaires à l’esprit créateur, peintre et sculpteur se disant modestement artisan, Jacques Laforge s’est fait avantageusement connaître comme président de la Société des arts de Chicoutimi, comme directeur de la salle de spectacle l’auditorium Dufour avant la création de la coopérative du Théâtre du Saguenay, ainsi qu’à titre de directeur général du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi, auquel il s’est consacré corps et âme jusqu’à ce que la maladie vienne limiter son envol et l’écarte de la vie active.
Époux inconsolé de feu Alix Fortin, il laisse dans le deuil ses enfants : Nathalie (Marcel Savard), Nadia (Ian Cloutier), Jean-François (Karine Girard); ses petits-enfants : Kim, Michaël, Cassandra, Loïc et Daphné; ses frères Christian (Lola Dionne), Jean-Marie (Christine Tremblay), Christiane (Réjean Leclerc); ses neveux : Claudine (Luc Bergeron), Frédéric (Sandra Laroche), Ariel (Andrée-Anne Lachaine); ses arrières petits-neveux : Stéphanie, Mathieu, Élika et Victor, ses amis et amies de toujours fidèles et très présents.
Jacques, ainsi que tu l’as demandé, ta famille réunie a pris le vin de la tendresse en ton nom, souhaitant ardemment que tu puisses enfin trouver l’apaisement auprès de ton épouse Alix, de qui tu as été amputé si cruellement en pleine jeunesse, de ta mère tant chérie et de ton père dont tu as été longtemps un pilier dans sa carrière d’artiste.
Aujourd’hui nous comprenons mieux que jamais ces mots de ton poème : «Après», adressé à l’ami disparu :

Pourquoi pleures-tu ainsi?
Je comprends… Pardonne-moi.
Je ne suis pas parti
Je reste près de toi […]
Si mon corps est sans mouvement
Mon cœur, mes yeux vivent encore
Tournés vers de nouveaux soleils
Ils voient tout ce que ne voient pas les corps

Répondant à ton souhait, nous avons fait don de tes organes et tu as été incinéré sous la direction de La Coopérative Funéraire de Chicoutimi. Parents et amis, afin de respecter ses dernières volontés, il n’y aura aucune cérémonie civile ou religieuse. Cependant, vous pouvez faire un don à la Société canadienne du cancer, section Saguenay-Lac-Saint-Jean, 930, Jacques-Cartier Est, local B-210, Chicoutimi (Qc) G7H 7K9, à la mémoire de son épouse Alix Fortin. Vous pouvez adresser les messages de sympathie à l’adresse suivante : jacqueslaforge2009@hotmail.com ou par la poste à la Coopérative Funéraire de Chicoutimi, 2442 Rue Roussel, Chicoutimi, QC; (418) 545-2643.

vendredi 8 août 2008

Yvon Paré analyse Jean Laforge


Le fantôme - Huile relief de Jean Laforge
Exposée à la Pulperie de Chicoutimi
© Christiane Laforge


La Pulperie de Chicoutimi accueille, jusqu’au 11 janvier 2009, l’exposition des œuvres de Jean Laforge « Maître du relief ». Yvon Paré, chroniqueur au journal Le Quotidien où il a fait carrière comme journaliste, critique d’art et pupitreur a écrit une analyse fort intéressante sur le peintre. Il m’a aimablement permis de reproduire son texte sur ce blogue.



Actualités, jeudi, 10 juillet 2008, p. 11
Chronique


Jean Laforge échappe au temps

Paré, Yvon

Jean Laforge ne l'a jamais su, mais c'est à lui que je dois d'avoir fait carrière dans le journalisme culturel. Je venais d'être embauché comme correspondant à Roberval pour le journal Le Quotidien. On demandait à ce collaborateur de s'attarder aux conseils municipaux et aux activités à caractère politique. Alfred Hamel, l'homme d'affaires bien connu, était alors maire de Saint-Félicien et Joseph-Arthur Tremblay dirigeait Roberval. L'un de ses échevins était nul autre que Benoît Bouchard. C'était bien avant qu'il fasse carrière à Ottawa et aille s'installer à Paris comme ambassadeur. C'était vivant, souvent tumultueux, jamais tranquille.

Jean Laforge avait présenté une exposition à l'hôtel de ville de Roberval. Une manifestation qui montrait une trentaine de ses oeuvres. Comme j'étais payé au texte, je n'avais pas raté cette chance. Ce fut ma première incursion dans le domaine de la culture. Quelques semaines plus tard, Denis Tremblay, le responsable de la rédaction, me demandait si j'étais intéressé à un poste dans la section des arts du Progrès-Dimanche. Jean Laforge m'avait servi de référence et ouvert les portes, pour ainsi dire. C'est comme cela que j'ai migré du Lac-Saint-Jean au Saguenay.

