mercredi 11 février 2009

Une maison face au nord

Une maison face au nord
Guy Migneault - Louisette Dussault
© Photo Rocket Lavoie





Le Quotidien
Arts, samedi, 31 janvier 2009, p. 21

Une maison face au nord
Un privilège pour le spectateur


Christiane Laforge

Un grand moment! La création de la pièce Une maison face au nord, le mercredi 28 janvier à Jonquière, aura été un privilège.

Joyeux trentenaire, a su dire le dramaturge Jean-Rock Gaudreault au Théâtre La Rubrique en leur offrant cette pièce à mettre au monde. Un public ému, amusé, conquis par la beauté d'un texte superbement porté par des comédiens impeccables dans leur jeu.

La pièce

Avec tendresse, avec humour, avec doigté, Jean-Rock Gaudreault a su raconter les saisons de toute une vie, en brossant subtilement le portrait social, économique, politique et familial d'un couple.

Mieux encore, il a campé son histoire sur les flancs de Chicoutimi surplombant la rivière Saguenay, risquant des détails précis - la rue Racine, le Progrès-Dimanche, Place du Royaume - sans y enfermer son texte. Il ne serait pas impossible d'adapter la géographie du récit à d'autres régions semblables, car le propos demeure universel.


Une maison face au nord
Guy Migneault - Louisette Dussault
© Photo Rocket Lavoie

L'auteur s'insinue dans le cœur d'un couple en fin de parcours, mettant à nu les traces de leur existence : le chagrin inconsolé de l'enfance, les grandes illusions amoureuses, les souvenirs heureux d'une maison pleine des cris d'enfants turbulents, le dur labeur pour gagner son pain, la confrontation à leurs préjugés face à l'étranger, les désillusions politiques, l'éloignement des enfants. Tissé dans les nuances de ces confrontations de la vie, leur présent est la somme de joies et de tristesses qu'ils affrontent chacun à leur façon.

" Ça m'a pris rien qu'une heure pour faire le tour de c'que j'ai ramassé pendant toute une vie, déclare Henri. Quand tu dis que toute ton histoire est là, sur des étagères ; tout c'qui a servi à bâtir des centaines de maisons, pis d'garages... Y a pas un coin d'la région où j'ai pas travaillé. Ben, dans a rue pour m'en r'venir ici, tout avait l'air de s'écrouler. Là, j'ai eu pour mon dire : "Mon vieux, tout ce qui t'entoure est en train de sacrer l'camp, pis t'en fais partie."



Une maison face au nord
Guy Migneault -
A.-J.Henderson

© Photo Rocket Lavoie

Le jeu

La force du texte prend toute son ampleur par la voix des comédiens. On les croirait taillés sur mesure, tous indistinctement, pour les mots qu'ils portent avec brio.

Il aurait été si facile de pousser un peu trop dans la caricature, de jouer grossier ou mélodramatique. Rien de tel. Tout est crédible, mesuré, tantôt drôle, tantôt émouvant. Il fallait une direction habile pour saisir la grandeur de ce qui semble petit.

Guy Mignault (Henri) maîtrise bien les nuances de ce personnage tout d'une pièce, au caractère tranchant, bourru, épris de son pays et si meurtri par les humains. "Quand j'me suis rendu compte que mon rêve était en train d'me mentir, j'me suis réveillé carré" lui fait dire l'auteur, confiant à ce personnage les répliques les plus percutantes : " On fera pas notre pays. On l'aura pas pis, pour moi, ça va rester une des grandes peines de ma vie. Comme si il y avait une promesse que j'avais pas tenue. Rien que d'en parler... C'est comme si j'avais hérité d'une sorte de colère... "

Le propos semble politique, mais le ton révèle davantage la complexité d'une société qui ne retrouve plus ses balises. Les liens avec le savoureux Larry (A.-J.Henderson) qui absorbe toute la poésie d'Henri, lui retournant sa manière de voir en disant : "C'est toujours spécial la première neige, hein ? La lumière... L'odeur... C'est comme si la terre était prise par surprise."


Une maison face au nord
Guy Migneault - Marcelo Arroyo

© Photo Rocket Lavoie


La relation filiale qu'établit Henriquez (Marcelo Arroyo) avec son enthousiasme naïf : "Le Canada, c'est le paradis pour mes enfants". Deux exemples d'une capacité d'accueil sans nier celle du rejet. Le paradoxe.

Un paradoxe qui se devine dans le sentiment amour-haine à l'égard du pays, dans la tendresse-colère envers des enfants qui n'ont pas réalisé les rêves que l'on a faits pour eux et l'affection-rancune marquant les rides du couple. Louisette Dussault rend bien la nature complexe et contradictoire de la femme si résistante qu'elle se casse dans la tempête, chêne ayant tout à apprendre du roseau.


Une maison face au nord
Guy Migneault
© Photo
Rocket Lavoie

Mise en scène

L'ingéniosité des décors permet d'alterner entre plusieurs lieux... et de nous convaincre de les voir tels que décrits. La mise en scène impose un rythme qui, s'il semble parfois trop lent, laisse respirer les répliques qui, sous l'apparente simplicité du langage, sont chargées d'un contenu intense qu'il faut prendre le temps d'absorber.

Entre chaque tableau, le lien musical et les effets sonores, cris des outardes ou chant d'oiseaux, créent une sorte de rupture, un temps d'arrêt. Sur le moment, on le perçoit comme un choix nécessaire pour passer d'un décor à l'autre, au risque de rompre l'intensité de l'envolée oratoire. Impossible d'y trouver une alternative et, avec le recul, cette impression de coupure dans le rythme s'estompe, devenant plutôt un temps suspendu utile au changement d'ambiance voulue. À la finale une ovation bien méritée !

