lundi 14 décembre 2015

L'AMI (vol.1 No 9) : Être une grande sœur





https://drive.google.com/file/d/0B7m_CGeg3I_-dldTMDNGX0M0ME0/view?usp=sharing
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 L’AMI, source de complicité


  Le temps consacré à la rédaction de L’AMI va en s’allongeant. Ce qui est un très bon signe de l’évolution de notre jeune rédactrice. Elle s’investit de plus en plus dans sa réalisation. Cela se traduit par la rédaction de ses textes qu’elle veut écrire elle-même sur le clavier à partir des ses notes résumant les idées maîtresses de ce qu’elle veut exprimer.

  Le thème de ce 9e numéro est sérieux. Comme la publication de L’AMI, coïncide avec le premier anniversaire de sa petite sœur Calielle, Élika voulait en faire sa vedette du jour. Tandis qu’elle écrivait ses sentiments à l’égard du 4e enfant de sa famille, sa position de « grande sœur » revenait sans cesse dans son discours. Je l’écoutais sans rien dire, mais pensant que ce serait un bon sujet pour sa chronique. 


De plus en plus souvent, je constate qu’elle devine ma pensée, car elle se tourne vers moi, disant :
    -    Je crois que je vais expliquer c’est quoi une grande sœur.
    -    Quelle bonne idée!
    -    Toi, est-ce que tu a été une grande sœur?
    -    Non, j’étais la plus jeune.
    -    C’est dommage! Tu ne sauras jamais c’est quoi. Et tu ne pourras pas répondre à mes questions.
    -    Mais Papili a été un grand frère, lui.
    -   
  Appelé à la rescousse, son Papili vient nous rejoindre. J’ai alors assisté à l’énumération, de l’un et de l’autre, sur ce que c’est que d’être l’aîné d’une famille. Un échange des bons et mauvais côtés dont j’écrivais la liste sur un tableau tandis qu’ils énuméraient, l’un ses souvenirs, l’autre sa réalité. Un moment de grande complicité!

***


Avis aux lecteurs

  Élika compte bien poursuivre cette aventure en 2016. Elle y consacre de plus en plus de temps et démontre un désir réel de participer à toutes les étapes de sa réalisation. Bien sûr, elle a encore beaucoup à apprendre, mais elle fait preuve d'initiative qui, multipliant le temps requis pour l'accompagner, n'en démontre pas moins qu'elle acquiert une plus grande autonomie.

 Vos encouragements lui sont précieux. Elle s'étonne encore que des « adultes » lui écrivent. 

  Pour compléter son dossier, êtes vous un grand frère ou une grande sœur? Si oui, quels sont les bons et mauvais souvenir reliés à ce statut? Si non, est-ce mieux d'être le ou la plus jeune? Et que dire de l'enfant du milieu.

L'Ami fera un condensé de vos réponses.


Élika Laforge travaille sur l'ordinateur de sa Mamieke pour rédiger ses textes.

  





lundi 30 novembre 2015

L'AMI No 8 EST MAXIME DESROSIERS DU GROUPE MORDICUS


Version PDF cliquez  ICI



Après un long moment de silence, L'AMI est de retour. Élika a bien raison de dire qu'elle travaille plus que moi. Si ce n'était de présenter son journal, je serais totalement silencieuse sur ce blogue. Je me le reproche, mais parfois on est comme cela, en panne de mots. Heureusement, j'ai de la relève. Voici donc le huitième numéro de ce journal commencé au printemps dernier avec ma petite-fille de 7 ans. Aujourd'hui, notre jeune rédactrice en chef a 8 ans. Et je dois reconnaître que sa première véritable entrevue est fort prometteuse.

La petite histoire du numéro 8

Après un été de camp de vacances, de voyages dans les Laurentides, d’un séjour ludique à Sainte-Rose-du-Nord où elle a inauguré SA chambre - « à moi [à elle] toute seule et il faut la permission pour y entrer » - ce fut le retour à l’école, la reprise des cours de danse et de karaté. Notre jeune rédactrice très occupée n’a pourtant jamais renoncé à son journal L’Ami. J'avoue que, jusqu’à ce jour, c’était son éditrice qui n’avait plus le temps de faire son travail. Ce temps si précieux…

  Quelques semaines après la rentrée scolaire, je vois Élika en train d’écrire dans son cahier de journaliste. Elle est tout heureuse de m’annoncer qu’elle a interviewé le prochain ami du jour.

- Et il m’a envoyé sa photo,  ajoute-t-elle, pour me convaincre d’avoir fait un travail sérieux.

Puis, nous parlons école. Élika me lance toute fière que son professeur d’anglais est un chanteur dans un groupe de musique. Bien sûr, je réagis, prête à lui dire « quel bon sujet ». La coquine m’a devancée. C’était justement le propos de son écrit. J’étais très fière de ma jeune journaliste. Bon réflexe! me suis-je dit.

- Je promets que dès que j’aurai le temps, nous allons nous consacrer à ce numéro spécial musique, lui dis-je.

Et le temps passe.

Oh! drame! L’enregistreuse qui contient son entrevue a disparu. Trop bien rangée dans le bureau de SA chambre. Mais tout est sauf. Elle a été retrouvée et ce numéro porte essentiellement sur Maxime Desrosiers et le groupe Mordicus.

***
En consacrant ce numéro à Maxime Desrosiers qui enseigne l'anglais à l'école Mont-Valin de Saint-Fulgence, Élika et ses collaborateurs veulent aussi rendre hommages aux enseignants. Ils ont un rôle important dans le développement de la personnalité de nos enfants. Leur influence est inestimable. 


À peine sorti des presses, les lecteurs dévorent L'AMI. 

Élika et sa Mamieke au lancement de L'AMI Vol.1 No 8
© Photo Andréa-Anne Lachaine photographie



 C'était le soir de la coupe Grey. Mais L'AMI lui a fait concurrence.
© Photo Andréa-Anne Lachaine photographie

Patrice Leblanc, un fan de L'AMI
Comme d'autres plus bas.
© Photo Andrée-Anne Lachaine photographie
 





lundi 24 août 2015

L'AMI EN MODE VACANCES, MAIS TOUJOURS ACTIF

Cliquer ICI pour accéder à la version PDF de L'AMI



L’Ami a la flemme


Élika avait plein d’idées pour le numéro 7. Elle avait surtout hâte de livrer le résultat de son dernier sondage. Elle adore faire des sondages. Cela vient d’une excursion de ski avec son Papili. Sur la route du Valinouët, une dame arrêtait les passants pour poser des questions. Intriguée, Élika a voulu savoir ce que c’était, pourquoi, pour qui, comment? Dès le lendemain, elle soumettait toutes les personnes de son entourage à un questionnaire sur les friandises. Depuis, c’est son plaisir et, si elle pouvait, L’AMI deviendrait un journal de sondages. Il faut dire que cela est plus facile que d’écrire un reportage. Et, avouons-le, en cette fin des grandes vacances, notre jeune journaliste a la flemme.

