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lundi 28 juillet 2014

Coupures à Radio-Canada : Requiem pour les régions



En parallèle avec ce blogue, je navigue sur le site Mauvaise herbe depuis septembre 2013. J'y accoste au moins une fois par mois. Lorsque je publie une nouvelle chronique sur MH, je redonne un second souffle à la chronique du mois précédent.

Mon texte, publié le 28 juin 2014 : Requiem pour les régions

La radio a une place importante dans mon univers audible. Elle m’accompagne en voiture ou lorsque je suis fourmi ménagère ou abeille cuisinière. La radio m’informe sur ce qui se passe dans le monde (du moins c’est ce que j’en attends), sur ce qui se passe dans mon pays et, le plus important, dans ma région. La radio m’offre souvent le plaisir de découvrir de nouvelles voix, une autre façon de dire, mais aussi la parole qui survit au-delà du temps, la musique de toutes les époques.

Hier, la voiture a été mon lieu de vie majeur. De multiples déplacements agrémentés par cette radio qui est la mienne depuis très longtemps, Radio-Canada. Ma préférée parce qu’il n’y a pas de publicité. Et je suis prête à payer de mes impôts pour avoir une radio sans publicité. Ce que je fais d’ailleurs.

Hier, j’écoutais Radio-Canada… de moins en moins d’ICI. Il y avait PM avec Philippe Masbourian, lequel a finalement réussi à m’apprivoiser. Jusqu’à ce que des nouvelles en continu occupent toute la place pour parler des embouteillages sur les routes métropolitaines. Je me suis dit, c’est vraiment pour cela que j’ai renoncé à syntoniser les nouvelles télévisées, tout poste confondu qui semble ignorer qu’il y a de la vie aussi en dehors de Montréal. Ras-le-bol de tout ce temps consacré à parler de la circulation sur les routes. Je compatis et comprends que cela intéresse les usagers de cette partie du Québec, mais pour plus de 3 millions de Québécois, il y a bien d’autres sujets de préoccupations. Je préfère, et de beaucoup, le 18 h au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui est, à mon oreille, une des meilleures émissions télévisées d’information avec un contenu varié, international, national et surtout régional incluant une chronique culturelle et sportive équilibrée.

Bref, j’étais à l’écoute de mon poste favori, patiente malgré tout, sachant qu’à 16 h, j’allais avoir enfin des nouvelles de ma région. L’Heure de pointe est toujours au programme. Encore heureux! Je tremble à l’idée que la gangrène lacroisienne, après ses ravages à Espace Musique, atteigne cette émission et aille ensuite s’attaquer à Café, boulot, dodo.

Hélas! Je n’avais pas anticipé combien ce samedi matin me laisserait un goût amer. Un sentiment de deuil. Une colère aussi. Ici Radio-Montréal qui ignore tout de vous. La voix, cette voix magnifique de Paule Therrien, s’est tue. Plus personne pour nous rappeler les activités en cours au Saguenay–Lac-Saint-Jean, par exemple, le 175e de Saint-Fulgence où on a le sens de l’Histoire, du Camp musical du Lac-Saint-Jean, de cette surprenante Folk Sale de Sainte-Rose-du-Nord, de nos théâtres d’été. En dépouillant les régions du temps d’antenne, déjà très réduit, qui leur était alloué, c’est notre existence qui est ainsi niée. Si personne ne parle de vous, de ce que vous faites, de ce que vous dites, vous n’exister pas dans la pensée des autres. Votre parole, votre opinion, votre créativité, tout cela est occulté. Le paysage médiatique devient monochrome.

Les hommes de main des fossoyeurs de la radio d’État peuvent aller de l’arrière allègrement. Ils ont choisi la bonne saison pour leur travail de sape. Avec l’appui - totalement désintéressé??? – des postes privés qui ne se vantent pas, on le comprend, d’être eux-mêmes généreusement subventionnés par nos impôts. Des subventions de 900 millions aux privés contre un milliard à SRC/CBC.

Le plus odieux dans ces coupes, est la destruction des emplois. D’ici 2 ans à Radio-Canada, 657 postes suprimés dont 312 au service français. On prévoit 1500 postes perdus en 2020. Cela s’ajoute au rapport fédéral du printemps 2014 qui dénombre l’abolition de 20 000 emplois dans la fonction publique et en annonce 10 000 autres avant 2017.  L’économie que l’on croit ainsi réaliser ne tient pas compte que ces travailleurs retournent une partie substantielle de cette « dépense » en impôts et taxes. Radio-Canada (et donc le gouvernement) ne semble pas comprendre que des Canadiens au travail sont une richesse. Sinon pourquoi subventionner les entreprises privées sous le prétexte qu’elles créent, ou du moins, maintiennent les emplois? 

Selon une étude publiée le 13 mai 2014 par l’Institut Fraser : les subventions au privé ont été de 24,4 milliards de dollars en 2009 seulement. 

On y apprend que, de 1980 à 2009, « Le total des subventions, soit 684 milliards de dollars, est constitué de subventions fédérales (342,6 milliards de dollars), provinciales (287 milliards de dollars) et locales (54,2 milliards). L’examen de leur évolution au fil du temps révèle qu’elles ont atteint un pic de 34,8 milliards de dollars en 1984 et un point bas de 11,6 milliards de dollars en 1998, pour remonter à 24,4 milliards de dollars en 2009. Cette année-là, les subventions représentaient 1 507 $ par contribuable.

Pour les seules pétrolières, selon une étude de l'Institut international du développement durable (Le Devoir 9 novembre 2013), les gouvernements fédéral et provinciaux subventionnent ces compagnies à raison de 2,8 milliards de dollars par année.

Tout cela pour créer des emplois? Allez comprendre…

Évoluer, progresser, s’adapter, s’ouvrir aux nouvelles technologies, on y croirait, avec un peu de naïveté, s’il n’était pas si évident que l’objectif ultime est d’abord de favoriser une idéologie politique, en l’occurrence celle des conservateurs, qui ne peut s’instaurer sans heurt si le peuple, trop bien informé, revendique son droit de parole, voire son droit de contester.



samedi 28 juin 2014

Nous sommes responsables de la survie de nos institutions culturelles



En parallèle avec ce blogue, je navigue sur le site Mauvaise herbe depuis septembre 2013. J'y accoste au moins une fois par mois. Lorsque je publie une nouvelle chronique sur MH, je redonne un second souffle à la chronique du mois précédent.

Mon texte, publié le 28 avril 2014 : Nos choix déterminent notre avenir


Samedi dernier, 25 avril, l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean présentait La Traviata devant une salle comble. Pendant que tout en moi exultait de plaisir à entendre le magnifique mariage des voix de la soprano Aline Kutan et du baryton Jean-François Lapointe, j’ai anticipé le fracas d’une fissure menaçant l’avenir de notre conservatoire.  Victime d’une décroissance, où le nombre de 125 élèves en 1980 est de 45 en 2014, l’institution est-elle appelée à disparaître? Une des options envisagées par le ministère de la Culture, dont les médias ont fait état au début d’avril, consisterait à exiler les élèves du collégial et de l’université à Montréal et à Québec, tandis que ceux du cours préparatoire devraient s’inscrire au privé. 

Jacques Clément, directeur artistique
Chef de l'Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Les conséquences seraient désastreuses, confirment en chœur Claude Tanguay, président du syndicat des professeurs de l’État du Québec et Jacques Clément, chef de l’Orchestre symphonique SLSJ.  « On pourrait mettre aussi en péril l'avenir des orchestres en région, parce que dans toutes les régions, les professeurs et les étudiants participent à la vie de l'orchestre symphonique. »

Opter pour une amputation « curative » provoquera certes des pertes d’emplois – encore! – mais pire, dépouillera la région de cet ancrage nécessaire au maintien d’une vitalité musicale que tant de parents ont contribué à construire pour nos enfants. Que deviendraient notre orchestre symphonique, notre chœur symphonique et notre Quatuor Alcan? Peut-on poser la question?