Une maison face au nord
Guy Migneault
© Photo
Rocket Lavoie

"La Maison face au nord" de Jean-Rock Gaudreault, mise en scène de Jacinthe Potvin, coproduction de La Rubrique, du Tandem et du Théâtre français de Toronto, à l'affiche de la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière jusqu'au 14 février.

À voir absolument !

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lundi 9 février 2009

Polytechnique, l'éloquence de l'art


Photo du film Polytechnique



Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche, 8 février 2009, p. 34




L'éloquence de l'art

Christiane Laforge

Voilà plus de 35 ans que j'utilise les mots pour parler des artistes et de leur importance. Tout ce temps d'une carrière journalistique au cours de laquelle je n'ai jamais douté de cette conviction: l'art est la voix, le miroir, l'expression de ce que nous sommes.

Le jeune réalisateur de Polytechnique Denis Villeneuve et son équipe, producteurs, scénaristes, comédiens, en sont un exemple frappant.

Outre que le cinéma réunit plusieurs disciplines artistiques, sa finalité, à l'instar d'autres formes d'expressions artistiques, transcende le pire et le meilleur de notre humanité.

La tragédie du 6 décembre 1989, alors qu'un homme a délibérément tué 14 femmes étudiant à cette école de Montréal, suscite le désarroi, l'horreur devant la violence du geste, une infinie tristesse devant l'incompréhensible fatalité. Et pourtant, face au grand écran du cinéma Odyssée de Chicoutimi, je me suis inclinée devant une œuvre d'art magistrale.

Montrer

Le film Polytechnique dépasse l'évènement réel qui a marqué toute une population en 1989. Le scénariste Jacques Dabvidts a su aller au cœur d'un fait pour en extraire la forme.

Comment dire? Il a retenu les gestes comme le sculpteur détermine les formes. Il a situé les mots, jamais trop, jamais trop peu, comme le peintre amalgame les couleurs. Les comédiens sont devenus la toile réfléchissant l'ensemble pour en rendre l'expression voulue. La caméra a su tirer parti de chaque plan. Cette route longeant les glaces projetées à la verticale comme une toile se défaisant sous nos yeux. Ou ce couloir inversé comme pour mieux ressentir le sentiment d'un univers totalement renversé. Tant d'exemples d'un film exceptionnel que l'on pourrait citer!

Denis Villeneuve montre les faits. Avec justesse, avec une maîtrise du propos et le remarquable travail de Pierre Gill à la photographie. Il ne raconte pas l'histoire, il nous permet de la regarder. Sans jugement, sans colère, sans préjugé. Nous laissant à notre propre incompréhension devant l'incompréhensible. Parce que c'est cela qui est dit. Il n'y a rien à comprendre. Si horrible, si tragique et totalement inexplicable.

Dire

Polytechnique dépasse les mots. Rend caduques les discours et surtout les propos véhéments des uns et des autres en quête de coupables.

Ce film dépasse l'histoire qu'il raconte. Parce que "ce fait" hélas! n'est pas unique. Récemment, en Belgique, un jeune homme a pris d'assaut une crèche et y a tué plusieurs bébés. Plus près de nous, une famille a été décimée nous laissant pantois, la tête pleine de pourquoi?

Le film ne donne pas de réponse. Là n'est pas le but du cinéaste. Le film démontre qu'il n'y a rien à comprendre au fait lui-même, mais tout à comprendre de ses conséquences, de la douleur, du désarroi. La foudre foudroie. On en meurt. On peut survivre.

Ce film est la somme d'un art achevé. Celui du scénariste, du réalisateur, du photographe, du musicien et des comédiens. Impeccablement dirigés, ils incarnent une vérité humaine qui nous remue, nous trouble profondément et, curieusement, abolit la colère. Rien à juger. Rien à condamner. Seulement l'immensité d'un chagrin justifié. Et une œuvre cinématographique pour l'exprimer.

Tout est senti... ressenti. Un battement de cœur que ponctuent les silences.

L'art a son meilleur!

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mardi 3 février 2009

Joyeux anniversaire Ariel

Élika et Ariel... doux moments


Ariel, fils tant aimé

Ce 3 février 2009, te voilà à ta 26e année d’existence. Toi, mon enfant pour toujours, tu es un homme, un époux, un père. Et pourtant…

Moi, ta mère, je ne sais pas compter les ans. Ils se juxtaposent, s’imbriquent les uns dans les autres, se confondent. Les ans deviennent les couleurs sur la palette du peintre. Ais-je su, à ce point, les marier l’une à l’autre pour achever cette œuvre de vie que tu représentes?

Je te regarde avec orgueil. Il n’est pas une toile, pas un livre, il n’est rien qui puisse m’honorer plus que ton sourire quand tu découvres, à ton tour, le sens de ces mots en regardant ta petite fille. Tu sais le plus important de mon sentiment pour toi, parce que tu le ressens pour ta fille.

Là est notre rencontre mon fils.

Pendant le quart d’un siècle tu as été mon étoile polaire. J’ai navigué sur des mers tourmentées sans jamais sombrer parce que tu étais là.

Aujourd’hui, moins qu’hier je n’ai pas l’intention de rentrer au port. Mes voiles sont gonflées vers de nouveaux horizons. Et le plus troublant dans ce voyage sans fin, c’est de regarder mon ciel et de voir s’y multiplier les étoiles.

Ce 3 février 2009, te voilà à ta 26e année d’existence. Tu es un homme, un époux, un père… là est ta vie. Empare-toi d’elle mon fils aimé, car là est ton avenir.

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samedi 31 janvier 2009

Jean-Marie Laberge


Euphorie- Bronze - Jean-Marie Laberge


«Dix ans, ça fait danser les idées» clament Les artistes de la Maestria.

En novembre 2008, pour célébrer le dixième anniversaire de leur association, 15 peintres et sculpteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont invité 15 écrivains de la région à leur valse de la mémoire.

