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lundi 7 juin 2010

10 697 citoyens ont dit oui à la jeunesse et à l'avenir

Ah! que j'aurais voulu que toute la région du Saguenay puisse se prononcer sur le choix proposé, hier 6 juin! On aurait dû avoir ce droit, puisque nos impôts versés au fédéral et au provincial serviront à la restauration de l'auditorium du Cégep de Chicoutimi. 

Mais, je suis une Saguenéenne de Saint-Fulgence et donc sans droit de vote au sujet d'une salle de spectacle qui coûtera aux contribuables bien plus cher que ce que les tenants de la rénovation ont déclaré au cours des semaines précédentes. Ce silence ne sera pas entendu.

Non, je ne suis pas étonnée du résultat. Pas étonnée que 70% de la population ait choisi de ne pas se déplacer. Certains parce qu'ils sont totalement indifférents face à l'une ou l'autre des deux options. Sans doute, avaient-ils bien saisis que la différence des coûts entre les deux options étaient à plus ou moins deux millions pour les payeurs de taxes. Moins cher que le dédommagements que BTF, comme le dit cet article : «la Cour suprême du Canada a confirmé le jugement des deux premières instances, qui condamnent Saguenay à dédommager la firme BTF d'une somme de 4 M$ pour avoir attribué illégalement à un concurrent (L'Immobilière) le contrat de l'évaluation municipale à Saguenay pour les années 2004 à 2009.» Les autres, parce que les autres....

Je ne suis pas surprise que 67% du tiers de la population se soit laissé convaincre par l'appel à la restauration de l'auditorium. Leur vision est différente. C'est une conséquence. Et comprenne qui peut.

Malgré tout, je n'ai pas l'humeur orageuse. C'est inouï et enthousiasmant ce que Marie, Éric, Patrice et de nombreux compagnons de conviction (et non pas des «acolytes» comme l'a écrit si péjorativement un journaliste dans le quotidien d'aujourd'hui), ont réussi. Mobiliser près de 10 700 personnes avec peu de moyens, contre une organisation politique bardée de juristes et financièrement pleine de ressources, c'est inattendu dans le contexte actuel. 

Toute l'histoire de cette région est tissé de semblables duels. Une poignée de personnes a toujours dû se battre contre l'autorité et le pouvoir pour ouvrir cette région au progrès. Si nous sommes là, c'est grâce à eux.  

Et ces jeunes battants d'aujourd'hui seront encore là demain, après-demain. Je prends le risque de croire que nous seront plus de 10 700 à les épauler pour ces autres batailles à livrer contre l'incurie politique dans le développement de notre futur culturel et artistique.

Il nous reste une Coopérative de développement culturel à sauver.

Et, malgré tout, plus tôt que certains le pensent, une salle de concert à construire, sinon pour nos enfants du moins pour nos petits-enfants. L'avenir nous appartient.

*** 






mercredi 2 juin 2010

Pour une nouvelle salle de spectacle

 Les oiseaux de Chantale Vincelette
Deux minutes du 1er juin

Plutôt deux fois qu’une pour la nouvelle salle de spectacle.
Deux fois POUR l’avenir de mes jeunes, parce que je suis :

Pour une nouvelle salle de spectacle
et
Pour que l’on sauve le Théâtre du Saguenay

J’ai déjà longuement parlé de la saga concernant la construction d’une nouvelle salle de spectacle régionale pour la population de tout le Saguenay.
Note : J'ai réuni les principaux liens à la fin de ce texte.

Depuis la séance du Conseil de Ville de Saguenay du 4 avril 2005, alors que, unilatéralement, dans le grand silence des conseillers municipaux, envers et contre toutes les prises de position du milieu, des organismes culturels et de nombreux artistes, il a été imposée une résolution en faveur de la rénovation de l’auditorium du collège de Chicoutimi, balayant du même coup les conclusions du rapport Trigone, j’ai compris qu’il n’y avait rien à comprendre… à moins d’émettre une hypothèse au risque de me retrouver avec une poursuite infondée d’un million.

Le soufflet infligé fut alors si imprévu et si brutal que tous les intervenants - gens des arts et gens d’affaires inclus - en sont restés cois. Là où je m’attendais à une rébellion justifiée des milieux concernés, j’ai cru voir une résignation. Je n’avais pas compris que, pour plusieurs, c’est l’espoir qui venait d’être avorté.