Avant de tuer le corps, sous prétexte d’une décroissance, ne devrait-on pas d’abord s’interroger sur la cause de cette décroissance? Qu’avons-nous fait de nos cours de musique dans nos écoles? Quelle culture musicale proposons-nous dans nos radios?

Hier se continue

Ce matin, furetant dans les archives de 38 ans de carrière journalistique dans le domaine des arts, un texte, publié dans le Progrès-Dimanche du 1er mai 2005, a surgi sur mon écran.  Hier se continue. Le propos de 2005 n’a rien perdu de son sens. J’en reprends les grandes lignes (en italique), adaptant certains énoncés aux faits présents.
 
Devant le déferlement des fermetures et pertes d’emplois au Saguenay–Lac-Saint-Jean serons-nous assez lucides pour, plutôt que de gémir, se demander si nous n’avons pas chacun notre part de responsabilité. Quand les présidents des grandes entreprises, banques et sociétés d’état, du haut de leur salaire de plusieurs millions consentis par des administrateurs complaisants (et actionnaires reconnaissants), ferment les yeux sur les conséquences des emplois sacrifiés sur l’autel de la croissance du profit, ne fait-on pas la même chose en demeurant sourds aux appels répétés de ces toutes petites entreprises qui demandent si peu pour donner beaucoup à notre région. Des exemples?  Les entreprises culturelles.

Certaines sont des PME (petites et moyennes entreprises), la majorité sont des PTPE (petites et très petites entreprises).


Samedi soir, 25 avril 2014, au dernier concert de l’Orchestre symphonique, j’ai vu quelques 800 personnes applaudir à tout rompre devant la prestation remarquable d’artistes de la région, musiciens et choristes accompagnant des solistes réputés sur la scène internationale. En achetant leurs billets, ces personnes auront contribué individuellement à donner leur soutien à ces artistes. Une contribution tangible qui s’ajoute à celle, oh! combien indispensable!, des commanditaires. Par sa présence, lors d’une production régionale, le public contribue au maintien de nos sociétés artistiques, que ce soit en musique, en théâtre, en danse ou, lors d’événement honorifiques dédiés aux artistes de la région comme le Gala de l’Ordre du Bleuet. Imaginons une présence accrue à chaque production locale. Combien d’emplois assurés?

Pour chaque production, pensons au nombre de personnes qui ainsi travaillent. Aux artistes engagés pour pratiquer leur métier, là où ils veulent vivre et élever leurs enfants. Aux enseignants des écoles privées et publiques dévoués à la formation de la relève. Somme toute, ce sont des millions de dollars qui circulent ici, en région. Vous voulez parlez d’économie? Les productions artistiques ont une réelle importance dans notre économie régionale.

Nous sous-utilisons nos forces et nos talents. Même dans nos célébrations historiques nous réservons les cachets les plus généreux à des artistes de l’extérieur. Nous surexploitons nos artistes résidents. Et, à si mal les rétribuer, ils doivent trop souvent s’exiler pour survivre. Nous avons des comédiens, des auteurs, des musiciens, des scénographes, des danseurs, des metteurs en scène (oh! combien talentueux!). Ils sont jeunes, créatifs, doués. Qui plus est, ils veulent rester dans leur région. Ils ne demandent rien. Ils nous offrent ce qu’ils sont, ce qu’ils font, provoquant par leur présence des retombées économiques et culturelles. Sur la glace d’une patinoire ou sur les planches d’une scène le spectacle prend son sens dans le regard du spectateur qui, pour le prix d’un billet, permet à l’artiste comme à l’athlète de continuer sa quête.

Bien sûr, la richesse collective croît parce que nos artistes créent. Est-il encore besoin de dire que les œuvres d’art, les créations littéraires et musicales, les arts de la scène, sont l’héritage de nos sociétés depuis des millénaires. Nos grands pontifes de la finance devraient, les premiers, favoriser le soutien aux arts, corporatif ou individuel, permettant de déduire, au même titre que les dons, les sommes déboursées pour les billets de spectacle (productions surtout régionales). Le but ultime étant l’émergence et le développement d’une société où les entreprises culturelles seront reconnues pour leur force économique au service de l’enrichissement du patrimoine collectif. L’objectif immédiat et non le moindre sera de maintenir et de multiplier des emplois pour nos jeunes artistes.
 
Finalement, l’avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c’est nous. Ce serait bien d’en être conscients!


vendredi 28 février 2014

Ce monde que nous voulions différent



En parallèle avec ce blogue, je navigue désormais sur le site Mauvaise herbe. J'y accoste au moins une fois par mois.

Mon cinquième texte, publié le 28 janvier 2014 : Ce monde que nous voulions différent



J’ai plus de questions que de réponses. À ma naissance, marraine fée, ou peut-être sorcière, a dû tatouer « Pourquoi? » au fond de mes rétines. Impossible de voir la vie sans interroger le sens de tout ce que je vois et ne vois pas. J’ai dévoré des milliers de livres, questionné jusqu’à l’exaspération ceux qui me précédaient, franchi bien des interdits pouvant entraver ma quête de savoir, bravé les censeurs d’une pensée libre. J’ai trouvé des réponses et chacune d’elle engendrait un nouveau « Pourquoi? ».

J’entends le bruit des bombes de nos guerres — elles sont nôtres par nos choix politiques — dont les enjeux ont moins à voir avec la liberté, la défense des droits de l’homme et la paix que l’occupation stratégique d’un territoire pour sa position, ses richesses ou ses alliances économiques. Sinon, pourquoi serions-nous si complaisants envers des États qui désavouent ouvertement les droits et la liberté de sa population?

Nous affirmons haut et fort la reconnaissance d’une égalité des droits entre toutes les personnes et du même souffle nous permettons que soit enseigné le contraire. Pire, nous payons cet enseignement.

Nous prétendons nous être affranchis de l’ignorance, compréhensible jadis, inadmissible aujourd’hui, sans oser remettre en question notre tolérance envers les dérives des croyances subversives.

Pourquoi est-il plus facile de mobiliser un continent pour la défense des animaux que des humains? L’Union européenne et la Russie interdisent le commerce des produits dérivés du phoque sous prétexte de cruauté. Pourquoi ne parvient-on pas à se mobiliser pour défendre l’exploitation des enfants? Qui interdit les produits dérivés du cacao de Côte-d’Ivoire ou du Ghana exploitant 1,8 million d’esclaves de moins de 15 ans? Qui interdit les produits de l’Inde, de la Chine et d’autres pays pour cruauté envers les esclaves? Le 17 octobre 2013, plusieurs médias diffusaient les résultats d’une enquête menée par l’organisation Walk Free :

Après l’Inde, la Chine arrive au deuxième rang, avec 2,9 millions d'esclaves, suivie du Pakistan avec plus de 2 millions. Viennent ensuite le Nigeria, l'Éthiopie, la Russie, la Thaïlande, la République démocratique du Congo (RDC), la Birmanie et le Bangladesh. Ces dix pays comptent à eux seuls la majorité des quelque 30 millions d'esclaves dans le monde.

Rien de cruel dans ces industries du tapis, du jouet, du vêtement?

