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lundi 26 novembre 2012

Quoi? Vous dites que je ne crois en rien?


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Ce lundi, 9 h 15.

En écoutant les nouvelles sur l’impossible médiation d’Alain Juppé entre les duellistes Fillion et Copé, diffusées sur TV5, je savourais un café crème bien chaud, ce plaisir chaque jour renouvelé pour les retraités de la Maison heureuse.
Soudain, sonne le téléphone.


Je lis « appel privé » sur l’écran. J’ignorerais cet appel, parce qu’il est anonyme, si, le plus souvent, les appels privés ne provenaient pas des services de l’hôpital de Chicoutimi que je fréquente assidûment depuis un an. Je réponds donc :





-    Allô!

-    Suis-je bien à la maison de la famille Laforge?, me demande un voix féminine.

-    Oui...?! dis-je, légèrement suspicieuse.

-    Bonjour, je suis madame Jacqueline (je n’ai pas retenu le nom) du service évangélique (ou éducation ou enseignement… j’ai oublié le terme employé, certaine cependant qu’elle n’a jamais prononcé le mot centre évangélique. Ce qui m’aurait davantage alertée).

Interrompant ses propos à peine commencés, comprenant qu’elle ne s’adresse pas à la famille qu’elle recherche, je m’empresse de lui dire :

-    Vous n’avez pas le bon numéro. Vous êtes ici dans une famille d’athées.

-    Oh!... , fait-elle catastrophée comme si je lui annonçais que j’avais le cancer ... Puis, se reprenant, elle poursuit : vous avez toujours été athées?… Est-ce que cela fait longtemps que vous ne croyez ni en Dieu ni en rien?

-    Quoi???  Me suis-je exclamé, choquée de ce jugement infondé.  Vous dites que je ne crois en rien? Madame, je crois en la vie, en l’humanité, en la vérité, en la bonté, en la générosité, je crois à la liberté, à l’importance du doute. Maintenant que vous voilà rassurée, je vous souhaite une bonne journée. 

Je romps la communication poliment. Je crois au bien fondé de la politesse. Je crois au respect. Ce que ne font pas les personnes qui envahissent l'intimité de mon foyer en cachant le numéro de téléphone qui me permettrait de les identifier.

Tous ces gens de «croyances » convaincus d’avoir, eux et eux seuls, le monopole de la vertu sont-ils à ce points aveugles?

Ne dites rien. Je connais la réponse.



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vendredi 3 décembre 2010

Automne mortel

J'ai le deuil à l'âme ce décembre.

Qui suis-je? Des personnes aimées meurent l'une après l'autre et mes yeux se prennent pour l'océan. Des personnes admirées meurent et ma tête explose de souvenirs. De tout cela, amoureux, enfants, amis et famille parviennent à me consoler.

Mon espoir est en berne cependant, alors que rien ne panse la plaie mentale de l'assassinat d'un organisme culturel que j'aimais. Symbole de la démocratie parce que tout citoyen pouvait y coopérer. Symbole du dévouement parce que porté à bout de bras par des bénévoles voués à la promotion des arts de la scène. Symbole de l'efficacité reconnue et soulignée par Rideau en 2005 (voir ici). Avec l'aval et la complaisance d'une ministre libérale de la Culture, dérogeant aux règles de son propre ministère sur les conditions requises pour devenir « diffuseur majeur », le politique a eu raison du citoyen.  En confirmant son soutien à Diffusion Saguenay, Christine St-Pierre enterre tout espoir pour une coopérative culturelle portée par le citoyen. 

TDS requiem, mais non in pace.

Dans le cumul de toutes les inquiétudes exprimées sur le comportement des élus, que ce soit au municipal, au provincial ou au fédéral, en cette année 2010, la triste fin de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi est ce qui me peine le plus. Sa mise à mort honteuse a tué ma foi. Je n'ai plus confiance.

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vendredi 28 mai 2010

Construire son avenir

«Tiens papa on va pouvoir construire mon avenir»

Victor Laforge sera-t-il un artiste? Artiste, ce mot honni  par  plusieurs dirigeants politiques qui ne supportent pas l'insubordination de cette espèce en voie de multiplication. 

Né en milieu rural, sur une ferme des Ardennes belges, l'arrière grand-papa de Victor a été mis au ban de sa famille parce qu'il aimait plus que tout dessiner et peindre. Ce «travers» venait sans doute de ses gênes paternels, alors qu'il était né «enfant de l'amour» (jadis on disait bâtard), d'un père déclaré inconnu même s'il était connu. Justement parce qu'il était connu! Un géniteur issu d'une famille d'artistes où être mécène pour les arts était la norme.

Jean Laforge, artiste peintre malgré l'oprobe de son époque et la vindicte de sa famille a lui-même engendré des artistes. Quatre sur quatre qui ont eux-mêmes donné naissance à des artistes, en arts visuels, en musique,  en écriture.

Victor est né à Chicoutimi, en avril 2009, lieu de vie de sa famille et peut-être de son avenir. Pour lui, rien de moins que le meilleur. Comme l'on voulu les hommes et les femmes qui, au cours du siècle dernier, ont tout investi pour doter cette région des écoles formant des artistes. Nous avons besoin de visionnaires, capables de prendre le risque du meilleur et construire, ici, un avenir pour nos jeunes. Peut-être qu'alors notre démographie saguenéenne cessera-t-elle de vieillir.

Petit Victor brandit les outils. Aux arts mes citoyens!

Floraison de couleurs - Élika Laforge 2010

Deux pinceaux, un peu d'eau, une palette de couleurs, une toile blanche. Élika, 2 ans et demi, seule à la grande table, a peint cette toile. La seule intervention a été la signature ajoutée par une Mamieke séduite qui a troqué cette floraison de couleurs contre une toile vierge. 

Élika Laforge sera-t-elle une artiste? Artiste, ce mot honni  par plusieurs dirigeants politiques qui ne supportent pas l'insubordination de cette espèce en voie de multiplication.

Petite Élika brandit les pinceaux. Aux arts mes citoyens!

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vendredi 5 mars 2010

Lettre à Naema



À toi Naema d'Égypte qui a été accueillie au Québec.

Je suis, comme toi, une immigrante venue d'un autre pays. J'ai choisi de vivre au Québec parce que j'en aime sa modernité de pensée où je peux vivre ma vie de femme sous le regard des hommes, mes amis, mes alliés, mes amours.

Élevée dans un milieu catholique, j'ai participé à la lutte contre des croyances issues d'un temps millénaire où les femmes étaient considérées inférieures, où les femmes devaient jurer obéissance aux hommes, où les femmes étaient perçues comme les tentatrices et donc les coupables du désir des hommes. J'ai contribué, avec les hommes et les femmes de ce pays, à édifier cette société moderne où le mot liberté s'épelle avec les lettres du mot respect.

