Progrès-dimanche Arts Édito, dimanche, 31 août 2008, p. 44 Pour garder la flamme Laforge, Christiane Les bravos retombés, les projecteurs éteints, les haut-parleurs muets, le rideau se ferme en douceur sur une autre saison de spectacles et festivals d'été au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Des années d'apprentissage, des années de pratique, des mois de répétitions pour exister quelques heures sous le regard d'un public qui en a tant vu déjà. Je m'incline. Je m'incline... émue. Parce que dans ce Canada du XXIe siècle ces artistes professionnels, ces jeunes passionnés, convaincus de la raison d'être de leur art, ont le courage de refuser que s'éteigne la flamme que des politiciens s'évertuent à noyer avec une désinvolture révoltante. Les dernières gifles infligées aux artistes par le Gouvernement Harper soulèvent, depuis plusieurs semaines, un tollé de protestations à travers le pays. Espérons que leurs voix seront entendues. L'enjeu est de taille pour notre avenir. Et pourtant Tous le disent: les arts ont besoin de plus d'investissements qu'ils n'en obtiennent actuellement. De plus, Joseph L. Rotman le confirme ainsi que le dernier rapport du Conference Board publié le 26 août, "la contribution directe du secteur culturel canadien à l'ensemble du produit intérieur brut (PIB) du pays a atteint quelque 46 milliards de dollars ou 3,8 % en 2007. Dans cette analyse, intitulée Valoriser notre culture: mesurer et comprendre l'économie créative du Canada, le Conference Board estime que les répercussions du secteur sur l'économie sont encore plus vastes; elles s'élevaient à 84,6 milliards de dollars en 2007, soit 7,4 p. 100 du PIB réel total." Cette industrie emploie plus de 616 000 personnes au Canada. Toutefois, lit-on dans le rapport du Conference Board, "lorsque l'on prend en considération l'incidence directe, indirecte et induite du secteur culturel, on constate qu'au total 1,1 million d'emplois lui sont attribuables." Puisque nous avons voté pour les tribuns d'une société réactionnaire et capitaliste, assumons. Mais puisqu'ils sont capitalistes, ces élus devraient être sensibles à l'impact économique de leurs décisions. Est-ce trop demander un peu de cohérence à défaut d'idéal? Investir Le vent dominant du gouvernement fédéral pourrait - pourrait? - très bien contaminer les administrateurs des fonds publics de nos municipalités. La vigilance s'impose, alors que nos producteurs et créateurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent plus que jamais obtenir le soutien de leurs élus, hors de toute partisanerie politique. La baisse drastique du nombre des touristes, crise qui affecte de nombreuses régions d'ici et d'ailleurs, doit nous inciter à défendre par tous les moyens le maintien et le développement de nos produits culturels. Le Théâtre du Palais municipal a subi un dur revers cet été. Loin d'y voir une raison de baisser les bras, il nous faut au contraire y investir tout autant. Et s'il faut remettre en question le contenu du produit qui se doit de rivaliser avec ce qui se fait ailleurs dans le monde, sachons y mettre les ressources et le temps pour ce faire. Sachons aussi investir dans le développement d'autres productions qui ont su démontrer une étonnante créativité tout en faisant preuve d'une gestion rigoureuse. Imaginons ce que deviendra Ecce Mundo avec un budget d'un million de dollars et une salle conçue sur mesure. Cette production est sans doute celle qui se rapproche le plus des grands spectacles de notre monde moderne dont le Cirque du soleil et Robert Lepage sont des leaders éblouissants. Plutôt que de réductions de budgets et abandons de programmes de soutien c'est d'investissements accrus qu'il faudrait parler. Il y a plus d'avenir dans un pas de danse que dans une balle de fusil. © 2008 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés. Numéro de document : news·20080831·PD·0038 *** |
Céder à la passion des mots, prendre la parole et laisser vivre les émotions d'un esprit en ébullition constante.Parler de tout. M'enthousiasmer, m'indigner et prendre le temps de le dire.
dimanche 21 septembre 2008
La culture en péril : investir plus encore
samedi 6 septembre 2008
Jean-François Lapointe Le Magnifique!

Jean-François Lapointe a un heureux problème. Il doit veiller à maîtriser son enthousiasme à l’égard des nombreuses offres qui lui sont adressées sinon les pages de son agenda vont déborder. Il doit parfois refuser certains engagements parce qu’il a déjà dit oui ailleurs. Cela est même arrivé avec La Scala de Milan où il a chanté Pélléas en 2005.
« La Scala, c’était assez exceptionnel. Premier Québécois depuis 55 ans et le premier rôle-titre jamais arrivé. Depuis, j’ai dû refuser plusieurs fois d’y retourner. Soit la date coïncidait avec mes autres engagements, soit le rôle ne me convenait pas. Je sais quand un rôle n’est pas adéquat pour ma voix. J’ai toujours été excessivement prudent à ce niveau.»
Le Monde
« De beaux projets en perspectives jusqu’en 2013 », assure-t-il.
Lors de notre entretien, il revenait des Chorégies d’Orange où il a campé un Valentin très remarqué dans l’opéra Faust de Gounod.

Jean-François Lapointe (Valentin)
dans l'opéra Faust
aux Chorégies d'Orange, août 2008
© Photo courtoisie JFL
L’Europe accapare de plus en plus ce baryton, Jeannois de naissance qui a grandi à Chicoutimi et tenu ses premiers rôles sur la scène de l’auditorium Dufour aux belles heures de l’opérette du Carnaval-Souvenir. « Un véritable tremplin pour jeunes chanteurs » a-t-il toujours affirmé. Si fermement convaincu de l’importance de développer l’art lyrique en région qu’il a dirigé, pendant plusieurs années, la destinée de la Société d’art lyrique du royaume sur laquelle il garde un regard affectueux, critique et parfois… anxieux.
Laterrière
Les occasions d’entendre chanter Jean-François Lapointe seront plus rares désormais au Québec. Cela devient un privilège qu’il ne fallait pas manquer, alors qu’il était, le dimanche 24 août dernier, au Rendez-vous musical de Laterrière, pour interpréter des grands classiques du répertoire vocal avec la soprano Marie-Ève Munger et le pianiste Michael McMahon.
Denise Pelletier, amie et journaliste à la retraite qui a été mon équipière pendant plusieurs années à la Section des arts du Quotidien et du Progrès-Dimanche, en parle superbement ici.
Les Arts, dimanche, 24 août 2008, p. 46
Depuis l’âge de 22 ans
Une carrière internationale menée avec beaucoup d'entrain
Laforge, Christiane
CHICOUTIMI – Grands favoris de plusieurs directeurs artistiques d’opéras connus sur la scène mondiale, Jean-François Lapointe sent venir à lui de nouveaux personnages. Sa voix a pris de la maturité, une ampleur, une force qui le sert bien dans une carrière internationale qu’il mène avec entrain.