Nous aspirons à un monde plus juste et nous déconsidérons ceux qui revendiquent le maintien des acquis de hautes luttes. La nouvelle norme dans le monde du travail consiste à privilégier le lockout en réponse aux dissensions, sans réelle volonté de négocier. Dans l’éloquente démonstration du déséquilibre entre les forces patronales et syndicales des lockouts successifs imposées aux journalistes de nos médias (Journal de Montréal, Journal de Québec, Le Réveil, etc.), il devenait impérieux de modifier le Code du travail afin de l’adapter aux réalités du présent. « Interdire le recours aux services et produits du travail provenant de l'extérieur d'un établissement qui est en grève ou en lockout » avait promis le Parti québécois en août 2012. En 2014, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, plus de 400 travailleurs, mécaniciens des garages de nos concessionnaires automobiles vivent leur 11e mois de lockout. Tout ce temps, aucune rencontre ni même volonté de négocier, malgré la demande du syndicat qui souhaitait un médiateur. Sachant que le médiateur est un spécialiste expérimenté en relation du travail, rompu aux techniques de négociation et de résolution de problèmes, pourquoi ce refus?

Escamoter ses revenus à l’impôt en les plaçant dans des abris fiscaux suscite moins de mépris qu’un travailleur saisonnier osant réclamer l’assurance emploi qu’il a payée. En 2010, l'Institut international du développement durable de Winnipeg chiffrait à 2,8 milliards par année les subventions aux pétrolières, dont celles de l'Alberta (1,1 milliard), mais ce sont les plus démunis de notre société que certains animateurs traitent de BS sur le ton de l’insulte.

Qu’avons-nous fait de ce monde que nous voulions différent? Que sont devenus les espoirs de nos 20 ans? À quel marché de dupes avons-nous sacrifié ce « grand jardin qu’on appelait la Terre »?

Aujourd’hui je me demande pourquoi je persiste à questionner, à vouloir comprendre, à trouver la réponse ultime. Tout ce que je sais, ou crois savoir, c’est que ma quête du Graal ne se terminera que lorsqu’une main rabattra mes paupières sur mon regard devenu fixe à jamais.

Et encore! Je risque de miser sur la jeunesse.

***

jeudi 28 novembre 2013

Charte – Laïcité – Droits des femmes

En parallèle avec ce blogue, je navigue désormais sur le site Mauvaise herbe. J'y accoste au moins une fois par mois.

Mon second texte, publié le 28 octobre 2013 : Charte – Laïcité – Droits droits des femmes

Depuis des semaines des torrents de mots frappent indistinctement rochers des convictions et terre friable des aspirations. Je me voulais touriste dans cet univers chaotique où s’affronte l’expression de nos différences. Je m’imposais de n’être qu’une observatrice non partisane. J’aspirais au silence, l’esprit usé, trop flagellé de décennies de combats menés pour atteindre l’ultime objectif : l’affirmation politique, juridique, sociale et universelle que les hommes et les femmes sont égaux.

Mais la rumeur est montée telle une marée charriant le meilleur et le pire de tout ce qui jonche les fonds marins du monde où je vis. Avant même la publication du projet d’une charte des valeurs québécoises, ils ont hurlé au loup. Si rien n’oblige à prendre le risque de la parole, tout m’oblige à réfléchir sur les assauts de ce débat sur mes propres convictions.  Libre à moi de les taire ou de les exprimer. Libre au lecteur de les entendre ou de les ignorer.

Après avoir lu, sous ses diverses formes, courtes et longues, ce « document d’orientation en matière d’encadrement des demandes d’accommodement religieux, d’affirmation des valeurs de la société québécoise ainsi que du caractère laïque des institutions de l’État » j’ai choisi de signer la pétition du Rassemblement pour la laïcité dont la démarche répond mieux à mes aspirations.

 Je me croyais bien informée. Me voilà estomaquée de lire dans le document d’orientation du ministre Drainville que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne a été modifiée en 2008 seulement afin d’y inscrire, explicitement, l’égalité entre les femmes et les hommes. Dès lors, j’ai compris l’urgence d’agir pour passer le l’écrit à l’état de fait.

Aujourd’hui plus que jamais, je crois impérieuse la promulgation d’une charte de la laïcité dans ce Québec du XIXe siècle. Tout comme je crois inéluctable – et même facteur de progression – la cohabitation « multi ethnies » au sein d’une société forte de son identité; cette identité issue des racines de son passé, de son histoire, de sa langue. Une identité forgée à la flamme des luttes menées pour son évolution. Une cohabitation où le droit de la collectivité prévaut sur le droit individuel pour une intégration respectueuse autant que réussie.

Oui, je souhaite une charte de la laïcité. Oui, je suis pour une démarche qui « au-delà des clivages idéologiques, évitant le dogmatisme, cheminera sur la voie d’une laïcité des institutions publiques, garante de l’égalité de toutes et de tous, et source de cohésion sociale. » Oui, je veux que soit affirmée la neutralité de l’État et le caractère laïque de ses institutions. Je veux que soit définie la notion raisonnable des accommodements. Je veux surtout que soit encadré tout accommodement afin qu’il ne soit pas en contradiction avec l’affirmation de l’égalité des hommes et des femmes. J’irai plus loin. J’aspire à une société qui ne sacrifiera pas la liberté de penser, de questionner, de douter, de s’instruire à l’endoctrinement… surtout des enfants.

Pourquoi le projet d’une charte des valeurs québécoises – qui n’aurait pas dû renoncer à se nommer charte de la laïcité puisque seul cet aspect n’a pas été légiféré – a-t-il provoqué une telle vindicte médiatisée à outrance? Il ne s’agissait après tout que d’une invitation à débattre d’un contenu perfectible.

Pourquoi, de tous les signes religieux ostentatoires cités en exemple (malgré le regrettable droit de s’y soustraire inclus en plusieurs cas) le voile est-il devenu le plus proéminent ?

Pourquoi exprimer son désarroi, voire son incompréhension devant la prolifération des revendications et des accommodements aboutit à des invectives et des accusations de racisme et de xénophobie? 

Comment peut-on vouloir limiter notre perception des enjeux en niant la pertinence d’entendre et voir ce qui se vit au-delà de nos frontières? 

Comment concilier notre désir de respecter la liberté de chacun et d’aspirer à ce que chacun respecte notre liberté d’établir des règles?

Dans ma tête, mille et une questions s’affrontent face à cette tempête verbale.  Elle me heurte de pleins fouets au cœur de mes idéaux, jamais abandonnés, et me confrontent à mes contradictions.

Je rêvais d’un monde sans frontière, d’une humanité en marche où l’on scanderait le bruit de nos pas au rythme de cette merveilleuse utopie (?) que sont les mots liberté, égalité, fraternité. Je croyais au partage, à l’accueil, à l’hymne planétaire réunissant toutes les musiques, où le pas militaire se transformerait en pas de danse. Je voulais être la compagne de l’homme et non son adversaire, convaincue qu’ensemble nous protégerions tous les enfants du monde.

La femme de ces rêves n’a pas renoncé. Et pourtant, aujourd’hui, je vis l’étrange paradoxe où je peux, à la fois, avec respect, amour et tolérance accepter l’autre avec sa différence, ses croyances et, en même temps, combattre les rites contraires à nos lois et les symboles quand ils représentent la négation de ce qui m’est plus sacré que tout ce qu’on peut dire sacré : la femme est l’égale de l’homme.

Quand ma tolérance et mon respect est en contradiction avec mes valeurs, mes convictions et le combat de ma vie, que dois-je choisir?

http://www.mauvaiseherbe.ca/



lundi 28 octobre 2013

L'amarante


En parallèle avec ce blogue, je navigue désormais sur le site Mauvaise herbe. J'y accosterai au moins une fois par mois.