Chaque artiste devait réaliser une œuvre de grand format inspirée d’un site ou d’un évènement touristique de la région. À partir d’une photographie de la peinture ou de la sculpture, l’écrivain a écrit un texte inspiré de la pièce à laquelle il était jumelé. L’exercice a incité les uns et les autres à créer en toute confiance, les auteurs demeurant libre de décrire, commenter ou divaguer sur la composition visuelle soumise à leur regard.



La flutiste- Bronze.
Jean-Marie Laberge


Un piège! Car j’anticipais toute la poésie d’une envolée d’outardes, le ballet d’un banc de ouananiches ou encore le geste musicale d’un concertiste, thème que l’artiste sait si bien reproduire en occultant le corps du musicien pour n’en tailler que les seuls membres essentiels à l’instrument de musique.

Une idée préconçue de l’œuvre à décrire que nourrissaient également plusieurs auteurs à l’égard de «leur» artiste. Jusqu’à ce que, confrontés à l’œuvre proposée - dans ce cas précis, le site de la Pulperie de Chicoutimi - les ébauches de textes se sont envolées. En création, rien n’est plus agréable que l’inattendu.

Pour chaque jumelage, un face à face provocateur entre le visuel et la page blanche. Le pas de danse allait devoir se soumettre : l’artiste mène le bal, l’écrivain a suivi la cadence.


Menu minet - Bronze - Jean-Marie Laberge




C’est ainsi que

Eau Vivre
bas relief en aluminium coulé de Jean-Marie Laberge,
inspiré de La Pulperie de Chicoutimi
est devenu sous les mots
Nous sommes ce que nous avons été

Un peuple dur comme le métal, orgueilleux comme la cime d’un arbre, issus d’un royaume d’eau et de forêt, déversant sa science dans les papiers porteurs de notre savoir et de notre imagination, architecte d’une histoire dont la modernité d’abord taillée dans le bois, se coule aujourd’hui dans l’aluminium. Voilà ce que je vois dans le bas-relief de Jean-Marie Laberge, intitulé «Eau-Vivre», créé pour le 10e anniversaire de La Maestria.

L’art de Jean-Marie Laberge réside dans cette fascinante habileté à mouler dans les formes sculptées l’essence d’une vision. L’ensemble de son œuvre en témoigne. N’a-t-il pas coulé dans le bronze la grâce d’un vol d’outardes?


L'envol - Bronze - Jean-Marie Laberge

La singulière élégance de la marche des empereurs de l’Arctique?


L'heure du bain - Bronze - Jean-Marie Laberge

Ou l’expression et l’intensité du doigté musical ?



Le pianiste - Bronze - Jean-Marie Laberge

Sous la contrainte d’un thème touristique imposé, l’auteur du monument «Vers l’avenir», érigé en 1988 devant l’École Dominique-Racine, a surpassé la représentation visuelle d’un lieu. Sa murale, La Pulperie de Chicoutimi, allie le symbolisme, le narratif, le figuratif dans une allégorie, impressionnante par la savante complexité du contenu et la moderne simplicité du rendu.

Eau Vivre - Bas-relief aluminium - Jean-Marie Laberge

Au centre du bas-relief, trois visages d’hommes, empreints d’une sérénité intemporelle, s’emparent du premier regard. Qu’importe si les traits évoquent un nom précis! Dans les sillons de chaque visage, on devine la trace d’une population laborieuse contribuant à l’édification d’un patrimoine ancré dans les entrailles d’une terre féconde. À la gauche de la murale des bâtiments rappellent la grandeur du rêve de ces bâtisseurs dont l’œuvre a succombé dans la débâcle tragique d’une crise économique pour renaître en gardienne de notre mémoire. À la droite, le langage personnel de l’artiste va à l’essentiel de la forme, partant de l’arbre transformé en billots chutant vers l’eau tumultueuse dont la forte énergie remonte en une vague vers le papier se dévidant, comme des marches d’escalier, allant des premiers grands journaux vers la base hautement significative où nous lisons : «Le Progrès du Saguenay».

Le symbolisme de cette œuvre, racontant la grande histoire de l’industrie du bois et du papier, force motrice du développement du Saguenay-Lac-Saint-Jean, prend toute son ampleur d’avoir été coulée, en cette année 2008, dans les tons gris argent de l’aluminium.
Plus éloquente, c’est impossible!


Christiane Laforge
19 octobre 2008

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vendredi 23 janvier 2009

Y'EN A MARRE!

Une Lolita s’en va t’en guerre.


Mais pas de guerre sans victimes


Y'en a marre!

Si je ne me marie pas, c’est parce que je ne veux pas être mariée. Et j’assume.

En 1981, en prévision de mon mariage, j’ai payé un notaire pour qu’il prépare un contrat en séparation de biens. J’étais une femme adulte épousant un homme adulte, tous les deux conscients de nos droits et devoirs. C’était notre CHOIX d'homme et de femme LIBRES d’opter pour la séparation de nos biens.

En 1989, la ministre Monique Gagnon-Tremblay a concocté et imposé la loi 146 sur le patrimoine familial. Sous-entendant notre incapacité intellectuelle d’évaluer les conséquences de notre liberté d’établir un contrat d’union tel que nous le voulions. Heureusement pour les conjoints mariés avant le 1er juillet 1989, nous avons eu le privilège de retourner, à nos frais, devant un notaire, avant le 1er janvier 1991, pour nous soustraire à cette loi (close dont s’est prévalu la ministre elle-même, voir note à la fin). Une décision dont je me suis félicitée lors de mon divorce.

Il y a quelques années, toujours adulte, responsable et consciente de mes actes, je me suis engagée dans une union de fait. Pas question pour moi d’un mariage m’imposant les contraintes d’un régime matrimonial dont les règles ne me conviennent toujours pas (la loi 146 me prive du droit de disposer de mes biens à ma convenance). De toute façon, nous pouvons, si l’un et l’autre le veulent, établir un contrat d’union, conforme à ce que nous souhaitons.