Porte-parole des jeunes du Conservatoire pour une nouvelle salle de concert
Lors de la conférence de presse du 4 juin
© Photo courtoisie Miche Baron

Puis, il y a eu 2009. Cette pure et vivifiante levée des jeunes du Conservatoire de musique, résolus à se battre pour une salle de concert rendant justice à la musique qu’ils apprennent à jouer comme des maîtres, auprès des maîtres. Galvanisés par les propos du jeune chef prodige Jean-Philippe Tremblay, relatés dans le Quotidien par le journaliste Daniel Côté, ils ont osé dire non à un règlement d’emprunt qui devait sonner le glas d’un rêve bien légitime : une salle de spectacle ouverte sur leur avenir.

Mauvaise nouvelle pour l'auditorium Dufour
Le Quotidien du 4 juin confirme la présence d'amiante,
selon le rapport de la firme LVM-Technisol 
Photo -  Archives Le Quotidien


Même si l’on doit comprendre et respecter l’ardeur de la directrice du collège de Chicoutimi à plaider pour la cause de son établissement scolaire, c’est regrettable d’opposer deux concepts qui ont chacun leur raison d’être. Nul ne doute que l’auditorium Dufour a besoin d’être rénové. Cette salle est au service des étudiants du collège et, comme pour le Cégep de Jonquière, comme pour l’auditorium des écoles Lafontaine ou Charles-Gravel, comme pour l’auditorium du Collège d’Alma, ses administrateurs se doivent de veiller à leur bon état pour répondre à leur vocation éducative. On devine qu'il ne doit pas être facile de se résigner à perdre les revenus de location que générait le diffuseur Théâtre du Saguenay. La cause du cégep est sympathique, mais justifie-t-elle de renoncer à une autre vision?

Une autre vision comme ce projet de 16 M$
rejeté par le Conseil municipal lors de l'assemblée du 4 avril  2005


Pourquoi pas ?
Vendredi 4 juin, un vent d'espoir
© Photo courtoisie Michel Baron

Par contre, alors que les citoyens payeurs de taxes sont à l’heure d’un choix important, soit  payer une partie des coûts de la rénovation de l’auditorium ou payer pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle, comment peut-on leur laisser croire qu’une des deux options leur coûtera quatre fois plus cher que l'autre ? 

Une question honnête aurait proposé aux citoyens : voici ce que VOUS  (vos taxes) aurez à payer pour la rénovation d’une salle que le diffuseur devra louer, soit  8596M $, et voici ce que VOUS (vos taxes) aurez à payer pour la construction d’une nouvelle salle qui vous appartiendra, soit  10524M $. Que préférez-vous ?
Note : j’ai lu les rapports des analystes des deux parties et j’ai retenu le plus plausible à mes yeux, soit celui d’André Salesse. Pourquoi ? Parce que Monsieur Salesse a démontré sa compétence en livrant les chiffres comptables les plus réalistes de la dette du Théâtre du Saguenay (162 000$), dénonçant la mise en faillite sur la prétention contestable d’une dette de plus de 1,5M$ avancée par les fossoyeurs du TDS.

En fait, je crois que la vraie question à poser est de savoir si la population désire que sa Ville soit dotée ou non d’une nouvelle salle de spectacle. Et à partir de là, trouver le financement, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres projets audacieux, que certains ont aussi contestés, que ce soit dans le domaine sportif ou touristique ou culturel.


Sauver le Théâtre du Saguenay


 
À La Une du Quotidien - 2 juin 2010

Je suis pour que l’on sauve le Théâtre du Saguenay d’une faillite injustifiée. Cette coopérative culturelle a le mérite d’avoir doté la région d’une excellente réputation comme diffuseur majeur. Le TDS nous a fait honneur. Le Théâtre du Saguenay est une coopérative inclusive de toute la population de la région. Au lieu de se refermer sur un «membership» essentiellement local, elle est ouverte à toute personne du «diocèse de Chicoutimi», ce qui inclus des résidents de Saint-Honoré, de Saint-Fulgence, de Sainte-Rose-du-Nord, de Saint-Ambroise, etc. dont plusieurs aimeraient bien avoir leur mot à dire le 6 juin.

Je suis pour la Coopérative culturelle qui est le cœur du Théâtre du Saguenay parce qu’elle est apolitique et que son chiffre d’affaire annuel de 1,5 M $ démontre sa capacité de mener à bien son plan de redressement. J’admire ses défenseurs qui, plutôt que de tourner le dos aux créanciers, affirment au contraire qu’ils veulent honorer leur dette, payer leur dû et continuer la mission que cet organisme dirigeait très bien avant que ne leur soit imposée une ingérence indue et politique.