Mon premier texte : L'amarante

Depuis plus d’un an je promène mes yeux dans le sillon des mots publiés sur le site Mauvaise Herbe. Séduite bien souvent. Avant même d’en découvrir le contenu, incontestablement alimenté par des passionnés recrutés par Marielle Couture et Joël Martel, mon esprit était titillé par l’heureux mariage de ces deux mots évocateurs « Mauvaise herbe ». À l’heure d’une quête identitaire qui frappe de nombreux pays occidentaux, confrontés au choc des cultures inévitablement accéléré, sinon accentué, par la mondialisation des marchés et de la main d’œuvre, je coiffe volontiers l’idée de m’affirmer comme Mauvaise Herbe. En répondant à l’invitation de collaborer à cette tribune je reconnais avec fierté vouloir demeurer le souci des malherbologues.
 Qu’est-ce donc qu’une mauvaise herbe sinon une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? D’ailleurs l’intégralité des plantes adventices possède une grande valeur botanique et écologique. Elles favorisent la biodiversité, elles permettent de rééquilibrer le sol et de l’enrichir en matière organique. 
Lisant cette phrase sur le site Alsagarden créé par un jeune horticulteur alsacien Lucas Heitz (découvert au hasard de mes navigations sur la Toile), j’ai trouvé qu’au sens propre comme au figuré elle résumait superbement ce que je pense.

Surnommée Mademoiselle Pourquoi dès ma plus tendre enfance, mes souvenirs foisonnent d’exemples qui me confortent dans mon identité avouée. Transplantée à 3 ans dans une famille d’accueil pour raison de santé, arrachée à ma terre d’origine pour déraison de famille, j’ai 9 ans quand j’affronte le rejet intégral de ma présence à l’école dès que trahie par mon accent. Je passerais pour minorité non visible si je n’étais pas audible dans ce Montréal où je ne prendrai pas racines. Mise en serre à 10 ans dans un pensionnat de Jonquière pour espoir de dompter un caractère rebelle, j’y apprendrai l’art de crocheter les serrures pour, la nuit, piller les livres mis sous clé et nourrir ma soif d’apprendre. Plus tard, le collège est terre fertile à la révolte. Bien que présidente de classe, j’en suis fréquemment expulsée pour mes questions mettant en doute les enseignements traitant de religion, d’histoire et de sociétés. Pour mon bonheur, ces mises en exil punitif m’expédiaient dans l’antre du plaisir absolu : la bibliothèque.
Exaspérante pour les jardiniers de ma vie, qu’ils aient été mes professeurs, mes employeurs ou ma famille, ils ont pourtant contribué à développer ma nature profonde. Je leur doit beaucoup. Aujourd’hui, sur cette terre en friche qu’est encore la planète,  je souhaite prendre la forme de l’amarante et contribuer si possible au cauchemar des Monsanto de ce monde.

Voilà. Maintenant que, présentation faite, il me reste à écrire une chronique à un rythme indéfini, ma tête est comme une forêt aux essences multiples. Tombent les feuilles alors qu’il y a urgence de les saisir au vol pour ne pas rater la saison. Violence, corruption, charte, économie, dégradation des emplois, déclin de la presse, élection, éducation, famille, culture, laïcité, liberté, égalités des droits pour les hommes, les femmes et les enfants, environnement, politique, autant de thèmes qui se bousculent au bout de mes doigts sur un clavier de 26 lettres… et pourtant sans limite.

Je me  restreindrai cette première fois, le temps d’évaluer la direction du chemin que j’ai accepté de prendre et de partager dans le jardin de Mauvaise Herbe. Qu’on se le tienne pour dit, mon credo est fait de doutes et de paradoxes.



mercredi 13 juin 2012

Dans les faits... lettre d'Ariel à J. Charest

En attendant de retrouver la force de reprendre le clavier pour m'exprimer, voici un écrit que j'endosse de toute ma conscience de citoyenne qui refuse que le parti libéral continue impunément de mentir. Je vote pour cette jeunesse libre qui se fait entendre malgré les coups de matraques, la violence policière armée et les emprisonnements arbitraires que je préfère à une jeunesse libéral. Ce texte se retrouve ici:

Voici le texte intégral:

Réponse à Jean Charest

par Ariel Laforge, jeudi 7 juin 2012, 22:47 ·
Monsieur Charest,

Dans les faits, plus de 75 % des étudiants se sont prononcés contre la hausse drastique des frais de scolarité.

Dans les faits, la majorité des élèves ont fini leur session sans retard, car la grève a été refusée généralement par un vote extrêmement serré (pour certains, ça répondait de justesse au 50 % + 1). Il faut aussi savoir que les votes contre la grève n’avaient pas à être reconduits alors que les votes pour la grève devaient être reconduits hebdomadairement.

Dans les faits, plusieurs établissements en grève ont eu une reprise des cours forcés par une occupation policière (force de l’ordre ou privée) après que le gouvernement a décidé de ne plus reconnaître le droit à la grève étudiante faisant passer le terme de grève à boycott, un changement d'image nécessaire pour une prise de position qui va à l’encontre de tout ce qui était socialement admis depuis plus de 40 ans.

Dans les faits, aucune preuve, étude ou recherche ne prouve que les universités du Québec soient sous-financées. Au contraire, les données tendent à prouver que les universités n’ont jamais été aussi riches, mais les fonds semblent être déplacés de l’enseignement vers la recherche non-fondamentale qui sert les compagnies privées. Les universités ne sont donc pas sous-financées, mais leur gestion soulève de sérieuses questions.

Dans les faits, ceux qui ont fait la demande d’augmenter le financement des universités sont les mêmes personnes qui ont décidé unilatéralement de déplafonné leur fond de retraite leur octroyant ainsi une augmentation de leur revenu à la retraite dépassant plus de 50 000 $ par année (il faut savoir qu’au Québec, le salaire moyen de la population avoisine les 50 000 $ par année). Ce déplafonnement est financé à même les budgets de fonctionnement des départements universitaires créant un déficit pour les universités allant de 1 à plus de 10 millions de dollars.

Dans les faits, le Québec a les frais universitaires les plus faibles en Amérique du Nord, mais ils sont parmi les plus élevés de l’OCDE et la province est encore loin d’atteindre les objectifs du pacte de gratuité scolaire que l’État a signé.

Dans les faits, selon l’OCDE, le programme de prêt étudiant le plus généreux est celui de l’Ontario.

Dans les faits, la bonification du programme de prêts et bourses permettra à environ 10 % des élèves non admissibles
d’y avoir droit (on parle ici d’avoir droit à la capacité de s’endetter pour étudier en ne payant les intérêts qu’une fois les études complétées) est financer à même le budget de fonctionnement des universités et le crédit d’impôt pour les frais de scolarité. En gros, on prend de l’argent depuis le remboursement des étudiants et aux universités pour donner de l’argent aux universités de façon à ce que les banques puissent faire des bénéfices dans le processus.

Dans les faits, le coût réel par jour peut différer grandement selon la méthode employée. Moi j’ai tendance à calculer ce que ça me coûte réellement. Donc, je mets de côté le crédit d’impôt pour les frais de scolarité puisqu’il s’agit d’un remboursement effectué quelques années plus tard, une fois le diplôme obtenu. Alors, nous avons une hausse (maintenant) de plus de 1760 $ répartis sur 7 ans, ce qui nous donne environ 252 $ de plus chaque année. 252 / 365 = 0,69 $ la première année. En détail : année 1 = 0,69 $, année 2 = 1,38 $, année 3 = 2,07 $, année 4 = 2,76 $, année 5 = 3,45 $, année 6 = 4,14 $, année 7 = 4,83 $. Et si l’on fait la moyenne sur 7 ans, on obtient une hausse de 2,76 $ par jour, soit 5 fois plus élevé que ce qui est prétendu. Mais mon calcul pourrait aller beaucoup plus loin, parce que ce qui n’est plus dit (mais toujours prévu), c’est qu’une fois la hausse drastique complétée, les frais de scolarité seront soumis à une hausse de 5 % par année. Alors, maintenant, le coût par jour, on le calcul pour quelle cohorte?

