mercredi 3 octobre 2018

Vlan en plein cœur. Bertrand Tremblay n’est plus mais sera toujours.


Vlan en plein cœur. Bertrand Tremblay n’est plus mais sera toujours.


Lorsque je me suis réveillée à l’aube ce samedi 29 septembre, j’ignore pourquoi, j’ai pensé à Bertrand Tremblay, me disant, il serait temps que nous le partagions ce café promis. Je l’ai vu à la réception festive organisée pour les 21. Il m’a enlacé disant sa joie de me voir. Je l’ai embrassé ignorant que c’était pour la dernière fois. Et en ce moment, j’éprouve une infinie tristesse et le regret de savoir le livre de ses mémoires inachevé. Difficile d’admettre qu’il ne soit plus là.

Bertrand Tremblay n’est plus, mais il sera toujours. Pour moi et beaucoup d’autres je n’en doute pas. À la création du journal Le Quotidien, Bertrand Tremblay occupait le poste de rédacteur en chef. Sa porte était toujours ouverte pour les jeunes journalistes que nous étions. À l’écoute et toujours prêt à désigner le meilleur chemin sans jamais l’imposer.

Il avait l’élégance de l’esprit, l’ouverture du cœur. On pouvait ne pas être d’accord, il laissait toute la place à la dissidence, ouvrant quand même la porte à la réflexion. Il m’a inspiré respect et confiance et transmis son amour pour ce Saguenay–Lac-Saint-Jean qu’il n’a jamais cessé de défendre. Avec ses écrits, combien de luttes il a su mener pour que cette région ne soit pas ignorée, pour qu’elle résiste à l’amputation des centralisateurs.

J’ai connu le Bertrand Tremblay festif lors alors que nous étions comédiens dans la série des Grands Revenants du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi. Dans les loges, avant et après le spectacle, ainsi que lors des répétitions, avec les autres comédiens s’installe un lien qui n’a plus rien à voir avec le lien professionnel. Mais là, comme toujours, cet homme demeurait intègre, passionné et, à travers son personnage, prêt à combattre pour défendre les idées que l’auteur lui prêtait.

J’ai connu un Bertrand Tremblay farouchement engagé pour que la région ne soit pas dépouillée de ses fleurons. Rédacteur en chef du magazine AL13  il en était un des piliers soucieux d’assurer la pérennité du Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium. Recrutée à ma retraite journalistique comme pigiste, il m’a fait l’honneur de devenir son assistante pendant plusieurs années. Un travail qui a contribué à créer une complicité et, inévitablement, une amitié.

Bertrand m’ouvrait son univers. Je lui ouvrais le mien. Il était un fidèle des Saguenéens, mais il était aussi un fervent admirateurs de nos artistes. Il fut, plusieurs années, membre du jury de l’Ordre du Bleuet,  soucieux de rendre hommage à ceux qui ont contribué à notre richesse culturelle.


J’ai tant de peine de savoir son décès. Et tant de fierté d’avoir eu dans ma vie un être de cette qualité. Mes plus sincères condoléances à la famille de cet homme exceptionnel.

Christiane Laforge
29 septembre 2018





mercredi 1 août 2018

L'AMI EN VACANCES

Accessible ICI

Heureusement qu'Élika est de retour avec son journal L'AMI, sinon, ce blogue serait muet. Les écrits reviendront... question de temps quand il y a trop à dire. En attendant place à la relève. Seulement 4 pages, mais l'effort est là et la persévérance demeure.

L’Ami, après l’école
 les grandes vacances

  Dès qu’elle a pris conscience de l’existence du programme Sports-Arts-Études, Élika en a fait son objectif. Pour ses parents, ce programme allait permettre à leur fille, qui s’ennuyait à l’école, de ne pas décrocher et de se dépasser. Ce programme n’est pas gratuit. Loin de là. Il y a bien de la générosité derrière ce choix. Mais, pour reprendre les mots de notre jeune rédactrice, cela en valait la peine. Élika envisage déjà pouvoir un jour enseigner la danse. 

Le grand moment de cette année scolaire, aura été le spectacle de fin d’année. Elle ne cesse d’en parler et occupe beaucoup de son  temps d’Internet à visionner de courts films de danse. C’est bien à cela que servent les vacances. Avoir le temps de faire ce que l’on aime.

Et cette jeune fille de 10 ans aime beaucoup de choses. Le Karaté, le bricolage, les jeux de société et, cet été, la nage. Rien de moins que le fjord Saguenay pour son apprentissage, en compagnie de son très patient et très disponible Papili.

Bien sûr le journal L’AMI subit les contre-coups de cette jeune vie active. Mais, pas question d’abandonner. Moins de numéros sans doute, pour, je crois, faire place à un contenu plus songé… sauf celui-ci. On est en vacances tout de même!


samedi 14 avril 2018

UN CADEAU D'ANNIVERSAIRE INATTENDU

L'AMI VOL 4 No 2 24 mars 2018

Lorsqu'Élika m' a parlé du prochain numéro de L'AMI, il y avait une petite lumière malicieuse dans son regard.

- Cela va être un numéro spécial, m'a-telle dit.
- Ah! oui? Quel sera le sujet ?
- Un numéro spécial.
- Mais encore ?
- Je pense que je vais parler de ma meilleure amie. Ça va être sa fête.
- Je suis sûre qu'elle va être contente.
- Je pense aussi.
- Dès que tu seras prête, tu me le dis et on travaillera la mise en page.
- Mmmm

Et les jours passaient. Je me suis dit, pas de pression, elle doit y aller selon son rythme. Ce journal doit demeurer un plaisir.