 Éric Dufour, musicien
© Photo Michel Baron


 Marie Gilbert-Thévard
© Photo Michel Baron




Je m’incline avec respect devant les Éric Dufour, Marie Gilbert-Thévard qui se multiplient et qui donnent des ailes à plus d’un. Je m’incline devant un Patrice Leblanc qui a lancé le cri de ralliement, «Aux arts citoyens» ainsi qu’un André Salesse qui met des chiffres sur les doutes soulevés.



Et je ne peux qu’applaudir les six cents personnes présentes, hier soir, au spectacle donné par des artistes d’ici, mettant des noms, des visages et la preuve de leur talent sur les «Ils sont qui eux?» trop longtemps ignorés, trop souvent méprisés.

J’ignore, ce 2 juin 2010, si David l’emportera contre Goliath. Quoiqu’il arrive, ce que je ressens au plus fort de ma foi en cette jeunesse debout, c’est l’espoir retrouvé.

La vie c’est l’évolution, le mouvement, le changement.

L’avenir c’est construire.


***
Éric Dufour et Marie Gilbert-Thévard ont remis une lettre 
à Michel Bonneau, alors directeur régional au ministère de la Culture, 
des Communications et de la Condition féminine, 
demandant de reporter l'octroi des subventions
liées au projet de rénovation de l'Auditorium Dufour.
© Photo Jeannot Lévesque
 


Liens complémentaires

Analyse comparative : ici
Se souvenir de 2005: ici

J'ai un peu écrit sur le sujet

La Voix des jeunes : ici  
Aux Arts mes citoyens : ici
TDS coup de théâtre : ici
Go multimedia : ici
Quoi encore? ici
La tentation totalitaire : ici
Histoire sans fin d'une salle : ici

Vendredi 4 juin 2010
sur le site éventuel de la 
Nouvelle salle de spectacle régionale du Saguenay


Ils sont pour une nouvelle salle de spectacle



Marie Gilbert-Thévard
plaide la cause des jeunes et de nombreux artistes

Éric Dufour ne lâche pas





Les médias étaient présents ce vendredi 4 juin

Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour
Se battent depuis plus de 14 mois
Pour que la population du Saguenay puisse  disposer d'une salle de concert 
digne des musiciens formés dans cette région.

***

vendredi 7 mai 2010

La voix des jeunes


Extrait de l'album Électrons libres de Chantale Vincelette
Publié sur le site www.nouvellesalle.com

Combien de temps encore la population du Saguenay devra-t-elle attendre une salle de spectacle qui réponde aux besoins réels de sa communauté artistique? 
Voilà la vraie question à poser.

Je regrette que la décision ne revienne qu'aux seuls citoyens de la Ville alors que je suis tout autant concernée, comme personne qui assiste aux spectacles présentés au Saguenay et comme contribuable qui souhaite qu'une partie de ses impôts soient investis dans le développement culturel de SA région.  Je demeure optimiste quand je regarde nos jeunes qui nous invitent à investir dans leur avenir. Un avenir qu'ils veulent ICI. Ils sont la voix que je veux entendre.  La voie que je veux suivre.

Voici le trac que des jeunes du Conservatoire de musique feront circuler ces prochains jours.





***

dimanche 21 février 2010

Aux arts-mes citoyens

Des citoyens déterminés à sauver le Théâtre du Saguenay
se sont réunis samedi dernier

«AUX ARTS COMPAGNONS»
Patrice Leblanc



Aux arts-mes citoyens



Que Patrice Leblanc me permette cet emprunt à sa propre locution , «Aux arts compagnons», alors qu’il a réussi à mobiliser un groupe de personnes afin de préserver l’esprit de la Coopérative culturelle et de sauver le Théâtre du Saguenay que certains s’empressent à enterrer sans avoir tout tenté.

La faillite annoncée du Théâtre du Saguenay a levé un vent de révolte. Et c’est avec spontanéité qu’une première assemblée s’est tenue samedi 20 février 2010, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, pour créer le groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay qui a déjà son site web ici, et sa page Facebook là. Plus de 75 personnes étaient présentes et de nombreuses autres dont je suis, absentes à regret, ont signifié leur appui par écrit (fait avéré).

Un naufrage incompréhensible

Depuis le 30 juin 2009, les vagues sont devenues tempête dans la saga, résumée ici, de cet organisme culturel qui pourtant naviguait avec brio depuis 1974 sous les directions successives de Françoise Desbiens et de Louise Beaulieu.