Je ne m’étendrai pas sur la loi 78, une loi qui s’étend sur tellement de domaines qu’il en devient difficile de voir la réelle portée de cette dernière sans faire une dissertation qui comprendrait plusieurs pages. Je signalerai seulement que les personnes même qui devraient la plaider la dénoncent (le Barreau du Québec, les juristes de la couronne).

Dans les faits, le Québec se veut démocratique, mais il est la dernière province canadienne à permettre à ses policiers à effectuer des arrestations de masses (une technique dénoncée plusieurs fois par l’ONU notamment). C’est aussi la province qui a le plus recours aux lois spéciales et aux votes sous bâillons pour régler les conflits de travail et les débats sociaux.

Dans les faits, ce qui a paru, au début, comme un conflit d’une hausse de frais est un conflit idéologique où un gouvernement à l’allégeance impérialiste tente d’éluder le débat nécessaire pour faire passer une société à tendance socialiste à une société capitaliste dure.

Ariel Laforge

jeudi 26 août 2010

DS danse sur la tombe du TDS

Le Théâtre du Saguenay, mis en faillite contre la volonté de ses membres sous le faux prétexte d'une dette dépassant le million -  allégation dont la fausseté a été démontrée, chiffres à l'appui, par des membres du conseil d'administration, par le fiscaliste André Salesse et par le directeur-général qui  a fermement nié les allégations du président du ca sur sa présumée démission - n'est pas encore enterré que Diffusion Saguenay, gonflé d'une subvention de 160 000 $ provenant des contribuables de Saguenay et de la promesse, qui aurait été confirmée le 22 juin, d'une aide financière de 90 000 $ du ministère de la Culture, danse sur la tombe d'une honnête coopérative composée de citoyens avant même que sonne l'hallali.
(Plutôt que de tout répéter voir texte et liens qui suivent en cliquant sur ce lien : ici )

Il y a quelque chose d'indécent dans toute cette saga. Tout comme l'a été la consultation populaire sur la nouvelle salle de spectacle, où la majorité votant pour une dépense de 10,5 M$, pour la rénovation de l'auditorium collégial, apprend sans broncher que ce chiffre , ainsi que l'expliquaient pourtant de nombreuses personnes avisées, était autant sous-évalué que le 40 M$ pour une nouvelle salle était sur-évalué.

Que faire? Puis-je cautionner Diffusion Saguenay sachant dans quel irrespect cette entité contrôlée par le pouvoir politique a été fondée? Dès lors, ne devrais-je pas renoncer aux spectacles présentés ? Dilemme!

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vendredi 7 mai 2010

La voix des jeunes


Extrait de l'album Électrons libres de Chantale Vincelette
Publié sur le site www.nouvellesalle.com

Combien de temps encore la population du Saguenay devra-t-elle attendre une salle de spectacle qui réponde aux besoins réels de sa communauté artistique? 
Voilà la vraie question à poser.

Je regrette que la décision ne revienne qu'aux seuls citoyens de la Ville alors que je suis tout autant concernée, comme personne qui assiste aux spectacles présentés au Saguenay et comme contribuable qui souhaite qu'une partie de ses impôts soient investis dans le développement culturel de SA région.  Je demeure optimiste quand je regarde nos jeunes qui nous invitent à investir dans leur avenir. Un avenir qu'ils veulent ICI. Ils sont la voix que je veux entendre.  La voie que je veux suivre.

Voici le trac que des jeunes du Conservatoire de musique feront circuler ces prochains jours.





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vendredi 5 mars 2010

Lettre à Naema



À toi Naema d'Égypte qui a été accueillie au Québec.

Je suis, comme toi, une immigrante venue d'un autre pays. J'ai choisi de vivre au Québec parce que j'en aime sa modernité de pensée où je peux vivre ma vie de femme sous le regard des hommes, mes amis, mes alliés, mes amours.

Élevée dans un milieu catholique, j'ai participé à la lutte contre des croyances issues d'un temps millénaire où les femmes étaient considérées inférieures, où les femmes devaient jurer obéissance aux hommes, où les femmes étaient perçues comme les tentatrices et donc les coupables du désir des hommes. J'ai contribué, avec les hommes et les femmes de ce pays, à édifier cette société moderne où le mot liberté s'épelle avec les lettres du mot respect.

Naema, j'éprouve un grand malaise à t'entendre revendiquer le droit de te voiler le visage. Ce n'est pas le vêtement mais tout ce qu'il évoque qui m'indispose. Nous entendons que cela est ton choix personnel. Mais pour toi comme pour nous, nos choix personnels ont une limite. Notre société comporte ses règles incluant de se présenter à l'autre à visage découvert. Le contraire est perçu comme un manque de respect. De nombreux érudits de l'Islam ne cessent de nous expliquer que la religion dont tu te revendiques n'oblige pas les femmes à porter voile ou niqab. Ta propre croyance, expliques-tu, assure que ton choix est religieux. S'il advenait que la seule «croyance» de chacun devienne «la religion» dont notre charte a voulu protéger la libre pratique, j'imagine mal comment accommoder l'exception sans égard pour les convictions de la majorité.

Je te dirai alors que, selon ma croyance, ton choix de porter le niqab pour te soustraire aux regards des hommes est une injure à mon honneur de femme et insulte mon fils. À mon sens, ton choix est signe d'arrogance et non d'humilité, d'orgueil guerrier et non de modestie, te servant de notre conception de la liberté pour nous imposer ce niqab dont le symbole implicite évoque l'oppression des femmes et la négation de leur droit à l'existence.

Ton voile se dresse entre mon fils et les fils de mes sœurs et amies du Québec comme si, parce qu'ils sont hommes, leur regard ne pouvait être que pervers, concupiscent et sans respect pour toi. Ton voile se dresse entre mon visage nu et ma dignité comme si sa nudité était une offense à la modestie, à la pudeur et un appel à la luxure. Ton voile m'oppresse parce que je crois qu'il dissimule trop de blessures encore aujourd'hui imposées à d'autres femmes. Sais-tu que certaines de tes sœurs parmi nous portent le niqab pour se cacher d'une famille qui les menace de mort pour le seul crime d'avoir voulu affirmer leur liberté? Et je les aide à le porter, avec la crainte et la révolte que je partage avec elles. Ton niqab est politique et il m'outrage car tu comptes te servir des lois de mon pays conçues pour protéger nos libertés.

Je me sens terriblement humiliée, comme mère d'un fils à qui j'ai appris que les hommes et les femmes sont égaux et se doivent un respect mutuel. Je me sens isolée de toi par toi, qui te refuses de comprendre que nous voulons pour nos filles et nos fils un autre monde que celui que tu as quitté.

Dans un article de La Presse, je lis :
«Hier, elle (
toi Naema) s'est vidé le cœur. Elle ne comprend toujours pas pourquoi le cégep l'a expulsée. «Ils ont détruit mes rêves», accuse-t-elle.»»


Moi, je ne comprends pas pourquoi tu ne comprends pas. Et ce sont mes rêves que tu détruiras si jamais cette société qui est la mienne cédait à ton entêtement vestimentaire et ouvrait la porte à toute idéologie qui convaincrait ma petite-fille Élika à se couvrir d'un voile et disparaître aux yeux des hommes.

Gérard Bouchard, homme de tolérance s'il en est, et co-signataire du rapport Bouchard-Taylor n'a pas hésité à exprimer, à l'émission radiophonique de Christiane Charrette, son indignation. Il a dit :
«De se sentir obligée de tourner le dos à la classe pour ne pas regarder [les hommes], de demander à trois hommes de se déplacer pour ne pas les voir : je crois que ces comportements installent l'homme dans une position inférieure. C'est comme si l'homme inspirait une répulsion, qu'il était une source de mal, d'abjection.»

