vendredi 3 février 2017

J'AI VU LA BEAUTÉ DU MONDE




Ariel, né le 3 février 1983 à minuit moins trois.


Pour la 35e fois, le 3 février éveille en moi la certitude que rien au monde ne peut rivaliser avec l'amour que je te porte. 

Tu as 34 ans aujourd'hui mon fils. Mais, tout commence le jour premier de ta vie. Ce vendredi 3 février où tu es né à 23 h 57, mettant au monde la mère que tu as fait de moi. 

Et cette mère, enfant de mon âme et de mon cœur, n'a aspiré qu'à grandir avec toi. Tes yeux ont ouvert les miens. Tes mots m'ont apporté de nombreuses réponses. Ta gourmandise a amplifié les saveurs. Tes gestes ont ouvert mes bras aux autres. 

Aujourd'hui, alors que je pense à toi, je ne crains pas de dire que quoiqu'il arrive, quoiqu'il se passe, j'ai vu la beauté du monde. 

Heureux anniversaire Ariel.

dimanche 22 janvier 2017

ALEX NEVSKI, VEDETTE DU DERNIER NUMÉRO DU JOURNAL L'AMI

https://drive.google.com/file/d/0B7m_CGeg3I_-OWVxRzlWdlMwZGM/view?usp=sharing
Élika Laforge interviewe Alex Nevski   
©  Andrée-Anne Lachaine photographie

De plus en plus, Élika développe le réflexe journalistique. Elle n’est plus à la remorque de ce qu’elle vit comme enfant, mais s’ouvre davantage aux évènements dont elle est témoin et qu’elle croit intéressant de partager. 

C’est ainsi, qu’ayant reçu des billets pour le spectacle d’Alex Nevski, qu’elle connaît bien surtout depuis la Voix Junior, son réflexe a été d’y voir l’opportunité d’un bon reportage pour L’AMI. Sa maman photographe, Andrée-Anne Lachaine, a pressenti en même temps que sa fille que l’occasion se prêtait à une entrevue exceptionnelle.

Jusqu’à présent, Élika a vu bien des portes s’ouvrir devant elle, en allant voir des spectacle d’artistes de la région. La Société d’art lyrique du royaume, le Prisme culturel, Atchoum, Mordicus l’ont accueillie avec gentillesse. Mais en serait-il autant de la part d’une vedette où le sésame utilisée régionalement leur est inconnu? 

Débrouillarde comme pas une, la maman d’Élika a réussi à rejoindre le directeur de tournée d’Alex qui, malgré le très jeune âge de notre journaliste, a pris la demande avec sérieux et permis à une petite fille de 9 ans de vivre un moment inoubliable. 

Alex Nevski a touché le cœur de toute une famille.

Élika a préparé sa propre liste de questions. Ma seule intervention a été de les classer par thème. Ce qui a bien amusé Alex. 

C’est donc un numéro très spécial que cette première publication de 2017. La retranscription complète de l'entrevue a nécessité 8 pages. C’est ainsi que L’AMI du 20 janvier 2017 comptera exceptionnellement 12 pages.

Au nom du Journal L’AMI, je tiens à remercier toutes les personnes ayant permis à Élika de réaliser  cette entrevue.


Alex Nevski répond avec sérieux aux questions d'Élika Laforge 
©  Andrée-Anne Lachaine photographie

samedi 14 janvier 2017

JEAN-PAUL LAPOINTE : DÉJÀ 10 ANS, MAIS TOUJOURS PRÉSENT




La mémoire est l’antidote de la mort. Une personne continue de vivre tant qu’elle existe dans la pensée et dans le cœur de qui a pu l’aimer. Entre Jean-Paul et moi, c’est une amitié née dans les couleurs de sa palette. Palette lumineuse qui lui a valu bien des admirateurs. 

Il y a dix ans, le 14 janvier 2007, il franchissait la dernière marche. Son épouse Rina m’avait demandé d’écrire son avis de décès afin de dire autrement notre tristesse. J’écrivis alors : 

« Le peintre de la lumière a terminé la toile de sa vie. Désormais, il faudra lever les yeux vers le ciel pour le voir rivaliser avec les étoiles. À 6 h 00, le matin du 14 janvier 2007, le peintre Jean-Paul Lapointe est décédé au Centre de santé et de services sociaux de Chicoutimi, Pavillon Saint-Vallier, à l’âge de 71 ans.
 Né à Saint-Charles-de-Bourget, très tôt séduit par les couleurs, il a délaissé le milieu hospitalier et les longs trajets sur les routes du Québec pour planter son chevalet devant les plus beaux paysages. La magie de son pinceau n’aura pas seulement magnifié la lumière caractéristique de ses toiles car, très souvent, son art a été mis aux services de nombreuses causes caritatives. »


Photo Rocket Lavoie

En ce dixième anniversaire, permettez-moi de publier ici, ce reportage où mon ami Jean-Paul Lapointe a accepté d’ouvrir le jardin secret de sa douleur, mettant fin au silence insupportable qu’il s’imposait face à sa mort inéluctable et si proche. C’était en septembre 2006.  Cette entrevue demeure un des moments parmi les plus intenses et les plus émouvants de ma carrière. Ce que j’ignorais, c’est que dix ans plus tard, en remettant à jour ce texte, j’éprouverais une émotion aussi vive, la gorge nouée, comme si les mots de 2017 avaient le même écho puissant qu’en 2006 et 2007.  

Progrès-dimanche

Dimanche 17 septembre 2006

Après deux ans de lutte contre le cancer
L'ultime saison du peintre Jean-Paul Lapointe
 

Laforge, Christiane



Chicoutimi - Sur le chevalet, une toile en chantier... quelques maisons esquissées sous un ciel aux couleurs de nuit. Un bleu mauve, ensevelissant la lumière du jour, s'étire en larges traits d'une douceur si prenante que l'on dirait le bruit du silence.