En 2005, Louise Beaulieu (Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU, octroyé pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace) quittait la direction générale d’une Coopérative en excellente santé, comme le rapporte Pascal Girard dans le Progrès-Dimanche:
«Quand j'ai quitté en 2005, on avait une réserve dans les cinq chiffres, a-t-elle avancé. Celle à qui elle avait succédé était également présente. Françoise Desbiens fut l'une des fondatrices. Elle a rappelé que la mission première était l'accessibilité de la culture. Selon elle, cette mission s'est perdue dans les dernières années.» (PD du 21 février page 14)

Sur la page du groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay, Éric Dubois précise: «Plusieurs éléments sont encore nébuleux et nous nous expliquons mal comment cette coopérative, florissante jusqu'en 2005 (plus de 1,5 M $ en chiffre d'affaires), a été déroutée vers un désastre financier dont nous n'avons pas encore l'ampleur réelle.»

Dans le rapport financier de 2006-2007, le directeur général Robert Hakim (engagé à l’unanimité par le CA que présidait Jean Bilodeau) déclarait, à la journaliste Anne-Marie Gravel, anticiper un surplus appréciable : «Robert Hakim, écrit-elle, estime percevoir un surplus d'environ 60 000 $ grâce à la présence d'un peu plus de 50 000 spectateurs au cours de la dernière saison."Nous bénéficions d'un budget de 1,5 million $, dont plus de 88 % provient de la billetterie. Nous devons nous assurer de présenter que des spectacles vendeurs tout en continuant notre mission et en respectant nos objectifs. Les spectacles internationaux et à grand déploiement viennent remplir les coffres, ils font la différence!", a souligné le directeur général du Théâtre du Saguenay.» (Le Quotidien du 7 juin 2007, page 31.) Un surplus de 57 000$ a été confirmé au dépôt du rapport financier de 2007.

Faut-il donc comprendre qu’il aura fallu moins de deux ans pour créer une dérive entre 2008 et 2009?

Rappelons que le rapport des états financiers pour 2008, rendu public seulement en juillet 2009, démontrait un déficit de seulement 180 000$. Chiffres déclarés à la fois par Robert Hakim (dg), Vassilis Fasfalis (président) et Albert Lemieux, comptable chargé des états financiers du Théâtre du Saguenay. (Le Quotidien, jeudi 2 juillet 2009, p. 31)

Moins d’un an plus tard ce serait la faillite???

Fait-on faillite avec des revenus de 1,5 millions de dollars? Ou bien négocient-on d’abord avec les créanciers identifiés?

Il y a trop de questions sans réponse pour que les membres de la Coopérative culturelle de Chicoutimi déclarent forfait sur la décision unilatérale - du moins c’est ce qui ressort des témoignages des membres - du seul président, non élu qui plus est.

«Nous constatons que sur un CA de neuf personnes jusqu'à tout dernièrement, seulement quatre étaient élues par les membres de la corporation. Le président Pierre Mazurette n'a jamais reçu l'assentiment des membres pour sa nomination, ni pour ses démarches pour mettre fin aux activités de la coopérative.» lit-on sur le site Sauvons le Théâtre du Saguenay.

Serait-ce que les membres de la Coopérative ont été laxistes?

Non, découvre-t-on, à la lecture de ce que relate Éric Dubois dans son compte-rendu de la rencontre de samedi : «Le président Mazurette a refusé de tenir une assemblée spéciale des membres, même si celle-ci avait été demandée par des membres de la corporation. Il a aussi refusé de travailler sur un éventuel plan de relance des opération du TDS, qui aurait été, selon nous, la première chose à faire avant de convenir de la faillite. En ce sens, les membres et un syndic de faillite auraient très bien pu orienter les démarches vers une proposition concordataire envers les créanciers du TDS et préparer un plan de redressement. Nous croyons que c'était son travail en tant que président de la coopérative, travail qu'il s'est toujours refusé de faire.»

Mais alors comment Monsieur Mazurette s’est-il retrouvé à la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Saguenay? Le président nommé par le ca - lequel avait préalablement été élu par l’assemblée générale pour être membre de ce conseil d'administration - était Richard Boivin. Celui-ci a démissionné peu après.