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Autre lien :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201003/02/01-4256828-port-du-niqab-au-cegep-accommodement-sans-heurts-a-ste-foy.php



dimanche 21 février 2010

Aux arts-mes citoyens

Des citoyens déterminés à sauver le Théâtre du Saguenay
se sont réunis samedi dernier

«AUX ARTS COMPAGNONS»
Patrice Leblanc



Aux arts-mes citoyens



Que Patrice Leblanc me permette cet emprunt à sa propre locution , «Aux arts compagnons», alors qu’il a réussi à mobiliser un groupe de personnes afin de préserver l’esprit de la Coopérative culturelle et de sauver le Théâtre du Saguenay que certains s’empressent à enterrer sans avoir tout tenté.

La faillite annoncée du Théâtre du Saguenay a levé un vent de révolte. Et c’est avec spontanéité qu’une première assemblée s’est tenue samedi 20 février 2010, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, pour créer le groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay qui a déjà son site web ici, et sa page Facebook là. Plus de 75 personnes étaient présentes et de nombreuses autres dont je suis, absentes à regret, ont signifié leur appui par écrit (fait avéré).

Un naufrage incompréhensible

Depuis le 30 juin 2009, les vagues sont devenues tempête dans la saga, résumée ici, de cet organisme culturel qui pourtant naviguait avec brio depuis 1974 sous les directions successives de Françoise Desbiens et de Louise Beaulieu.

En 2005, Louise Beaulieu (Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU, octroyé pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace) quittait la direction générale d’une Coopérative en excellente santé, comme le rapporte Pascal Girard dans le Progrès-Dimanche:
«Quand j'ai quitté en 2005, on avait une réserve dans les cinq chiffres, a-t-elle avancé. Celle à qui elle avait succédé était également présente. Françoise Desbiens fut l'une des fondatrices. Elle a rappelé que la mission première était l'accessibilité de la culture. Selon elle, cette mission s'est perdue dans les dernières années.» (PD du 21 février page 14)

Sur la page du groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay, Éric Dubois précise: «Plusieurs éléments sont encore nébuleux et nous nous expliquons mal comment cette coopérative, florissante jusqu'en 2005 (plus de 1,5 M $ en chiffre d'affaires), a été déroutée vers un désastre financier dont nous n'avons pas encore l'ampleur réelle.»

Dans le rapport financier de 2006-2007, le directeur général Robert Hakim (engagé à l’unanimité par le CA que présidait Jean Bilodeau) déclarait, à la journaliste Anne-Marie Gravel, anticiper un surplus appréciable : «Robert Hakim, écrit-elle, estime percevoir un surplus d'environ 60 000 $ grâce à la présence d'un peu plus de 50 000 spectateurs au cours de la dernière saison."Nous bénéficions d'un budget de 1,5 million $, dont plus de 88 % provient de la billetterie. Nous devons nous assurer de présenter que des spectacles vendeurs tout en continuant notre mission et en respectant nos objectifs. Les spectacles internationaux et à grand déploiement viennent remplir les coffres, ils font la différence!", a souligné le directeur général du Théâtre du Saguenay.» (Le Quotidien du 7 juin 2007, page 31.) Un surplus de 57 000$ a été confirmé au dépôt du rapport financier de 2007.

Faut-il donc comprendre qu’il aura fallu moins de deux ans pour créer une dérive entre 2008 et 2009?

Rappelons que le rapport des états financiers pour 2008, rendu public seulement en juillet 2009, démontrait un déficit de seulement 180 000$. Chiffres déclarés à la fois par Robert Hakim (dg), Vassilis Fasfalis (président) et Albert Lemieux, comptable chargé des états financiers du Théâtre du Saguenay. (Le Quotidien, jeudi 2 juillet 2009, p. 31)

Moins d’un an plus tard ce serait la faillite???

Fait-on faillite avec des revenus de 1,5 millions de dollars? Ou bien négocient-on d’abord avec les créanciers identifiés?

Il y a trop de questions sans réponse pour que les membres de la Coopérative culturelle de Chicoutimi déclarent forfait sur la décision unilatérale - du moins c’est ce qui ressort des témoignages des membres - du seul président, non élu qui plus est.

«Nous constatons que sur un CA de neuf personnes jusqu'à tout dernièrement, seulement quatre étaient élues par les membres de la corporation. Le président Pierre Mazurette n'a jamais reçu l'assentiment des membres pour sa nomination, ni pour ses démarches pour mettre fin aux activités de la coopérative.» lit-on sur le site Sauvons le Théâtre du Saguenay.

Serait-ce que les membres de la Coopérative ont été laxistes?

Non, découvre-t-on, à la lecture de ce que relate Éric Dubois dans son compte-rendu de la rencontre de samedi : «Le président Mazurette a refusé de tenir une assemblée spéciale des membres, même si celle-ci avait été demandée par des membres de la corporation. Il a aussi refusé de travailler sur un éventuel plan de relance des opération du TDS, qui aurait été, selon nous, la première chose à faire avant de convenir de la faillite. En ce sens, les membres et un syndic de faillite auraient très bien pu orienter les démarches vers une proposition concordataire envers les créanciers du TDS et préparer un plan de redressement. Nous croyons que c'était son travail en tant que président de la coopérative, travail qu'il s'est toujours refusé de faire.»

Mais alors comment Monsieur Mazurette s’est-il retrouvé à la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Saguenay? Le président nommé par le ca - lequel avait préalablement été élu par l’assemblée générale pour être membre de ce conseil d'administration - était Richard Boivin. Celui-ci a démissionné peu après.

«Le président Pierre Mazurette, en poste depuis décembre 2009 avait un objectif clair: mener la coopérative vers la faillite. C'est le mandat qu'il a accepté, suite à l'invitation lancée par le Maire Jean Tremblay. Il s'est affairé depuis à dépeindre la situation qui prévalait au TDS comme étant catastrophique, sans pourtant démontrer clairement, chiffre à l'appui, cette affirmation. Le président se cache derrière l'enquête policière en cours, mais allègue des manque à gagner de un millions de dollars. Mais rien ne prouve cela actuellement», affirme Éric Dubois.

Il faut reconnaître que les déclarations successives rapportées dans les journaux ont de quoi nous troubler. La valse des chiffres non vérifiés et non prouvés a perdu ses repères passant de 300 000$ a 400 000 $ pour dépasser la douche froide d’un million assaissonné d’une affirmation non vérifiée disant que «les revenus sont pratiquement inexistants.» (Le Quotidien, mardi 16 février 2010, p. 3)

La mise en faillite n’était pas encore faite que Le Quotidien rapporte: «Le directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, s'est rendu hier à Québec pour rencontrer à ce sujet les autorités du ministère de la Culture et des Communications et voir les différentes options qui s'offrent à la Ville, dont celle de créer une nouvelle corporation.» Nous avons bien lu Ghyslain Harvey et non le directeur-général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, ni la présidente du Conseil des arts, Sylvie Gaudreault. Rarement nous n’aurons été témoin d’un tel empressement au service de la Culture au Saguenay!

Mais voilà que le Citoyen, non résigné à se voir dépossédé de sa coopérative, se multiplie. Car le Théâtre du Saguenay appartient à la Coopérative culturelle fondée en 1974 et composée de membres qui ont le droit de prendre les décisions qui les concernent. Ils sont venus le réaffirmer ce samedi 20 février en compagnie des membres fondateurs de ce fleuron. Fleuron malmené par des décisions politiques depuis que ses membres ont été spoliés de leur libre arbitre sur leur propre salle de spectacle et, maintenant, de leur désir de survivre.