- C'est tout ce qu'il me reste, déclare Jean-Paul Lapointe. Le silence.



Le cri capable d'arrêter la marche implacable du temps n'existe plus à la mort annoncée. Deux ans d'angoisse, de traitements douloureux, de patience, d'espoir. Deux ans d'une lutte acharnée contre le cancer. Il a perdu son combat. Le verdict médical est sans appel. Depuis le premier jour de septembre, le cœur de Jean-Paul sonne le glas. 


- Je ne verrai pas l'été 2007, confie-t-il. Je crois que je vais passer l'hiver, mais je n'irai pas plus loin.
 


L'état de choc



Alors que tout semble lui réussir, qu'il mène avec brio une carrière d'artiste de plus en plus internationale, que les amitiés, les honneurs et les projets lui sourient, Jean-Paul apprend que le cancer s'attaque à lui. 


Les statistiques pour ce type de cancer sont un an de survie.

- Sur le moment, je me suis senti en état de choc. Plus rien n'était pareil. Plus rien n'a jamais plus été pareil!
 


Pour ne pas donner prise à l'angoisse, il se réfugie dans la certitude qu'il peut combattre la maladie, la tenir en respect, obtenir un sursis. Il se soumet à tous les soins, radiologie, chimiothérapie, convaincu d'une rémission dont il saura profiter pour vivre encore plus intensément.



La fatigue, les effets secondaires des traitements, la perte de poids, rien ne lui fera admettre qu'il arrive au bout du voyage. Derrière le sourire et la détermination qu'il affiche, l'angoisse le ronge. Il s'isole à l'intérieur. Il ne parle pas de ce qu'il éprouve, ni de l'espoir, ni du doute, préférant donner le change. À tant vivre comme si tout allait bien, le bien triomphera peut-être, imagine-t-il.
 
- Au fond, confie Jean-Paul, il y a surtout la peur. On sait que le désir de vivre, lui, il est là, mais on n'a pas réussi à le faire mourir... pas réussi à le tuer, le mal.

La peinture aidait Jean-Paul à croire en l'impossible.




Le gouffre



Sporadiquement, la douleur revient sous une forme ou une autre. Fier d'aborder une troisième année, là où d'autres ne lui en donnaient qu'une, l'illusion était encore possible. Y croyait-il vraiment?
 

- J'y arrivais. La peinture m'y aidait.
 


Pour de nombreuses bonnes raisons, il y a deux semaines, la vérité lui a été dite, avec douceur, avec empathie, avec compréhension... ce qui n'enlève rien à sa cruauté.
- Je suis encore sous le choc.

 
Et tandis qu'il se tait, son regard plonge droit dans le regard de l'autre (le mien en l'occurrence), s'y accroche longuement comme s'il voulait montrer l'ampleur du gouffre qui l'aspire.
 


- J'aurais préféré ne pas le savoir, avoue-t-il. J'aurais voulu qu'on me laisse partir avant de vivre cela... Tu peux l'écrire. Je dis à tous que cela va, que c'est pas si pire. Je continue de peindre tous les jours, je vais encore faire quelques symposiums, L'Anse-Saint-Jean, Tadoussac, Baie Saint-Paul, la Rencontre des Arts à Saint-Jean de Richelieu et je participe à la Route des artistes de la Maestria. Ça m'aide à oublier. De brefs moments, cela me distrait. Mais les pensées reviennent; je pense qu'il va arriver un temps où je vais souffrir, que je vais avoir si mal qu'on va m'hospitaliser pour soulager mes souffrances. Et c'est tout ce que je voudrai alors, qu'on ne me laisse pas souffrir. Et je ne dis rien de tout cela. Je ne parle pas. C'est tout ce que j'ai maintenant, tout ce que j'ai... le silence.
 
 

Le temps de dire



Aujourd'hui, Jean-Paul Lapointe, artiste peintre reconnu, franchit ses dernières marches. Ce grand amoureux, dont la joie de vivre a jailli en lumière dans les milliers de paysages qu'il a peints au cours de ses 34 ans de carrière, vit l'ultime saison de son existence.

Photo Rocket Lavoie


Devant la mosaïque des photos souvenirs, images témoins d'heureux moments, fixées au mur de l'atelier, il se tait. Son passé danse sous le regard du visiteur, une sarabande joyeuse dans laquelle entrent des personnages connus, des amis, Tex Lecor, Vladimir Horick et Rina, sa femme, son amour.

- Tu sais ce qui fait le plus mal? C'est de penser à la peine qu'elle va avoir. Cela me terrifie de la laisser seule...

 Il sait de quoi il parle. Il a vécu un double deuil: sa petite fille de 7 ans et sa première épouse.


- De cela je ne parle pas. Mais je sais, je sais, fait-il, tout en levant la flûte du champagne versé pour trinquer à la vie. Je sais que l'enfer existe. L'enfer, c'est ça... C'est ce que je vis.
 

Et malgré lui, malgré tout le courage dont il fait preuve, la perspective de la mort domine. Obsédante, envahissante, anéantissant le moindre élan.

- Je n'ai plus de plaisir! Non, je ne connais plus le plaisir. La présence des amis, leur chaleur, être entouré, j'ai tout cela. Et ils ne doivent rien faire de plus, rien faire de moins…
 
Juste prendre le temps de dire « Je t'aime! »

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En complément à ce texte, plus personnelle, la lettre écrite à mon ami Jean-Paul Lapointe et publiée ICI.

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Progrès-dimanche

Dimanche 17 septembre 2006

Symposiums et Route de la Maestria

Fidèle au rendez-vous


Laforge, Christiane


Chicoutimi - En suivant la Route de La Maestria, laquelle depuis vendredi mène les pas des amateurs d'arts visuels dans le secret des ateliers des quinze artistes de cette association, on aboutit inévitablement sur la rue Comtois du secteur nord de Chicoutimi. La porte blanche s'ouvre sur le monde coloré du peintre Jean-Paul Lapointe. Quelques marches à descendre avant de découvrir, dans un ordre impeccable, les toiles les plus récentes de cet autodidacte qui a fait ses classes depuis longtemps.