Et voilà que l’issue d’un procès pourrait remettre MA liberté en question et celle de 34% des couples québécois qui ont choisi de ne pas se marier. Je me sens insultée quand les «très désintéressés» avocats mettent en doute la capacité des femmes et des hommes de prendre des décisions éclairées.

Que les enfants nés d’une union de fait soient protégés est légitime et souhaitable. Chaque parent doit être tenu de contribuer au bien-être de ses enfants de façon responsable et équitable.
Pour les adultes, à chacun d’assumer ses choix.

Sinon, quelle alternative restera-t-il aux amoureux désireux de cohabiter?

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Note 1 : 1.Tous les couples mariés tant avant qu'après le 1er juillet 1989 sont soumis aux dispositions relatives au patrimoine familial. Cependant, les couples mariés avant le 1er juillet 1989 pouvaient se soustraire à cette loi par une convention notariée signée avant le 31 décembre 1990. Au-delà de 60 000 couples se sont désengagés de l'application de cette loi. Mme Monique Gagnon-Tremblay, ministre qui avait parrainé cette nouvelle loi et qui avait vanté les mérites et les qualités intrinsèques de cette mesure de protection, s'est soustraite à l'application de cette loi. (S. Dansereau, 4 janvier 1990)


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samedi 17 janvier 2009

Aux âmes bien nées...

... La valeur n'attend point le nombre des années


Élika Laforge
arrière petite-fille de l'artiste peintre
Jean Laforge


Élika, 16 mois, réclame du bleu à sa maman,
mais elle ne le met pas seulement sur le papier




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mercredi 31 décembre 2008

Adieu 2008


Devant La Maison heureuse, neige sur l'arbre aux oiseaux

Lorsque je me suis éprise de la vie, j’ignorais qu’elle allait se transformer en cheval fou, galopant bride abattue au fil des ans.

«Le temps passe trop vite» disaient mes père et mère à leur huitième décennie, oubliant avoir sermonné ma jeunesse impatiente disant : «Tu as tout le temps pour cela… Tu as toute la vie devant toi.»

Eh! Bien non, je ne l’ai pas eu le temps. J’ai voulu l’étreindre pour mieux le retenir. Il a toujours filé, insaisissable comme le vent gonflant les voiles de mon voilier. Je sentais sa présence. Une force me propulsant vers demain, orgueilleuse de fendre les eaux de ma vie vers les continents de mes passions.

Terre… Terre, crient aujourd’hui les moussaillons de ma descendance, ignorant que je ne veux pas vraiment y aller… en cette terre. Je veux pousser plus loin, être une mer sans fin, une mère sans limite.

L’humain voyageur arbore sur ses valises les vignettes des pays visités. Les souvenirs de mes traversées tumultueuses et de mes escales en ports d’attache toujours temporaires ont laissé des traces; ils collent à ma peau comme les coquillages à la coque des navires. Pas question d’en retirer un seul. Ils sont mon histoire.

Avec regret, je dis adieu : Adieu 2008.

Avec gourmandise j’ouvre les bras à 2009. Bienvenue 2009. Viens, que je t’enlace!


Le regard du père


Ariel regarde sa fille Élika


Noël 2008
Le regard d'un père sur sa petite fille.
Toute la tendresse.
La beauté.

Élika apprend l'amour.

Qu'est la crise économique à côté de cela ?

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jeudi 11 décembre 2008

Épreuves du temps d'André Boucher


© Photo André Boucher - Épreuves du temps





Condensé du reportage publié dans le Progrès-Dimanche
Les Arts, dimanche, 30 novembre 2008, p. 34

Livre d'art Épreuves du temps
André Boucher sublîme ce qui est



© Photo André Boucher - Épreuves du temps


Par Christiane Laforge

L'œil aiguisé du photographe de presse, jadis au journal Le Soleil, a su voir l'œuvre du temps. Là où nous serions si nombreux à ne percevoir qu'usure et délabrement, André Boucher a saisi la beauté cachée sous les «Épreuves du temps».

Surfaces ridées, craquelées, couches de couleurs superposées se soulevant comme pelures qu'il a encadrées dans l'objectif pour n'en retenir que l'essentiel.

Le temps est un artiste. On le constate au regard de ce livre de photographies, lancé en octobre dernier lors de l’inauguration d’une importante exposition sur ce thème qui se termine ce 30 novembre au Centres des arts contemporains du Québec, à Montréal.



© Photo André Boucher - Épreuves du temps

En 1995, le fondateur du Groupe Image, devenu photographe indépendant au service des arts et des médias, publie un premier ouvrage au titre interrogatif et précurseur? : «Est-ce que quelqu'un a remarqué quelque chose?» Lui, certainement!

En 2002, le Salon d'automne international des Beaux-arts de Montréal, rend hommage à la qualité de son travail et lui décerne une médaille d'or pour «Pelure de fer». Il était l’unique photographe parmi une cinquantaine d’exposants à cette biennale internationale.

À 57 ans, ce Saguenéen d'origine, présente le fruit de quinze années de recherches, dans un livre étonnant, à rendre jaloux les peintres en quête de formes et de couleurs exceptionnelles.

«Épreuves du temps» est un recueil de photographies sur l'érosion d'un environnement urbain qu'il nous invite à regarder autrement.



© Photo André Boucher - Épreuves du temps


André Boucher est perçu par certains comme un photographe impressionniste. Si l’on conçoit que l'impressionnisme se caractérise «par une tendance à noter les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes plutôt que l'aspect stable et conceptuel des choses», le terme convient à son approche photographique qu’il résume superbement : «Créer pour capter l'instant magique qui se livre, se révèle pour sublimer ce qui est, témoigner de ce qui fut. Créer pour laisser une trace, quelques grains de lumière et un peu de son âme derrière soi.»