Que de chemins parcourus, depuis ses fougueuses interprétations des personnages sortis des opérettes Orphée aux enfers, La Veuve Joyeuse, Les Mousquetaires au couvent à Chicoutimi, précédant de peu sa victoire au Concours international de chant à Paris qui lui ouvre la voie à une carrière internationale alors qu’il n’a que 22 ans!
L’élève de Louise André à l’Université Laval de Québec et de Martial Singher à Santa Barbara a campé plus de soixante grands personnages lyriques. Obtenant sans difficulté les premiers rôles de baryton qui, par son interprétation très personnelle, deviennent siens. Dans la presse européenne, on dit «le Pelléas», «le prince Danilo» et, désormais, après sa prestation aux Chorégies d’Orange, «le Valentin» de Jean-François Lapointe.
Une belle voix ne suffit pas dans le monde lyrique. Les directeurs artistiques peuvent choisir parmi les meilleurs du monde. « Et ils sont nombreux », affirme le baryton. Un artiste doit s’emparer de son personnage, lui donner un ton, un style, un caractère tellement unique qu’il s’impose comme favoris des publics, des critiques et des producteurs.
Personnage multiple
Entre 1988 et 2007, Jean-François Lapointe a chanté Pelléas de Débussy plus de 200 fois. Ce rôle est encore à son agenda jusqu’en 2012. Après quoi, il ciblera plutôt celui de Golaud, annonce-t-il. Personnage imposant campé en 2007 à Paris par Laurent Naouri alors que Jean-François incarnait Valentin et Marie-Nicole Lemieux, Geneviève.
Son rôle de Valentin, dans Faust semble aussi voué à un bel avenir. Les critiques ne tarissant pas d’éloges : «Le baryton québécois Jean-François Lapointe fut avec une force, voire une brutalité machiste, un Valentin de grande allure à la voix puissante » écrit Philippe Gut, dans L’Humanité.
Tour à tour Hamlet, Figaro, Almaviva, Don Giovanni, Jean-François Lapointe est aussi Escamillo dans Carmen, en compagnie de la montréalaise Nora Sourouzian dans le rôle-titre. Le spectacle, présenté plus tôt à Lausanne puis à Vichy, fera une tournée au Japon en octobre prochain.
Dans son carnet s’inscrivent aussi « Les Pêcheurs de perles » de Bizet à Toulon, Claudio dans « Béatrice et Bénédicte » de Berlioz à Paris, la « Dame de pique » à Monaco en avril 2009, « Eugène Onéguine » plus tard toujours à Monaco et, dans deux ans, le rôle de Ford dans « Falstaff », son premier Verdi.
«Un rôle pour baryton lyrique, un registre vocal plus large, explique le chanteur. Ma voix s’ouvre à de nouveaux répertoires… Des défis trop beaux pour ne pas les relever.»
L’avion
Sa carte maîtresse : une bonne santé. Son regret : le temps loin de sa famille. Sa seule plainte : le stress des voyages en avion. «Le respect des horaires se détériore. La perte des bagages, cela m’arrive au moins deux fois par année. Chaque voyage comprend 4 à 5 correspondances. Par année, cela me fait de 30 à 40 vols. Tout cela ajoute à l’angoisse et à la fatigue. »
Vivre en Europe ne serait pas une solution puisque ses rôles successifs le conduisent d’une ville à l’autre, incluant exigeant des trajets de six à sept heures en train. « C’est extrêmement rare que je travaille dans une même ville… et le coût de la vie y est très cher. On est bien chez soi au Québec! J’ai toujours été conscient de ça. »
Travailler davantage sur le continent Nord-américain est utopique pense-t-il. L’opéra n’y est pas ancré aussi profondément qu’en Europe. «Comparé à Orange, la culture ici c’est le désert. À Orange, on compte 8000 spectateurs chaque soir. Les gens de tous âges y viennent du monde entier. Ils achètent leur billet un an à l’avance. Orage est un festival prestigieux, un des plus courus par le public et qui reste très populaire.»
Tellement, explique le chanteur que l’on vend des billets pour assister aux répétitions. «Pour les générales, c’était déjà ouvert au public. Mais pour les répétitions, cela devient de plus en plus courant pour une somme modeste. Et ils sont plusieurs centaines. Moi, je trouve ça affreux. Ce n’est pas facile d’essayer des choses, de se tromper… et entre artistes il y a des choses qui doivent se dire sans témoins. »
Tout n’est pas négatif cependant. Comme le rôle de Valentin n’exige pas une présence constante sur la scène, Jean-François en a profité pour aller rencontrer les gens. «C’est un échange assez sympathique. C’est unique. Ce sont des instants précieux. On sent que ces gens-là se sentent plus attachés à l’opéra. Ils viennent en famille.»
Investir
Cette ouverture à l’art lyrique est également politique. Les pouvoirs publics ne s’attendent pas à ce qu’un opéra soit rentable. Ils n’ont pas peur de subventionner généreusement, remarque l’artiste.
Dans une entrevue, accordée le 4 juin dernier à un journaliste canadien, Jean-François Lapointe exprimait son opinion en ce sens.
« Il faudrait nous rendre compte que la culture c’est important et arrêter de confondre les termes culture artistique et culture sociale. Nous n’exigeons pas des musées qu’ils rapportent de l’argent; nous savons qu’ils existent pour protéger notre patrimoine. La même chose vaut pour les arts. C’est une question de priorité des gouvernements. La culture d’un peuple, ce n’est pas seulement ses acquis sociaux (les soins de santé, par exemple). Il faut s’investir dans les choses de l’esprit, cultiver les arts pour eux-mêmes. »
Les Québécois
« Les artistes québécois ont beaucoup la cote en Europe. Ils y sont assez nombreux et très présents, dans le populaire et surtout dans la musique classique. » Jean-François Lapointe en sait quelque chose, lui qui était sur scène, pour une seconde fois, avec Marie-Nicole Lemieux (Dame Marthe dans Faust, Geneviève dans Pelléas), tandis que Hélène Collerette, occupait la place de premier violon de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, sous la direction musicale de Michel Plasson.
Pendant les quelques semaines de répétition le travail est intense. «Tous les trois, on s’est vu pas mal, mais on n’a pas beaucoup de temps de congé.»
Marie-Nicole Lemieux a tout de même pris le temps de recevoir Jean-François Lapointe et Hélène Collerette. «Avec une tourtière, évoque joyeusement le chanteur. Une tourtière en France, il fallait le faire! »
Lorsque plusieurs artistes québécois se retrouvent dans une même production, ils sont vite, et plutôt affectueusement, ciblés comme le « clan québécois ».
« Lors des saluts, nous étions sur la passerelle qui entoure l’orchestre à Orange. On saluait en regardant du côté d’Hélène et Michel Plasson, a murmuré «Vive le Québec!»