Près du chevalet, des carnets de croquis révèlent quelques esquisses de paysages familiers. Les petits villages du fjord Saguenay, la région de Charlevoix, espaces, montagnes, forêts, routes de campagne et voies navigables, c'est tout un pays qui danse sous ses coups de crayon.


Le garçon de douze ans qui aimait flâner devant la vitrine d'une galerie d'art, rêvant de pouvoir un jour maîtriser les couleurs, a fait un long détour, via le milieu de la santé et la vente avant d'exposer ses premières toiles. C'était à l'Hôtel de Ville d'Arvida, sous les conseils et l'œil averti de Claire Frêve. Aujourd'hui, ses toiles se vendent dans plusieurs pays du monde, il a présidé tous les grands symposiums, son nom a été donné à des prix de reconnaissance, dont le Prix Jean-Paul Lapointe, remis à celui qui est considéré par ses pairs comme étant le plus rassembleur au Symposium de Danville à Victoriaville.
Exubérance et luminosité


Grand admirateur du Groupe des sept, l'artiste en devenir des années 1970 subit leur influence bénéfique que remarque Jacques de Roussan dans Jeux de lumière et de rêve, livre illustré, consacré à l'œuvre de Lapointe, publié en 1990. Dans la préface, Gilles Vigneault raconte l'impression ressentie lors de sa découverte des toiles de Jean-Paul Lapointe, exposées à la galerie Zanettin de Québec: « ... C'est frais, c'est neuf, et en même temps comme serein... C'est comme d'entendre jouer, par un violoneux raffiné, une vieille gigue que l'on connaissait par cœur et qu'on redécouvre d'une façon qui donne le goût de danser... »


D'exposition en exposition, le peintre affirme l'originalité de sa palette, fortement inspiré par tout ce qui le fait vibrer. Grand sportif, les toiles sont l'expression de sa vitalité et de ses multiples expériences dont la voile et le ski souvent intégrés dans les paysages des régions qu'il chérit : Charlevoix, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord. « Je réinvente les paysages. Ce que je vois, je le transforme. Près de la moitié de mes paysages sont imaginaires. »


Homme entier, grand pacifiste et rassembleur, tout ce qui gravite autour de lui prend source à ses propres passions. Président d'honneur de nombreux événements, il a assumé la direction de certains regroupements d'artistes. Son nom, associé à la plupart des symposiums tenus au Québec, l'est aussi à plusieurs Fondations caritatives (Rêve d'enfant, Maison Notre-Dame du Saguenay, Fondation de ma vie, Croix Rouge, Pali-Aide, Sclérose en plaque, leucan). Il a conçu et dirigé le Symposium international de peinture Challenge Saguenay et, participé à la fondation de La Maestria qu'il préside depuis l'an 2000. Cette association régionale multidisciplinaire, fondée en 1998, regroupe encore aujourd'hui quinze artistes professionnels: trois sculpteurs et douze peintres.

Sa carrière


Depuis 1973, Jean-Paul Lapointe a réalisé plus de 50 expositions en solo au Québec, en Ontario, en France, (Paris et Angoulême), en Suisse, en Belgique (Bruxelles) et au Mexique.


Membre de l'Institut des arts figuratifs, de nombreux prix et distinctions ont souligné la qualité de son travail.


Ses toiles ont illustré de nombreuses publications de prestige et figurent parmi des collections importantes dont celles de la compagnie Alcan, Bombardier, Lavallin, Loto Québec, Téléglobe Montréal, Musée du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Musée Maria-Chapdelaine à Péribonka, La Compagnie Enixum de Montréal.

Son nom figure dans le dictionnaire Larousse 2006, Drouot cotation des artistes modernes et contemporains.

Photo Rocket Lavoie

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jeudi 12 janvier 2017

DE PÈRE NOËL À CASSE-NOISETTE, L'AMI PRÔNE LA MAGIE

https://drive.google.com/file/d/0B7m_CGeg3I_-U25HRjY3WG9fSTg/view?usp=sharing 
L'ami Vol.2 No 5 publié le 31 décembre 2016 
maintenant disponible. Cliquez sur la page.


Avec un peu de retard, nous publions le dernier numéro du journal L'AMI qui célèbrera sa deuxième année de publication le 26 février prochain. L'enthousiasme d'une petite fille de 7 ans, lors du premier numéro ne s'est jamais démenti. Pour le prochain numéro, si tout se passe bien, Élika va frapper fort. Ce sera à découvrir bientôt.

Autre nouveauté, le journal L'AMI a maintenant sa page Facebook. Nous vous invitons à vous y abonner pour suivre le cheminement de cette jeune rédactrice en chef dont la persévérance nous réjouit.

Dans cette édition du 31 décembre, Élika défend la cause des petits-enfants qui, exprime-t-elle, ont besoin de magie.

L’AMI évolue

À la grande joie d’Élika, L’AMI a doublé de volume. C’est qu’elle tenait absolument a aborder deux sujets majeurs et temporels. Le spectacle Casse-Noisette qu’elle me réclamait depuis 2 ans. Et exprimer sa pensée concernant le Père Noël et tout ce qui s’y rattache. Bien sûr, Élika aime les cadeaux. En recevoir et en faire. Elle est une enfant qui a le sens de la fête. Oui, elle sait qu’il existe de la douleur, de la maladie, de la pauvreté, des enfants qui vivent dans des pays en guerre. Mais elle sait aussi que l’amour existe, l’entraide, le partage et le bonheur. Elle est la grande sœur d’une famille de 4 enfants. Et elle veille sur les plus jeunes afin qu’ils puissent, comme elle, apprendre que l’amour, le partage et le bonheur existent, ainsi que la magie de croire qu’il y a des fées, des lutins et un Père Noël, symboles d’un monde où on peut croire que la bonté et le désir de faire plaisir embellissent certains jours. Comme il lui était, à 9 ans, encore difficile d’écrire un exposé de ses pensées, nous avons opté pour une entrevue entre elle et moi. J’ai veillé à ce que mes questions ne soient pas tendancieuses.