Naema, j'éprouve un grand malaise à t'entendre revendiquer le droit de te voiler le visage. Ce n'est pas le vêtement mais tout ce qu'il évoque qui m'indispose. Nous entendons que cela est ton choix personnel. Mais pour toi comme pour nous, nos choix personnels ont une limite. Notre société comporte ses règles incluant de se présenter à l'autre à visage découvert. Le contraire est perçu comme un manque de respect. De nombreux érudits de l'Islam ne cessent de nous expliquer que la religion dont tu te revendiques n'oblige pas les femmes à porter voile ou niqab. Ta propre croyance, expliques-tu, assure que ton choix est religieux. S'il advenait que la seule «croyance» de chacun devienne «la religion» dont notre charte a voulu protéger la libre pratique, j'imagine mal comment accommoder l'exception sans égard pour les convictions de la majorité.

Je te dirai alors que, selon ma croyance, ton choix de porter le niqab pour te soustraire aux regards des hommes est une injure à mon honneur de femme et insulte mon fils. À mon sens, ton choix est signe d'arrogance et non d'humilité, d'orgueil guerrier et non de modestie, te servant de notre conception de la liberté pour nous imposer ce niqab dont le symbole implicite évoque l'oppression des femmes et la négation de leur droit à l'existence.

Ton voile se dresse entre mon fils et les fils de mes sœurs et amies du Québec comme si, parce qu'ils sont hommes, leur regard ne pouvait être que pervers, concupiscent et sans respect pour toi. Ton voile se dresse entre mon visage nu et ma dignité comme si sa nudité était une offense à la modestie, à la pudeur et un appel à la luxure. Ton voile m'oppresse parce que je crois qu'il dissimule trop de blessures encore aujourd'hui imposées à d'autres femmes. Sais-tu que certaines de tes sœurs parmi nous portent le niqab pour se cacher d'une famille qui les menace de mort pour le seul crime d'avoir voulu affirmer leur liberté? Et je les aide à le porter, avec la crainte et la révolte que je partage avec elles. Ton niqab est politique et il m'outrage car tu comptes te servir des lois de mon pays conçues pour protéger nos libertés.

Je me sens terriblement humiliée, comme mère d'un fils à qui j'ai appris que les hommes et les femmes sont égaux et se doivent un respect mutuel. Je me sens isolée de toi par toi, qui te refuses de comprendre que nous voulons pour nos filles et nos fils un autre monde que celui que tu as quitté.

Dans un article de La Presse, je lis :
«Hier, elle (
toi Naema) s'est vidé le cœur. Elle ne comprend toujours pas pourquoi le cégep l'a expulsée. «Ils ont détruit mes rêves», accuse-t-elle.»»


Moi, je ne comprends pas pourquoi tu ne comprends pas. Et ce sont mes rêves que tu détruiras si jamais cette société qui est la mienne cédait à ton entêtement vestimentaire et ouvrait la porte à toute idéologie qui convaincrait ma petite-fille Élika à se couvrir d'un voile et disparaître aux yeux des hommes.

Gérard Bouchard, homme de tolérance s'il en est, et co-signataire du rapport Bouchard-Taylor n'a pas hésité à exprimer, à l'émission radiophonique de Christiane Charrette, son indignation. Il a dit :
«De se sentir obligée de tourner le dos à la classe pour ne pas regarder [les hommes], de demander à trois hommes de se déplacer pour ne pas les voir : je crois que ces comportements installent l'homme dans une position inférieure. C'est comme si l'homme inspirait une répulsion, qu'il était une source de mal, d'abjection.»

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Autre lien :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201003/02/01-4256828-port-du-niqab-au-cegep-accommodement-sans-heurts-a-ste-foy.php



mercredi 21 octobre 2009

Discrimination permise




Au Canada, la charte des droits m’interdit de discriminer toute personne en raison de sa race, de son origine nationale ou ethnique, de sa couleur, de sa religion, de son sexe, de son âge, de ses déficiences mentales ou physiques.

Au Canada, toute personne peut me discriminer pour mon sexe en raison de sa religion.

Quelqu’un peut-il m’expliquer???


Tous les humains naissent libres et égaux en dignité et en droits

Les femmes aussi?
Veuves Indoues, femmes exicées, femmes voilées, femmes lapidées, femmes assasinées pour «l'honneur», femmes violées, femmes vendues, femmes fouettées, femmes esclaves

vendredi 16 octobre 2009

Nécrophagie littéraire

Scène de nécrophagie -
Photo Christophe Eyquem



J'éprouve un grand malaise à la lecture des intentions avouées de Bertrand Visage des éditions du Seuil, éditeur français de Nelly Arcan. Celui-ci veut fouiller les entrailles de l'ordinateur de l'auteure, morte par suicide à 36 ans alors que son livre Paradis, clé en mains était sous presse.

Nelly Arcand
Lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada


Il envisage de publier le roman «inachevé» de 40 pages sur lequel elle travaillait, espérant franchir le mot de passe de l'ordinateur de Nelly pour en extraire d'autres écrits inédits et les publier aussi advenant qu'ils «présentent un intérêt littéraire».

Bertrand Visage
Photo Hubert Hayaud

Les réactions outrées lui feront sans doute faire machine arrière. Mais il y a pensé… et d'autres avec lui.

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dimanche 27 septembre 2009

Salle de spectacle à Chicoutimi... quoi encore!

Je suis perplexe. En lisant le titre Salle de spectacle: Le coût atteindrait 40 millions$, dans l'édition du journal Le Quotidien du 25 septembre dernier, je me suis dit : «Impossible! Cela devient grotesque !»

Puis, à la lecture de l'article signé par François St-Gelais, je me suis sentie flouée comme lectrice du journal par ce «conditionnel» permettant de lancer une affirmation tout en se réservant la possibilité d'un démenti… advenant que…

Plus loin, comprenant que ce chiffre inclut d'autres infrastructures - ce qui modifie totalement la perception de ce qui est avancé - j'ai éprouvé un peu de colère. L'aménagement d'un stationnement sur la zone ferroviaire n'a-t-il pas été annoncé à l'intérieur d'un ambitieux le projet de 50M$ destiné à revitaliser le Centre-ville de Chicoutimi ? Voir l'article (ici).