«Le président Pierre Mazurette, en poste depuis décembre 2009 avait un objectif clair: mener la coopérative vers la faillite. C'est le mandat qu'il a accepté, suite à l'invitation lancée par le Maire Jean Tremblay. Il s'est affairé depuis à dépeindre la situation qui prévalait au TDS comme étant catastrophique, sans pourtant démontrer clairement, chiffre à l'appui, cette affirmation. Le président se cache derrière l'enquête policière en cours, mais allègue des manque à gagner de un millions de dollars. Mais rien ne prouve cela actuellement», affirme Éric Dubois.

Il faut reconnaître que les déclarations successives rapportées dans les journaux ont de quoi nous troubler. La valse des chiffres non vérifiés et non prouvés a perdu ses repères passant de 300 000$ a 400 000 $ pour dépasser la douche froide d’un million assaissonné d’une affirmation non vérifiée disant que «les revenus sont pratiquement inexistants.» (Le Quotidien, mardi 16 février 2010, p. 3)

La mise en faillite n’était pas encore faite que Le Quotidien rapporte: «Le directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, s'est rendu hier à Québec pour rencontrer à ce sujet les autorités du ministère de la Culture et des Communications et voir les différentes options qui s'offrent à la Ville, dont celle de créer une nouvelle corporation.» Nous avons bien lu Ghyslain Harvey et non le directeur-général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, ni la présidente du Conseil des arts, Sylvie Gaudreault. Rarement nous n’aurons été témoin d’un tel empressement au service de la Culture au Saguenay!

Mais voilà que le Citoyen, non résigné à se voir dépossédé de sa coopérative, se multiplie. Car le Théâtre du Saguenay appartient à la Coopérative culturelle fondée en 1974 et composée de membres qui ont le droit de prendre les décisions qui les concernent. Ils sont venus le réaffirmer ce samedi 20 février en compagnie des membres fondateurs de ce fleuron. Fleuron malmené par des décisions politiques depuis que ses membres ont été spoliés de leur libre arbitre sur leur propre salle de spectacle et, maintenant, de leur désir de survivre.

Membre du comité, Jocelyn Robert écrit: «Jusqu'en 2005, le Théâtre du Saguenay était une bonne entreprise rentable dont les opérations permettaient la diffusion d'un calendrier des arts de la scène important depuis plus de trente ans et ce, en respect d'une mission défendue par des professionnels... Cependant, avec la décision de la Ville de s'opposer à la vision de développement du TDS en 2005 et de ne pas
respecter les souhaits et intérêts du milieu professionnel, la ville a contribué directement à mettre en place une gouvernance inapte à défendre les vrais intérêts de la diffusion pour détourner les objectifs au profit du privé.»

Un comité a été formé.

«Rassembler et informer tous les gens qui ont à cœur la survie du Théâtre du Saguenay et l'avenir culturel de la région. Ne laissons pas la ville prendre le contrôle de la diffusion!» conjuguent-ils au présent.

Comme le dit avec justesse Patrice Leblanc, il ne s’agit pas seulement de la cause d’une ville mais bien d’une région. La mienne, la vôtre. En devenant membre de la coopérative, les citoyens de la périphérie des villes fusionnées de Saguenay démontrent leur sentiment d’appartenance à la dimension régionale de nos infrastructures culturelles. Un aspect bien trop souvent occulté, au grand dam des artistes et travailleurs culturels de la région du Saguenay.

Lucien Frenette, directeur général du Conseil régional de la culture, Denise Lavoie, ancienne directrice du Festival international en arts de la marionnette, Éric Dubois, candidat municipal défait et membre du Théâtre du Saguenay, Jocelyn Robert, directeur général de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Pierre-Paul Legendre, membre numéro 29 de la coopérative, Véronique Beaulieu, ancienne membre du conseil d'administration et Patrice Leblanc, organisateur de la rencontre et membre de la troupe des Clowns noirs, forment le comité qui a pour mandat de rencontrer le syndic Réjean Bergeron, de tenir une assemblée générale spéciale et d'entamer les démarches de relance.

Notons que le comité a reçu l’appui de Jeanne Blackburn, qui fut ministre et députée au cours des années 1985 à 1998 pour le Parti québécois et du fiscaliste André Salesse qui défend le projet d’une nouvelle salle de spectacle pour la région du Saguenay.

***

mercredi 3 février 2010

Salle de spectacle: une parodie savoureuse


On trouve de tout sur youtube

:-)

Une parodie de la fureur du Führer
avec pour thème
la Salle de spectacle à Chicoutimi



D'un auteur non identifié, mais qui ne passera pas inaperçu.

***

On devrait bientôt la voir aussi sur le site de http://www.nouvellesalle.com/

vendredi 22 janvier 2010

Théâtre du Saguenay : coup de théâtre!