Pour lire tout le contenu du journal, cliquez sur la page couverture de l'AMI.




 
 

mercredi 21 décembre 2016

DOMINIQUE LÉVESQUE EST MORT EN VIVANT... CE QU'IL VOULAIT.



© Radio-Canada / François Lemay | Dominique Lévesque

 Avec tant de tristesse, j'apprends ce soir la mort de Dominique Lévesque. Je l'ai connu à Jonquière, journaliste découvrant la fougue et la verve du futur Groupe Sanguin qui allait procréer des humoristes de grands talents. Que l'on pense à Dany Turcotte, Émile Gaudreault, Marie-Lise Pilote.

Dominique Lévesque est mort vivant, en pratiquant un de ses sports favoris au Honduras, la plongée en apnée. Ce n'est pas de l'humour. Ce n'est pas de l'ironie. C'est la vie. C'est sa vie.

Lors d'une entrevue mémorable, il m'a justement confié cette vie qui était la sienne et sa farouche volonté de ne pas mourir idiot. Préférant mourir que de se freiner. 

En mémoire de Dominique, je me permets de publier le reportage qui en a découlé, publié dans le cahier des arts du progrès-Dimanche.  On y retrouve toute sa sensibilité, son amour des mots et ce défi lancé à la vie : être aimé. Il a vaincu l'apparence pour démontrer la puissance du paraître.

Dominique, que cette modeste page puisse te dire, au-delà de tout, mon affection et mon admiration.


Entrevue réalisée pour le Progrès Dimanche  en 1999.

par Christiane Laforge

CHICOUTIMI (CL) - Blessé par les moqueries des autres enfants, timide et très seul, Dominique Lévesque a trouvé très jeune des alliés d'une fidélité indéfectible : les livres.  Sa curiosité insatiable, alimentée par un père qu'il aime infiniment, a fait de lui un boulimique du « connaître » et un adorateur des mots.

« Le pouvoir le plus fort c'est les mots.  Tu peux tuer, tu peux tout faire avec les mots.  Avec les mots, combien tu peux être assassin dans ta vie, dans ton couple, dans tes amitiés.  À ce sujet, Jean-Paul Sartre avait raison. » 

 L'humoriste, révélé par le Groupe Sanguin qu'il a créé à Jonquière avec plusieurs de ses élèves et réputé pour ses personnages enfantés pour Lévesque & Turcotte, carbure au travail.  Il a trouvé le secret des journées de trente-six heures. Le cerveau en ébullition, qui lui fait dire « J'ai des orgasmes avec les idées », il ouvre grand les bras pour saisir la planète.  

Il est rédacteur et concepteur pour plusieurs émissions de télévision (Les Mordus, gala de La Presse, bientôt gala Métro Star et plusieurs autres projets pour l'an 2000), metteur en scène, comédien (Virginie, Le Coeur au poing), homme de scène depuis quinze ans (Groupe Sanguin, Lévesque & Turcotte) applaudi par des centaines de milliers de spectateurs.  Il navigue sur Internet  autant qu'il peut (c'est-à-dire beaucoup) jusqu'au fond des forêts australiennes où il vient de découvrir l'existence d'une tribu préservée de la modernité, entre deux joutes de méli-mélo sur Infinite avec des concurrentes coriaces, tout en communiquant avec les nombreux visiteurs du site Lévesque & Turcotte dont plusieurs alimentent leur répertoire, tout en plongeant dans la lecture. Ouf! 

De passage pour deux représentations du spectacle Lévesque Turcotte arrivent en ville, il avoue : « Je n'ai apporté que cinq livres avec moi: La baignoire d'Archimède, Le loup est un loup, un livre sur les scientifiques à travers l'humanité, un autre sur les grandes tragédies humaines. » Après quoi court-il donc, lui qui avoue être incapable de s'arrêter, ne pas le vouloir non plus ?  « On me dit souvent, qu'à ce rythme-là, je me tue.  Peut-être, mais j'ai tellement peur de mourir idiot.  Je préfère mourir que de me freiner. »  Conclusion: il veut mourir vivant. 

On est loin du gars drôle, ironise-t-il, un peu agacé face aux gens qui attendent d'un humoriste qu'il soit un clown permanent.  Il n'est pas non plus le gars fatigué qui a tant fait rire les Québécois.  Dominique est davantage une boule d'énergie, dévorée par la curiosité autant que par le trac. 

Pour la curiosité, sa passion des livres, les immenses possibilités d'Internet ont de quoi le satisfaire.  Pour le trac, c'est une toute autre histoire.  Cela va jusqu'à le rendre malade et malheureux au point d'avoir annoncé que le spectacle Lévesque Turcotte arrivent en ville serait le dernier.

 « J'ai même fait une psychothérapie.  Cela vient de quelque part.  En fait, croit-il, le trac s'est installé avec la prise de conscience du succès, de l'amour du public et de la peur de le perdre. J'ai tellement besoin d'être aimé.  Je ne peut pas supporter qu'on ne m'aime pas.  C'est viscéral.  Ce que je vais chercher avec le public c'est l'amour.  Les applaudissements ça me dit que j'existe.  Le public, ça te permet d'avoir une valeur émotive. »

Et pourtant il voulait quitter la scène.  Une perspective remise en question.

« Ce qui m'arrive, c'est que j'ai remis toute ma vie en question.  Depuis trois mois je suis séparé de ma blonde.  Je n'ai rien vu venir.  On était ensemble depuis seize ans.  Cela me remet en question parce que j'ai besoin d'amour.  L'amour ça me permet d'exister.  Être aimé, pour moi, c'est ça qui me garde en vie. »

 Dominique Lévesque reconnaît avoir de la difficulté dans ses relations humaines.  Il est prudent et très sélectif parce qu'excessivement vulnérable.  Par contre, il veut s'investir pleinement dans sa relation avec ses deux enfants, Philippe, six ans, et Rosalie deux ans.  