Se mettre au travail a demandé un peu de patience, mais elle ne s'est pas dérobée.
Quoique, une fois la chronique consacrée au sondage sur les animaux terminée, j’ai perdu son attention.

- Et le texte sur l’ami du jour? ai-je demandé.
- Isyëv.
- Oui, mais tu dois écrire le texte.
- Je ne sais pas quoi dire.
- Tu dis pourquoi tu l’as choisie comme amie du jour.
- Parce que c’est ma petite sœur.

La mascotte Doumou dans les bras, Élika tente d'échapper à la torture. Elle aimerait mieux aller jouer que d'écrire. Même si, la moindre allusion à l'idée d'abandonner le journal, lui semble inconcevable.

- Je l’écrirai demain, fait-elle sans trop de conviction.
- Comme tu veux. Et la pensée du jour?
- C’est ton tour, rétorque-t-elle.
- Non, c’est TA pensée du jour.

Après les yeux au ciel, quelques pirouettes et pas de danse, une tentative des yeux doux, elle lance :
- J’ai trouvé. Ce que tu as dit tantôt sur le bonheur.


Bon, me dis-je, au moins elle écoute.

- Oui, c’est bon.
 La pensée une fois en place, je poursuis sans pitié :

- Et ton texte sur tes vacances?
- T’es pas sérieuse?  fait-elle catastrophée.
- Bon, j’ai compris. Ce sera pour demain.

Difficile de ne pas rire à l'intérieur. 





On est « demain » quand j'écris ma chronique. Je l’attends.

Elle a tenu parole. J'ai accepté un compromis. Elle n'a pas dû écrit de texte sur papier, mais me dicter ce qu'elle voulait écrire. Au final, concernant le texte sur l'Amie du jour, j'ai trouvé que sa conclusion était formidable : « Je l'aime parce que je l'aime ».



Lancement de l'AMI No 7
Dimanche 23 août 
au refuge des Laforge
Saint-Rose-du-Nord

Élika, fière de son journal, Mamieke fière de sa petite-fille et la mascotte Doumou.
© Photo Andrée-Anne Lachaine

samedi 4 juillet 2015

DOUCES HEURES


Douces heures. Douceurs.

Deux jours intenses avec les petits-enfants. Les rires, les jeux.

 Élika, ma fille de mots qui a un sens de l'humour redoutable. Digne fille de son père qui saisit déjà les nuances. Enchantée de la mini-enregistreuse de journaliste, cadeau combien apprécié de Doris Maurais​ avec laquelle la rédactrice en chef de L'AMI a enregistré plusieurs entrevues.

Victor, petite boule d'énergie dont le charme lui vaut tant d'indulgence et qui précise les rangs de la famille : « Mamieke, tu es la maman de mon papa. Papili est ton amoureux et c'est pour ça qu'il est mon grand-papa; je suis le fils de ton fils et c'est comme ça que tu es ma grand-maman. »

Isyëv, mon ardente qui n'a peur de rien et me fait chavirer de ce regard si bleu inattendu. Elle saute d'une pierre à l'autre en bordure du terrain... et tombe. Larmes et douleur. Elle se blottit dans mes bras et raconte sa chute. On examine attentivement l'objet du délit. Cette roche pointue on va la bouder. On ne jouera plus dessus. Le temps de la consoler on va voir la plantation de framboisiers. Dans une journée, ses rires et ses larmes ponctuent sa passion de vivre intensément.

Calielle la souriante. Bébé de six mois qui me fait des sourires irrésistibles. Elle s'abandonne, si confiante, à tous les soins donnés. 

Arrivés hier. Repartis aujourd'hui. J'ai le cœur plein. Comme lorsque l'amour dépose dans vos bras un bouquet de roses.




lundi 22 juin 2015

L'AMI No 6 SPÉCIAL FÊTES DES PÈRES


L’Ami toujours présent


L'AMI No 6 maintenant disponible en format PDF


  La fin de l’année scolaire a peut-être retardé la sortie du Numéro 6 de L’AMI, mais du tout les ardeurs d’Élika. En mai dernier, nous avions parlé de sortir un numéro pour la fête des pères.

Vendredi, alors que j’étais de passage à la Maison heureuse, ma jeune rédactrice m’apostrophe disant être en train de faire un sondage pour son journal.

- Ah! finalement on sort un journal pour dimanche.
- Ben oui!, fait-elle comme si je n'en comprenais pas l'évidence.
- Il nous reste peu de temps. Tu as choisi L’Ami du jour?
- P.A.P.A. épelle-t-elle.
- Ton texte est prêt?
 - Dans ma tête.
 
Comme plus de 30 km nous séparent depuis que j’ai déménagé dans mon Refuge roserain, il est plus difficile de travailler ensemble sur le journal. Mais, je tiens à ce qu’elle garde l’initiative de L’AMI. Aussi, je lui demande la solution à ce problème de distance.
- Le téléphone, réplique-t-elle.

  J’aime son sens de la répartie. Jamais en panne cette petite.

C’est ainsi qu’en ce samedi 20 juin, parée pour l’arrivée imminente de toute la tribu Laforge-Leclerc pour une fin de semaine festive, je me retrouve à faire la mise en page de ce numéro 6 incontournable que nous complèterons demain,  en secret, avant la grande fiesta où enfants et petits-enfants auront trois papas à fêter.

Le dimanche, enfermées dans le bureau, Élika me propose quelques changements. Elle a plein d'idées et nous prenons conscience que 4 pages ne suffiront pas. Je dois brider ses ambitions, en lui faisant comprendre que c'est elle qui doit remplir les pages.

- Mais toi, tu n'écris pas beaucoup. Tu fais juste ta chronique.
- C'est toi la rédactrice.
- Mais je travaille beaucoup plus que toi.
- C'est un point de vie dis-je en souriant.
- Mmm...
-Et si on soirtait ton texte de ta tête pour l'AMI du jour.

Les premières phrases viennent aisément. Mais elle manque de concentration tellement elle voudrait parler de tant de choses récentes. Je plaide pour terminer ce premier texte avant d'entreprendre les autres.  Elle insiste pour dire que son papa est gentil, qu'il s'occupe bien de ses enfants. Je luis répète qu'on a déjà écrit ce passage. Alors je procède par questions. Et je ne peux m'empêcher d'éclater de rire quand, lui demandant à quoi elle pense en regardant son papa, elle répond : il gonfle la glissade d'eau.

Je comprends que dans sa tête d'enfant, l'instant présent domine. Pour Élika, en ce début d'été, l'installation des jeux extérieurs a été très importante.

Le No 6 aura été laborieux. Je la croyais fatiguée, mais une fois qu'elle a vu la copie papier, Élika était prête à entreprendre le No 7.

- Que dirais-tu d'attendre le mois prochain?

Finalement, nous nous sommes entendues pour jusqu'à mon retour à la Maison heureuse de Saint-Fulgence, en octobre, le rythme des publications ultérieures le soit à raison d'un numéro par mois.

Alors, à bientôt, en juillet.