À qui sert de livrer prématurément en pâture «la primeur» et «l'exclusivité» d'une information qui - l'article ne précise rien en ce sens - peut être ou ne pas être la conclusion du rapport officiel de la firme mandatée, en l'occurrence Go Multimédia? Le dit rapport, lit-on, ne sera pas déposé le 30 septembre comme prévu, mais peut-être fin octobre. Alors, d'où proviennent les chiffres avancés? Spéculation? Fuite?

Et si fuite il y a, vient-elle des mandataires? Du comité exécutif de Saguenay? De la firme Cégertec qui doit évaluer «les répercussions pour le stationnement au centre-ville de la construction d'un nouvel immeuble sur le site de l'ancienne zone ferroviaire»?

Pour se faire une opinion éclairée et objective, le citoyen devrait d'abord avoir une information complète et donc, pouvoir prendre connaissance du rapport commandée par Ville de Saguenay à Go Multimédia.

Une information anonyme et partielle peut-elle être perçue comme une manipulation douteuse au service d'intentions cachées? Manipulation de chiffres ou manipulation d'opinion? Je suis perplexe.

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lundi 14 septembre 2009

Panne de mots

Vol d'outardes
sculpture de Jean-Marie Laberge

Mon cerveau est victime d'un embouteillage. Les idées se bousculent, tant il y a de sujets qui m'inspirent. Émotion, joie, indignation, colère m'animent par moment à voir, à entendre, à lire sur le présent de ce monde. Beauté contre laideur. Générosité contre mesquinerie. Lumière contre noirceur.

Barack Obama, président des USA
Photo AP

Que dire?
Au président Obama osant une importante réforme pour assurer les soins de santé à tous les Américains, soulevant la colère de personnes incapables d'y voir une pensée sociale de bon augure dans cet état du chacun pour soi.

Au Premier ministre d'une province qui arbore la devise «Je me souviens» aurait souhaité censurer les cris d'un désespoir tragique.



Vincent Lacroix

Earl Jones
Aux victimes non protégées d'un Vincent Lacroix, d'un Earl Jones. À nos banquiers, qui multiplient les frais pour leurs clients les plus pauvres au rythme des primes qu'ils se versent entre eux sur le dos des épargnants spoliés d'intérêts légitimes.

Alors je me tais et j'écoute le chant de l'automne dans le bruissement du vent secouant les feuilles rougissantes de mon érable et les cris que poussent les outardes trop tôt revenues sur les battures de l'Anse-aux-foins.

Élika Laforge - Septembre 2009
© Photo Andrée-Anne Lachaine


Et je contemple le beau visage d'une petite Élika pensive sous les arbres.

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mardi 16 juin 2009

Wouf!


Depuis une semaine, assistant à différents évènements culturels, j’ai cessé de compter le nombre de fois où l’on m’a demandé :

- Christiane, que pensez-vous de la présence de Michèle Richard (et de son chien) au symposium de peinture?

- Je pense qu’elle serait parfaite pour présider une exposition canine, ai-je rétorqué sans rire.

J’ai déjà (ici) exprimé ce que je pense de ce choix qui, selon le témoignage de personnes bien placées dans la hiérarchie de l’organisation du Symposium international Jean-Paul-Lapointe, n’aurait pas été débattu au sein du conseil d’administration. Ce serait le choix d’une seule personne qui aurait fait taire la dissidence en affirmant que tout était conclu et donc trop tard pour modifier cette décision devenue, dans les faits, un choix imposé.

Aperçu de la page 35
Le Quotidien samedi 13 juin


J’ai lu, dans Le Quotidien et le Soleil du samedi 13 juin, que trois artistes professionnels, Hélène Beck, Thérèse Fournier et Jérémie Giles ont, pour cette raison, donné leur démission. Ils ne participeront pas à ce symposium de peintures et de sculptures qui se targue de réunir des artistes professionnels réputés, où un comité de sélection a pour mandat d’évaluer puis d’accepter ou refuser les artistes selon des critères sélectifs bien précis.



Lettre de Jérémie Giles
Publiée à la page 11 dans Le Quotidien de mardi 15 juin
Texte complet à la fin de cette page


Ébahis et fortement ébranlés en apprenant que Michèle Richard aurait l’honneur d’être leur présidente, plusieurs peintres et sculpteurs, m’ont exprimé leur désarroi.

- Que ferais-tu à ma place?

- À la mienne, je me tirerais de là. À la tienne, je ne peux pas décider. Comment renoncer à participer à un symposium qui a attiré sucessivement 40 000 personnes (2000), 35 000 (2002) et près de 25 000 à sa dernière édition (2007)? Doit-on risquer l’absence ou cautionner un choix contestable et contesté? Quelle clientèle veut rejoindre la pensée «populiste» qui anime les organisateurs: des visiteurs intéressés à l’art visuel? Ou des voyeurs curieux de voir un vedette faisant les manchettes pour les mises en accusations répétitives et les acquitements tout autant répétitifs) ?

- Mais si on me met sur la liste noire pour le prochain symposium?, s’inquiète le peintre.

- Je doute fort que cela puisse se faire et encore moins se justifier. Mais voilà bien pourquoi je ne peux pas dire, ni à toi ni à qui que ce soit, quoi faire? C’est très personnel comme décision.

Ce dialogue s’est répété plus de cinq fois depuis la parution de la Une du Quotidien dévoilant le nom de la présidente d’honneur.

Michèle Richard peint en dilettante depuis 1984, soit 25 ans. Un loisir très légitime. Mais rien à voir avec le travail des artistes inscrits au symposium international de Chicoutimi.

J'ai été voir sur la Toile (ici), les photographies des peintures signées par Michèle Richard. Que dire de ce que j’ai vu? Peu de créativité, pas de style personnel. Pire, on constate une nette et «visible» dépendance de cette peintre «amateure» envers les modèles (cartes d’artistes, photographies) qu’elle reproduit avec fidélité. Signalons, entre autre, cette troublante parentée entre ses chaumières et les peintures de l'américain Thomas Kinkade. Cela accentue notre perplexité de la voir présider un symposium international réunissant des créateurs en art visuel.

Souhaitons qu’aucun cachet n'ait été versé pour tenir ce rôle. Sinon, l’esprit du fondateur de ce symposium - qui, plusieurs fois, a fait don de ses œuvres pour investir les bénéfices de leur vente dans le fonds servant à la tenue de cet évènement - aura vraiment été trahi.

Voilà ce que j'en pense!