« J 'avais décidé que je n'aurais jamais d'enfant.  Avec des enfants, ta vie change de tout au tout.  Maintenant je veux être pour eux le meilleur des pères. Quand je suis avec eux, rien d'autre n'existe.  Je me rends totalement disponible.  C'est mon père qui m'a appris combien la présence de l'adulte est importante.  J'ai tellement de souvenirs de mon père, de tout ce qu'il m'a appris.  Mon père, c'est le meilleur ami que j'ai eu au monde. »

 La personnalité de Dominique prend racine dans le meilleur et le pire de son enfance.  Le meilleur: une grande famille de huit enfants, une mère courageuse et solidaire des choix de son mari, un père passionné qui a quitté son emploi de débardeur, à 43 ans, pour aller à l'université décrocher un diplôme d'enseignant.

Le pire, un handicap physique, « J'avais les yeux croches » qui provoque les moqueries cruelles et le rejet.  « J'étais le seul de la famille qui n'avait pas d'ami.  J'étais complexé, très timide, très renfermé.  Je n'étais pas capable d'accepter ce que j'étais.  Je détestais l'école, j'étais dernier de classe.  Le seul copain que j'avais était aussi seul que moi parce qu'il était bègue.  À nous deux on était la Cours des Miracles.  La pire des choses, c'est quand j'ai appris que mes parents payaient des enfants pour qu'ils jouent avec moi.  Ils leur donnaient des bonbons pour que je sois moins seul. »

Cette souffrance lui a ouvert la porte des bibliothèques.  Son refuge et la source inépuisable de ce qui est devenu sa vie : les mots. 

 « Je suis un amoureux des mots.  Je me suis construit avec les mots.  L'humour, ce n'est pas vrai que c'est la facilité.  Le summum de la langue c'est la poésie et l'humour.  C'est ce qui est le plus difficile à maîtriser d'une langue étrangère.  C'est le dernier bastion à atteindre quand tu veux communiquer.  »

Dominique Lévesque et Dany Turcotte

Un trac maladif

 Dominique Lévesque, l'infatigable père du célèbre « gars fatigué » remet en question sa décision d'abandonner la scène.  Il voulait mettre fin au tandem Lévesque & Turcotte, malgré leur succès, pour deux raisons : le trac maladif qui s'empare de lui avant chaque représentation.  Les nombreuses autres occupations professionnelles qui suffisent amplement à sa sécurité financière.

 Il écrit pour la télévision et il est très sollicité.  Voilà deux fois qu'il refuse une offre d'Hollywood.  On lui demande de faire la scénarisation d'une bande dessinée.  « Je leur propose des scripteurs, je leur explique que je n'ai pas le temps.  Il s'agit de trois cents dessins animés de cinq minutes.  Cela fait deux fois que je dis non mais c'est moi qu'ils veulent.  Je dirais non une troisième fois.  C'est un travail d'une année à temps plein.  Je ne peux pas tout laisser pour ça.  Il y a beaucoup d'argent en jeu mais je ne pense pas que ça vaut la peine. »




Il préfère le projet d'écriture des éphémérides de La Presse pour Jacques Moisan; un autre pour un programme d'une heure sur l'écologie; sans oublier qu'il est le concepteur de l'émission télévisée Les Mordus avec André Robitaille.
De plus, il y a son association avec Dany Turcotte.  Quinze années partagées, d'abord comme membre du groupe Sanguin et, depuis huit ans, en duo  sous le nom de Lévesque & Turcotte.  Entre eux, c'est une grande amitié.  Si Dominique décidait, finalement, de renoncer à monter sur scène, cela ne mettra pas fin à leur collaboration.  « J'écrirai pour lui.  Je travaillerai avec lui. »

 Ce qui lui plaît en Dany, c'est son humour et sa manière de prendre la vie.  « Il est l'opposé de moi.  Lui, ça lui suffit Lévesque & Turcotte.  On est ensemble depuis si longtemps.  Quand on est en tournée, on est tout le temps ensemble, on fait tout ensemble.  On se connaît autant qu'un couple. »

Les affections de Dominique Lévesque sont puissantes et tenaces.  Comme son appartenance à sa région. Il est né à Bagotville.  Et malgré une enfance solitaire, il est possédé par sa terre natale.  Après l'université, son père a trouvé un poste d'enseignant à Thetford Mines.

« J'étais tellement malheureux de partir.  J'ai emporté un peu de sable de La Baie dans un petit contenant.  Je l'ai gardé longtemps.  Jusqu'à ce qu'il soit cassé. »

 Ce sentiment d'appartenance au Saguenay est un trait commun à de nombreux Bleuets, qu'ils soient d'origine ou d'adoption.  « Ce n'est pas de la nostalgie que l'on a.  On continue d'être habité par la région.  Chaque fois que je reviens, je la trouve plus belle.  Tu peux jamais t'en séparer.  Elle est toujours là, à l'intérieur.  Même après quinze années à l'étranger. »

 De son exil à Thetford Mines, il garde le souvenir de sa revanche.  « J'ai tellement passé de temps dans les bibliothèques, j'ai été tellement seul, que je suis devenu premier de classe. »  Tellement performant en études que son père l'avait convaincu d'entrer en médecine.  « Moi qui déteste tout contact avec la mort ou la maladie ».