***



mardi 12 mai 2015

L'AMI No 5 SPÉCIAL FÊTES DES MÈRES

Cliquer sur la photo pour accéder au format PDF



 
L’Ami intense
  
Élika ne lâche pas. Mardi dernier, après l’école, elle est venue me trouver pour travailler sur le prochain numéro de L’AMI.
– Je sais que tu as beaucoup de travail Mamieke, mais on n’a pas le choix de publier dimanche, parce que c’est la fête des mères et comme notre ami du jour c’est ma mère. Tu comprends? fait-elle en me regardant avec intensité.
– Oui, impossible de ne pas publier dimanche.
   
D'autant plus que l'amie du jour est sa maman. 

– Mais ça devrait être la fête des grand-mamans aussi, remarque-t-elle comme s'il y avait un oubli.
– Ça l’est, puisque je suis la maman de ton papa.
– Ben oui! rétorque-t-elle en se frappant le front. 
 
Plus tard, elle reviendra sur le sujet, disant que les petits-enfants devraient fêter leur grand-maman de façon spéciale. Oh!, moi, je suis pour. J'aime tant la fête.... et elle aussi.
 
– Mais ça vient d’où ça, la fête des mères? questionne-t-elle. Qui a pensé à faire une fête?
– Excellente question.
– Mais c’est quoi la réponse? insiste-t-elle.
 
Que puis-je lui apprendre de mieux, sinon développer ce réflexe indispensable à tout bon journaliste : chercher la réponse. Surtout que les personnes questionnées ne savent pas tout.

– Viens, on va aller faire une recherche, lui dis-je en allant vers l'ordinateur.
– Et je pourrai l’expliquer dans mon journal, conclut-elle.
– Bon réflexe de journaliste ma chérie. Je me réjouis de voir qu'elle fait le lien entre les questions et le partage de son savoir.

 Pendant que j’inscris l’objet de notre recherche sur Google, je l’entends rire. Elle a du plaisir à me prendre en faute (de frappe) sur le mot origine.
– Oups! fais-je en prenant une mine dépitée.
– Tu as écris porigine, lit-elle. Elle rigole, mais aussitôt me rassure.
– C’est pas grave, j’en fais moi aussi des fautes, me console-t-elle tandis que je sens sa main tapoter doucement sur mon épaule.

Dilemme
 
Le No 5 met en vedette la maman d'Élika. Mais elle se dit qu’on devrait avoir deux amis du jour, parce que son papa a vécu un grand moment à l’UQAC. Il a terminé un Baccalauréat en linguistique et un certificat en communications à l'Université et participait à la collation des grades le 2 mai dernier. Pour toute la famille, c'était un moment très important.
– Il a gagné, dit-elle toute fière. Il faut le dire.
Je suis bien d'accord avec elle, mais il ne peut y avoir deux amis du jour, faute d'espace dans ce petit journal de quatre pages.
– Tu écris la nouvelle et, plus tard, tu trouveras bien une raison pour qu’il soit la vedette. 
Une alternative qui lui convient.
– J’ai déjà ma petite idée, conclut-elle avec ce petit sourire qu'elle peut avoir quand elle est certaine d'avoir une bonne idée.
 
 

Le lancement
Voici le No 5, mais Élika devine que ce n'est pas là toute la surprise.
 
 
Pour chaque Numéro de L'AMI, toute la petite famille se réuni. Cette fois, le lancement officiel a été fait entre le plat principal et le dessert. Élika était très pressée de voir la réaction de sa maman. Mais nous avons été légèrement retardés par un invité surprise. Une fan de l'AMI a eu l'idée d'offrir à notre jeune rédactrice en chef une mascotte pour son journal. Un grand merci à Hélène Gaudreault pour ce beau geste qui a fait grand plaisir à Élika. 
 
Le nom de la mascotte sera annoncé à la publication du No 6. En attendant, voici quelques photos de l'évènement.














***

samedi 25 avril 2015

LES CLOWNS NOIRS, 10 ANS DÉJÀ !


À ne pas manquer, ce soir. Pour réserver, cliquer ICI

Qu'y puis-je? Les Clowns noirs m'ont séduite. Un coup de foudre ressenti, il y a dix ans, qui a évolué en une affection ne craignant qu'une chose : qu'ils disparaissent.

Jamais je n'oublierai ma première entrevue avec ce quintette. Leur folie contagieuse n'avait d'égale que leur authenticité, leur volonté d'exister... si possible sans concession.

Hier soir, j'ai assisté à la Prestigieuse cérémonie des Austères d'Or, ce gala très particulier, pur Clowns Noirs. Non pas gala du n'importe quoi, mais un gala de l'importe tout. Car derrière leurs pitreries, le comique dissimule bien des grincements de dents. Ils enrobent d'un miel rieur les coups de dents qui nous font pourtant rire... jaune.

L'autodérision est une de leur grandes qualités. Se moquant d'eux-mêmes, comment leur reprocher de se moquer de nous? Nous qui n'avons bien souvent d'autre choix que de coiffer le chapeau. Car, les Clowns Noirs dénoncent. Avec raison. S'appropriant, sous le masque, le célèbre trait d'Émile Zola : J'accuse. Car, tout comme à cette époque, le mensonge, l'hypocrisie et la lâcheté sont, hélas!, encore notre réalité.

Entendre les Clowns Noirs, serait-ce de savoir encore vivante notre capacité de ne pas se soumettre?


Les trophées des Austérités d'or


À défaut d'un trophée, qui leur a échappé à la dernière minute, entre les mains talentueuses de leur complice de longue date,  j'ai rassemblé quelques uns de mes écrits les concernant. Qu'Orage sur Océan soit la mer où naviguent le souvenir de ces dix années ponctuées des Clowns Noirs.
 
2011 – Mon article dans Zone occupée


Inclusion/exclusion
Les Clowns Noirs

Les Clowns Noirs, c’est l’improbable devenu l’incontournable. Ils sont au théâtre comme un nordet vivifiant fouettant l’indolence citoyenne qui retrouve une voix tonitruante pour clamer sa révolte. C’est bien là le coup de maître des Clowns Noirs : réaffirmer la vocation pamphlétaire du théâtre, armer les mots d’humour cinglant. Tant et si bien que les rires favorisent l’inclusion du public dans ce tir répété contre l’exclusion des artistes de la pensée politique.

Peut-on vivre du théâtre en région? Auraient-ils voulu trouver une réponse à cette question en surgissant du Faux Coffre l’année 2005, les cinq comédiens ne pouvaient mieux nous confronter à la vraie question : peut-on vivre sans théâtre en région?

Certes non, réplique-t-on dans un cri unanime. Et pourtant, rétorquent à leur façon Trac, Diogène, Grossomodo, Contrecœur et Piedestal, ce sont les comédiens qui en paient le prix.

Dès leur toute première production, La Farce de maître Pierre Patelin, le caractère unique et authentique du Théâtre du Faux Coffre s’est campé sur la scène régionale. Leur parodie de ce grand classique repose sur un jeu de scène où le talent n’exclut pas l’irrévérence, où le propos mordant s’allie à l’humour pour décrire la précarité des praticiens de l’art et la surdité, voire la vindicte de l’anti culture manifeste d’une certaine opinion publique qu’il surnomme dans leurs pièces « la brigade anti-culture ».