La Pulperie

La Pulperie de Chicoutimi présente pendant l'été un aperçu du travail de Jean Laforge, ce peintre d'origine belge qui a oeuvré dans la plus grande des discrétions. C'est qu'il avait choisi de vivre en marge du monde dans sa maison de Sainte-Rose-du-Nord. Un retrait pour mieux réfléchir sur la vie qui l'avait malmené dans son jeune âge. Une méditation qui prenait
immanquablement la forme d'un tableau.

Les responsables de l'exposition ont choisi de s'attarder à une trentaine de tableaux, surtout des reliefs, à cette manière particulière de saisir le paysage en le découpant au scalpel. Il parvenait ainsi à "arracher" ses personnages de la toile, à créer une tension qui les rendait presque autonomes. Comme s'ils voulaient échapper à une fatalité ou une menace qui aspire et engloutit tout.


Le temps qui passe - Huile relief de Jean Laforge
© Christiane Laforge


Jean Laforge a été marqué par la guerre. La pire des calamités pour un jeune homme qui rêvait d'être peintre. Soldat, il a été capturé et détenu dans un camp d'où il est parvenu à s'échapper après de longues années. Que dire de cette perte totale du contrôle de sa vie, de cet enfermement dans un lieu surpeuplé où le moindre geste est sous surveillance? Que dire aussi de la famine et des sévices?

Les humains de Laforge sont des survivants, des spectres réduits à l'état de squelettes. Ils semblent toujours en quête d'un bout de pain et d'un refuge pour échapper aux forces qui soufflent le monde. Que ce soit Don Quichotte ou Alexis le Trotteur, tous sont écrasés par cette fatalité. Heureusement, l'amour procure une certaine embellie. Ils sont jeunes, ont plus de muscle sur les os mais ce n'est qu'un court répit. Il faut s'attarder devant "Les amoureux", où un couple tente d'oublier la menace du monde pour bien saisir cette thématique.

Une pâte forte sert parfaitement le propos, le relief arrache les personnages de la toile qui se réduit à une surface où des forces s'affrontent. La perspective disparaît tellement que l'avenir n'existe plus. On se croirait dans certains poèmes particulièrement sombres de Baudelaire. Les couleurs deviennent des coulées de lave qui emportent tout et les ciels s'embrasent dans de gigantesques brasiers.


Fécondité - Huile relief de Jean Laforge
© Christiane Laforge
Nous aimerions retrouver cette œuvre


Indifférence secouée

Même si Jean Laforge a vécu une trentaine d'années à Sainte-Rose-du-Nord, ce décor semble l'avoir peu marqué. Il a retenu les horizons menaçants, les nuages du fjord qui écrasent quand ils basculent du haut des montagnes. Rien n'est joyeux chez Laforge, sauf dans ces grandes scènes bucoliques que l'on retrouve sur les murs de sa maison. Le monde y devient plus aérien, plus ouvert et moins menaçant.


Plaisir champêtre - Huile relief sur mur de salle à manger
Maison de Laforge à Sainte-Rose-du-Nord
© Christiane Laforge


Une exposition qui secoue notre indifférence consommatrice et qui rappelle que la folie de la violence, que les bêtises s'exprimant par la force pure des armes écrasent les humains et les broie. Un univers qui crée un certain malaise, touche une fibre que nous n'aimons guère effleurer. Impossible de rester indifférent devant une toile de Laforge. Ou l'on s'arrête pour explorer et tenter de comprendre ou l'on prend la fuite. C'est ainsi que le peintre de Sainte-Rose-du-Nord échappe au temps et reste actuel.


L'Éden - Huile relief sur mur
Maison de Laforge à Sainte-Rose-du-Nord
© Photo Jeannot Lévesque


***



vendredi 13 juin 2008

Eh! Ben! C'était hier

Jean Laforge - Alexis le trotteur - huile relief, 1967
© Christiane Laforge - Photo Jeannot Lévesque



Jeudi, 12 juin, avait lieu à Chicoutimi, le vernissage d'une exposition
rendant hommage à mon père.
C'était hier.

S'il était encore vivant, Jean Laforge aurait dit:
eh! Ben!
J'ajouterai :
enfin!

*****


Concept d’exposition

Jean Laforge
Maître du relief
(7 juin 2008-11 janvier 2009)


« Les beaux-arts doivent tenir compte des techniques nouvelles, mais aussi et surtout, des nouvelles expériences, des nouvelles sensations que les hommes devront exprimer; ouvrir leurs yeux sur un autre univers et former leurs mains pour de nouvelles techniques. »
(Jean Laforge)


Artiste autodidacte, le peintre Jean Laforge a consacré toute sa vie à la peinture et au renouvellement de son art. Ayant pour mandat de promouvoir la production d’artistes régionaux qui se distinguent par leur excellence, la Pulperie de Chicoutimi a choisi de présenter l’exposition Jean Laforge, Maître du relief qui se tiendra du 7 juin 2008 au 11 janvier 2009. Il s’agit d’une suite à la série d’expositions des peintres de la région amorcée par la rétrospective de René Gagnon (2003), puis par celle de Jean-Guy Barbeau (2007).