Membre du comité, Jocelyn Robert écrit: «Jusqu'en 2005, le Théâtre du Saguenay était une bonne entreprise rentable dont les opérations permettaient la diffusion d'un calendrier des arts de la scène important depuis plus de trente ans et ce, en respect d'une mission défendue par des professionnels... Cependant, avec la décision de la Ville de s'opposer à la vision de développement du TDS en 2005 et de ne pas
respecter les souhaits et intérêts du milieu professionnel, la ville a contribué directement à mettre en place une gouvernance inapte à défendre les vrais intérêts de la diffusion pour détourner les objectifs au profit du privé.»

Un comité a été formé.

«Rassembler et informer tous les gens qui ont à cœur la survie du Théâtre du Saguenay et l'avenir culturel de la région. Ne laissons pas la ville prendre le contrôle de la diffusion!» conjuguent-ils au présent.

Comme le dit avec justesse Patrice Leblanc, il ne s’agit pas seulement de la cause d’une ville mais bien d’une région. La mienne, la vôtre. En devenant membre de la coopérative, les citoyens de la périphérie des villes fusionnées de Saguenay démontrent leur sentiment d’appartenance à la dimension régionale de nos infrastructures culturelles. Un aspect bien trop souvent occulté, au grand dam des artistes et travailleurs culturels de la région du Saguenay.

Lucien Frenette, directeur général du Conseil régional de la culture, Denise Lavoie, ancienne directrice du Festival international en arts de la marionnette, Éric Dubois, candidat municipal défait et membre du Théâtre du Saguenay, Jocelyn Robert, directeur général de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Pierre-Paul Legendre, membre numéro 29 de la coopérative, Véronique Beaulieu, ancienne membre du conseil d'administration et Patrice Leblanc, organisateur de la rencontre et membre de la troupe des Clowns noirs, forment le comité qui a pour mandat de rencontrer le syndic Réjean Bergeron, de tenir une assemblée générale spéciale et d'entamer les démarches de relance.

Notons que le comité a reçu l’appui de Jeanne Blackburn, qui fut ministre et députée au cours des années 1985 à 1998 pour le Parti québécois et du fiscaliste André Salesse qui défend le projet d’une nouvelle salle de spectacle pour la région du Saguenay.

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mardi 16 février 2010

Le Réveil : Requiem pour 20 emplois



Chapeau ! les syndiqués du Réveil


Dominique Savard
Présidente du syndicat et journaliste au Réveil
© Photo Le Quotidien


Votre retour au travail dans les conditions imposées par la menace, après un lutte courageuse menée, presque seuls contre tous, pendant 50 semaines, est très révélateur de ce que nous sommes.

Refuser de recevoir et de lire le Réveil, boycotter ceux qui ont continué d'y publier leur publicité, tout cela aura été dérisoire pour plus d'un alors que, malgré une loi - malheureusement mal adaptée à l'ère d'Internet - rien n'a empêché Pierre Karl Péladeau de trouver des complices pour réaliser le travail des syndiqués mis en lock-out et des «investisseurs complaisants» pour alimenter ses profits.

Je me demande comment le maire de votre ville et les conseillers qui vous représentent peuvent ignorer qu'ils ont cautionné, par leur arrogance pour l'un et leur apathie pour les autres, à la conclusion de votre lutte, creusant la fosse des vingt emplois définitivement perdus. Comment ont-ils pu, puisant à même VOS taxes acheter de l'espace dans ce journal tandis que vous luttiez pour sauver des emplois? Comment ont-ils pu accorder des entrevues à des «anonymes» sachant que ceux-ci contribuaient à vous affaiblir?

Je ne doute pas que le vote de ce lundi 15 février aura été déchirant. Le tiers d'entre vous était prêt à prendre le risque d'une fermeture annoncée. Les deux tiers ont tenu compte de la perte d'une maigre prime, mais prime tout de même, pour les 20 employés mis au chômage.

L'idée de supplanter le Réveil en lançant votre propre hebdomadaire gratuit aurait dû susciter plus de réel intérêt dans la communauté. Mais celle-ci est-elle prête à se battre contre la montréalisation de nos médias ? Pensons à Corus qui vient d'amputer l'information régionale du temps d'antenne du matin pour remplacer Myriam Ségal par l'émission de Paul Arcand?

J'éprouve un sentiment de deuil et une grande amertume face à la conclusion de votre combat. Mais je lève mon chapeau devant vous qui avez mené cette lutte avec dignité jusqu'à la fin.
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Quelques liens pour se rappeler:

http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2009/03/04/001-lock-out-reveil-quebecor.shtml

http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1490

http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1490

http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2010/01/27/001-reveil-collaboration-saguenay.shtml

http://www.voir.ca/blogs/popculture_saguenay/archive/2009/03/11/quebecor-effraie-saguenay.aspx#comments

vendredi 22 janvier 2010

Théâtre du Saguenay : coup de théâtre!

Le 15 mai 2009, se réunissaient en conférence de presse, Vassilis Fasfalis président du TDS, Serge Simard ministre et le maire Jean Tremblay
© Photo Rocket Lavoir - Archives Le Quotidien


Depuis l'assemblée générale houleuse de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi du 30 juin 2009, impossible de ne pas savoir que la salle Opéra cabaret urbain était en difficulté. (Voir ici)

Tellement en difficulté, que ce fameux mardi 30 juin 2009, les membres présents ont eu la surprise d'apprendre que le cabaret avait été vendu par le conseil d'administration présidé par Me Vassilis Fasfalis pour la somme symbolique de 1$ à une personne dont on n'a pas voulu, à ce moment-là, dévoiler le nom. La somme dérisoire se justifiait, expliqua-t-on alors, par le fait que cette vente allait permettre d'éponger le déficit de 188 000 $ du Théâtre du Saguenay (Notons que ce montant identifié s'inscrivait pour la fin de l'année financière 2008). Déficit lié directement aux tribulations entre le TDS et L'Opéra, dont la coopérative avait acquis 51% des parts, tandis que Robert Hakim, des Productions Robert-Hakim et, jusqu'en janvier 2010, directeur général du Théâtre du Saguenay en conservait 49%.

Les membres de l'assemblée n'avaient pas eu accès aux états financiers de l'année 2008 et encore moins à ceux de 2009 lors de cette assemblée, car le Conseil d'administration avait omis de tenir une assemblée générale annuelle en 2008, comme prévu dans les règlements de la compagnie, article 28 :

«28. Assemblée annuelle
Dans les quatre mois qui suivent la clôture de chaque exercice social de la coopérative, ses membres doivent être convoqués en assemblée annuelle pour prendre connaissance du rapport annuel, statuer sur la répartition des trop-perçus annuels, élire les administrateurs, nommer le vérificateur et se prononcer sur toute autre question concernant l'association.»

Pierre Mazurette, président du Théâtre du Saguenay
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien


Dans un article publié par le Quotidien le 15 janvier dernier, Louis Tremblay écrit : «Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts. Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts.»

Le 19 janvier, le journaliste précisait ce qui suit : «Jusqu'à maintenant, et selon les nombreuses informations recueillies par Le Quotidien, le Théâtre du Saguenay a engagé plus ou moins 300 000$ dans l'Opéra. Cette entreprise risque d'être mise en faillite d'ici les prochains jours puisque la relance a échoué. La coopérative, qui devait récupérer une partie de ses investissements avec la vente de l'Opéra, risque donc de tout perdre dans l'aventure. Le FIER du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme subventionné à 66% par Québec et qui a agi comme institution financière dans le projet, a récupéré seulement 40 000$ des 355 000$ investis au départ. Les administrateurs cherchent à comprendre pourquoi la situation s'est détériorée de la sorte. Il y a aussi certains éléments à expliquer. Alors que la coopérative avait vendu l'entreprise en juin et n'avait donc plus d'obligation, deux versements totalisant 30 000$ ont été faits pour renflouer les coffres de l'Opéra avec des chèques du Théâtre du Saguenay.»