Si leur esprit vit et vibre du théâtre, les comédiens en région acceptent d’en survivre seulement. Les Clowns Noirs n’en font pas pour autant l’essentiel de leurs propos, plongeant plutôt, et sans retenue, dans une réalité socio-politique-culturelle qui nous concerne tous. Théâtre miroir, le Faux-Coffre reflète les vérités pas bonnes à dire. Théâtre engagé, oh! combien!, dont la force réside dans une haute voltige ludique où cohabitent avec bonheur l’esprit de répartie et le burlesque, l’humour noir et la pirouette hilarante.

Leur succès tient à la forte personnalité des personnages. Chaque clown endosse des caractères bien définis, caricatures amusantes et si drôles qu’elles autorisent des libertés là où d’autres seraient taxés d’excès. Diogène (Martin Giguère), l’intellectuel de service; Trac (Patrice Leblanc), preux chevalier brandissant son bâton toujours prêt à pourfendre les ennemis du bien; Piedestal (Pascal Rioux) le souffre douleur de ses acolytes, l’incarnation du mal-être absolu; Grossomodo (Pierre Tremblay) le naïf et pourtant ingénieux débrouillard; Contrecœur (Éric Laprise) l’endormi permanent, paresseux qui titille la patience des autres. Chacun joue tel un instrument de musique, quintette trouvant son harmonie dans le chaos. Cacophonie explosive sur le rapport de l’art et de son milieu, sur l’indépendance de la pensée de l’artiste et sa dépense de l’organisme culturel qui le soutient.

Si l’autodérision qu’ils pratiquent amuse, l’efficacité de leurs traits, même les plus vitrioliques, trouvent écho parmi les spectateurs : la culture touristique plutôt que la culture artistique, la pauvreté des artistes nourrissant le préjugé qu’ils ne créent qu’avec leurs tripes, l’augmentation des frais de scolarité visant à développer la surdité et l’aveuglement de la masse ou la fermeture des régions dont l’esprit rebelle dérange l’orchestration du nivellement culturel des métropoles.

Le Théâtre du Faux Coffre s’est imposé en détournant le clown souriant de son rôle d’amuseur public pour le transformer en clown noir dénonciateur de l’acculture des uns, pourfendeur de l’inculture envahissante qui en découle. Incontournables Clowns noirs… Surtout indispensables!

Christiane Laforge, 2011

 
2009 –  Le Clown noir au Masque de Fer (10 représentations)

Le Clown noir au masque de fer

Décidément, ils sont uniques. Les Clowns Noirs ne se comparent même pas à eux-mêmes. De pirouettes verbales en pirouettes physiques, ils parviennent à chevaucher un même thème sans nous lasser.

Après des années de combat contre la brigade anti-culture qui avait pour mission d’empêcher la diffusion d’œuvre théâtrale en région (La Farce de Pierre Pathelin), traversant les salles désertes sans perdre leur détermination (En attendant le Déluge), revisitant les écrits de Shakespeare pour livrer une irrésistible version de Roméo et Juliette réglant le sort à la brigade anti-culture sans craindre la prison, ils avaient finalement retracé le tout premier clown noir, alias Barabbas, dans un jeu volontairement plus près du théâtre conventionnel.

De 2005 à 2008, les cinq clowns du Théâtre du Faux coffre ont livré le rire à provision devant des salles de plus en plus fréquentées.

Le talent de ces joyeux lurons ne pouvait nous être exclusif. Chacun se devait d’explorer d’autres scènes, d’autres répertoires et d’autres espoirs. Dès lors, il leur fallait nous convaincre du sérieux de leur adieu. Mais comment les exterminer? Sinon dans un ultime éclat de rire plein de leur impétuosité comique, ingénieusement dissimulé sous un masque de fer.

Mercredi 25 novembre 2009, lors de la grande première mondiale - pourquoi jouer modeste? – de la dernière aventure des Clowns Noirs, Le Clown noir au masque de fer, je savais qu’ils bénéficiaient d’un a priori propice à l’indulgence. Car une première c’est le coup d’envoi d’une œuvre qui ne cessera de s’améliorer. L’intensité de se retrouver sur scène face au public  est souvent proportionnelle à l’angoisse ressentie sur les réactions de ce même public. J’avoue n’avoir aucune envie de me souvenir des points faibles de cette production, trop occupée que je suis à rire encore de certaines scènes qu’eux seuls peuvent se permettre.

Sans trahir leur effet, mentionnons la remise de l’épée au roi. Une réplique tout à fait inattendue mais d’une grande efficacité… Dans tous les sens (Il faudra voir pour comprendre).

Le Théâtre du Faux coffre transforme sa « pauvreté » en richesse, compensant la modestie de leurs décors, des accessoires et des costumes par une ingénieuse interaction entre les personnages et les comédiens. Ils sont les Clowns Noirs, personnages fictifs d’une mise en scène et six comédiens (avec Christian Ouellet, leur complice depuis Barabbas), sans cesse en équilibre entre le jeu théâtral et le jeu d’une camaraderie séduisant tout en déstabilisant le public. Cette particularité des Clowns Noirs leur est propre. Ce qui les rend uniques.

Qu’on ne s’y trompe pas, Le Clown noir au masque de fer est une histoire plus forte qu’elle ne paraît. La réflexion est bien présente, la critique sociale et politique atteint ses cibles et les trouvailles nombreuses exigent toute notre attention.

J’ai aimé toutes les productions du Faux coffre. Mais plus particulièrement leur Roméo et Juliette. J’en ai parlé sur ce blogue, ici. Cette dernière aventure réunit les qualités de tout ce qu’ils ont fait depuis leurs débuts. Christian Ouellet, sans être un clown noir a su parfaitement s’intégrer au groupe et, dans cette pièce, ajoute à notre plaisir par sa performance.

Les représentations ont lieu à la salle Murdock du Centre des arts de Chicoutimi, à 20h du mercredi au dimanche jusqu’au 6 décembre. Par prudence, mieux vaut réserver. Voir l’affiche plus haut.
 
2007 – Roméo et Juliette de William Shakespeare (22 représentations)

Les Clowns Noirs s’attaquent à Shakespeare

CHRISTIANE LAFORGE
claforge@lequotidien.com

CHICOUTIMI (CL) - Il faut s’attendre au mieux... les Clowns Noirs s’attaquent à l’œuvre de Shakespeare. Leur adaptation de Roméo et Juliette allie les ingrédients qui font, disent-ils, le succès du hockey : passes, violence et nourriture. «Notre Roméo,  c’est la même chose, mais en contraire : nourriture, violence et passes. » Spécialistes des salles vides, devant lesquelles ils manient les répliques avec tant de brio qu’ils peuvent convaincre trois spectateurs qu’ils sont des centaines, les Clowns Noirs incarnent le théâtre originel. Irrésistibles!