Nous voulons faire connaître davantage ce peintre, décédé en mai 2006, que l’on surnomme le Maître du relief. Nous souhaitons rejoindre prioritairement le public local et régional. Ayant vécu plus de cinquante ans au Saguenay, M. Laforge s’est inspiré des paysages qui l’entouraient et des légendes d’ici. Soucieux de mettre en valeur la production artistique des autres artistes professionnels et amateurs, il a participé à de nombreux symposiums et expositions dans son village d’adoption, Sainte-Rose-du-Nord. L’exposition « Imaginaire poétique de Gilles Vigneault en peintures », réalisée en 1988, fut l’événement le plus marquant dans la carrière de Jean Laforge au Québec.

Belge d’origine, M. Laforge a participé à d’importantes expositions en Europe, notamment en Belgique et en Suisse. La peinture par empâtement, les thèmes privilégiés et les toiles de grand format rejoindront particulièrement la clientèle européenne durant la période estivale.

L’exposition permettra de faire découvrir sous un nouveau jour l’œuvre de M. Laforge à partir d’une sélection de tableaux sur différents thèmes et périodes. Notamment, nous voulons mettre de l’avant le travail de recherche formelle de cet infatigable chercheur.


Objectif général

Nous désirons mettre en lumière la recherche fondamentale de cet artiste qui tout au long de sa carrière a mené plusieurs expérimentations. Inspiré par un bas-relief de plus de 2000 ans, le peintre a trouvé dans les enseignements des Anciens des pistes de solution pour résoudre le problème de la coloration de la pâte. Sa technique de prédilection, le relief, lui a permis de naviguer entre la figuration et l’abstraction.

S’adressant à un large public, l’exposition veut également témoigner du parcours de vie peu commun de Jean Laforge. L’évolution de l’œuvre du peintre est intimement liée à la vie personnelle de l’homme. Cette exposition favorisera la compréhension de l’œuvre et de la démarche artistique de ce peintre au parcours de combattant

Désirant fuir les mondanités et les réunions d’artistes, M. Jean Laforge s’est vu critiqué et renié par les tenants de l’abstrait, les non-figuratifs et les figuratifs. N’appartenant à aucune école de pensée, l’homme de convictions a payé cher le prix de sa liberté de créer. Pendant plusieurs années, il a vécu une période d’isolement. Plutôt réservé en public, le peintre faisait preuve de générosité lorsque des visiteurs se présentaient à son atelier. L’artiste tenait à ce que les acheteurs moins fortunés puissent acquérir de ses toiles.

Nous souhaitons que la diffusion des œuvres de Jean Laforge contribue au rayonnement et à la renommée de l’artiste.

Nathalie Boudreault
directrice des collections et de la recherche,
La Pulperie de Chicoutimi


***

Qu'ajouter à cela sinon:


mercredi 21 mai 2008

Jean Laforge



L'Artiste signant sa biographie
Jean Laforge 1913-2006
© Sepro-cl






Je me souviens du 20 mai 2006





dimanche 20 mai 2007

Jean Laforge est mort


Jean Laforge est mort
Et le chêne est vivant

Un an déjà! Tu étais dans un profond sommeil, loin de la douleur, en route vers le dernier voyage. Celui que tu annonçais dans un de tes poèmes:

Je suis rendu ce soir au terme d’un voyage

Qui m’a blanchi le front et creusé le visage.

La veille, j’avais utilisé ces mots de toi pour ne pas dire «papa tu vas mourir»... et le dire quand même... mais autrement.

Tu as franchi la dernière marche à 17h25, le 20 mai 2006. Trente minutes plus tard, un superbe arc-en-ciel apparaissait au-dessus de Chicoutimi. Jean-Marie l’a aperçu le premier. Nous nous sommes tous précipité sur la terrasse de l’hôpital pour le regarder.

«Eh! bien, il n’a pas tardé à sortir ses pinceaux», me suis-je exclamé.

Nous avons ri à travers nos larmes. Comme le ciel à travers les siennes. Cela te ressemblait tellement de te mettre aussitôt à l’ouvrage, toi, si acharné à vivre intensément.

Hier, assise près du jeune chêne que nous avons planté à ta mémoire, j’ai revécu tes derniers jours depuis ce merveilleux et ultime lundi que nous avons passé ensemble. Tu t’accrochais à mon bras pour monter les escaliers d’un édifice à bureaux. «Pas d’ascenseur as-tu dit, c’est pour les vieux. »

Douze jours plus tard tu affrontais la mort. Un an déjà! Et j’en revis chaque heure.