Le 15 mai 2009, se réunissaient en conférence de presse, Vassilis Fasfalis président du TDS, Serge Simard ministre et le maire Jean Tremblay
© Photo Rocket Lavoir - Archives Le Quotidien


Depuis l'assemblée générale houleuse de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi du 30 juin 2009, impossible de ne pas savoir que la salle Opéra cabaret urbain était en difficulté. (Voir ici)

Tellement en difficulté, que ce fameux mardi 30 juin 2009, les membres présents ont eu la surprise d'apprendre que le cabaret avait été vendu par le conseil d'administration présidé par Me Vassilis Fasfalis pour la somme symbolique de 1$ à une personne dont on n'a pas voulu, à ce moment-là, dévoiler le nom. La somme dérisoire se justifiait, expliqua-t-on alors, par le fait que cette vente allait permettre d'éponger le déficit de 188 000 $ du Théâtre du Saguenay (Notons que ce montant identifié s'inscrivait pour la fin de l'année financière 2008). Déficit lié directement aux tribulations entre le TDS et L'Opéra, dont la coopérative avait acquis 51% des parts, tandis que Robert Hakim, des Productions Robert-Hakim et, jusqu'en janvier 2010, directeur général du Théâtre du Saguenay en conservait 49%.

Les membres de l'assemblée n'avaient pas eu accès aux états financiers de l'année 2008 et encore moins à ceux de 2009 lors de cette assemblée, car le Conseil d'administration avait omis de tenir une assemblée générale annuelle en 2008, comme prévu dans les règlements de la compagnie, article 28 :

«28. Assemblée annuelle
Dans les quatre mois qui suivent la clôture de chaque exercice social de la coopérative, ses membres doivent être convoqués en assemblée annuelle pour prendre connaissance du rapport annuel, statuer sur la répartition des trop-perçus annuels, élire les administrateurs, nommer le vérificateur et se prononcer sur toute autre question concernant l'association.»

Pierre Mazurette, président du Théâtre du Saguenay
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien


Dans un article publié par le Quotidien le 15 janvier dernier, Louis Tremblay écrit : «Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts. Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts.»

Le 19 janvier, le journaliste précisait ce qui suit : «Jusqu'à maintenant, et selon les nombreuses informations recueillies par Le Quotidien, le Théâtre du Saguenay a engagé plus ou moins 300 000$ dans l'Opéra. Cette entreprise risque d'être mise en faillite d'ici les prochains jours puisque la relance a échoué. La coopérative, qui devait récupérer une partie de ses investissements avec la vente de l'Opéra, risque donc de tout perdre dans l'aventure. Le FIER du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme subventionné à 66% par Québec et qui a agi comme institution financière dans le projet, a récupéré seulement 40 000$ des 355 000$ investis au départ. Les administrateurs cherchent à comprendre pourquoi la situation s'est détériorée de la sorte. Il y a aussi certains éléments à expliquer. Alors que la coopérative avait vendu l'entreprise en juin et n'avait donc plus d'obligation, deux versements totalisant 30 000$ ont été faits pour renflouer les coffres de l'Opéra avec des chèques du Théâtre du Saguenay.»

En complément, le journaliste et chef de la Section des arts du journal Le Quotidien, Daniel Côté cite le fiscaliste André Salesse qui rappelle aux élus de Saguenay que : «Depuis quatre ans, la coopérative est gouvernée par la ville. C'est celle-ci qui a nommé Vassilis Fasfalis, puis Pierre Mazurette, à la présidence. Elle a aussi fait en sorte que des gens quittent le conseil d'administration et que d'autres y soient intégrés. Maintenant que ça va mal, il ne faut pas chercher ailleurs. Ce sont les hauts dirigeants qui sont responsables ", argue le fiscaliste en faisant allusion, entre autres, à la mairie.»

Finalement, aujourd'hui 22 janvier, Louis Tremblay divulgue de nouveaux chiffres : «Dans les états financiers vérifiés par le comptable Albert Lemieux, le Théâtre du Saguenay accusait un déficit à la fin du mois de juin. Jusqu'à maintenant, et les chiffres n'ont jamais été contestés, l'aventure de l'Opéra a englouti au moins 600 000$ dont une bonne proportion provient des contribuables de Saguenay et des Québécois en général. Le budget de Saguenay pour le Théâtre du Saguenay est passé de 90 000$ par année à un peu plus de 160 000$ au cours des deux dernières années.»