Jean-François Lapointe (Valentin)
Une scène de Faust aux Chorégies d'Orange, 2008
© Photo courtoisie JF Lapointe
Ce qu’ils en disent
• L’incontestable vedette de la soirée fut le Valentin de Jean-François Lapointe, voix ample, superbe, vivante, jouant son rôle pleinement, qui nous a touchés profondément. Mais joignons lui le passage éclair de Marie-Nicole Lemieux, dame Marthe truculente, à la voix convaincante et au jeu naturel. (Hervé Galien, Cahier de la musique classique)
• [..] Jean François Lapointe qui est plus qu'un brillant Valentin, tant par le chant que par le jeu. (Forum France 2)
• En dehors d'une distribution et d'une mise en scène très honnêtes, le grand vainqueur de la soirée fût Jean-François Lapointe pour sa magnifique prestation de Valentin. Il a tout (puissance, clarté, timbre, engagement, présence). Enfin un chanteur d'opéra qui ne se la joue pas, mais qui joue et chante. Ovation ce samedi dernier bien méritée!
(Jean-claude Meymerit, Aqui)
• Jean-François Lapointe est un Valentin d'un beau métal, sans mièvrerie, Marie-Nicole Lemieux une Dame Marthe impayable et savoureuse, véritable luxe pour un rôle aussi court. (Christian Merlin, Le Figaro)
• Musicalement, la soirée cultivait un état de grâce. Dans la transparence et la souplesse attendrie de la direction de Michel Plasson […]. Grâce aussi à un plateau vocal qui ne souffre aucune faiblesse, des émois respectueux de la très drôle Dame Marthe de Marie-Nicole Lemieux au solide Valentin de Jean-François Lapointe. (Serge Martin, Le Soir)
jeudi 21 août 2008
Attention! danger imminent
Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche, 17 août 2008, p. 44
Dangereuses décisions à caractère politique
Laforge, Christiane
Après l'abandon annoncé du programme Routes commerciales du ministère du Patrimoine de 9 M$ à la fin de l'année fiscale, le gouvernement Harper abolit le programme PromArt du ministère des Affaires étrangères, 4,7 M$, destiné à soutenir la présence de nos artistes hors du pays. Motif avoué par voix interposées bien informées: ce programme a donné son appui à des artistes "trop radicaux, trop marginaux" qui n'ont pas le profil "de fiers représentants du Canada à l'étranger". Il s'agit de ce même gouvernement dont les représentants tentent d'instaurer la censure au cinéma via le projet de loi C-10. Ces décisions politiques, soupçonnent plus d'un observateur avisé, sont prises en réaction à des cas individuels bien spécifiques qui dérangeraient les "valeurs" des tenants de ce gouvernement... pour le moment minoritaire, tel le groupe rock expérimental Holyfuck (3000$) ou le documentariste Avi Lewis (5000$) qui apparaît doublement "irrecevable" en tant qu'époux de l'altermondialiste Naomi Klein et collaborateur au réseau de télévision anglais d'Al-Jazira. Ces "abolitionnistes" savent-ils que ce programme s'est enorgueilli du soutien accordé aux Grands Ballets canadiens, au cirque Les 7 doigts de la main, à la troupe Ex Machina de Robert Lepage? Savent-ils que ce fleuron québécois qu'est le Cirque du Soleil a pu se développer de 1984 à 1992 avec l'investissement de nos impôts dans ses tournées pour devenir autonome avec le succès mondial incontestable qu'il connaît? L'apport de nos artistes Le rayonnement de nos artistes hors de nos frontières est tout aussi essentiel au développement de la vie culturelle hors des métropoles. Des événements comme le Festival international des rythmes du monde, des productions audacieuses comme la Fabuleuse, des entreprises culturelles privées produisant en spectacles de variétés comme Ecce Mundo, Québec Issime ou en théâtre comme la Rubrique, les 100 Masques, s'inscrivent dans cette vaste et importante force économique canadienne qui contribue au PIB. Serait-on à renier les propos du discours du trône du 2 février 2004? "Les artistes et les entreprises culturelles du Canada comptent parmi nos meilleurs ambassadeurs; ils constituent en outre un élément de plus en plus dynamique de l'économie du savoir." Le 8 août dernier, le nouveau président du Conseil des arts du Canada, Joseph L. Rotman, a déclaré se mettre au service d'une cause qui lui est très chère: "Maintenir le Canada à l'avant-garde du développement culturel. Grâce à plus d'un demi-siècle de financement public des arts, le Canada est devenu un chef de file mondial sur la scène artistique. Cependant, trop peu de Canadiennes et de Canadiens apprécient à sa juste mesure la contribution des arts et de la culture à la société, et savent à quel point nous pourrions accomplir davantage avec plus de fonds." Inquiétude Le conseil québécois du théâtre se dit stupéfait à l'annonce de la fin de ce programme effective le 1er avril 2009. "Les dégâts que causera cette coupure sauvage et insensée auprès des artistes, des compagnies et des festivals de théâtre canadiens seront, à n'en pas douter, immenses. Il est inquiétant qu'un pays riche et évolué comme le Canada empêche ces artistes de rayonner à l'extérieur de ses frontières sous prétexte que ceux-ci représentent des figures "radicales" ou "marginales" comme le qualifie Anne Howland, directrice des communications du ministre David Emerson du ministère des Affaires extérieures et du Commerce international. Exigeant du premier ministre Harper l'annulation immédiate de cette décision, le CQT dénonce une attitude qu'il juge "de nature essentiellement idéologique et rétrograde, relevant du plus pur obscurantisme de la part du gouvernement conservateur". Faut-il s'inquiéter de ce mouvement d'extrême droite où la liberté d'expression ne semble plus une valeur primordiale de la liberté individuelle et collective? Ce ne sont pas les premières coupures imposées au domaine des arts par ce gouvernement. Et pourtant, déclare le président du CAC: "Quelque 600 000 artistes et autres travailleurs du secteur culturel canadien contribuent à la renommée du Canada dans le monde et injectent plus de 43 milliards de dollars annuellement à l'économie canadienne." © 2008 Progrès-Dimanche. Tous droits réservés. Numéro de document : news·20080817·PD·0035 |
Faisant suite à cet éditorial, CBJ a diffusé cette entrevue :
http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/Radio/boulotdodo.shtml
archives :
| | 20 août 2008 - Coupures dans la Culture...la région inquiète!
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vendredi 8 août 2008
Yvon Paré analyse Jean Laforge
Le fantôme - Huile relief de Jean Laforge
Exposée à la Pulperie de Chicoutimi
© Christiane Laforge
La Pulperie de Chicoutimi accueille, jusqu’au 11 janvier 2009, l’exposition des œuvres de Jean Laforge « Maître du relief ». Yvon Paré, chroniqueur au journal Le Quotidien où il a fait carrière comme journaliste, critique d’art et pupitreur a écrit une analyse fort intéressante sur le peintre. Il m’a aimablement permis de reproduire son texte sur ce blogue.
Chronique
Jean Laforge échappe au temps
Paré, Yvon
Jean Laforge ne l'a jamais su, mais c'est à lui que je dois d'avoir fait carrière dans le journalisme culturel. Je venais d'être embauché comme correspondant à Roberval pour le journal Le Quotidien. On demandait à ce collaborateur de s'attarder aux conseils municipaux et aux activités à caractère politique. Alfred Hamel, l'homme d'affaires bien connu, était alors maire de Saint-Félicien et Joseph-Arthur Tremblay dirigeait Roberval. L'un de ses échevins était nul autre que Benoît Bouchard. C'était bien avant qu'il fasse carrière à Ottawa et aille s'installer à Paris comme ambassadeur. C'était vivant, souvent tumultueux, jamais tranquille.