***

Réponse de Jérémie Giles

En réaction aux propos tenus par le président du Symposium international Jean-Paul-Lapointe, Monsieur Jean-Guy Maltais, dans l’édition du samedi 13 juin 2009 du journal Le Quotidien, la présente s’adresse aux 12 membres du conseil d’administration de cet évènement.
Par déférence à votre égard, j’aurais préféré que ma décision de me retirer de la sixième édition du symposium demeure entre nous et ne fasse pas l’objet d’un débat public. Je n’avais pas l’intention de polémiquer autour de la question de votre choix de la présidence d’honneur. Mais puisque vous avez rendu publique ma décision personnelle, je me vois obligé de réagir afin d’apporter quelques précisions.
Votre président dit « que j’aurais donné le nom de la présidente d’honneur comme prétexte et qu’il considère que c’est un jugement. »
Qu’il soit bien clair que ma décision de me retirer fut immédiate, suite à l’annonce de votre choix quant à la présidence d’honneur. NON! Ce n’est pas un prétexte, c’est la raison! Cela et aussi votre façon de procéder, Je remercie votre président pour considérer que j’ai fait preuve de jugement, cette faculté de l’esprit qui permet à nous tous de juger et d’apprécier. Bref! de nous faire une opinion. Voilà qui me réjouit !
Je ne connais pas le rouage interne de votre organisation, mais je suppose que cela fonctionne selon les règles usuelles pour tous les salons et symposiums du genre. À savoir: un conseil d’administration qui décide, par le vote majoritaire de ses membres, de la démarche de la manifestation et des nominations nécessaires au bon fonctionnement de l’événement. De plus, un conseil qui s’assure de l’indépendance et des qualifications des membres désignés du jury, lesquels doivent examiner et ultimement choisir les candidatures de ceux et celles qui prendront part aux activités du symposium. Si c’est de cette façon que vous opérez, je vous dis CHAPEAU !
Concernant votre détermination de rendre l’événement moins élitiste, vous devriez changer de formule. Un symposium est, en soi, une manifestation constituée d’élites. Alors, je suggère très respectueusement une formule où l’élitisme est complètement absent. Voici ma suggestion: « L’INTERNATIONAL DU CHAPEAU », qui aurait comme slogan : « VOUS N’ÊTES PAS OBLIGÉ D’EN FAIRE POUR EN FAIRE PARTIE ».
Il s’agirait de lancer une invitation autour de la planète et ne demander que le nom et l’adresse de ceux ou celles qui aimeraient participer à une véritable foire de l’art visuel. Dans un grand chapeau, spécialement confectionné pour l’occasion, on y introduirait tous les noms et l’on y pigerait, au hasard, le nombre désiré de participants. Quoi de moins élitiste? Qui sait, ma tante Rosanna qui a suivi des cours de peinture à l’huile sur toile auprès d’une certaine dame du nom de Murielle, quelque part en Floride dans les années 1980, pourrait être chanceuse et, enfin, pouvoir participer à un événement culturel d’envergure. Ce n’est qu’une suggestion qui demande à être peaufinée un brin. J’éviterais le sourire à ce stade-ci, car celui-ci pourrait être perçu comme du sarcasme de ma part et pourtant! Alors, rions-en, c’est bon pour le moral !

Jérémie Giles
gilesartplus@sympatico.ca


***
Réaction d'Hélène Beck et Thérèse Fournier

Réalité, fiction ou humiliation ???
Présence de Mme Michèle Richard à la présidence d’honneur
d’un événement culturel qui se veut de haut niveau et international.

Il nous est difficilement acceptable de passer sous silence notre réaction à la suite des propos tenus et cités par M. Jean-Guy Maltais dans le journal Le Quotidien de samedi, 13 juin 2009.

Dans ce milieu de l’Art et de la Culture où notre région se distingue pour la qualité exceptionnelle d’organisation et de participation, alors que tant de personnes oeuvrent pour conserver cette réputation qui nous précède et nous suit, voilà que l’on voudrait baisser le seuil « d’élitisme » du Symposium International que lui a conféré son fondateur, M. Jean-Paul Lapointe, de regrettée mémoire…

Et tout semble normal aux yeux de la majorité des participants. Se pourrait-il que d’autres raisons que les bonnes inspirent ces artistes qui souvent se sont dits défenseurs et affichés comme des « élites »?

Mme Richard, à qui nous ne pouvons en vouloir d’avoir été invitée à remplir cette fonction, sera donc la sacrifiée afin de diminuer la qualité élitiste de l’évènement… et… au Saguenay. Pour baisser l’élitisme d’un étage, c’est réussi et en ascenseur en plus.

Ce rôle de la présidence d’honneur d’un symposium n’incombe qu’aux artistes possédant certains pré requis dont: une fiche de route exemplaire et non d’un attrait autre que pour l’exercice de son Art, ainsi que l’expertise d’un bon leadership auprès de ses ami(e)s artistes.
Autrement, si la personne est d’un autre milieu, étranger à l’activité, comme un politicien par exemple, on appelle ça, un invité d’honneur.

Autre anomalie qui offusque davantage. On constate avec quelle extravagance on semble fier de la présence de cette personne, sans oublier FIDO, et qu’il n’y a aucun nom d’artiste suffisamment important pour en faire la mention.

Non mais, on n’est quand même pas sur le gibet pour accepter ce genre de manières, la tête rentrée dans les épaules comme si tout ça se voulait plausible et tout à fait normal. Tant qu’il y aura des gens qui se tairont en acceptant de se faire entartrer, notre culture régionale baissera dans son élitisme car, il y aura toujours des illuminés prêts à troquer leur fierté pour un plat de lentille.

En espérant que ça ne se reproduise jamais plus dans notre beau Royaume.

Thérèse Fournier
Jonquière, Qué.
fournierjtaqua@videotron.ca

Hélène Beck
Chicoutimi, Qué.

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jeudi 21 mai 2009

Michèle Richard à Chicoutimi : un choix imposé

Michèle Richard au Symposium Jean-Paul-Lapointe:
Pour rendre la peinture et la sculpture moins élitistes???

La rumeur circulait, mais je n’y croyais pas. Cela ne pouvait être qu’un canular. Mais non. Le Quotidien confirme ce matin 19 mai 2009 que la chanteuse Michèle Richard sera la présidente d’honneur du Symposium international Jean-Paul-Lapointe, cet été au Vieux Port de Chicoutimi. Ce sera la première expérience d’un symposium pour ce peintre amateur dont la principale exigence, avant d’accepter cet honneur, a été d’être accompagnée de son chien. Du coup, elle a aussi demandé l’inclusion de son «initiatrice» à la peinture, Lise Auger.

Sans doute, après de longues et pénibles recherches, les organisateurs n’ont pas réussi à trouver dans la région hôtesse de cet évènement un seul artiste professionnel réputé pour présider ce symposium!

Il voulait se démarquer des symposiums antérieurs, plaide Jean-Guy Maltais. Pas de doute, c’est réussi!