En conclusion

Plus on apprend sur cette saga incroyable, plus on sait que l'on ne sait pas.

Si ce n'est que la population de la RÉGION du Saguenay peut compter sur son diffuseur majeur. De 1974 à 2005 sa gestion a été saine et efficace. Au point qu'en 2005, la directrice générale Louise Beaulieu a reçu le Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU. Ce prix lui a été octroyé «pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace et d'habile négociatrice qui a su, au fil des ans, communiquer sa passion et exercer un leadership incontestable dans sa communauté et son milieu professionnel.»

Le ministre Jean-Pierre Blackburn
en compagnie de Robert Hakin
coiffant un texte d'Anne-Marie Gravel
publié le 29 mars 2009
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

En 2005, le Conseil d'administration, présidé par Vassilis Fasfalis, engageait Robert Hakim pour succéder à Louise Beaulieu.

Pour l'avenir du Théâtre du Saguenay et la réputation du milieu culturel et artistique du Saguenay, l'enjeu est important. Les membres de la Coopérative de développement culturel doivent accroître leur nombre et retrouver leur souveraineté au sein d'un organisme qui a su nous servir avec honneur pendant plus de 30 ans. S'il en est qui veulent juger, ils ne peuvent occulter trois décennies.

***

dimanche 15 novembre 2009

Salle de spectacle : Go Multimédia se prononce


Go Multimédia a déposé son rapport sur les coûts d'une nouvelle salle de spectacle à Chicoutimi. La population aura, dit-on, l'opportunité de se prononcer sur l'option qu'elle préfère. Mais quelle sera la question posée?

Dans un cas, il s'agit de rénover du vieux. Dans l'autre il s'agit d'investir dans du neuf. Et le coût dont il faut se soucier sera celui que le contribuable saguenéen aura à assumer.

Dans un cas comme dans l'autre, la majeure partie des fonds provient de l'extérieur. Juste retour de nos impôts payés au fédéral et au provincial, complétés par des fonds privés recueillis dans la collectivité. Donc, dans un cas comme dans l'autre, la part de Saguenay serait sensiblement la même que ce soit pour rénover ou pour construire. C'est CE chiffre-là qu'il sera important de soumettre aux citoyens.


© Progrès-Dimanche 17 février 2008


Au tout début du rapport Go Multimédia nous lisons: «Lors de nos entretiens avec ces organismes, nous avons compris qu'ils convoitaient plutôt l'acquisition d'une salle pluridisciplinaire avec une acoustique de qualité et qu'un site faisait consensus auprès de tous, soit la zone ferroviaire, localisée sur le boulevard Saguenay Est, à l'est de la rue Lafontaine. Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle.»

S'appuyant sur ce dit consensus, l'étude n'a donc pas regardé s'il existe un site alternatif qui aurait pu, lui aussi, faire consensus. On ignore si la question a seulement été soulevée. Or cette information importe puisque le rapport tient compte d'un aspect qui influe sur les coûts. C'est-à-dire le fond du terrain nécessitant une structure compensée pour soutenir le poids de la construction, les frais de décontamination et le coût d'un stationnement (j'imagine que cela sera vrai pour tout autre édifice construit sur ce site).

Mais attention! Il faut savoir si, salle de spectacle ou pas, la décontamination et la réalisation d'un stationnement, Saguenay entreprendra tout de même ces travaux, ainsi que décrit ici dans son projet de rénovation du Centre-Ville. Si cela est, ces dépenses ne devraient donc pas être incluses dans les coûts de la nouvelle salle puisqu'elles figurent déjà dans les projets de la Ville. Sinon, ils ne servent qu'à gonfler le prix global du projet de la nouvelle salle de spectacle.

Go Multimédia
a consulté les organisme et leurs représentants suivants: L'orchestre symphonique représenté par Daniel Tremblay et Jocelyn Robert, Le Festival de musique du royaume (Gabrielle Gaudreault présidente fondatrice, Hélène Gaudreault, André Salesse), les porte-parole des Étudiants du Conservatoire (Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour), la Société d'art lyrique du royaume (Luc Blackburn, président et conseiller municipal) et le Théâtre du Saguenay (Robert Hakim directeur général et Éric Asselin).

Notons - je crois que cela a de l'importance - que cette étude a été réalisée avec la collaboration du client de Go multimédia, soit Ville de Saguenay représentée par Jean-François Boivin et François Hains.