Jean Laforge avait présenté une exposition à l'hôtel de ville de Roberval. Une manifestation qui montrait une trentaine de ses oeuvres. Comme j'étais payé au texte, je n'avais pas raté cette chance. Ce fut ma première incursion dans le domaine de la culture. Quelques semaines plus tard, Denis Tremblay, le responsable de la rédaction, me demandait si j'étais intéressé à un poste dans la section des arts du Progrès-Dimanche. Jean Laforge m'avait servi de référence et ouvert les portes, pour ainsi dire. C'est comme cela que j'ai migré du Lac-Saint-Jean au Saguenay.
La Pulperie
La Pulperie de Chicoutimi présente pendant l'été un aperçu du travail de Jean Laforge, ce peintre d'origine belge qui a oeuvré dans la plus grande des discrétions. C'est qu'il avait choisi de vivre en marge du monde dans sa maison de Sainte-Rose-du-Nord. Un retrait pour mieux réfléchir sur la vie qui l'avait malmené dans son jeune âge. Une méditation qui prenait immanquablement la forme d'un tableau.
Les responsables de l'exposition ont choisi de s'attarder à une trentaine de tableaux, surtout des reliefs, à cette manière particulière de saisir le paysage en le découpant au scalpel. Il parvenait ainsi à "arracher" ses personnages de la toile, à créer une tension qui les rendait presque autonomes. Comme s'ils voulaient échapper à une fatalité ou une menace qui aspire et engloutit tout.
© Christiane Laforge
Les humains de Laforge sont des survivants, des spectres réduits à l'état de squelettes. Ils semblent toujours en quête d'un bout de pain et d'un refuge pour échapper aux forces qui soufflent le monde. Que ce soit Don Quichotte ou Alexis le Trotteur, tous sont écrasés par cette fatalité. Heureusement, l'amour procure une certaine embellie. Ils sont jeunes, ont plus de muscle sur les os mais ce n'est qu'un court répit. Il faut s'attarder devant "Les amoureux", où un couple tente d'oublier la menace du monde pour bien saisir cette thématique.
Une pâte forte sert parfaitement le propos, le relief arrache les personnages de la toile qui se réduit à une surface où des forces s'affrontent. La perspective disparaît tellement que l'avenir n'existe plus. On se croirait dans certains poèmes particulièrement sombres de Baudelaire. Les couleurs deviennent des coulées de lave qui emportent tout et les ciels s'embrasent dans de gigantesques brasiers.

© Christiane Laforge
Nous aimerions retrouver cette œuvre
Même si Jean Laforge a vécu une trentaine d'années à Sainte-Rose-du-Nord, ce décor semble l'avoir peu marqué. Il a retenu les horizons menaçants, les nuages du fjord qui écrasent quand ils basculent du haut des montagnes. Rien n'est joyeux chez Laforge, sauf dans ces grandes scènes bucoliques que l'on retrouve sur les murs de sa maison. Le monde y devient plus aérien, plus ouvert et moins menaçant.

Maison de Laforge à Sainte-Rose-du-Nord
© Christiane Laforge

Maison de Laforge à Sainte-Rose-du-Nord
© Photo Jeannot Lévesque
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mercredi 16 juillet 2008
dimanche 6 juillet 2008
NONO du Théâtre 100 Masques

Théâtre 100 Masques : Nono de Sacha Guitry
Frédéric Jean (Robert) et Marilyne Renaud (Madame Weiss)
© Photo Jeannot Lévesque - Le Quotidien
Le Quotidien
Arts, samedi 5 juillet 2008, p. 26
Nono de Sacha Guitry par Le Théâtre 100 masques
Ambivalence entre appréciation et impression d'inachevée
Laforge, Christiane
CHICOUTIMI - Je regrette rarement d'assister à une pièce de théâtre. Au-delà de la prestation des comédiens, le théâtre m'apparaît comme un miroir capable de refléter les nombreuses variations humaines à la fois de la fiction et de la vérité profonde. La nouvelle production du Théâtre 100 masques, Nono de Sacha Guitry, l'illustre superbement.
Rarement toute la tension nerveuse d'une avant-première, toute l'intensité d'une volonté de se donner à fond dans son interprétation, toutes les modulations du doute et de la foi alternant selon les réactions du public étaient palpables au plus haut point comme ce jeudi soir.
Impossible d'échapper à cette curieuse ambivalence ainsi provoquée face à une représentation où les qualités nombreuses du jeu ne suffisent pas à compenser une impression d'inachevé. J'ai aimé Nono du 100 Masques. Cependant, je n'ai pas été conquise. Ambivalence disais-je?
Certes, jouer devant 16 personnes (jeudi soir) prive les comédiens d'une interaction souvent utile pour asseoir l'interprétation. Quoique j'ai déjà vu des comédiens jouer devant quatre personnes comme si elles étaient mille. La difficulté apparente à laquelle se buttent les cinq interprètes de cette œuvre quelque peu immature de Sacha Guitry (rappelons qu'il s'agit de sa deuxième pièce seulement, créée en 1905, alors qu'il n'avait que 20 ans) serait-elle de ne pas croire à leur personnage?
Le difficile équilibre
La mise en scène de Dario Larouche est très exigeante. Plutôt que d'y aller d'une interprétation conservatrice dans l'esprit léger de cette comédie, il verse sans réserve dans le burlesque.
Il pousse le "théâtral" à la limite de la caricature. Les comédiens doivent s'abandonner sans pudeur, exagérant les expressions des traits et des gestes, livrant une performance physique très athlétique. Une approche originale, audacieuse, très intéressante pour tout amoureux du théâtre qui en est témoin.
Mais le risque est grand. L'extrême demande beaucoup de maîtrise pour doser le tout sans tomber dans le piège de l'excessif. Jérémie Desbiens (Jacques, amant de Nono), plus dans le premier acte que le troisième, l'a bien démontré. Là où Frédéric Jean (Robert) semble un peu trop compassé, où Alexandre Larouche (Jules, le valet) un peu trop bouffon, Jérémie semble s'amuser avec élégance.
Les rôles féminins sont tout un défi. Maryline Renaud (Madame Weiss) entre sans retenue dans la personnalité criarde de la maîtresse vieillissante, au risque de heurter le spectateur. Son audace en ressort malgré tout gagnante, surtout dans la troisième partie où elle semble avoir trouvé ses repères. Une évolution qui sied bien à son rôle, lui-même allant de la victime geignarde perdant son amant à la dominatrice victorieuse au bras de la jeunesse. Émilie Jean (Nono) est plus instable dans ce jeu d'équilibriste où elle doit incarner la jeunesse ambitieuse et vénale en même temps que la naïveté attendrissante... pour ses deux hommes.