En complément, le journaliste et chef de la Section des arts du journal Le Quotidien, Daniel Côté cite le fiscaliste André Salesse qui rappelle aux élus de Saguenay que : «Depuis quatre ans, la coopérative est gouvernée par la ville. C'est celle-ci qui a nommé Vassilis Fasfalis, puis Pierre Mazurette, à la présidence. Elle a aussi fait en sorte que des gens quittent le conseil d'administration et que d'autres y soient intégrés. Maintenant que ça va mal, il ne faut pas chercher ailleurs. Ce sont les hauts dirigeants qui sont responsables ", argue le fiscaliste en faisant allusion, entre autres, à la mairie.»

Finalement, aujourd'hui 22 janvier, Louis Tremblay divulgue de nouveaux chiffres : «Dans les états financiers vérifiés par le comptable Albert Lemieux, le Théâtre du Saguenay accusait un déficit à la fin du mois de juin. Jusqu'à maintenant, et les chiffres n'ont jamais été contestés, l'aventure de l'Opéra a englouti au moins 600 000$ dont une bonne proportion provient des contribuables de Saguenay et des Québécois en général. Le budget de Saguenay pour le Théâtre du Saguenay est passé de 90 000$ par année à un peu plus de 160 000$ au cours des deux dernières années.»


En conclusion

Plus on apprend sur cette saga incroyable, plus on sait que l'on ne sait pas.

Si ce n'est que la population de la RÉGION du Saguenay peut compter sur son diffuseur majeur. De 1974 à 2005 sa gestion a été saine et efficace. Au point qu'en 2005, la directrice générale Louise Beaulieu a reçu le Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU. Ce prix lui a été octroyé «pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace et d'habile négociatrice qui a su, au fil des ans, communiquer sa passion et exercer un leadership incontestable dans sa communauté et son milieu professionnel.»

Le ministre Jean-Pierre Blackburn
en compagnie de Robert Hakin
coiffant un texte d'Anne-Marie Gravel
publié le 29 mars 2009
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

En 2005, le Conseil d'administration, présidé par Vassilis Fasfalis, engageait Robert Hakim pour succéder à Louise Beaulieu.

Pour l'avenir du Théâtre du Saguenay et la réputation du milieu culturel et artistique du Saguenay, l'enjeu est important. Les membres de la Coopérative de développement culturel doivent accroître leur nombre et retrouver leur souveraineté au sein d'un organisme qui a su nous servir avec honneur pendant plus de 30 ans. S'il en est qui veulent juger, ils ne peuvent occulter trois décennies.

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jeudi 7 janvier 2010

Louis Lacroix : anorexie culturelle


Les trois albums de Lhasa de Sela



Êtes-vous de l'entourage de Louis Lacroix?

Vous a-t-il demandé, le 5 janvier dernier, si vous connaissiez Lhasa de Sela? Car il semble que cela ait été toute la recherche professionnelle de l'animateur qui «anime» les ondes d'une station de radio de Québec.

Hier sur Facebook, la comédienne Marie Villeneuve nous a fait part de son indignation à l'égard des propos de cet animateur. Charles Messier nous en propose l'écoute sur youtube :



Depuis, les commentaires s'accumulent sur Facebook et dans certains blogues. Le comédien Michel Savard a créé le site :
Lhasa : pour des excuses publiques de Louis Lacroix

où de nombreuses personnes s'expriment. On peut regretter que plusieurs, dans la forme surtout et dans le fond souvent, se retrouvent tel celui qu'ils dénoncent. Mais ces réactions ont raison d'être. Il est inadmissible qu'une personne ayant le privilège d'accéder à la parole publique se permette d'aborder un sujet sans avoir fait «son travail», c'est-à-dire, s'informer lui-même afin de savoir de quoi et de qui il parle.

Il n'y a pas de honte à ne pas connaître tous les artistes de la planète. La honte, est d'avoir manqué de respect envers ses auditeurs et envers l'artiste concernée, Lhasa de Sela, en n'effectuant pas «la recherche» nécessaire afin de connaître le sujet de son propos et donner à son public une information éclairée et pertinente. Pour ajouter à la bêtise ou à l'injure, l'animateur a fait jouer un extrait de quelques secondes (fort bon d'ailleurs) d'une interprétation de Lhasa, pour conclure par une «critique» de son cru et se moquer de l'artiste décédée.

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Louis Lacroix présente ses excuses

Louis Lacroix
© Photo archives Le Soleil

Les nombreuses réactions ont incité Louis Lacroix à s'excuser. Sa lettre, lue sur les ondes de FM 93,3 et livrée sur le site internet du poste de radio, a ensuite été publiée par Mathieu Boivin du journal Le Soleil cet après-midi sur Cyberpresse.(ici)
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vendredi 16 octobre 2009

Nécrophagie littéraire

Scène de nécrophagie -
Photo Christophe Eyquem



J'éprouve un grand malaise à la lecture des intentions avouées de Bertrand Visage des éditions du Seuil, éditeur français de Nelly Arcan. Celui-ci veut fouiller les entrailles de l'ordinateur de l'auteure, morte par suicide à 36 ans alors que son livre Paradis, clé en mains était sous presse.

Nelly Arcand
Lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada


Il envisage de publier le roman «inachevé» de 40 pages sur lequel elle travaillait, espérant franchir le mot de passe de l'ordinateur de Nelly pour en extraire d'autres écrits inédits et les publier aussi advenant qu'ils «présentent un intérêt littéraire».

Bertrand Visage
Photo Hubert Hayaud

Les réactions outrées lui feront sans doute faire machine arrière. Mais il y a pensé… et d'autres avec lui.

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dimanche 27 septembre 2009

Salle de spectacle à Chicoutimi... quoi encore!

Je suis perplexe. En lisant le titre Salle de spectacle: Le coût atteindrait 40 millions$, dans l'édition du journal Le Quotidien du 25 septembre dernier, je me suis dit : «Impossible! Cela devient grotesque !»

Puis, à la lecture de l'article signé par François St-Gelais, je me suis sentie flouée comme lectrice du journal par ce «conditionnel» permettant de lancer une affirmation tout en se réservant la possibilité d'un démenti… advenant que…

Plus loin, comprenant que ce chiffre inclut d'autres infrastructures - ce qui modifie totalement la perception de ce qui est avancé - j'ai éprouvé un peu de colère. L'aménagement d'un stationnement sur la zone ferroviaire n'a-t-il pas été annoncé à l'intérieur d'un ambitieux le projet de 50M$ destiné à revitaliser le Centre-ville de Chicoutimi ? Voir l'article (ici).

À qui sert de livrer prématurément en pâture «la primeur» et «l'exclusivité» d'une information qui - l'article ne précise rien en ce sens - peut être ou ne pas être la conclusion du rapport officiel de la firme mandatée, en l'occurrence Go Multimédia? Le dit rapport, lit-on, ne sera pas déposé le 30 septembre comme prévu, mais peut-être fin octobre. Alors, d'où proviennent les chiffres avancés? Spéculation? Fuite?

Et si fuite il y a, vient-elle des mandataires? Du comité exécutif de Saguenay? De la firme Cégertec qui doit évaluer «les répercussions pour le stationnement au centre-ville de la construction d'un nouvel immeuble sur le site de l'ancienne zone ferroviaire»?

Pour se faire une opinion éclairée et objective, le citoyen devrait d'abord avoir une information complète et donc, pouvoir prendre connaissance du rapport commandée par Ville de Saguenay à Go Multimédia.

Une information anonyme et partielle peut-elle être perçue comme une manipulation douteuse au service d'intentions cachées? Manipulation de chiffres ou manipulation d'opinion? Je suis perplexe.

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