Le livre

À la découverte du livre «Épreuves du temps», la surprise est totale. À moins d'être familier avec le travail du photographe André Boucher, on se convainc de feuilleter un livre d'art représentant les toiles d'un peintre.

Christine Leroy, qui signe le texte de présentation, l'exprime très bien: «Oscillant entre abstraction et figuration, impressionnisme et automatisme, la photographie d’André Boucher surprend malgré elle, emprunte un langage pictural qui nous confond. Elle se joue des limites, du temps, de l’histoire de l’art et des hommes, pour leur livrer, dans une éclatante métaphore chromatique, le devoir de vigilance.»

Voir au-delà

À défaut d'avoir pu visiter son exposition «Épreuves du Temps» qui se terminait le 30 novembre dernier au Centre des arts contemporains du Québec, le livre offre une alternative des plus séduisantes. L'œil est confondu. S'agirait-il de peintures qu'on ne serait pas moins curieux de tourner les pages pour découvrir tout un monde de formes et de couleurs. Savoir regarder. Dépasser l’apparence pour voir au-delà. André Boucher ne pratique pas uniquement l’art de la photographie, mais aussi l’art de regarder. Derrière sa lentille, il montre le chemin d’inattendu.

Sans doute passerions-nous à proximité de ces surfaces, murs ou portes, bois ou métal - on ne peut pas nommer «la chose» - sans y voir plus que la corrosion des jours. André Boucher a choisi de s'en approcher, captant les strates révélatrices de toute une histoire à deviner.

Il le dit lui-même : «Je cherche l'inédit, l'inattendu, l'éphémère, le viscéral, les textures et les couleurs qui deviendront intemporelles avec une dimension insoupçonnée.»



© Photo André Boucher - Épreuves du temps

Œil de maître

Dans certaines photographies, on pourrait prétendre voir un paysage, grand ciel bleu dominant une plaine désertique où la verdure peine à s'étendre. Pour d’autre, une parcelle d’un tout plus grand dont l’absence de forme à reconnaître cède le pas devant l’abstrait où tout demeure en équilibre, comme la toile réussie d’un maître peintre.

Sillonnant les rues de Montréal ou s'échappant sous le soleil de la Havane, le regard du photographe s'attarde sur les surfaces dont il cerne les effets résultants du temps, sa durée comme ses intempéries et son soleil.

«L'artiste nous livre une vision très personnelle, un regard unique et pourtant empreint d'universalité, une œuvre métissée et multiple entre accent zen et expression baroque, nordicité et exubérance tropicale, faisant écho à la diversité du monde», conclut Christine Leroy.

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Entretien avec André

Devant les œuvres exposées du photographe André Boucher ou même les reproductions de son livre «Épreuves du temps», les spectateurs, même des professionnels de la peinture, sont mystifiés, croyant admirer des peintures. Armand Vaillancourt ne s’y est pas laissé prendre. «C’est un des rares, constate André, ajoutant, mais je ne fais pas cela pour mystifier. C’est un problème de perception. Ma perception. Je photographie les ravages du temps sur le bois ou le métal comme on fait de la récupération. Je vois la beauté.»

Évoquant Cuba où il a mitraillé des lieux vétustes, il raconte : «Pour moi, c’est un paradis. Pour eux c’est un cauchemar. Finalement, ils se rendaient compte que je trouvais beau leur environnement.»

À sa manière de regarder, André Boucher réconcilie l’âge et ses rides. C’est toute l’histoire d’une vie qu’il saisit dans l’objectif de l’appareil photo.

Du vol à l’envol

Après ses études au Cégep de Jonquière et quelques semaines d’apprentissage au Progrès-Dimanche en 1972, André Boucher hésite entre rester pour la naissance du nouveau journal Le Quotidien, né en octobre 1973 et un poste de photographe de presse au Soleil de Québec. Admirateur de Don McCullin, il préfère l’esthétisme du sujet que la contrainte conventionnelle du fait divers. Ses confrères le surnomment «Le poète aux vertes espérances».

Le vol de tous ses appareils de photo, au début des années 1980, provoque son envol vers une indépendance ponctuée, «de simplicité volontaire» commente-t-il avec humour.

Les trois ans du Groupe image , «où j’ai compris que je n’étais pas un tenancier de galerie», les tribulations dans le monde des artistes comme photographe indépendant, les incursions dans le monde du cinéma, du documentaire et de la télévision (Laflaque en 2D), tout ce qu’il a fait l’a conduit à cette publication audacieuse du livre «Épreuves du temps», tiré à 1000 exemplaires, aux éditions Carte Blanche.

Les pages du livre représentent la somme de 15 années d’expériences humaines et techniques, entre 1986 et 2004. «Je suis issus d’une école très mélangée», résume-t-il, concluant que «la photo numérique c’est libérateur. Mais attention, mes photographies sont sans altération, elles ne sont pas modifiées.»



André Boucher dédicace son livre à Claude Péloquin
© Photo Michel Tremblay


La tête pleine de projets, l’artiste prévoit se donner quelques semaines de repos avant d’entreprendre une nouvelle étape, dans le documentaire. Il est question d’une collaboration avec le poète Claude Péloquin et de nombreuses autres idées jaillissant du temps consacré à numériser tous les négatifs accumulés au cours de sa carrière de photographe de presse.

«Heureusement, j’avais gardé mes droits d’auteur sur tous mes négatifs.» Ouf! S’exclame-t-il, songeant à la destruction massive des nombreuses archives de presse, brûlées pour faire de la place.

Sachant si bien regarder le passé, André Boucher, artiste photographe, a tout l’avenir devant lui.