Pour revenir sur «l'exclusion» du Théâtre du Saguenay dans le dit «consensus» et je cite: «Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle», il serait utile de se souvenir d'un passé récent. En 2005, l'Association des centres-villes déposait un projet d'implantation d'une nouvelle salle de spectacle polyvalente de 1200 sièges rejoignant les attentes des organismes culturels. Ce projet a reçu sans équivoque l'aval du Théâtre du Saguenay. Et pour cause, cette infrastructure ne se limitait pas seulement à une salle de spectacle, mais prévoyait loges, bureaux, salle de répétition, café et autres commodités modernes. Coût prévu: 16M$. La contribution demandée aux contribuables de Saguenay se limitait à 3 M$ contre une participation de 2,2 M$ pour un projet de rénovation de l'auditorium Dufour dont le coût total était alors évalué à seulement 3,5 M$. Précisons que c'est sur cette sous-évaluation du coût des rénovations de l'auditorium Dufour (projet Sirois) que Ville de Saguenay a imposé son choix.

Rappelons que le 4 avril 2005, sans consultation, unilatéralement et muselant toute opinion contraire au projet Sirois, incluant les porte-parole du Théâtre du Saguenay, les élus de Saguenay ont appuyé sans s'exprimer la décision du maire Jean Tremblay. J'en ai parlé ici.

Aux premiers temps de cette saga d'une salle de spectacle, à Chicoutimi, c'est donc bien le Théâtre du Saguenay qui le premier appuyait le projet d'une nouvelle salle de spectacle, projet soumis par des gens d'affaires de Saguenay. L'organisme culturel, comprenons-le, n'a pas eu d'autre choix que de se rallier à l'option «rénovation» afin de sauvegarder son statut de diffuseur officiel et d'assurer sa survie.

Le projet de Go Multimédia

Le rapport de Go Multimédia décrit avec détails et illustrations ce que sera la nouvelle salle de spectacle. Projet qu'il recommande d'ailleurs.

Cette partie est très intéressante, mais occulte totalement toute comparaison avec «l'autre produit» en concurrence, c'est-à-dire l'auditorium Dufour rénové. Rappelons que les coûts de cette rénovation n'ont cessé de croître depuis 2005. Voir ici.

Ce rapport anticipe les coûts d'exploitation et d'entretien de la salle de spectacle particulièrement élevés. Dans un dossier bien étoffé réalisé sur le sujet en 2005, Yvon Paré, alors journaliste pour Le Quotidien écrivait déjà : «Après vérification auprès de plusieurs intervenants, les coûts d'entretien dont on fait souvent mention dans la région sont nettement gonflés. Nulle part au Québec ces frais ne dépassent les 175 000 $. Alors, quand on parle de 500 000 $ pour l'entretien d'une salle, on exagère.» (Un investissement réaliste, Progrès-Dimanche 16 janvier 2005, page B 13)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Curieusement, on ne parle pas des retombées économiques directes et collatérales, ni même des revenus anticipés de cet investissement. Pourtant il existe des exemples vérifiables où d'autres municipalités ont fait la preuve des avantages d'un tel investissement. Comment la population pourra-t-elle prendre une décision éclairée avec des données aussi incomplètes?

Que dire? «Des études sérieuses évaluent à un million de dollars les retombées de la programmation de l'Auditorium Dufour dans le milieu. Il n'est pas fantaisiste de multiplier ce montant par trois au cours des années suivant la construction ou une rénovation sérieuse. La ville se prive de plusieurs millions en ne bougeant pas. Sans compter qu'une salle peut être un élément clef dans la relance d'un centre-ville. La preuve a été faite partout au Québec. Est-ce qu'une nouvelle salle de spectacles est un placement ou une dépense? À vous de trancher.» (Progrès-Dimanche, 16 janvier 2005, page B4 : Un outil de relance privilégié)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Pour faire le bon choix, le citoyen doit savoir le prix qu'il paiera réellement dans un cas comme dans l'autre. Lui laisser croire qu'il doit décider de dépenser 10,5 M$ en rénovation ou 39 M$ en construction nouvelle serait malhonnête. Mais voilà, le rapport Go Multimédia n'explique nulle part la provenance des fonds requis et donc, nous tient dans l'ignorance quant aux déboursés réels des contribuables de Saguenay dans ce projet.

Le rapport Go Multimédia laisse trop de questions sans réponse pour s'en contenter. Il a certainement respecté le mandat qui lui a été donné.

Aux défenseurs d'un projet d'avenir ambitieux de se mobiliser.

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Copie de l'étude réalisée par Go Multimédia disponible sur le site de Saguenay dans les Dossiers de l'heure: ici

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