Des trouvailles
Tandis que le spectateur suit les pirouettes de Robert entre ses deux maîtresses, Jacques lui ayant imprudemment demandé de prendre soin de Nono pendant son absence, survient à quelques reprises quelques pauses publicitaires. Incongrues et pourtant bien intégrées dans la mise en scène, ces capsules sont très amusantes. Loin de rompre le rythme - lequel gagnera à être resserré - ces pointes d'humour ajoutent au comique de la situation. Les commanditaires de cette production ne sont pas que des noms inscrits sur le programme, mais des personnages surgissant en pleine fiction et nous faisant sourire.
Côté scénographie, les moyens modestes du Théâtre 100 masques sont largement compensés par des choix ingénieux. Beaucoup se joue sur les couleurs des costumes et des décors. Cette histoire en trois temps est ponctuée par le tout noir, le rouge et noir et le tout blanc des trois épisodes. Idem pour les accessoires, deux chaises, une table et la blancheur moqueuse de ces mets servis au troisième acte.
L'humour cinglant
Qui ne connaît pas cette phrase célèbre de Guitry : "Je suis contre les femmes, tout contre"? Son humour cinglant a dérangé la bonne société du temps de sa jeunesse.
Sa première pièce annonce la verve acide de cet auteur prolifique qui, souvent, ne manque pas de lucidité. À retenir, cette phrase du personnage s'interrogeant sur sa jeunesse qui demande : "Me donneriez-vous 25 ans?" - "Si j'avais 25 ans, je les garderais pour moi." Ou sur la longévité de sa relation : " Douze ans neuf mois quatorze jours que nous ne sommes pas mariés. "
Résumant bien l'esprit de cette comédie, Le 100 Masques explique dans son communiqué que "Le plus remarquable dans cette pièce (écrite en 1904), outre l'humour propre à Guitry, c'est sa cruauté. Le couple devient l'objet d'un plaidoyer féroce contre les institutions conjugales, qui n'ont pour conséquences inéluctables que le mensonge, la trahison, la feinte et l'adultère. Sous chacune des répliques, derrière chaque geste, sous le couvert de chaque personnage, l'être humain apparaît dans toute sa négative splendeur: froid, cynique, dur, calculateur, manipulateur. Cette petite historiette d'amour (assez convenue quand elle est prise au pied de la lettre...) prend une teinte de lutte acharnée pour posséder l'autre. L'enjeu: soi-même et son propre plaisir... "
Il s'agit du neuvième théâtre d'été du Théâtre 100 Masques à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi.
Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Théâtre
Taille : Long, 738 mots
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lundi 30 juin 2008
Hélène Beck
Jusqu'au 28 septembre 2008, le Centre National d’Exposition de Jonquière, présente une rétrospective des œuvres d’Hélène Beck. Ses tableaux, du début de sa carrière à aujourd’hui, abordent des scènes de vie actuelles et traditionnelles, des paysages, des portraits. Plusieurs sculptures céramiques témoignent de la force d'expression de cette artiste et d'un regard original teinté d'humour qu'elle pose sur les êtres.
Un catalogue de belle facture, intitulé Hélène Beck, un regard authentique, propose un répertoire commentée des toiles et sculptures exposées dans cette rétrospective. On peut y lire ce texte que j'ai écrit sur l'œuvre de ce peintre qui, depuis mes débuts comme critique, m'a toujours inspiré respect et admiration.
Libre de toute école, de toute tendance, de toute mode, l’œuvre explosive de l’artiste peintre Hélène Beck témoigne de la puissance créatrice d’un art authentique. Autodidacte, son talent n’ayant pas subi les influences intellectuelles institutionnelles, elle a su mettre la couleur au service d’une expression forte nourrie par ce regard qu’elle pose avec acuité sur les êtres, les événements et les paysages.
Seule devant la toile blanche, Hélène Beck voit une fenêtre ouverte sur ce monde qui l’habite. Il jaillit, à coups de fusain, en larges traits spontanés. Prémices inspirants qu’elle efface sous la fougue d’un pinceau généreux, désormais lancé dans une composition encore imprévisible. Elle s’empare de la vie qui bat autour d’elle, brosse son tableau au rythme des échos passés ou présents, usant des formes comme d’autres usent des mots, peintre-chroniqueur de notre histoire.
À redécouvrir l’œuvre de Beck, dans cette rétrospective de 50 ans de carrière, il est fascinant de constater combien sa palette est intemporelle. La qualité de son art, dès ses débuts, a subjugué les analystes. Cette qualité ne s’est jamais démentie. Elle a évolué sans rien perdre de son essence première : la flamme, le souffle, l’originalité, l’audace. L’impétuosité trahit l’exaltation, l’urgence de saisir et la détermination à imposer une vision très personnelle de ses compositions.
Qu’elle peigne un paysage - Bientôt la fin de l’hiver 2003, Automne en Charlevoix 2006 , La Maison grise 2007 - on assiste à l’heureux mariage d’une ondulation des lignes. Arbres et montagnes dansant avec murs et toits des maisons. Qu’elle s’insinue dans l’intimité d’une chambre - Chambre de jeune fille 1972 - la sensualité du personnage se répercute dans les lignes des objets. Sarcastique, humoristique, ironique, l’artiste n’épargne pas les foules - Parade de la St-Jean 1981 -, révèle l’âme secrète des classes sociales - Les danseuses nues, Les snobs 1981 - et capte le tragique - La mise au tombeau - ou l’insondable - L’adolescent 2006.
Que l’artiste se soit nourrie de sa région pour brosser des toiles percutantes ne fait pas d’elle un peintre du Saguenay dans le sens géographique restrictif. Le sens de ses compositions dépasse l’illustration d’une scène pour raconter, au-delà, l’expression humaine universelle surgissant d’un événement.
Que l’artiste s’inspire de ce qui l’entoure pour brosser des tableaux d’une écriture impérieuse fait d’elle un peintre d’influence expressionniste, par la distorsion qu’elle inflige aux formes réelles pour les soumettre avec une sorte d’arrogance positive. Rebelle cependant, osant sa propre fantaisie, même dans le tragique, son œuvre n’écarte pas l’intensité du fauvisme, flirtant avec la démarche des tenants de la réalité poétique, ennemis des théoriciens, ardents défenseurs de la liberté de peintre en dehors des courants d’art.
Tout l’art d’Hélène Beck est un art vibrant de liberté, d’authenticité, de force d’expression qui, en 50 ans, ne s’est jamais trahi. Une rétrospective de cette étonnante carrière... Il était temps!
vendredi 13 juin 2008
Eh! Ben! C'était hier
Jean Laforge - Alexis le trotteur - huile relief, 1967 © Christiane Laforge - Photo Jeannot Lévesque
Jeudi, 12 juin, avait lieu à Chicoutimi, le vernissage d'une exposition
rendant hommage à mon père.
C'était hier.
S'il était encore vivant, Jean Laforge aurait dit: eh! Ben!
J'ajouterai : enfin!