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vendredi 5 décembre 2008

Babine... s'émerveiller encore!


Il y a des films qui nous enchantent



Photo - © 2008 Alliance Films Inc.
Vincent-Guillaume Otis (Babine) et Luc Picard (Toussaint Brodeur)



Progrès-dimanche
À l'écran - Télé et cinéma, dimanche, 30 novembre 2008, p. 43

Babine

Irrésistible!

Christiane Laforge

Irrésistible Babine! Ce conte filmé de Fred Pellerin, réalisé par Luc Picard est un cadeau. On en porte le souvenir comme un bijou au cœur. Un charme magique qui nous rassure, convaincu désormais de ne jamais succomber au désabusement parce que le ciel de Pellerin est envahi par les lucioles.

Que l'on connaisse les personnages de Fred Pellerin par ses livres ou ses spectacles ou non, importe peu. Dès la première image, en plongée sur la vallée profonde où se niche le petit village de Saint-Élie-de-Caxton, le spectateur est séduit.

Il suffit de s'abandonner, guidé par la voix du narrateur (Fred Pellerin) qui va décrire les tourments, les chagrins, les joies de Babine, le fils de la sorcière, et des gens de son village au temps où on "fabriquait de la démesure sur le grandiose de notre quotidien".

On y raconte ce pays du barbier de sévices, de la belle Laurette, prix Nobel de l'amour" effeuillant sans fin la marguerite, de la fumeuse de bonne aventure, des mains de fer en quête de velours. On y décrit les déboires du Forgeron amoureux de la Veuve St-Barnabé, maîtresse du Vieux curé, de Madame Gélinas enceinte depuis vingt ans, du Curé Nouveau qui pratique l'art "de punir le coupable et culpabiliser les autres". Bref! comme le dit si bien le conteur, il s'agit "d'un rêveur du minuscule qui récolte l'incroyable".

Une équipe

Photo - © 2008 Alliance Films Inc.

La distribution : Vincent Guillaume Otis, Luc Picard, Alexis Martin, Isabel Richer,Marie Brassard, Julien Poulin, Marie-Chantal Perron, Antoine Bertrand, René Richard Cyr, Maude Laurendeau, Gildor Roy

Le film est le résultat d'un véritable travail d'équipe. À l'imagination débridée du conteur, plusieurs ont ajouté leur science. Joanne Arseneau apprenant à Fred Pellerin les contraintes d'un scénario, Luc Picard brossant la part d'humanité des personnages que le conteur percevait comme une bande dessinée. "Luc a étoffé les personnages et l'univers visuel du scénario: il les a rendus plus réalistes pour l'écran." Savoir garder la folie de l'un tout en préservant le réalisme de l'autre.

Savoir aussi capter en chaque comédien l'étincelle propice à la magie essentielle à une telle histoire. La distribution est un coup de maître. Chaque rôle est superbement campé. À croire qu'il n'y a que des premiers rôles.

Vincent-Guillaume Otis crée un Babine d'une naïveté touchante. L'innocence dans sa beauté. La gentillesse enrobée de courage et de générosité. L'expression de son visage, le langage du corps, la maîtrise des gestes, tout est réussi dans ce jeu qui nous révèle un grand comédien.

Luc Picard (Toussaint Brodeur) a la flamme qui convient à cet original tout en tendresse et passion, Isabel Richer (La sorcière) a la beauté et la prestance... De quoi damner un saint et exaspérer le Curé Neuf (Alexis Martin) détestable à souhait comme il se doit dans un conte bien fait. René Richard Cyr peut se laisser aller à toutes les fantaisies dans le rôle du décoiffant Méo Bellemare.

Le langage

Le mieux sera de les découvrir dans ce film dont le visuel n'a rien laissé au hasard. En recomposant le village de Saint-Élie-de-Caxton, Nicolas Lepage, concepteur visuel et Jérôme Sabourin, directeur de la photographie, sont parvenus à ancrer les lieux dans un mélange de réalité fantastique.

Un budget de 6,3 millions$, 200 plans d'effets visuels. C'est déjà un exploit. Et pourtant, s'il y a tant de magie dans ce film, s'il nous reste collé à la mémoire, c'est par une singulière et magnifique symbiose entre Fred Pellerin et ses interprètes. Les tournures de phrases, les expressions, la poésie et les prouesses verbales qui font la popularité du jeune auteur nous sont rendues avec un naturel désarmant dans la bouche des comédiens. Un beau film! Un grand film!

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Astérix aux Jeux Olympiques



Il y a des films qui nous déçoivent


Oélix (Gérard Depardieu) et Idéfix
Astérix aux Jeux Olympiques
Photo Brono Calvos / Laurent Pons
© 2007 Les Éditions Albert René / Goscinny - Uderzo





Progrès-dimanche
À l'écran - Télé et cinéma, dimanche, 16 novembre 2008, p. 47

Astérix aux Jeux Olympiques

La médaille d'or du pire cinéma

Christiane Laforge

Déception assurée pour les fans de Goscinny et Uderzo, pères d'Astérix le Gaulois qui voudront se procurer le troisième film de la série Astérix, maintenant disponible en DVD. Frédéric Forestier et Thomas Langmann ont produit un véritable navet non comestible.

Il a fallu se donner beaucoup de mal pour que le film "Astérix aux jeux olympiques" coiffe les lauriers du dérapage le plus réussi. Une couronne fanée de 80 millions d'euros. La participation des professionnels du sport Zidane, Mauresmo et Parker, clin d'œil pourtant sympathique, n'ont pu faire rebondir des répliques aussi dégonflées qu'un ballon troué. Même Michaël Schumacher n'a pu sauver la mise pour franchir la ligne d'arrivée d'une course à la débilité.