La présidence d’honneur d’un évènement comporte deux aspects: d’une part, on attend du président que sa réputation, son professionnalisme et son engagement apportent du prestige à un évènement. D’autre part, cela consiste également à rendre hommage à ladite personne.

« L'objectif consiste à populariser la peinture et la sculpture, à les rendre moins élitistes» écrit Daniel Côté dans son article, citant les paroles de Jean-Guy Maltais. Cela est très révélateur d’un courant de pensée conservateur qui a marqué tristement la dernière élection fédérale l’automne dernier.

Pourtant, en 2004, le même Jean-Guy Maltais déclarait à la presse: « L'envergure de ce regroupement artistique n'a d'égal que le talent qui y afflue. Nous retrouvons ici des gens qui sont reconnus mondialement. Tous les artistes qui participent au symposium sont accrédités par des associations de peintres et de sculpteurs. »

Que doivent penser nos artistes de la région, que le comité de sélection a refusé d’inclure dans l’édition 2009, sous prétexte que ce symposium s’adresse à des artistes de haut calibre? Nos artistes professionnels vont-ils réellement se résigner à contribuer à un symposium où les organisateurs témoignent d’aussi peu de respect à l’égard de leur art?

La finale est juteuse: «Le comité organisateur imposera un prix d'entrée de deux dollars pour réduire un peu le flot des visiteurs.» Sûr que nos artistes qui investiront leur temps et assumeront les frais de leur présence dans l’espoir de vendre leurs œuvres souhaitent vivement qu’il n’y ait pas foule. Ça travaille mieux dans la solitude!

Tiens, le Salon du livre a baissé son prix d’entrée à un dollar pour obtenir l’effet inverse et ainsi accroître le nombre de ses visiteurs.

Oupsss! À deux dollars l’entrée, cela ne va-t-il pas faire «élitiste»?

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samedi 7 mars 2009

Humeur sur l'humour






Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche 15 février 2009, p. 43

Cours de Saguenéen 101
De l'humour ?

Christiane Laforge

Au secours j'ai perdu le sens de l'humour! À moins que mon sens de l'honneur ou ma fierté saguenéenne prévale sur la soumission à une dérision condescendante de plus en plus flagrante d'une certaine l'intelligentsia.

J'ai regardé le Cours saguenéen 101 que diffuse les iStudio Cinéma Télévision sur le site Internet du film Le Bonheur de Pierre. Un film tourné à Sainte-Rose-du-Nord, comédie humoristique confrontant un français pratiquant le bonheur envers et contre tous, au sein d'un petit village peu enclin à y tolérer «l'étranger», un Français qui plus est. La bande-annonce du film est amusante et, connaissant le talent combiné des Pierre Richard, Rémy Girard et autres comédiens, nul doute que le 17 février prochain, nous passerons un bon moment lors de la première mondiale de cette production franco-québécoise. Rien à redire pour l'instant, même si, à l'instar des Ch'tis ou de La Grande séduction, le comique repose sur l'excès, voire la caricature de traits humains universels.

Sainte-Rose-du-Nord a déjà été le lieu de tournage de plusieurs grandes productions: Toby sur les courses de chiens de traîneaux, certaines scènes de Robe noire et Nouvelle-France. Mais tous ces films n'identifiaient jamais aussi clairement le site magnifique des trois anses de ce village sur la rive nord du Fjord du Saguenay.

Comment ne pas miser sur les retombées touristiques possibles d'une telle vitrine? Prêts que nous sommes à accueillir ces gens d'ailleurs, désireux de mieux connaître cette région et sa population la plus francophone du Québec.

Alors quoi? Pourquoi le Cours de saguenéen 101 me blesse-t-il? Pourquoi ne me fait-il pas rire?

Que les métropolitains ou les gens d'outre-mer trouvent drôles cette «peuplade» d'une «bourgade» isolée, je peux les comprendre. Nul n'est à l'abri de l'ignorance. Paris Match l'a magistralement démontré dans son reportage sur le 400e de Québec.

J'ai en mémoire la très amusante leçon du «parler» québécois donné au public français par Linda Lemay. Je l'ai même trouvé savoureuse au point de le faire écouter à des amis européens. Aurais-je perdu mon sens de l'humour?

En écoutant le Cours de langue saguenéen 101 présenté par Louise Portal, je me suis sentie en terre étrangère. Le syndrome du Ch'tis a frappé notre comédienne, ambassadrice de sa région, qui se prête à un discours où l'on accentue des traits marginaux du langage populaire, non représentatifs et surtout en rien exclusifs au Saguenay - chesse, frette, boswell (??), l'élision de l'accent sur dépanneur (?), etrange (?), l'ineffable «là là» - dans une forme caricaturale peu flatteuse. Que ces expressions fassent partie du paysage ne signifie pas que c'est la norme. Et l'autodérision, que l'on nous souhaite, suppose un fond de vérité. Une vérité avec laquelle les scénaristes de iStudio prennent beaucoup de liberté, nous attribuant des expressions peu ou pas connues ici. Un peu plus de rigueur aurait aidé à la digestion!

«Mais c'est de l'humour», insistent les Ghyslain Harvey (Promotion Saguenay) et les «gens» anonymes soi-disant amusés qui auraient «applaudi cette farce», affirment ses concepteurs. «C'était de l'humour», se défendaient les tenants du dernier Bye-Bye avant de se confondre en excuses, tout étonnés que certaines personnes se soient senties blessées plutôt qu'amusées. Non! C'est de la dérision frôlant le mépris. Ce mépris menant à la méprise irrespectueuse et vulgaire d'un député français, Pierre Lasbordes, accueillant le premier ministre du Québec Jean Charest en lui demandant: «J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre» (sic), sous prétexte de faire de l'humour en parlant, croyait-il, comme les Québécois.

J'ai perdu le sens de l'humour. Nul besoin de me le dire. Je l'ai troqué contre le désir impérieux de convaincre «l'étranger» que les vents froids de nos hivers blancs insufflent à notre langue une poésie unique débordant des œuvres littéraires des Nicole Houde, Lise Tremblay, Michel-Marc Bouchard, Daniel Danis, Jean-Roch Gaudreault, Yvon Paré, Alain Gagnon, André Girard, Élisabeth Vonarburg, Gérard Bouchard et nombreux autres.

La promotion du film Le Bonheur de Pierre n'aurait certainement rien perdu à ouvrir sa tribune sur le monde réel de ce peuple du Fjord.


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vendredi 23 janvier 2009

Y'EN A MARRE!

Une Lolita s’en va t’en guerre.


Mais pas de guerre sans victimes


Y'en a marre!

Si je ne me marie pas, c’est parce que je ne veux pas être mariée. Et j’assume.