Hier matin, en conférence de presse au centre des arts et de la culture de Chicoutimi, le quintette du Théâtre du Faux-Coffre a joué une scène extraordinaire de l’anti conférence de presse. Ils pratiquent avec humour l’art subtil de ne pas répondre aux questions qui sont, de toute façon, impossibles à poser. Taquins, bruyants, remuants, jamais irrévérencieux même quand ils ironisent - «... on suit le modèle des compagnies qui reçoivent des millions en subventions et ne payent pas les comédiens » -  ils promettent un drame amoureux sanglant dans le pur style shakespearien, « Des gens s’aiment, des gens se tuent... »,  mais relevé, sans nul doute, avec l’humour épicé des Clowns Noirs auxquels ont doit la mémorable  Farce de Maître Pathelin.

«On peut s’attendre à tout et même à rien. Ce sera à la hauteur des Clowns Noirs» conclut le clown parlant.

À l’instar des deux précédentes productions du Théâtre du Faux-Coffre, Roméo et Juliette amorcera une tournée régionale, incluant le  circuit culture-éducation dans les écoles. Les projets foisonnent dans la têtes des cinq comédiens qui, sans renoncer à leur idéal, lorgnent vers une incursion possible dans un style de théâtre plus « classique ». Pas question cependant de fermer le couvercle du faux coffre, trop précieux pour sauvegarder la parole revendicatrice des Clowns Noirs. Des comédiens qui n’ont de cesse, depuis trois ans, de clamer leur adhésion indéfectible à un théâtre en région accessible à tous, à un théâtre engagé, traqué par la «brigade anti culture» dont la force de frappe  n’atteindra tout de même pas notre patrimoine commun « en détruisant la Maison Lévesque de Chicoutimi », ironisent-ils. 

Roméo et Juliette des Clowns noirs
Un grand éclat de rire

CHRISTIANE LAFORGE
claforge@lequotidien.com

CHICOUTIMI (CL) - L’esprit mordant des Clowns Noirs nous offre un grand éclat de rire. Une belle façon de terminer l’été qui leur a valu trois rappels lors de la première de Roméo et Juliette, jeudi soir, à la salle Murdock de Chicoutimi. « On peut s’attendre à tout et à rien » avaient-ils lancé en conférence de presse. Ce rien-là a beaucoup de substance!

Dilemme!

Comment raconter cette étonnante prestation théâtrale sans ruiner l’effet de surprise? Que faut-il taire alors que l’on voudrait tout souligner? Les admirateurs du Théâtre du Faux-Coffre avaient bien compris que la version clownoiresque de Roméo et Juliette de Shakespeare laisserait l’amour aux amoureux pour cibler davantage la guerre opposant deux univers antagonistes.

Rita Bella, fille du redoutable chef de la brigade anti-culture et le comédien Contrecœur, de la famille des Clowns Noirs, s’aiment éperdument. Vexé de cette mésalliance, le père de Rita Bella  veut réduire au silence les bruits expressifs de leur amour. Pour soulager l’insoutenable douleur du deuil, les Clowns Noirs crient vengeance. Sourds aux sages conseils de Diogène, ils complotent un attentat contre la tour dressée sur les ruines de l’ancienne Maison Lévesque, symbole de l’anti-culture qui n’a de cesse de contrôler toute forme d’expression artistique.

Mordre de rire

Pièce de théâtre pamphlétaire, Une histoire d’amour des Clowns Noirs Roméo et Juliette de William Shakespeare tient un feu nourri de sarcasmes, de moqueries. Les pirouettes verbales, aussi nombreuses que les pirouettes physiques, lancent des traits terriblement efficaces à l’égard d’une politique culturelle  qui n’inquiète pas seulement nos amis comédiens.

Leur parodie de l’oraison « subventionnons la culture » en guise d’ora pro nobis en est un bel exemple. Ne mentionnons que cette allusion  : « Pour les parents qui ont des enfants artistes, subventionnons la culture » , allusion rapide au coût exigé pour pallier à l’absence de cette formation dans nos écoles.

Avant de s’attaquer aux autres, les clowns s’attaquent d’abord à eux-mêmes. Ainsi, dès le début, recréant l’ambiance d’un salon mortuaire, ils font l’éloge funèbre de l’un d’eux disant: « Trac, le fait que l’on ne retrouve pas ton corps prouve ton manque de présence sur scène. »

L’autodérision amuse le public qui réagit à tout. L’efficacité de leurs traits, même les plus vitrioliques, trouvent certainement écho parmi les spectateurs qui, fait rare en pleine représentation théâtrale, applaudissent à de nombreuses répliques.

Exaspérés par la brigade anti-culture, les Clowns Noirs font flèche de tout bois : la culture touristique plutôt que la culture artistique, la pauvreté des artistes nourrissant le préjugé qu’ils ne créent qu’avec leurs tripes, l’augmentation des frais de scolarité comme moyen de développer la surdité et l’aveuglement de la masse, la fermeture des régions dont l’esprit rebelle dérange l’orchestration du nivellement culturel des métropoles.

Parmi les blessures éprouvées par ces comédiens, il y a la destruction de la maison patrimoniale de la rue Racine « pour faire une tour qui fera de l’ombre... ajoutant plus loin, ...car mépriser les gens de haut c’est mieux. »

Le rythme

Le spectacle se déroule par tableaux successifs. Pas toujours facile de préserver le tempo avec intensité, malgré le rythme rapide entre les changements de scène. C’est le seul et très anodin point faible de cette performance le soir de première. Rien qui nous empêche de savourer les nombreuses perles lancées avec générosité: « Est-ce que vous savez chanter par hasard ? demande le distributeur de chèque. « Je ne chante pas par hasard mais par passion. », lui répondra-t-on.

La passion est le mot clé de cette troupe de théâtre. Ils faut les voir absolument. Il n’y a qu’eux pour donner de l’élégance au vol d’un vautour, une de leurs nombreuses trouvailles hilarantes.
Les Clowns Noirs font salle comble

CHICOUTIMI (CL) - On ne rit plus... les Clowns Noirs font salle comble. Leur troisième production Roméo et Juliette une histoire d’amour des Clowns Noirs se joue à guichet fermé depuis plusieurs soirs. Le nombre des spectateurs est allé crescendo dès le lendemain de la première. « On parle de 106 réservations pour un soir, explique Patrice Rioux, en plus des personnes qui n’ont pas réservé et qui sont étonnées quand il n’y a plus de place. »

Heureux comme des « fous » , les clowns annoncent des supplémentaires pour février, après les représentations de ce soir et demain, à la salle Murdock du Centre des arts de Chicoutimi. Impossible d’en ajouter dans l’immédiat, quatre des comédiens font partie de la distribution du Capitaine Fracasse. Or, cette excellente production des Têtes heureuses sera jouée au Festival Zones Théâtrales 2007,  présenté par le Théâtre français du Centre national des Arts, du 6 au 15 septembre à Ottawa.