Il a bifurqué vers la biochimie, « j'aime tout ce qui est scientifique ».  Finalement il a exploré la psychologie, « alors que je n'aime que les sciences exactes », l'animation culturelle et le théâtre.       « Je voulais devenir chansonnier. »

 Il s'est retrouvé professeur à Jonquière, adepte inconditionnel des ligues d'improvisation jusqu'à la création du groupe Sanguin.  Il a constaté, à ce moment, que lui, le rejeté, le solitaire, celui dont on se moquait, était devenu un rassembleur, un être autour de qui les autres gravitent.  « C'est ma vengeance.  Je m'étais juré qu'un jour je serais aimé. »

 À 46 ans, il se reconnaît très cartésien.  Obsédé par le besoin impérieux de connaître ce qu'il utilise.  « La meilleur façon de conjurer ton angoisse, c'est de connaître, d'avoir le contrôle.  Je n'aime pas ce qui n'est pas exact.  C'est noir ou c'est blanc. »





 Groupe Sanguin : Émile Gaudreault, Dany Turcotte, 
Bernard Vandal, Marie-Lise Pilote et Dominique Lévesque





   
   

lundi 7 novembre 2016

L'AMI INTERROGE LES GRANDS-PARENTS

L'AMI format PDF disponible ICI





L’AMI grandit

  Élika commence à développer un véritable sens journalistique. Bien sûr, ses préoccupations font partie intégrante de ce qu’elle vit.  Elle a consacré plusieurs numéros aux personnes les plus près d’elle. Puis à celles qui suscitent son admiration, comme Atchoum et Maxime Desrosiers. Elle a plusieurs fois écrit sur ce qui la passionne : les opérettes de la SALR et ce depuis qu’elle a 3 ans, ainsi que la danse et le karaté. Puis, ce fut son expérience théâtrale, dans le rôle de Léa-Rose de La Maison coupée en deux, présentée l’été dernier à Saint-Fulgence.

Cette fois, elle aborde d’une autre façon la conception de son journal L’AMI. Elle fait des entrevues. Pour réaliser son reportage sur les grands-parents, elle a fait des entrevues en tête à tête et plusieurs entrevues au téléphone.

Pour son résumé en page 2, elle tenait à l’écrire seule, directement sur le document Pages. Je n’ai été requise, à la toute fin, que pour vérifier l’orthographe. Pour sa page 4, elle a opté pour la formule questions-réponses. Là encore, personne ne devait écouter les enregistrements.

Quand au mini-reportage sur l’Halloween, Élika a énuméré ce qu’elle voulait en dire. Ajoutant : « Avec tout ce que je t’ai dit tu devrais pouvoir faire un résumé correct. »
Je me suis sentie simple journaliste face à son rédacteur en chef.
Que du plaisir… et du travail!



Bref historique de L'AMI

Le journal L'AMI a été créé en février 2015.  Le but était de faire vivre à une petite fille de 7 ans une aventure spéciale, c'est-à-dire, devenir journaliste et même rédactrice en chef. Je m'attendais à ce qu'elle y prenne plaisir, car elle aime les livres et inventer des histoires. Elle pose beaucoup de questions. Des qualités très utiles en journalisme. Je m'attendais à un enthousiasme certain, mais qui se limiterait, avec le temps, à quelques numéros. 

En 11 mois, Élika a réalisé 9 numéros de son journal L'AMI (ce nom qu'elle a elle-même trouvé). En 2016, le nombre se limitera sans doute à 5 numéros. Ce n'est pas faute d'intérêt de la jeune rédactrice. C'est surtout son éditrice et monteuse de page qui n'a pas su répondre à la demande. 

Dans son cahier de notes, Élika, aujourd'hui 9 ans, a déjà plusieurs thèmes au programme. Elle insiste aussi pour augmenter le nombre de pages. J'ai l'impression que L'AMI a un avenir.

J'en profite pour remercier tous ses lecteurs. Ses abonnés fidèles depuis le début à la copie papier  et ses lecteurs « Numéricains » qui téléchargent son journal et partagent leurs commentaires. C'est une des grandes motivations d'Élika. 

J'ajouterai, que ce journal demeure le travail de sa jeune rédactrice. Comme dans tout média, le pupitreur corrige les erreurs, mais il y a peu ou pas d'interventions pour influencer le contenu.




L'AMI fera-t-il des petits?

La semaine dernière Élika est arrivée, très fière d'elle, avec un récit, fort bien tourné. Je n'ai pas pu me taire.

- C'est une belle histoire ma chérie. Bien construite. Touchante. C'est comme dans un livre.
- On pourrait en faire un, réplique-t-elle les yeux brillants.
- Un livre?.... Oui. C'est possible. Un livre avec des illustrations.
- Sur la page couverture?
- À l'intérieur aussi. Mais il te faudrait trouver une personne qui dessine bien.

Quelques jours plus tard elle me revient:
- Mamieke, c'est le plus beau jour de ma vie. Je crois que j'ai trouvé mon illustratrice. Tu sais, pour mon livre.
- Ah!!!
- J'ai une amie qui dessine. Mais avant il faudra que je vois si ses dessins sont bons pour mon livre.
- Évidemment. Sinon, tu chercheras encore.
- Mais si c'est bon, qui va l'éditer? 
- .... Ça c'est une grande question.
- Est-ce que moi je peux ?
- Publier ton livre?
- Non, créer un éditeur?
- Créer une maison d'édition.
- Je pourrais?
- Tu peux tout.
- Il me faut quoi?
- Un nom d'éditeur pour commencer.
- Panda.
- Les éditions Panda?
- C'est beau hein?
- Oui, mais peut-être que cela existe déjà. Alors il faudra trouver un autre nom.
- Attends, je vais faire une recherche, dit-elle en inscrivant ce nom sur Google.
- Oupsss!
- Ça existe fait-elle dépitée. Attends, je fais une autre recherche. Elle tape trois mots. Résultat négatif. Toute souriante elle me recommande la plus grande discrétion pour ne pas se faire voler son idée.