En 1981, en prévision de mon mariage, j’ai payé un notaire pour qu’il prépare un contrat en séparation de biens. J’étais une femme adulte épousant un homme adulte, tous les deux conscients de nos droits et devoirs. C’était notre CHOIX d'homme et de femme LIBRES d’opter pour la séparation de nos biens.

En 1989, la ministre Monique Gagnon-Tremblay a concocté et imposé la loi 146 sur le patrimoine familial. Sous-entendant notre incapacité intellectuelle d’évaluer les conséquences de notre liberté d’établir un contrat d’union tel que nous le voulions. Heureusement pour les conjoints mariés avant le 1er juillet 1989, nous avons eu le privilège de retourner, à nos frais, devant un notaire, avant le 1er janvier 1991, pour nous soustraire à cette loi (close dont s’est prévalu la ministre elle-même, voir note à la fin). Une décision dont je me suis félicitée lors de mon divorce.

Il y a quelques années, toujours adulte, responsable et consciente de mes actes, je me suis engagée dans une union de fait. Pas question pour moi d’un mariage m’imposant les contraintes d’un régime matrimonial dont les règles ne me conviennent toujours pas (la loi 146 me prive du droit de disposer de mes biens à ma convenance). De toute façon, nous pouvons, si l’un et l’autre le veulent, établir un contrat d’union, conforme à ce que nous souhaitons.

Et voilà que l’issue d’un procès pourrait remettre MA liberté en question et celle de 34% des couples québécois qui ont choisi de ne pas se marier. Je me sens insultée quand les «très désintéressés» avocats mettent en doute la capacité des femmes et des hommes de prendre des décisions éclairées.

Que les enfants nés d’une union de fait soient protégés est légitime et souhaitable. Chaque parent doit être tenu de contribuer au bien-être de ses enfants de façon responsable et équitable.
Pour les adultes, à chacun d’assumer ses choix.

Sinon, quelle alternative restera-t-il aux amoureux désireux de cohabiter?

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Note 1 : 1.Tous les couples mariés tant avant qu'après le 1er juillet 1989 sont soumis aux dispositions relatives au patrimoine familial. Cependant, les couples mariés avant le 1er juillet 1989 pouvaient se soustraire à cette loi par une convention notariée signée avant le 31 décembre 1990. Au-delà de 60 000 couples se sont désengagés de l'application de cette loi. Mme Monique Gagnon-Tremblay, ministre qui avait parrainé cette nouvelle loi et qui avait vanté les mérites et les qualités intrinsèques de cette mesure de protection, s'est soustraite à l'application de cette loi. (S. Dansereau, 4 janvier 1990)


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jeudi 21 août 2008

Attention! danger imminent



Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche, 17 août 2008, p. 44

Dangereuses décisions à caractère politique

Laforge, Christiane

Après l'abandon annoncé du programme Routes commerciales du ministère du Patrimoine de 9 M$ à la fin de l'année fiscale, le gouvernement Harper abolit le programme PromArt du ministère des Affaires étrangères, 4,7 M$, destiné à soutenir la présence de nos artistes hors du pays. Motif avoué par voix interposées bien informées: ce programme a donné son appui à des artistes "trop radicaux, trop marginaux" qui n'ont pas le profil "de fiers représentants du Canada à l'étranger".

Il s'agit de ce même gouvernement dont les représentants tentent d'instaurer la censure au cinéma via le projet de loi C-10. Ces décisions politiques, soupçonnent plus d'un observateur avisé, sont prises en réaction à des cas individuels bien spécifiques qui dérangeraient les "valeurs" des tenants de ce gouvernement... pour le moment minoritaire, tel le groupe rock expérimental Holyfuck (3000$) ou le documentariste Avi Lewis (5000$) qui apparaît doublement "irrecevable" en tant qu'époux de l'altermondialiste Naomi Klein et collaborateur au réseau de télévision anglais d'Al-Jazira.

Ces "abolitionnistes" savent-ils que ce programme s'est enorgueilli du soutien accordé aux Grands Ballets canadiens, au cirque Les 7 doigts de la main, à la troupe Ex Machina de Robert Lepage? Savent-ils que ce fleuron québécois qu'est le Cirque du Soleil a pu se développer de 1984 à 1992 avec l'investissement de nos impôts dans ses tournées pour devenir autonome avec le succès mondial incontestable qu'il connaît?

L'apport de nos artistes

Le rayonnement de nos artistes hors de nos frontières est tout aussi essentiel au développement de la vie culturelle hors des métropoles. Des événements comme le Festival international des rythmes du monde, des productions audacieuses comme la Fabuleuse, des entreprises culturelles privées produisant en spectacles de variétés comme Ecce Mundo, Québec Issime ou en théâtre comme la Rubrique, les 100 Masques, s'inscrivent dans cette vaste et importante force économique canadienne qui contribue au PIB.

Serait-on à renier les propos du discours du trône du 2 février 2004? "Les artistes et les entreprises culturelles du Canada comptent parmi nos meilleurs ambassadeurs; ils constituent en outre un élément de plus en plus dynamique de l'économie du savoir."

Le 8 août dernier, le nouveau président du Conseil des arts du Canada, Joseph L. Rotman, a déclaré se mettre au service d'une cause qui lui est très chère: "Maintenir le Canada à l'avant-garde du développement culturel. Grâce à plus d'un demi-siècle de financement public des arts, le Canada est devenu un chef de file mondial sur la scène artistique. Cependant, trop peu de Canadiennes et de Canadiens apprécient à sa juste mesure la contribution des arts et de la culture à la société, et savent à quel point nous pourrions accomplir davantage avec plus de fonds."

Inquiétude

Le conseil québécois du théâtre se dit stupéfait à l'annonce de la fin de ce programme effective le 1er avril 2009. "Les dégâts que causera cette coupure sauvage et insensée auprès des artistes, des compagnies et des festivals de théâtre canadiens seront, à n'en pas douter, immenses. Il est inquiétant qu'un pays riche et évolué comme le Canada empêche ces artistes de rayonner à l'extérieur de ses frontières sous prétexte que ceux-ci représentent des figures "radicales" ou "marginales" comme le qualifie Anne Howland, directrice des communications du ministre David Emerson du ministère des Affaires extérieures et du Commerce international. Exigeant du premier ministre Harper l'annulation immédiate de cette décision, le CQT dénonce une attitude qu'il juge "de nature essentiellement idéologique et rétrograde, relevant du plus pur obscurantisme de la part du gouvernement conservateur".