Le Théâtre du Faux Coffre vit un bel été affirme Pascal Rioux, de plus en plus optimiste devant un calendrier de représentations qui se noircit allègrement sous la demande croissante. « Les écoles veulent nous avoir », confirme le comédien. La pièce En attendant l’dégât d’eau poursuit sa destinée en passant par Roberval le 20 novembre prochain. Roméo et Juliette reviendra en février, pendant trois semaines dans les écoles dans le cadre du programme éducation.  Les clowns joueront le jour devant les élèves et, le soir, ouvriront la salle Murdock au grand public.

2006 – En attendant l'dégât d'eau (62 représentations)

CHRISTIANE LAFORGE
claforge@lequotidien.com

CHICOUTIMI (CL) - Le Théâtre Le Faux coffre reprend les représentations de sa seconde production En attendant l'dégât d’eau. Depuis jeudi, les clowns noirs  occupent la salle Murdock du Centre de la culture de Chicoutimi où ils relatent leurs mésaventures.

Complètement fauchés et affamés, les comédiens annoncent qu’ils abandonnent le théâtre pour vivre d’autres expériences à travers le monde entier. De nouvelles professions s’offrent à eux, à moins que ce ne soit eux qui s’offrent à elles: clown sans frontières, clown de rodéo, clown de cirque, chacun subissant les conséquences d’une passion impossible à vivre parce qu’il faut d’abord penser à sa survie.

Le désir refoulé les poussera à reprendre le chemin du cœur où ils ne reculeront devant rien pour accomplir leur  unique rêve: faire du théâtre. Martin Giguère (Diogène), Éric Laprise (Contrecœur, Patrice Leblanc (Trac), Pascal Rioux (Piédestal), Pierre Tremblay (Grossomodo) ne craignent pas de provoquer le débat sur la condition des gens de théâtre. Ils jouent du théâtre bien sûr, tout en mettant en relief les déboires d’une telle passion. Ils le font avec conviction et beaucoup de talent.



Les Clowns Noirs : Diogène (Martin Giguère), Grossomodo (Pierre Tremblay), Trac (Patrice Leblanc), Piédestal (Pascal Rioux), Contrecoeur (Éric Laprise)


2005 – La Farce de Maître Pierre Pathelin 
               avec prologue et intermèdes clownesques noircis (37 représentations)

Progrès-dimanche
Arts-Télé, dimanche 26 mars 2006, p. B3

La portée sociale du théâtre
Toute la richesse d'un baluchon

Laforge, Christiane

CHICOUTIMI (CL) - Les cinq clowns du Théâtre du Faux Coffre croient à la portée sociale du théâtre. Issus du théâtre de rue, ils tiennent à en préserver le caractère à la fois ludique et engagé. Dans leur baluchon, ils transportent toute leur richesse: leur talent de comédien additionné des dons particuliers à chacun.
 
Leur nom de clown est très révélateur de la personnalité qu'ils endossent. Pascal Rioux, le dernier arrivé dans la compagnie, se prête volontiers aux taquineries de ses confrères. « Je suis la tête de turc », constate-t-il avec philosophie, mais aussi le clown Piédestal à l'affût de la moindre opportunité sonnante.

Éric Laprise, alias Contrecœur, se dit le paresseux de service, le bon vivant qui ne manque pas d'idées. L'intellectuel du groupe, l'auteur Martin Giguère, a souvent raison. Ce Diogène se glisse dans la peau d'un prétentieux que peuvent contester en chœur ses acolytes. Trac, le revendicateur attitré, est Patrice Leblanc. Porte drapeau du quintette, il crée l'équilibre entre leur idéal engagé et le côté ludique de Grossomodo, Pierre Tremblay, le fantaisiste ingénieux qui se complaît à jouer les naïfs.
 
Sans subvention, sans argent, ils rivalisent de trouvailles pour faire beaucoup avec peu. Il faut voir comment ils utilisent chaque accessoires pour créer l'illusion. Formés à l'école de l'improvisation, ils sont aussi à l'aise dans le classique que la création, chacun jonglant avec l'instantanéité en véritable saltimbanque verbal.

Aller vers le public

Les Clowns Noirs ciblent tous les publics. Dans la rue ou sur scène, dans les écoles ou les congrès, rien ne les rebute. Ils ont créé une compagnie pour faire le théâtre qu'ils aiment, sans pour autant se fermer aux ouvertures possibles au sein des distributions des autres productions. Tous sont familiers avec la plupart des compagnie de théâtre de la région. Une de leur grande préoccupation est d'ouvrir les portes dans un sens ou dans l'autre pour aller vers tout public ou l'amener à eux. Les écoles sont au centre de leur mire car ils sont de la génération des orphelins de la culture. « De toute ma vie du primaire et du secondaire je n'ai jamais été voir une pièce de théâtre », confie Pierre. Ils revendiquent en chœur une place plus grande pour les arts à l'école. 

Encore sous le choc du dernier boycott des sorties culturelles des enseignants, ce n'est pas tant la perte de revenus pour les artistes qui les affectent que la pensée de tous les enfants ainsi privés d'une formation qu'ils jugent essentielle.

« Le revenu moyen des comédiens est de 6000$ à 8000$. Le plus dramatique, c'est qu'ici (au Québec) on ne valorise pas la culture. Elle est gérée comme n'importe quelle entreprise, alors que ça ne devrait pas être comme cela. »

Ce qu'ils déplorent, c'est que les personnes qui travaillent dans le milieu de la culture, du moins celles qui occupent des fonctions clés, n'ont pas toujours une véritable formation d'artiste. Davantage gestionnaires que créateurs, ils gèrent en administrateurs plus qu'en défenseurs des arts. Ainsi peut-on citer en exemple le versement de 2,5 millions $ par le CALQ aux organismes culturels pour compenser partiellement les pertes causées par le boycott.   « Mais les artistes, individuellement, qui n'ont pas travaillé, qu'est-ce qu'ils auront? », questionnent-ils.

Jouer et créer

Jusqu'au 1er avril, le Théâtre du Faux Coffre présente la Farce de Maître Pathelin au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Après quoi il se consacrera à une nouvelle production pour la saison estivale. Une vision très clownesque du 10e anniversaire du déluge. Sans compter les contrats à venir dont l'Expo science Pan Canadienne et quelques salons.

Quelle que soit la manière, leur crédo est l'importance de la culture. Au point d'y consacrer leur vie. Au risque d'être pauvre. S'il fallait leur prêter des mots, on peut dire: il vaut mieux être pauvre et heureux que riche et inculte. Il vaut mieux avoir les yeux de l'esprit ouverts que de vivre dans l'obscurité et le dénuement de l'ignorance. À les entendre, ces clowns heureux, on constate qu'ils font partie de cette fratrie du théâtre qui, par la voix de « Victor Hugo Rascón Banda », déclare: « Le théâtre est un acte de foi dans la valeur d'une vérité judicieuse dans un monde fou. C'est un acte de foi dans l'humanité, responsable de son propre destin. »

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Autres textes sur Orage sur Océan:

http://oragesurocean.blogspot.ca/2014/03/ma-vie-en-theatrascope-de-patrice.html 

http://oragesurocean.blogspot.ca/2011/02/le-contre-cabaret-de-contrecur.html

http://oragesurocean.blogspot.com/2010/04/patrice-leblanc-rire-noir-de-trac.html

http://oragesurocean.blogspot.ca/2009/11/le-clown-noir-au-masque-de-fer.html

http://oragesurocean.blogspot.ca/2007/08/arts-samedi-18-aot-2007-p.html

Le site officiel du Théâtre du Faux Coffre : http://www.fauxcoffre.ca/index.html


 Bonne nouvelle, la grande soirée des Austères d'Or avait pour but de recueillir des fonds qui serviront à une nouvelle production du Théâtre du Faux Coffre. Encore dix ans ? Je nous le souhaite.