*****
Concept d’exposition
Jean Laforge
Maître du relief
(7 juin 2008-11 janvier 2009)
(Jean Laforge)
Artiste autodidacte, le peintre Jean Laforge a consacré toute sa vie à la peinture et au renouvellement de son art. Ayant pour mandat de promouvoir la production d’artistes régionaux qui se distinguent par leur excellence, la Pulperie de Chicoutimi a choisi de présenter l’exposition Jean Laforge, Maître du relief qui se tiendra du 7 juin 2008 au 11 janvier 2009. Il s’agit d’une suite à la série d’expositions des peintres de la région amorcée par la rétrospective de René Gagnon (2003), puis par celle de Jean-Guy Barbeau (2007).
Nous voulons faire connaître davantage ce peintre, décédé en mai 2006, que l’on surnomme le Maître du relief. Nous souhaitons rejoindre prioritairement le public local et régional. Ayant vécu plus de cinquante ans au Saguenay, M. Laforge s’est inspiré des paysages qui l’entouraient et des légendes d’ici. Soucieux de mettre en valeur la production artistique des autres artistes professionnels et amateurs, il a participé à de nombreux symposiums et expositions dans son village d’adoption, Sainte-Rose-du-Nord. L’exposition « Imaginaire poétique de Gilles Vigneault en peintures », réalisée en 1988, fut l’événement le plus marquant dans la carrière de Jean Laforge au Québec.
Belge d’origine, M. Laforge a participé à d’importantes expositions en Europe, notamment en Belgique et en Suisse. La peinture par empâtement, les thèmes privilégiés et les toiles de grand format rejoindront particulièrement la clientèle européenne durant la période estivale.
L’exposition permettra de faire découvrir sous un nouveau jour l’œuvre de M. Laforge à partir d’une sélection de tableaux sur différents thèmes et périodes. Notamment, nous voulons mettre de l’avant le travail de recherche formelle de cet infatigable chercheur.
Objectif général
Nous désirons mettre en lumière la recherche fondamentale de cet artiste qui tout au long de sa carrière a mené plusieurs expérimentations. Inspiré par un bas-relief de plus de 2000 ans, le peintre a trouvé dans les enseignements des Anciens des pistes de solution pour résoudre le problème de la coloration de la pâte. Sa technique de prédilection, le relief, lui a permis de naviguer entre la figuration et l’abstraction.
S’adressant à un large public, l’exposition veut également témoigner du parcours de vie peu commun de Jean Laforge. L’évolution de l’œuvre du peintre est intimement liée à la vie personnelle de l’homme. Cette exposition favorisera la compréhension de l’œuvre et de la démarche artistique de ce peintre au parcours de combattant
Nous souhaitons que la diffusion des œuvres de Jean Laforge contribue au rayonnement et à la renommée de l’artiste.
directrice des collections et de la recherche,
La Pulperie de Chicoutimi
***
Qu'ajouter à cela sinon:
lundi 9 juin 2008
Une photo vaut mille mots
Photo Reuters - La robe de Sarah Jessica ParkerDans son édition du 9 juin 2008, pour illustrer le potin sur le fait que la robe griffée Nina Ricci, fièrement arborée par Sarah Jessica Parker lors de la première new-yorkaise du film Sexe à New York, avait déjà été portée ( oh! scandale! ) par Lauren Santo Domingo, le 5 mai dernier, lors d’un bal. Pour preuve, elle a été photographiée, ainsi vêtue, en compagnie de son designer Olivier Theryskens, énonce l’article.
Ce qui m’amuse, c’est de voir la photo, telle que publiée sur le site web de Mon cinéma de cyberpresse.ca, reprise ci-haut, avec la légende «La fameuse robe en question… ».
Vous y voyez une robe ?????
dimanche 1 juin 2008
Leonard Cohen à Chicoutimi
Le Quotidien
Arts et spectacles, samedi 31 mai 2008, p. 3
Rien de moins que de l'amour
Leonard Cohen envoûte le public saguenéen
CHRISTIANE LAFORGE
claforge@lequotidien.com
CHICOUTIMI - Du jamais vu! Si intense que l’on demeure sans voix, ne trouvant pas le mot pour traduire ce moment d’exception. Un spectacle unique. Un personnage immense. Entre Leonard Cohen et le public ce n’est rien de moins que de l’amour.
Vendredi 30 mai 2008. Occupant la totalité des sièges de l’auditorium Dufour de Chicoutimi, le public vibre avant même l’arrivée des musiciens. Leonard Cohen entre en scène. C’est déjà l’ovation. «Je vous aime» crie quelqu’un. «Moi aussi je vous aime», réplique l’artiste. Si menu dans son costume anthracite, tenant son chapeau contre sa poitrine, saluant gentiment, il a une telle présence que l’on succombe, conquis.
À peine commence-t-il a chanter Dance me to the end of love que s’instaure une certitude : nous ne serons pas déçus. Loin de là.
Sur la scène, entièrement habitée par les nombreux instruments, trois choristes aux voix très belles, six musiciens - et quels musiciens ! Dix artistes en harmonie pour livrer un spectacle mémorable. À l’entracte comme à la fin, les réactions sont délirantes. Plusieurs fois le public se lèvera spontanément pour l’applaudir, manifestant son émotion sous l’impact des mots et son admiration pour la grandeur du poète.
Précédant ses chansons de courts textes qu’il récite en français, du moins au début, le charme de Leonard Cohen réconcilie Molière et Shakespeare, abolissant avec grâce les limites des deux langues. L’effet est impressionnant. Il crée un lien puissant entre lui et son public par le pouvoir de tout ce qu’il exprime à travers les mots et la musique de ses chansons. On peut bien aimer ses disques, cela ne rivalisera jamais avec ce qui se passe là, ce vendredi de mai, sur la scène de l’auditorium Dufour.
À la troisième chanson il demande «Est-ce que je peux parler anglais ?» pour évoquer ses 15 ans d’absence sur scène et prétendre avec humour «qu’il n’y a pas de remède pour l’amour». Jusqu’à la fin, il établit un lien entre ses chansons et ses musiciens, maintenant le rythme sans bavure. C’est impeccable et chaleureux, propice à l’adhésion inconditionnelle aux échos d’une âme sensible, lucide, tourmentée et pourtant amoureuse. «Comme un oiseau sur la branche, je cherche ma liberté» récite-t-il avant de chanter la très émouvante Bird on a wire. Ce qu’il dit, ce qu’il chante n’a de simple que l’apparence. Ses textes, même les plus sombres, sont d’une telle poésie qu’on les reçoit l’esprit ouvert à la confiance qu’il a d’être compris. Et il l’est.
Everybody Knows met en évidence la grande qualité de ses musiciens. La répétition de certaines phrases, comme un mantra, s’appuie sur la musique. Elle en modifie la couleur, en accentue le sens qui se transforme dans le rythme et les intonations. Avec In my secret life on a le sentiment qu’il entre à l’intérieur de la chanson. Ce n’est pas mécanique, ce n’est pas technique. Cela vient de l’intérieur de lui et explose en douceur dans l’oreille de nos cœurs.