Faut-il s'inquiéter de ce mouvement d'extrême droite où la liberté d'expression ne semble plus une valeur primordiale de la liberté individuelle et collective? Ce ne sont pas les premières coupures imposées au domaine des arts par ce gouvernement. Et pourtant, déclare le président du CAC: "Quelque 600 000 artistes et autres travailleurs du secteur culturel canadien contribuent à la renommée du Canada dans le monde et injectent plus de 43 milliards de dollars annuellement à l'économie canadienne."

© 2008 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

Numéro de document : news·20080817·PD·0035


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Faisant suite à cet éditorial, CBJ a diffusé cette entrevue :

http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/Radio/boulotdodo.shtml

archives :


20 août 2008 - Coupures dans la Culture...la région inquiète!

Le gouvernement conservateur a coupé près de 23 millions de dollars dans au moins sept programmes destinés au milieu artistique. Dimanche, la journaliste Christiane Laforge signait un éditorial dans lequel elle faisait part de ses inquiétudes. Nous la recevons en studio.

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jeudi 15 mai 2008

Le monde où je vis


Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche 11 mai 2008, p. 48



Le monde où je vis

Famine, ouragans, inondations, volcans en éruption, appauvrissement des «faibles revenus», stagnation des «moyens» (hausse de $1 en 25 ans), et hyper enrichissement des riches (plus de 16% de leurs gains). Banques et compagnies pétrolières font des milliards de profits de plus que l’an dernier. A-t-on vraiment envie d’entendre parler des artistes ?

Prêtera-t-on une oreille attentive aux créateurs qui risquent une plainte parce que leurs revenus annuels est toujours moins de 20 000 $ ? Quelqu’un se demandera-t-il par quelle aberration les programmes d’aide à l’emplois pour les organismes culturels excluent toute personne qui en a déjà bénéficié sans égard à un minimum de sens des réalités ?

Mais encore

Il y a peu, à la télévision, j’entends une animatrice, saisie au vol d’une frénésie «zapping» qui m’est familière - la frénésie zapping et non l’animatrice - s’insurger contre la hausse du budget du Conseil des arts du Canada destiné à Patrimoine Canada : «Il y a bien plus important que de sauver des vieilles pierres» lança-t-elle, en évoquant les sans abris de Montréal. La citation n’est sans doute pas textuelle, mais dans l’esprit, le sens n’est pas trahi. Et son co-animateur de renchérir d’un hochement de tête significatif.

Et pourtant

La progression sociale d’une nation va de pair avec le développement de sa culture. À investir dans nos vieilles pierres, dans la sauvegarde de notre mémoire collective, dans le développement de l’expression de notre langue, de notre musique, de notre danse, de notre peinture, de nos sculptures, de notre architecture, c’est dans l’avenir que nous investissons, ainsi que dans la conscience de nos valeurs humaines. La voix de Marie-Nicole Lemieux ne ferait-elle pas plus et mieux pour notre reconnaissance internationale que la voix de nos mitraillettes (sont-elles nôtres)?

Si nous savions mieux protéger nos «vieilles pierres», qui sait? nous aurions peut-être l’intelligence de préserver nos richesses naturelles et nos fleurons industriels plutôt que de les brader au nom d’une mondialisation imposée par les maîtres du monde, si bien servis par les élus de notre utopique démocratie.

Des voix dans le désert ?

« Dans un monde confronté à des problèmes inédits à l’échelle planétaire, la créativité, l’imagination, la capacité d’adaptation que développe l’éducation artistique se révèlent être des compétences aussi importantes que la maîtrise technologique et scientifique pour les résoudre» a déclaré Koïchiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO, lors de la séance de clôture de la Conférence mondiale sur l’éducation artistique : Développer les capacités créatives pour le XXIe siècle. «Il ne faut jamais perdre de vue trois objectifs majeurs de l’éducation si nous voulons nous attaquer aux questions principales du monde d’aujourd’hui, ajoute Sir Ken Robinson, conseiller principal à la Fondation J.Paul Getty de Los Angeles : comment vivre ensemble, cultiver une identité propre et favoriser la compréhension mutuelle?»
Selon l’UNESCO Les arts peuvent apporter beaucoup à la communication entre les cultures.

Le monde où je vis

Je vis dans un monde où il est «normal» que de milliers de personnes, abondamment stimulées par les médias, assistent à un spectacle sportif dans un immense salle sans cesse rénovée dont nul n’osera interroger le prix de sa construction et de son entretien, pas plus que du salaire des joueurs. Je vis dans un monde qui écoute du Mozart et du Molière, qui s’arrache à prix d’or les œuvres des Van Gogh et Marc-Aurèle Fortin, mais ne s’indigne ni s’étonne de la pauvreté de ces artistes d’hier et d’aujourd’hui. Je vis donc dans un monde où l’on sacrifie les terres fertiles pour des intérêts mercantiles.



-30-


jeudi 1 mai 2008

Neige d'avril


Neige d'avril devant la Maison heureuse de L'Anse-aux-foins le 30 avril 2008


La nature a de l’humour. Voilà sa réponse à mes perles d’eau.

... ou alors, magnanime, elle a voulu vêtir mes arbres nus.

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mardi 29 avril 2008

Des perles d’eau






J’ai attendu la fonte des neiges, j’ai attendu le cri des outardes et des oies blanches et j’attends le printemps avec tant d’impatience que ce mardi pluie peut bien me narguer... je n’y vois que des perles d’eau.

Ma petit Élika, 7 mois, a dit ses premiers mots. Lison a fait ses premiers pas d'un retour à la joie. Je m'éveille au chant des oiseaux. Les branches de mon arbre, encore nues de leurs feuilles, s'habillent de plumes. Ce mardi pluie peut bien me narguer... je n’y veux voir que des perles d’eau.

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samedi 8 mars 2008

Le rendez-vous de notre histoire

Non, je n’ai pas le droit de vote pour choisir qui occupera un des postes politiques parmi les plus importants de ma planète.

Je le regrette. J’aurais aimé que ma voix puisse compter en faveur de ce rendez-vous historique alors que nous n’avons jamais été si près d’élire une femme à la tête des États-Unis.

Les médias sont-ils conscients de leur influence et de leur total manque d’objectivité dans leur manière de décrire les candidats?

Oui... aujourd’hui encore, Olympe de Gouges serait décapitée.

jeudi 28 février 2008

La porte plume de Gilles Laporte

Dans mes courriels, je lis:

Je me suis perdu dans votre blog, pour m'y... trouver... bien !
Merci pour sa richesse.
Partage...