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lundi 20 avril 2015

L'AMI, UN NUMÉRO SPÉCIAL SUR LA DANSE

Version PDF du journal l'AMI, No 4
L’AMI toujours populaire


  Lorsque j’ai proposé à Élika de publier un journal dont elle serait la rédactrice en chef, la journaliste et la chroniqueuse, j’imaginais un projet, enthousiasmant certes, mais au rythme doux d’un numéro par saison, voire même un numéro par mois. Je pouvais le croire entre le 26 février du No 1 et le 24 mars du No 2. Mais voilà que le No 3 sort le 5 avril et le No 4 le 19. Et encore, parce que je garde mes doigts sur le frein. 

  Lorsqu’élika voit la publication papier de son journal, ses yeux s’illuminent. Sa fierté est telle que moins de 48 heures plus tard, elle s’interroge déjà sur le prochain numéro. Elle patiente quelques jours avant de mettre un tantinet de pression sous forme de question.

- Est-ce que je peux publier une comptine dans le journal?  

Ne croyez qu’elle demande la permission. Elle veut seulement savoir si une comptine est pertinente dans son journal. Une fois la réponse positive donnée, tout s’enchaîne.

- Je n’ai pas d’idée pour la pensée du jour. C’est à ton tour Mamieke.
- Non. La pensée du jour doit être la tienne.
- Je sais pas
- Pense à ce que tu as vécu à l’école.
- Les garçons, ils ne sont pas gentils avec les remplaçantes.
- Seulement les garçons?
- Oui. Ils manquent de respect.
- Qu’est-ce que le respect?
- Ah!!!  j’ai trouvé ma pensée du jour.

    Élika travaille fort pour son journal. Je sais qu’elle n’a que 7 ans. Mais la condition demeure: elle doit écrire ses textes et choisir ses sujets.
    
    Pour le moment, ce journal compte quatre pages. Je tempère son désir de multiplier les pages, alors qu'elle veut ajouter des chroniques pour parler des livres, des films, des spectacles et autres activités qui font partie de sa vie. 

- J'ai tellement de choses à dire, s'exclame-t-elle. 

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La danse brésilienne, interprétée par les élèves de Shani de l'École des Farandoles. Élika à l'extrême droite.


dimanche 5 avril 2015

L'AMI No 3 Déjà! Élika est enthousiaste.

L'AMI No 3


 Élika réussit à me surprendre. Trop pressée de voir un nouveau numéro de son journal. 
 
La nouvelle n’attend pas dit-elle. 
 
Son reportage sur l’AMI du jour ne pouvait être retardé, puisque l’évènement festif se passait cette fin de semaine. Que puis-je? Sinon reconnaître la pertinence de ses arguments.

 Alors nous revoilà déjà avec le numéro 3.

 Depuis dimanche (nous sommes mercredi au moment d’écrire ces lignes), Élika a entrepris un sondage sur les deux choses que l’on aime faire à Pâques. Elle est arrivée aujourd’hui avec les réponses classées selon le nombre de personnes ayant nommé le même plaisir. Les réunions de famille et les cocos de Pâques l'emportent.
 
Combien de temps?

 Je compte bien l’accompagner aussi longtemps qu’elle le souhaitera. Jusqu’à présent, elle fait preuve d’initiative et d’un réel bonheur à poursuivre cette aventure.

 Je précise que c’est Élika qui choisit les couleurs. Elle rédige elle-même ses textes : la chronique d’Élika, l’ami du jour et la pensée du jour. Pour les nouvelles, elle doit encore apprendre à faire la différence entre l'information et le commentaire (bien des journalistes devraient aussi l'apprendre). 
 
Comme pupitreur, je corrige les fautes d’orthographe, nous avons même un réviseur linguistique. La syntaxe est revue avec elle. Quand la construction est boiteuse, je l'incite à trouver une autre façon pour mieux exprimer ce qu’elle veut dire. Cela ne lui semble pas toujours facile, mais elle persévère jusqu'à ce qu'elle voit, par mon expression, que l'éditrice accepte sa proposition. Elle sourit comme si je venais de lui offrir une récompense.
 
 
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mercredi 25 mars 2015

L'AMI VOL.1 No 2 L'aventure continue


L'aventure continue 
Maintenant disponible. Cliquer sur l'image.

Élika vit intensément l’aventure de ce  journal. Le soir du lancement de L’AMI, elle était aussi fébrile que peut l’être un adulte à la publication de ses écrits.
Son enthousiasme ne se dément pas. Pendant son congé de la Relâche, elle a écrit son reportage sur l'AMI du jour. À son retour de vacances, elle s'est installée devant mon ordinateur et a entrepris de faire les changements auxquels elle avait pensé depuis la sortie du premier numéro.

Hier, nous procédions au lancement du second numéro. Elle avait plein d'étoiles dans les yeux.

Pour le moment, nous en sommes à peaufiner les chroniques. Mais, nous envisageons à aborder la nouvelle, le reportage, la promotion aussi d'activités autres que les nôtres. Je veille à ce que ce journal demeure le sien. Cela demande de la confiance et de la patience. Elle est et doit être une petite fille qui apprend. Bien que parfois, je crois que c'est moi qui reçoit une leçon. Et j'aime cela.

L'AMI aura bientôt sa propre adresse pour recevoir vos suggestions et vos commentaires.

À travers cette initiative, je vois grandir ma petite-fille.Par votre accueil et votre intérêt, vous y contribuez. Merci.





mardi 24 mars 2015

Une mort annoncée... Gatien Moisan

Avant propos : Ce texte a d'abord été lu par Gatien qui, non seulement, en a autorisé la publication sur ce blogue mais dit l'espérer accompagné de sa photo, une mise en scène qu'il avait lui-même réalisée il y a plusieurs années et publiée ce matin dans son journal Facebook.

 Gatien Moisan

Devant l’inéluctable il se tient debout. N’a-t-il pas fait cela toute sa vie? Il la regarde en face, l’esprit plus lucide que jamais.

   - Tiens, te voilà toi.
   - …..

Se tait la grande faucheuse

   - Tu arrives un peu tôt, non?
   - Il est plus tard que tu ne penses.


L’amitié se fout du temps. Elle naît dans la complicité, la confiance et s’installe dans le cœur pour ne jamais en partir. L’amitié, c’est une histoire d’amour entre personnes qui se reconnaissent et se choisissent. Et passent les années. Le lien se tisse au fil des souvenirs. On finit par croire que la source du fil qui nous lie l’un à l’autre est sans fin. Il l’est. Oh! Oui. Il l’est dans le sentiment. Mais il fera quand même très froid, là, dans cette absence qui va suivre ton départ.