De sa voix grave, il crée de la douceur. De sa silhouette il exprime toute la profondeur de sa parole. Puisant dans les succès anciens, risquant des chansons nouvelles, la salle réagit sans cesse et avec force. Lorsqu’il termine la première partie c’est l’ovation. À la seconde l’accueil est vibrant et Suzanne ajoute à la fièvre du public. Hallelujah les éblouit. Democracy les transporte.
Pas question de le laisser partir, la salle scande son retour. Il revient de bon cœur et, trois chansons plus tard, ravira tout le monde en disant: «On n’est pas pressé», avant de continuer.
Difficile d’expliquer ce qui se passe entre cet homme et son public. Une communion. Une reconnaissance. Tout se résume à cet aveu spontané : «Je vous aime» lancé. Moi aussi monsieur Cohen… plus encore, désormais !
Leonard Cohen, si menu dans son costume anthracite, tenant son chapeau,
saluant gentiment, a une telle présence que l'on succombe, conquis.
© Le Quotidien. Photo Sylvain Dufour
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Musique; Littérature et livres
Taille : Moyen, 478 mots
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dimanche 25 mai 2008
Le bonheur est dans le Fjord
Progrès-dimanche
Les Arts, dimanche 11 mai 2008, p. 53
Le bonheur est dans le fjord
Un pur délice!
Christiane Laforge
Chicoutimi - Le livre se trouvait à travers mon courrier, comme un rayon de soleil traversant la grisaille de ce printemps 2008. Curieuse, j'ai franchi les pages titres pour atteindre le début du chapitre un.
Je lis : «Le premier jour se lève sur les collines de Chicoutimi. Averse de soleil dans mon oeil et sur le balcon de la Villa au pignon vert qui surplombe la rue Jacques-Cartier.» (p.14)
Happée je suis. Sans retenue jusqu'à: "un chemin fou de courbes et de montées dans les rondeurs de la montagne." (p.85). Le lendemain, je replonge jusqu'à la dernière ligne, "Le bonheur est dans le Fjord" qui deviendra le titre de ces récits de voyage de Danielle Dubé et Yvon Paré, publié aux Éditions XYZ.
Le lancement officiel aura lieu le 29 mai à La Pulperie de Chicoutimi.
Impulsive, je me lance sur le clavier pour écrire ma première impression, en toute subjectivité, à ce duo d'auteurs. "J'ai reçu le bonheur hier. Je ne peux mieux dire! Votre livre, c'est du bonheur pour le lecteur. Yvon, quelle poésie! Un véritable extracteur du sens profond des mots. Tu les utilises avec une science telle qu'on se laisse porter par eux à travers ces lieux qui, s'ils me sont familiers, se révèlent plus intenses et plus beaux à travers ton regard. Danielle, la parole toujours bien ancrée dans la réalité des faits, tu nous dévoiles toute l'humanité de chaque être que vous rencontrez. À vous lire, l'un si complémentaire de l'autre et pourtant si total l'un et l'autre, j'ai le sentiment de retrouver ce contact si rare avec l'essentiel des gens et des lieux. "Un été en Provence" m'avait déjà séduite par ces qualités, mais ici c'est l'apogée. "Le bonheur est dans le Fjord" est un pur délice. Un ouvrage magnifique, si intensément subjectif que je me dis : Enfin! il existe encore des écrivains capables de tant aimer le sujet de leur livre qu'ils magnifient les mots pour le dire."
Deux semaines plus tard, reprenant la lecture dans le contexte d'une entrevue à préparer, les impressions se précisent. Rien à renier de l'écrit qui leur a été adressé dans la spontanéité d'une émotion ressentie à la découverte de ce livre. Impossible de dire mieux... et pourquoi vouloir le dire autrement?
Seule interrogation : la maquette de la page couverture.
La photo choisie met en scène un couple assis face à une étendue d'eau. La mer ? La Baie ? Certainement pas le Fjord. Danielle Dubé défend leur choix.
"C'est une photo devant Tadoussac. Tadoussac, c'est l'entrée sur le Fjord. On voit un couple... cela nous interpellait. Le couple regarde le fleuve. Cela évoque la navigation, c'est ainsi que la région a été découverte. C'est le lieu de départ. C'est le dépaysement. La photographie d'Yvon nous rappelle combien nous nous sommes sentis comme des gens qui viennent d'ailleurs."
"Le bonheur est dans le Fjord". Excursion au pays du Saguenay. Récits de voyage. 248 pages. XYZ éditeur.
claforge@lequotidien.com
Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Littérature et livres; Voyages, aventures et tourisme
Taille : Moyen, 358 mots
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Doc. : news·20080511·PD·0054
mercredi 21 mai 2008
Jean Laforge
jeudi 15 mai 2008
Le monde où je vis
Progrès-dimanche
Arts Édito, dimanche 11 mai 2008, p. 48
Le monde où je vis
Famine, ouragans, inondations, volcans en éruption, appauvrissement des «faibles revenus», stagnation des «moyens» (hausse de $1 en 25 ans), et hyper enrichissement des riches (plus de 16% de leurs gains). Banques et compagnies pétrolières font des milliards de profits de plus que l’an dernier. A-t-on vraiment envie d’entendre parler des artistes ?
Prêtera-t-on une oreille attentive aux créateurs qui risquent une plainte parce que leurs revenus annuels est toujours moins de 20 000 $ ? Quelqu’un se demandera-t-il par quelle aberration les programmes d’aide à l’emplois pour les organismes culturels excluent toute personne qui en a déjà bénéficié sans égard à un minimum de sens des réalités ?
Mais encore
Il y a peu, à la télévision, j’entends une animatrice, saisie au vol d’une frénésie «zapping» qui m’est familière - la frénésie zapping et non l’animatrice - s’insurger contre la hausse du budget du Conseil des arts du Canada destiné à Patrimoine Canada : «Il y a bien plus important que de sauver des vieilles pierres» lança-t-elle, en évoquant les sans abris de Montréal. La citation n’est sans doute pas textuelle, mais dans l’esprit, le sens n’est pas trahi. Et son co-animateur de renchérir d’un hochement de tête significatif.
Et pourtant
La progression sociale d’une nation va de pair avec le développement de sa culture. À investir dans nos vieilles pierres, dans la sauvegarde de notre mémoire collective, dans le développement de l’expression de notre langue, de notre musique, de notre danse, de notre peinture, de nos sculptures, de notre architecture, c’est dans l’avenir que nous investissons, ainsi que dans la conscience de nos valeurs humaines. La voix de Marie-Nicole Lemieux ne ferait-elle pas plus et mieux pour notre reconnaissance internationale que la voix de nos mitraillettes (sont-elles nôtres)?
Si nous savions mieux protéger nos «vieilles pierres», qui sait? nous aurions peut-être l’intelligence de préserver nos richesses naturelles et nos fleurons industriels plutôt que de les brader au nom d’une mondialisation imposée par les maîtres du monde, si bien servis par les élus de notre utopique démocratie.
Des voix dans le désert ?