Cordialement
Gilles


Curieuse, je «clique» sur l’adresse mise à la portée de ma souris http://www.gilleslaporte.blogspot.com et je découvre laporteplume:



«Ce que nous reprochons si fort aux autres, cette volonté d’être les plus grands, les plus forts, les plus… productifs à des fins d’appropriation du monde, n’est autre que ce mal qui nous ronge en profondeur et que nos élus nous présentent au contraire comme le signe incontestable de la bonne santé politique et sociale : la... sacro-sainte croissance !
Tant que nous courrons derrière des résultats économiques toujours plus époustouflants (qui, d’ailleurs, n’enrichissent toujours que les mêmes, dont les politiques – voir, à ce sujet, leurs déclarations de patrimoine dans le JO), nous produirons toujours davantage de saloperies et de déchets qui feront crever notre planète (eux avec, sur leurs yachts et tas d’or ! Là, seulement, sera … la justice !).» (extrait de Terre... La fin?)

Peut-on renverser la vapeur ?

«Lorsque l’on est cet authentique citoyen : en entrant en rébellion contre le renoncement imposé à ses prérogatives d’individu libre et responsable, en évitant les voies de la distraction si largement ouvertes par ceux qui voudraient anesthésier le plus grand nombre, en ne succombant pas à la culpabilisation infligée par les donneurs de leçons - fou du roi, en refusant de vendre son bulletin de vote au plus offrant !
Oui, la date du jugement dernier annoncé par Charles reculera pour… nos enfants (voire au-delà), si nous avons le courage de relever la tête.
Les occupations d’hier étaient celles de pays par des armées de dictateurs… que nos anciens ont combattues jusqu’à la mort !
Les occupations d’aujourd’hui sont celles de l’Esprit par des perversions de dictateurs adorateurs du veau d’or ! A nous maintenant, citoyens du monde, de les combattre par la conscience jusqu’au… respect recouvré !
Voltaire n’est pas mort !» (extrait de Renverser la vapeur)


Une invitation nous est lancée sur le blogue LAPORTEPLUME de Gilles Laporte, écrivain et peintre: «Textes nouveaux, histoires originales, échanges à propos des livres , extraits d'œuvres publiées ou inédites, coups de cœur, coups de gueule... Mes impressions, mes émotions, passions littéraires et artistiques, et... les vôtres ! Quelques-unes de mes toiles récentes... vos réactions ! Échangeons !»

De son court message je retiens ce mot si lourd de sens:

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dimanche 24 février 2008

Histoire sans fin d'une salle de spectacle à Chicoutimi


Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche 24 février 2008, p. 40

Histoire sans fin

Laforge, Christiane

... Et dans un geste symbolique, Pilate se dissocia d'une mise à mort évitable en se lavant les mains, rejetant sur les autres la responsabilité d'une décision qu'il venait de cautionner.

Histoire sans fin

En 1984, Yvon Sanche déclenche une première alarme concernant la vétusté de l'auditorium du Cégep de Chicoutimi, lieu de diffusion utilisé par la Coopérative de développement culturel Théâtre du Saguenay. Il réitère en 1986.

En 1998, le rapport Trizart dénonce les ravages de douze années de plus. Il évalue avec réalisme qu'il en coûtera près de 12M$ pour essentiellement corriger les "irritants majeurs" de l'auditorium Dufour.

En 2004, le rapport Trigone, préparé à la demande de la ville de Saguenay et du ministère de la Culture et des Communications du Québec, met en évidence la pertinence d'une consultation publique sur un dossier aussi important. Les Conseillers Trigone ont rencontré plus de vingt organismes représentants du milieu des arts et de la culture. Pour assurer le développement des arts de la scène à Saguenay, Trigone favorise une grande salle de spectacle de 1200 places qui réponde aux normes professionnelles. Déposé officiellement au mois de mai 2005, le rapport avait déjà été rejeté le 16 mars par le conseil de ville.

Le choix

Janvier 2005, la directrice générale du Cégep de Chicoutimi, Ginette Sirois, dépose un projet de rénovation de l'auditorium Dufour au coût de 3,5 M$. La participation de la ville serait de 2,2 M$.

L'Association des centres-villes déposent un projet d'implantation d'une nouvelle salle de spectacle polyvalente de 1200 sièges rejoignant les attentes des organismes culturels. Il reçoit l'aval du Théâtre du Saguenay. L'infrastructure ne se limite pas seulement à une salle de spectacle, mais prévoit loges, bureaux, salle de répétition, café et autres commodités modernes. Coût prévu: 16M$. La participation de la ville serait de 3M$.

Le 4 avril 2005, au cours d'une séance municipale houleuse, le maire de Saguenay rejette tout autre idée que celle de la rénovation de l'auditorium Dufour. Une décision imposée, sans consultation publique, malgré les réserves clairement exprimées par les citoyens et représentants du milieu culturel. Ceux-ci demandent aux élus de prendre au moins le temps de réaliser une analyse comparative des deux projets. Sourds à tout raisonnement, les élus votent pour l'acceptation du projet Sirois. Trois conseillers seulement manifestent leur dissidence. Dès lors, le Théâtre du Saguenay avait-il d'autre choix que de se résigner à la rénovation de l'auditorium du cégep?

Pourtant, très vite, force est de constater que l'évaluation des coûts de la rénovation est irréaliste. On passe de 3,5 à 4,8M$ en avril 2005, puis à 6,5M$ en mai 2006, à 13M$ en février 2008.

Respecter un budget

La semaine dernière, le Théâtre du Saguenay est prié, cavalièrement, d'assumer "ses erreurs" de prévision d'un budget galopant. Ah! oui? Mais qui donc a décidé pour tous que la rénovation de l'auditorium était le bon choix?

En 2005, les élus de Saguenay auraient-ils endossé un projet sans avoir étudié le réalisme des chiffres soumis? Auraient-ils seulement analysé les deux projets avant de s'incliner devant la décision irrévocable de leur chef?

Qui donc, aujourd'hui, est étonné d'apprendre que les chiffres avancés en 2005 se révèlent irréalistes? Ce fait, déjà évident il y a trois ans aux yeux d'un profane, a-t-il échappé - et pourquoi? - à l'analyse réfléchie de ceux qui ont imposé publiquement "leur" choix unilatéral le 4 avril 2005? Qui est à blâmer?

Le milieu des affaires et les organismes culturels ont été, malgré eux, acculés au pied d'un mur vieillissant, alors qu'ils aspiraient à un investissement majeur au bénéfice d'une cité moderne... comme cela s'est fait ailleurs au Québec, avec succès, dans des municipalités plus modestes (Sept-Îles, Joliette, Granby et L'Assomption).

Trop facile de les renvoyer à un devoir imposé, comme s'ils étaient seuls responsables de cette situation.

© 2008 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés.

dimanche 27 janvier 2008