Je pressens que cette enfant me prépare des lendemains très occupés.









mercredi 2 novembre 2016

LE MANTEAU ROUGE, UNE PARTIE DE MON HISTOIRE




Le manteau rouge



Le rouge est sa couleur préférée. Lorsqu’elle endosse ce manteau rouge elle se sent comblée. Elle n’aura plus cette sensation de froid qui traversait le vêtement usé à la corde tout en se sachant, enfin, élégante. Dur d’affronter les marques de sa pauvreté et de cet abandon, voire cette indifférence, de sa famille qui ne vient même pas la chercher lors des vacances de Pâques et encore moins la visiter les fins de semaine dans ce pensionnat où se languir de sa famille les indiffère. Elle a 11 ans.



Elle marche dans la cour de récréation sans se douter que ce bref bonheur vestimentaire va prendre fin brutalement lorsque la fille aux cheveux blonds s’approche d’elle. Pas mesquine, elle dit à voix basse : « C’est mon manteau. Maman l’a donné pour les pauvres. C’était mon manteau préféré. Ne crains rien, je ne le dirai à personne. » Ce même jour elle avait chaud d’un manteau rouge et d’une amitié naissante qui la trahira.



Ce même jour, elle se jura ne jamais avoir honte de son apparence, de tout signes extérieurs ne dépendant pas d’elle. Ce jour -là, elle devint imperméable au regard des autres. Sous le rouge d’un manteau usagé marchait une petite fille libre à jamais de l’opinion des autres.



Le rouge est sa couleur préférée. Dans ce collège que fréquentent filles de notables ignorant tout de la pauvreté, elle se protège du vent d’hiver vêtue d’un court veston molletonné rouge. Avec l’argent gagné par des travaux du soir comme gardienne d’enfants, elle a acheté cette veste neuve pour 10$. Tous les hivers de ses études collégiales, elle ne portera que cette veste matelassée, qui a fini par être démodée,  sans jamais se soucier de ce que les autres pouvaient penser.

Le temps a passé. Un jour, une ancienne compagne d’étude lui avoue l’admirer pour cet esprit libre de l’opinion des autres. Sa veste rouge était perçue comme une volonté de non conformisme qui suscitait l’envie des conformistes. Elle a bien ri, dans le secret de sa mémoire, sachant que cette fameuse veste, comme le manteau rouge, n’étaient que la conséquence d’une pauvreté cachée.


Le rouge est sa couleur préférée. La liberté est son mode de vie. Ce que pensent les autres l’indiffère.





 

mercredi 21 septembre 2016

L'AMI questionne ATCHOUM

  Avant propos

Orage sur Océan se fait de moins en moins présent dans l'actualité. Paresse de son auteur ou difficulté de trouver les mots? Il y a tant de sujets qui me brûlent que je me consume en silence. Ma tête ou mon esprit avait besoin de prendre ses distances avec les mots qui se bousculent dans les cris de mon désarroi alors que nous sommes confrontés à l'ère d'une incroyable vacuité.

Alors, je me tourne vers ce qui m'aide à garder espoir. La jeunesse. 

C'est pour cela que je me réjouis de savoir mon Élika qui vient de célébrer ses 9 ans persévérer dans la rédaction de SON journal L'AMI, créé en février 2015. Le lancement du Numéro 3 de la deuxième année, a été officiellement lancé le 17 septembre à Sainte-Rose-du-Nord lors d'un fiesta automnale en compagnie de ma filleule.

Dernière vérification avant le lancement


Claudine, ma filleule

Petit tour de table en passant par papa



Tante Léola, une grand fan de L'AMI

Papa et maman scrute le travail de leur fille


Oncle Christian ne rate pas une seule page.

Petite cousine Stéphanie et Cousin Luc en pleine lecture




mercredi 17 août 2016

LA MAISON COUPÉE EN DEUX RACONTÉE PAR ÉLIKA LAFORGE, COMÉDIENNE DE 8 ANS






L'AMI disponible ICI

Quand se refermeront les murs de la maison coupée en deux, ce théâtre  d'été original où la municipalité de Saint-Fulgence suit Jimmy Doucet dans sa belle folie pour une troisième année, Élika pensera déjà à la saison 2017. Notre jeune rédactrice en chef du journal L'AMI, qui en est à sa deuxième année, a interprété le rôle de Léa-Rose avec bonheur.

Cette expérience théâtrale est tellement importante pour notre rédactrice comédienne qu'elle en fait fait l'unique sujet de L'AMI publié le 29 juillet 2016. Elle espérait le remettre en main propre à l'auteur et metteur en scène Jimmy Doucet. Peut-être y parviendra-t-elle cette semaine. 

Il ne reste que deux représentations, soit jeudi et vendredi, de cette production joyeuse que décrit avec éloge Dominique Gobeil dans le journal Le Quotidien du 7 juillet dernier. Le bilan en confirmera certainement le succès, sachant que plusieurs représentations ont fait « parterre » et « estrades » combles.


Élika Laforge dans la Maison coupée en 2
© Andrée-Anne Lachaine photographe

ENTREVUE AVEC ÉLIKA

Pour ce numéro spécial de L'AMI, Élika a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses entre Christiane et Élika.

C. Pourquoi voulais-tu tellement jouer du théâtre?

É. Parce que j’aime jouer au théâtre, j’aime parler à des personnes, j’aime raconter des histoires.

 
Q. Qu’est ce que tu aimes dans La Maison coupée en deux? 


É. J’aime les légendes. J’aime les histoires où il y a de l’action. Et là, il y a des loups, des monstres, un diable, de drôles de personnages.

 
Q. Qu’est-ce qui est le plus difficile?


É. C’est d’ajuster notre voix. Parce qu’il faut parler assez fort. Il faut apprendre à pousser notre voix. Au début je parlais trop bas.

 
Q. Qu’as-tu appris qui t’est utile en faisant du théâtre?


É. J’ai progressé pour m’exprimer. Je parle plus fort. J’ai fait des progrès pour bien articuler.


Q.Quels sont tes personnages préférés?


É. Mes favoris sont le personnage de Bernard par Christian Ouellet et de Réjeanne jouée par Joëlle Leblanc.