Les nœuds de ma gorge sont tellement serrés depuis que j’ai appris la très mauvaise nouvelle. Ton cerveau si génial, si ordonné, si créatif est envahi par un crabe mortel. Et toi, l’artiste mathématicien, le perfectionniste des formes géométriques, l’apôtre de la règle d’or, tu ris de te savoir bientôt à la merci du désordre.

    -  Moi, qui étais toujours si mathématique, je vais devenir tout désordonné, me dis-tu de l’autre côté de la ligne téléphonique.

Et ton rire continue de couler sur ma peine.

Jusqu’à ce que je découvre cette photo de toi. Cette photo qui gifle ton destin. Cette photo à la fois terrible et sublime. Une fosse. Toi étendu au fond tandis que les racines s’étirent par-dessus ton corps immobile.

Mise en scène photographique réalisée par Gatien Moisan
© Photo Gatien Moisan

Devant l’inéluctable, l’artiste s’empare de son destin. N’as-tu pas fait cela toute ta vie? Tu le regardes et le défies… L’art est ton rempart. Te voilà confronté à la toile noire de ta fin de vie et toi, Gatien Moisan, sous nos yeux ébahis, tu es en train d’en faire une œuvre d’art.

Te connaissant, tu vas transformer nos larmes en fleuve pour t’en aller naviguer dans cet espace si bellement peint par toi sur tant de toiles. Toiles devenues voiles gonflées des vents sans temps.

Christiane Laforge
24 mars 2015




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Ami de longue date de Gatien, Guy Bouchard a écrit la lettre suivante


Le géomètre de Ste-Rose

« Dieu conçoit en géomètre »
Platon
C’était l’été 1980… Nous venions d’acheter le chalet que nous avons démoli en 2013 pour le remplacer par la maison que nous occupons maintenant. Nous avions deux enfants : Félix, 2 ans et Judith, 3 mois. L’héritage des parents de Louise, décédés quatre années plus tôt, nous avait permis d’acheter la propriété pour laquelle  nous avions eu un coup de cœur. La beauté des lieux nous envahissait et nous avions le sentiment qu’elle profiterait à ceux qui nous sont proches. Pourtant… Lorsque, pour la première fois, nous avons franchi la porte du chalet pour nous y installer avec nos deux jeunes enfants, nous nous sentions bien petits et loin du monde. Nous étions de jeunes parents sans expérience et il nous fallait apprendre à dompter la puissante et sauvage beauté qui s’imposait à nous.  
 
C’est dans ce contexte que nous avons rencontré nos voisins : Gatien, Gilberte et Mira. Sarah n’était pas encore née. Je venais de compléter ma formation en mathématiques et j’enseignais au collégial. La carrière de Louise, à titre de pianiste accompagnatrice, était bien amorcée.  
 
À l’université, j’ai appris beaucoup sur la géométrie. À Ste-Rose, j’ai vu le géomètre à l’œuvre. Je l’ai vu saisir les éléments et les placer exactement là où il le fallait pour en dégager la beauté intrinsèque. Cette citation du mathématicien et philosophe Bertrand Russell alors pris tout son sens : 
 
 Les mathématiques, considérées à leur juste mesure, possèdent non seulement la vérité, mais la beauté suprême, une beauté froide et austère, comme celle d'une sculpture, sans référence à une partie de notre fragile nature, sans les effets d'illusion magnifiques de la peinture ou de la musique, pourtant pur et sublime, capable d'une perfection sévère telle que seulement les plus grands arts peuvent la montrer. L'esprit vrai du plaisir, l'exaltation, l'impression d'être plus qu'un homme, qui est la pierre de touche de l'excellence la plus élevée, doit être trouvé dans les mathématiques aussi sûrement que la poésie.  
 
L’œuvre de Gatien est l’illustration de cette citation. Il n’était pas que peintre, il était aussi mathématicien.  
 
La rencontre que nous avons eue avec lui dans le décor sauvage du fjord du Saguenay est celle de la musique, des mathématiques, de la peinture, incarnée en beauté géométrique. Les liens d’amitiés qui se sont progressivement tissés par la suite se sont prodigieusement agencés et ordonnés à la manière des arêtes d’un polyèdre. 
 
Guy Bouchard 
27 mars 2015
 

jeudi 26 février 2015

L'AMI quand une idée devient réalité



Lancement du journal L'AMI
Mamieke éditrice, Élika rédactrice en chef


Une idée comme ça, lancée dans un moment de tendresse complice entre une grand-maman et sa petite-fille de 7 ans. Une petite fille qui prend sans cesse des notes dans un carnet qu'on a trop rarement la chance de partager.

- Élika, toi qui aimes tant écrire et poser des questions, que dirais-tu de faire un journal?
- Un journal comme... ?
- Comme le journal où je travaillais. Pour raconter des évènements dont tu es témoin. Un peu comme ton carnet, mais que nous pourrions lire.
- Où je parlerais de ce que j'aime?
- Oui.
- Et je pourrais parler de ce que je fais. Et de la nature. Et de ma famille. Et de mon école, et ...
- Tout cela et plus.
- Oui, mais, moi, je sais pas faire ça un journal.
- Je serai l'éditeur. Je ferai la mise en page et toi tu écriras les textes. Je t'aiderai quand tu auras besoin d'aide.

Aussitôt, Élika a voulu mettre sur papier ses idées. Faire la maquette du futur journal. Elle est repartie la tête bouillonnante. Première mission : trouver le nom. Quelques jours de réflexion avant de se revoir pour une réunion de production. Son enthousiasme faisait plaisir à voir. Devant les étoiles dans ses yeux, pas question de lésiner sur les heures de travail investies dans ce projet qui vous est livré ici. Cliquez sur la Une qui vous mènera à la version PDF du journal.

https://drive.google.com/file/d/0B7m_CGeg3I_-TDM3U1I5RzVMb0E/view


Le lancement du journal L'AMI a eu lieu à l'occasion de l'anniversaire du Papili de la rédactrice. Un beau moment qu'elle a attendu avec grande impatience.


Les trois premiers lecteurs de L'AMI, 
Andrée-Anne, Papili et Ariel.




Des bulles pour le lancement de L'AMI

Maman regarde sa fille avec fierté. 
Réjean Leclerc n'en revient pas de faire la UNE du journal. 
Une grande première dans sa vie.

Élika, la rédactrice en chef regarde son œuvre avec attention.  
Elle a déjà des idées pour faire mieux au prochain numéro. 


 L'aventure continue. Le Numéro 2 est déjà en préparation. Aucune décision n'a encore été prise concernant le rythme des publications, pas plus que le nombres de pages. Pour moi, ce projet devenu réalité a été la source de moments magiques ... de beaucoup d'heures de travail. Que ne ferais-je pas pour voir des étoiles dans les yeux de cette enfant si ardente?


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