« Dans un monde confronté à des problèmes inédits à l’échelle planétaire, la créativité, l’imagination, la capacité d’adaptation que développe l’éducation artistique se révèlent être des compétences aussi importantes que la maîtrise technologique et scientifique pour les résoudre» a déclaré Koïchiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO, lors de la séance de clôture de la Conférence mondiale sur l’éducation artistique : Développer les capacités créatives pour le XXIe siècle. «Il ne faut jamais perdre de vue trois objectifs majeurs de l’éducation si nous voulons nous attaquer aux questions principales du monde d’aujourd’hui, ajoute Sir Ken Robinson, conseiller principal à la Fondation J.Paul Getty de Los Angeles : comment vivre ensemble, cultiver une identité propre et favoriser la compréhension mutuelle?»
Selon l’UNESCO Les arts peuvent apporter beaucoup à la communication entre les cultures.
Le monde où je vis
Je vis dans un monde où il est «normal» que de milliers de personnes, abondamment stimulées par les médias, assistent à un spectacle sportif dans un immense salle sans cesse rénovée dont nul n’osera interroger le prix de sa construction et de son entretien, pas plus que du salaire des joueurs. Je vis dans un monde qui écoute du Mozart et du Molière, qui s’arrache à prix d’or les œuvres des Van Gogh et Marc-Aurèle Fortin, mais ne s’indigne ni s’étonne de la pauvreté de ces artistes d’hier et d’aujourd’hui. Je vis donc dans un monde où l’on sacrifie les terres fertiles pour des intérêts mercantiles.
-30-
dimanche 11 mai 2008
L'Auberge du cheval blanc
Patrick Mallette (Léopold) et Roger Girard (Bistagne)
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien
Arts, samedi 10 mai 2008, p. 34
L'Auberge du cheval blanc
La version saguenéenne renoue avec le succès
CHRISTIANE LAFORGE
JONQUIÈRE - L'air tyrolien réussit bien à La Société d'art lyrique du royaume qui aura pratiquement fait salle comble, soir après soir, depuis mercredi. Avec raison. L'Auberge du cheval blanc renoue avec le succès par la qualité des voix, une direction artistique impeccable, un chœur bien accroché au scénario, un orchestre complice et une mise en scène inspirée.
Sans rien perdre du charme de l'époque ni du pays où se situent ces intrigues joyeuses et romantiques, les artisans de cette version saguenéenne de la célèbre opérette ont su insuffler une modernité fort à propos, avec un zeste d'allusions politiques locales et quelques clins d'oeil sympathiques au cinéma.
Par tradition, ces comédies anciennes sont toujours un peu lentes à mettre en place les intrigues et les personnages, sans doute pour l'époque, dans une volonté de durer plus longtemps sur scène. Pourtant, impossible de retrancher quoique ce soit à cette mise en scène réussie.
L'action est menée sans longueur et, s'il faut encore se résigner à ne pas saisir tous les mots chantés, surtout au tout début, on ne s'ennuie pas un instant à l'Auberge du cheval blanc.
Les interprètes
La distribution n'a aucune faille. Geneviève Couillard Després crée une Josépha énergique capable de coup de cœur et de coup de gueule bien sentis. Patrick Mallette chante un Léopold convaincant, très à l'aise dans ce rôle qui lui permet de donner toute l'ampleur à sa belle voix.

Marie-Ève Munger (Sylvabelle),Roger Girard (Bistagne), Patrick Mallette (Léopold)
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien
Marie-Ève Munger incarne une Sylvabelle mutine; elle se prête à la fantaisie et l'ingénuité de son personnage sans jamais céder à la tentation de se croire une diva, aussi performante dans le chant que dans le jeu de comédienne.
Thomas Macleay campe un Guy Florès solide. On le sent maître de son jeu, aussi bien dans la fiction que sur la scène.
François-Pierre Perron est adorable dans le rôle de Piccolo. Initié au théâtre à sept ans, ce jeune homme de 11 ans est manifestement un comédien né. Quant à Martin Giguère, il sera pour moi le Célestin le plus mémorable de toutes les versions de L'Auberge du cheval blanc.
En poussant son personnage à la limite de la caricature, il le rend des plus sympathiques, donnant du charme à ce dandy naïf irrésistible.
Soulignons aussi la performance d'Éric Renald tour à tour empereur, Gook et Professeur Hinzelmann sans trahir l'un pour l'autre, celle de Caroline Tremblay, la zozotante Clara, de Laurie Tremblay, la Zenzi sensible au jeune Piccolo et de Louise Gagné, l'amusante postière et surprenante Kathi.
Parmi tous, Roger Girard coiffe la couronne de laurier. On le connaît de longue date, remarqué chaque fois dans chacun de ses rôles. Cette fois, il se surpasse. Son Napoléon Bistagne vole la vedette avec un jeu dynamique et coloré. On lui devra bien des rires.
L'action
Dans le mouvement, le rythme, l'équilibre des tableaux et les effets de surprises, on reconnaît bien là l'efficace mise en scène d'Éric Chalifour. Excellente idée d'intégrer la danse aux scènes qui, sans cela, auraient pu être plus ternes. En fait, les chorégraphies de Georges-Nicolas Tremblay, qui a su recourir au talent de quatre danseurs professionnels de la troupe Ecce Mundo, s'intègrent parfaitement à l'intrigue, ajoutant une touche de fantaisie et de rêve supplémentaire aux envolées vocales des tendres duos amoureux.
Le tout est accompagné avec brio par l'orchestre de Chambre de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dirigé par Toshiaki Hamada. Un orchestre qui a su très vite adapter son jeu afin de soutenir les voix sans les supplanter, tout en prenant sa place avec une réelle complicité. Devenant un personnage en soi, avec ses répliques musicales ponctuant l'action.
Ce qui fait la force de cette production 2008 de la Société d'art lyrique du royaume, c'est la conviction d'une volonté partagée par tous de faire la preuve de la valeur de cet art. Serait-ce qu'il a fallu y croire au-delà des difficultés - et elles furent nombreuses - pour mener à bien "ce miracle chaque année renouvelé" comme l'a si bien dit le président de la SALR, Luc Blackburn, dans le discours d'ouverture? L'émotion était palpable sur les visages lors des saluts répétés devant un public qui les a longuement applaudis le soir de la première.
jeudi 1 mai 2008
Neige d'avril
La nature a de l’humour. Voilà sa réponse à mes perles d’eau.
... ou alors, magnanime, elle a voulu vêtir mes arbres nus.
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mardi 29 avril 2008
Des perles d’eau
J’ai attendu la fonte des neiges, j’ai attendu le cri des outardes et des oies blanches et j’attends le printemps avec tant d’impatience que ce mardi pluie peut bien me narguer... je n’y vois que des perles d’eau.
Ma petit Élika, 7 mois, a dit ses premiers mots. Lison a fait ses premiers pas d'un retour à la joie. Je m'éveille au chant des oiseaux. Les branches de mon arbre, encore nues de leurs feuilles, s'habillent de plumes. Ce mardi pluie peut bien me narguer... je n’y veux voir que des perles d’eau.
dimanche 20 avril 2008
La conquête d'Élika

Élika Laforge, 7 mois
À l'abordage!