Élika mémorise son texte
© Andrée-Anne Lachaine Photographe


 Les petits loups attendent l'attaque. © Andrée-Anne Lachaine Photographe


    Beaucoup d'animation dans cette pièce de théâtre
© Andrée-Anne Lachaine Photographe
  

samedi 28 mai 2016

À JEAN-MARIE LAFORGE POUR TON ANNIVERSAIRE : UNE GERBE DE SOUVENIRS



Jean-Marie et Christiane 




Jean-Marie.
 

Il y a comme ça, des prénoms dont le sens se multiplie. Jean-Marie c’est complicité, tendresse, encouragement, confiance, certitude, fidélité, authenticité. Trop pour un seul homme pourrait-on dire à tort. Et pourtant, qui connaîtrait mon frère comme je le connais, prétendra que j’en oublie. 

Jean-Marie, j’ai dû l’aimer avant de savoir la force de ce sentiment puisqu’il fait partie de ma vie depuis ma naissance. Enfants nous étions les meilleurs complices, parfois au grand dam de notre mère qui n’a jamais su lequel de nous deux trouvait toujours  les coups pendables à faire. Jean-Mi ne m’a jamais trahie.  
 

Jean-Mi, peu avant notre départ de la Belgique pour venir au Québec

Notre enfance c’est la Belgique avec nos derniers souvenirs encore vivaces du bord de la Meuse. Puis, il y a eu le grand départ. La déchirure. Tiraillés entre deux mondes nos liens se sont encore resserrés. Nous avons partagés la violence d’un océan. Nous avons partagés Montréal,  la rue Jeanne-Mance et sa ruelle, l’intégration obligée dans des écoles où nous étions une minorité audible et, plus que tout,  l’assiduité à l’école buissonnière… au grand dam de notre mère qui n’a jamais su lequel entraînait l’autre. Je ne t’ai jamais trahi mon frère.

Montréal, rue Jeanne-Mance, Jean-Marie, 
Yvonne notre cousine, Christiane, Ida (notre mère), Christian, Thérèse (notre tante).


Nous avons grandi, as de la résilience, l’un confident de l’autre, quelquefois rivaux, plus souvent protecteurs.  


Jean-Mi, c’est le garçon de 14 ans qui, en plein hiver, marche de Chicoutimi-Nord  jusqu’au Pensionnat St-Dominique de Jonquière pour apporter à sa sœur les livres d’école oubliés afin de lui éviter une réprimande.


Jean-Mi, c’est le jeune homme qui explique à sa jeune sœur comment décoder l’esprit des garçons trop empressés.


C’est l’homme précurseur qui me fait découvrir Pauline Julien en même temps que Simone de Beauvoir.


C’est le nouveau père qui me confie qu’il n’existe rien de plus extraordinaire, rien de plus fort que de prendre son enfant nouveau-né dans ses bras. Il ne sait pas qu’en partageant avec moi ce qu’il est, il m’a aussi appris à grandir, à m’ouvrir à l’autre.
Ensembles en 1978, Jean-Marie Laforge pour le lancement de son recueil de caricatures publiées dans Le Quotidien, Christiane pour le lancement de son roman Au-delà du paraître.


Mon frère, tu as été présent même dans l’éloignement, même dans les silences. De tous les temps, tes joies ont été miennes. Tes larmes ont coulé dans mon cœur inquiet. Tes doutes ont bouleversé mes certitudes. Tes enthousiasmes ont accru les miens. Et je peux témoigner que les années accumulées n’ont fait qu’anoblir ce lien fraternel.


J’en mesure la valeur. J’en comprends le sens. Le temps ajoute à nos années cette patine qui accentue la beauté des œuvres d’art. C’est pour cela que je veux te dire, maintenant, ici,  que  non, chaque année qui passe, ne nous a pas fait vieillir … hormis le corps hélas!... nous sommes tout simplement jeunes depuis longtemps. Et c’est un privilège.


Hier, j’anticipais avec émotion le moment où tu découvrirais que, franchissant la distance, nombreux nous étions à vouloir te dire à quel point tu es important pour chacun de nous. Jean-Marie, susciter un tel élan d’affection témoigne de ce que tu es. 
Aujourd’hui, Jean-Mi, mon frère, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour.  

Christiane
21 et 28 mai 2016

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Ce texte aurait pu être beaucoup plus long. Il y a tant de vécu, tant de souvenirs, précieusement sauvegardés dans nos cœurs. De quoi écrire un livre. À défaut, pour ton anniversaire, voici quelques photos d'un beau moment partagé.




Les deux frères en deux temps. 
En haut, Jean-Marie et Christian, en bas Christian et Jean-Marie.

Jean-Marie Laforge, alors qu'il était le caricaturiste attitré au journal Le Quotidien, réalise en direct une caricature géante pour un tététhon  au profit de l'Association de la paralysie cérébrale Saguenay–Lac-Saint-Jean.



Il dessine, il peint et fait de la sérigraphie. 

Au lancement double du frère et de la sœur avec papa et maman :  Jean-Marie, Jean, Christiane et Ida.
Jean-Marie Laforge lors du lancement de son recueil de caricatures, avec Bertrand Tremblay, alors éditorialiste en chef au Quotidien et Charles-Julien Gauvin, journaliste.

René Girard, qui était maire de Chicoutimi , Christiane Laforge journaliste-écrivaine, Jean-Marie Laforge caricaturiste et Laurier Simard, maire de La Baie à l'époque.

Le maire René Girard taquinant le caricaturiste qui avait fait de lui son sujet de prédilection.


Jean-Marie Laforge démontre à Réné Girard qu'il n'était pas le seul à subir l'esprit caustique du caricaturiste. Francis Dufour, maire d'Arvida n'a pas été épargné.



Et pour terminer, 
toute la famille Laforge... au temps où ils étaient jeunes

Christian, Christiane, Jean, Ida, Jacques et Jean-Marie Laforge.



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