Piètre scénario

Ce film n'a rien à voir avec la bande dessinée de René Goscinny et Albert Uderzo. Le scénario en a conservé quelques répliques, reprises parfois hors contexte et bien loin de l'humour et de la finesse d'esprit de ses créateurs.

En fait, ils étaient quatre scénaristes, Thomas Langmann, Alexandre Charlot, Olivier Dazat, Franck Magnier, à concevoir une très infidèle histoire inspirée de la célèbre bande dessinée. Un attelage sans cheval de tête où chacun a dû vouloir tirer dans sa direction.

Sthéphane Rousseau (Alafolix) - Astérix aux Jeux Olympiques
Photo Brono Calvos / Laurent Pons
© 2007 Les Éditions Albert René / Goscinny - Uderzo

Cela expliquerait peut-être l'absence de cohérence de l'intrigue dont on ne sait plus si la trame repose sur les tentatives répétées de Brutus pour tuer César ou sur la compétition olympique. En introduisant de nouveaux personnages - Brutus (Benoît Poelvoorde) malgré tout assez crédible, Alafolix (Stéphane Rousseau) condamné à un rôle sans panache ou la princesse Irina (Vanessa Hessler) sans consistance - en modifiant l'intrigue originale pour l'abêtir dans un conte maladroit où la princesse doit épouser le vainqueur, la trahison est complète. Le chien Idéfix a finalement le meilleur rôle.

Les producteurs de ce désastre ne prétendent pas reproduire au cinéma la bande dessinée de Goscinny et d'Uderzo. "Tirée de l'oeuvre de ..." spécifie le générique. Encore heureux de le préciser car cette parodie douteuse est tout ce que l'on veut, sauf inspirée. Difficile de ne pas y percevoir un opportunisme malsain, croyant profiter lucrativement, du battage médiatique pré-olympique des jeux de Beijing.

Sauve qui peut


Alain Delon dans le rôle de César - Astérix aux Jeux Olympiques
Photo Brono Calvos / Laurent Pons
© 2007 Les Éditions Albert René / Goscinny - Uderzo

Dommage pour Stéphane Rousseau. Faire partie d'une distribution prestigieuse devait le ravir. Ce rôle d'Alafolix ne sera certainement pas sa meilleure carte de visite. Le personnage est d'une telle vacuité que tout le talent qu'on lui connaît et qui n'apparaît pas ici n'a aucune chance de sauver le personnage. Le César campé par Alain Delon parvient à se hisser quelque peu au-dessus d'un jeu d'acteur désespérément nul.

Quelques scènes, trop rares, permettent de croire qu'il y a eu un minimum de compétence au service de ce film... sans doute un intrus se trompant de plateau: César vu de dos, bras levé, comme pour saluer d'un seul geste toute la grandeur de l'armée romaine, une mer de soldats en rangs parfaits nous rappelant Star Wars. Ainsi que certains passages de la course de chars.

Mais ce "peu" est rapidement oublié devant les bourdes répétées d'une équipe qui a peut-être voulu remporter la médaille d'or du championnat peu enviable du pire cinéma.

© 2008 Progrès-Dimanche.

Astérix aux Jeux olympiques (France, 2008). Réalisation : Frédéric Forestier et Thomas Langmann. Scénario : Alexandre Charlot, Olivier Dazat, Franck Magnier et Thomas Langmann, soi-disant inspiré de la bande dessinée de Goscinny et Uderzo. Production : Jérôme Sedoux. Musique : Frédéric Talgorn. Image : Thierry Arbogast. Montage : Vincent Tabaillon. Décors : Michail Krasnoborov Redwood. Costumes : Chloé Lesueur. Interprétation: Benoit Poelvoorde (Brutus), Clovis Cornillac (Astérix), Gérard Depardieu (Obélix), Alain Delon (Jules César), Stéphane Rousseau (Alafolix), Jean-Pierre Cassel (Panoramix), José Garcia (Couverdepus) et Adriana Karembeu, Jamel Debbouze, Francis Lalanne, Zinédine Zidane, Michael Schumacher, Franck Dubosc, Sim, Amélie Mauresmo, Tony Parker et autres grandes stars du cinéma français.

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mercredi 3 décembre 2008

La vie est belle

Ariel, né le 3 février 1983
Photo de mon fils, au quatrième jour de sa vie

Ce 3 décembre 2008, Ariel a appris que son second enfant sera un fils.

Je regarde la photo de ce bébé de quatre jours, encore toute étonnée de la puissance de cette vie qui se continue encore et encore. Le petit garçon endormi venait d'arriver dans la Maison heureuse où, maintenant devenu un homme, il va, à son tour, y accueillir son fils, au printemps 2009. Un petit frère pour Élika, petite reine de nos cœurs depuis septembre 2007.

L'amour se multiplie.

Projet de vie 2 d'Ariel et Andrée-Anne
Rendez-vous dans 138 jours


mercredi 26 novembre 2008

Dieudonné à Chicoutimi







Le Quotidien

Actualités, samedi, 1 novembre 2008, p. 4

Dieudonné appuie là où ça fait mal

Christiane Laforge

CHICOUTIMI - Ne cherchez plus du vitriol. Dieudonné a tout consommé.

J'ai fait l'con, annonce-t-il dans le titre de son nouveau spectacle. Moi non plus a répondu un public jaune-hilare, hier soir, à l'auditorium Dufour de Chicoutimi.

C'est que le très controversé humoriste français appuie là où ça fait mal. Difficile de garder les yeux fermés sur les drames d'une humanité malade de surconsommation et de ses ambitions économiques. Comment s'absoudre des fautes passées quand elles sont commises dans le présent?

"L'humour, c'est tout ce qu'il me reste", déclare-t-il après avoir brossé quelques scènes d'horreur.

Des histoires qui ont fait rire une salle de 350 personnes, où jeunes et moins jeunes ont démontré qu'ils étaient très au fait de l'actualité internationale, de la politique européenne, africaine, américaine et tout autant des hauts faits des plus grands criminels.

Évoquant le boycott que lui font subir les médias français, Dieudonné a très vite répondu aux attentes de son public, paré à entendre la rumeur voulant que Le Pen ait accepté d'être le parrain au baptême de sa fille. Tous les moyens sont bons pour faire parler de soi, faut-il comprendre, "Puisque, ose-t-il dire, si tu as pas de kippa dans une agression, on ne se déplace pas."

L'acuité du regard qu'il porte sur les comportements sociaux n'a d'égal que le verbe acide dont il use pour nous renvoyer l'image de ces "voyeurs" friands des actes odieux et des scandales dans lesquels se complaisent les médias. Quoique les coups les plus violents qu'il assène demeurent son récit sur les Pygmées. Le parallèle entre la déforestation condamnant les Pygmées d'aujourd'hui à disparaître et le sort des Amérindiens il y a 400 ans en est un bel exemple.

"Les autochtones, sous prétexte qu'ils sont là depuis toujours, ils se croient chez eux", lance-t-il.

"Mais il est où ton pouvoir d'achat?" demande-t-il au personnage fictif qui semble ne pas comprendre l'importance du pipeline traversant l'Afrique pour transporter le pétrole si "essentiel" aux Américains.

Dieudonné n'hésite pas écorcher quelques politiciens, Powell, Sarkozy, Bush et Harper, au grand plaisir du public qui manifeste son approbation. Son Colin Powell allant devant l'ONU avec "la preuve irréfutable" de l'existence des armes de destruction massive en Irak, l'interview des mères, frères et fils de criminels célèbres, les allusions à Condoleeza Rice comblent la salle qui réagit à tous ses coups.

Grinçant

Il y a des moments très intenses dans ce spectacle d'humour grinçant.

On regrette cependant certaines longueurs. Le sketch mettant en scène le président du Cameroun et une journaliste traîne en longueur et fait perdre de l'efficacité à des répliques, malgré toute l'ironie qui s'en dégage.

Les interventions du personnage, jouant le rôle de metteur en scène, n'apportent rien au spectacle. Au contraire, elles coupent le rythme et atténuent l'intensité créée par l'humoriste.

Le spectacle de 90 minutes, sans interruption, s'est terminé dans l'émotion alors que Dieudonné a récité un texte sur la Palestine dans le style de son ami, le chanteur Claude Nougaro, auquel il a emprunté l'accent teinté de soleil pour prêter sa voix à un jeune kamikaze palestinien. Un beau moment.

Irrévérencieux, cru et mordant, l'humour de Dieudonné est d'une redoutable efficacité. Serait-il un miroir, non déformant, renvoyant à chacun son image? Mieux vaut en rire! L'humour n'est-il pas tout ce qu'il nous reste? o

© 2008 Le Quotidien. Tous droits réservés.


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vendredi 14 novembre 2008

Obama, 44e président des USA



Le 4 novembre dernier, plutôt que d’assister, à la salle François-Brassard du Cégep de Jonquière, à la représentation inattendue de «Barabbas dans la passion l'origine du premier clown noir», que je me réjouissais pourtant de voir enfin, j’ai succombé à la tentation de suivre le dépouillement du vote des Américains. Je voulais assister en direct à la fin du règne républicain et à l’élection du premier président née d’une femme de race blanche (Ann Duham) et d’un homme de race noire (Barak Hussein Obama Sr.). Je savais que le Théâtre du Faux-Coffre m’offrirait, le printemps prochain, une autre chance de les voir sur scène. Je n’avais que ce 4 novembre pour assister à cette élection sans précédent.

Au moment de choisir leur candidat à la présidence, les Démocrates ont préféré Obama. J’aimais les qualités d’Hillary Clinton. Mais bon!… on est en démocratie.

Ils ont eu raison. Les Américains ont élu Barak Obama. En fait, 349 grands électeurs sur 538 l’ont élu, ainsi que 95% des Afro-Américains, 60% des Latinos et asiatique, 56% des femmes, 66 % des jeunes de moins de 29 ans, 52% des 30-44 ans, 50% des 45-59 ans sur les 64,1% Américains ayant exercé leur droit de vote. Parmi la population blanche (74% des Américains), Barak Obama a obtenu 43% des suffrages contre 55% pour McCain.

Un homme à la peau noire accède à la présidence des États-Unis.

L’incroyable d’un temps révolu est maintenant arrivé.

Y pensant, ces derniers jours, me sont revenus ces mots de mon enfance : « Après des siècles et des siècles d'esclavage, le Belge sortant du tombeau a reconquis par sa force et son courage son nom, ses droits et son drapeau. » (3e version, 1860, de la Brabançonne). Quand l’oppressé se redresse, il y gagne en grandeur

Le symbole est beau!

Le discours de Jon Favreau, oh! pardon… le discours d’Obama, chargé d’une force émotive impressionnante, a su l’exprimer. Et ce récit de la dame centenaire afro-américaine, témoin vivant de nombreux changements sociaux et politiques, quelle image puissante!

Depuis le 4 novembre, les commentateurs utilisent les mots : espoir, rêve, changement. Les attentes sont si grandes à l’égard d’un seul homme que je m’inquiète.

Non non, je n’aurais pas voulu de McCain. encore moins le jour où il nous a présenté Sarah Palin comme aspirante à la vice-présidence. Je n’ai pas l’esprit républicain. Farouchement libre penseur, je crains les gens de droite autant qu’ils me désolent.
Mais que de questions encore sans réponse sur ce 44e président d’un pays que 53% des 64,1% votants, soit environ 34% des Américains de 18 ans et plus, ont élu.

Mon rêve à moi… peut-être la prochaine étape dans cette évolution : une femme multiraciale, socialiste et athée à la présidence des Etats-Unis?

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