Puis ce fut mon anniversaire. Une belle fête dans tous les sens où la tendresse, les rires et des mets délicieux et une belle surprise étaient au rendez-vous.  Mais aucune allusion au journal L'AMI. Seulement une confidence : « Mamieke, j'ai un cadeau pour toi, mais je n'ai pas eu le temps de le préparer. »

- Ce n'est pas grave ma chérie. Ce sera toujours le temps et comme ça la fête continue.

Le jour de Pâques fut jour de la livraison. Pendant que je préparais le repas de mes 16 convives, je reçois une enveloppe brune. Je m'attends à un dessin, voire un poème. C'était plus qu'un poème. Un déferlement de mots plus émouvants les uns que les autres. J'ai attendu d'être seule pour en savourer toutes les lettres. Le journal L'AMI a fait de moi sa vedette. Et j'en suis très fière.

Seule Isyëv n'a pu contribuer à ce numéro spécial. Elle a compensé son absence en me donnant un dessin. Elle m'a dit, c'est comme ça que je te vois.


dimanche 18 février 2018

L'opéra Faust de la SALR en vedette dans le journal L'AMI

https://drive.google.com/file/d/1tWl3XAMHxooUcDfMalTrSRikz--mEndE/view?usp=sharing



L’Ami va à l’opéra

  Pour la 7e année consécutive, Élika a assisté à la production de la Société d’art lyrique du royaume. Rien de moins que Faust de Charles Gounod.

  Elle tenait à en faire l’article principal de la première publication du journal L’AMI en 2018 qui commence sa quatrième année de publication.

Du haut de ses 10 ans, elle devient de plus en plus autonome, même pour la mise en page. Quant aux textes, ils sont totalement de son cru. On constate que son langage évolue… ma tâche consiste essentiellement à réviser pour traquer les fautes d’orthographes.

Elle a entrepris de faire du recrutement. C’est ainsi que Victor, 8 ans, vient de faire sa première contribution. Pour l’apprivoiser Élika lui a confié  la pensée du jour, devenue le souhait du jour.

Je suis heureuse de voir qu’elle persévère dans ce beau projet. Et ses lecteurs la motivent beaucoup. Merci à vous qui la lisez et lui laissez un commentaire.

Les coups de cœur d'Élika


Antonio Figueroa a interprété Faust
© Photo Andrée-Anne Lachaine

Nathalya Thibault, jouait le rôle de Marthe
© Photo Andrée-Anne Lachaine





vendredi 16 février 2018

Faust de la SALR : de la haute voltige visuelle, vocale et lyrique





Antonio Figueroa (Faust) et Gino Quilico (Méphistophélès)
© Andrée-Anne Lachaine photographie




Impressionnant! La version de l’opéra Faust de Gounod présentée par la Société d’art lyrique du royaume est remarquable. Même en mettant les bémols, indispensables lorsqu’on assiste à une répétition générale la veille de la grande première, tous nos sens sont fortement et agréablement imprégnés par cette interprétation. Une mise en scène étonnante très contemporaine de Guylaine Rivard, des décors ingénieux dont la sobriété s’habille d’éclat sous les jeux de lumières et les trouvailles astucieuses, un orchestre qui traduit toutes les nuances sous la direction de Jean-Philippe Tremblay et des solistes… ah! les solistes!


La SALR résume la trame  narrative de sa production en quelques lignes : « Le docteur Faust, au déclin de sa vie, voudrait retrouver la jeunesse. Il invoque Satan qui, sous les traits de Méphistophélès, l’invite à boire la coupe de la Vie qui le transforme en jeune homme. En échange, Faust acceptera d’être son serviteur pour l’éternité… Faust tombe en amour avec la belle Marguerite qui, séduite par ses bijoux, lui déclare sa flamme et aura un enfant de lui. Rivalités amoureuses, emprisonnement, crimes passionnels s’ensuivent à travers une série d’intrigues captivantes, alimentées par des personnages attachants, et enveloppées par une musique envoûtante! »
 

Présentée en cinq actes, cette interprétation de Faust a un petit quelque chose qui n’est certainement étranger à la qualité de ses solistes. Tous sont excellents. Après une ouverture que les jeunes auditeurs, avec raison, ont écoutée dans un silence rare, les rideaux s’ouvrent sur un Dr Faust courbé sous le poids de son âge et de ses regrets. La voix superbe d’Antonio Figueroa s’empare de toute la salle. Il se donne vocalement comme physiquement, campant un Faust intense dont la passion nous convaincrait de devenir sa Marguerite. « Je veux la jeunesse » lance-t-il à un Méphistophélès superbement campé par Gino Quilico. Un personnage spectaculaire, satanique à souhait, dont la direction artistique a su exploiter tout le talent. Il livre avec Antonio Figueroa un duo d’une grande beauté. « La jeunesse t’aveugle, ose la regarder » chante Méphistophélès à Faust éperdu, alors qu’il hésite à vendre son âme. La beauté de Marguerite vaincra sa résistance. « À moi ces plaisirs » défie le vieux Faust qui, sa jeunesse retrouvée, n’hésite plus à faire sombrer la dame de son désir avec lui.
 


L'acte II met le chœur en vedette. Une joyeuse assemblée de jeunes du village et de soldats lors d’une collation de grade au cours de laquelle on découvre Caroline Gélinas. Dans le rôle touchant de Siebel, elle se dresse en rival contre celui qui convoite Marguerite interprétée avec retenue par France Bellemare. C’est ce soir, vendredi 16 février, que le public connaîtra leur pleine mesure, car la veille la prudence était de rigueur pour préserver les cordes vocales. Ce qui n’a pas empêché d’en apprécier certaines envolées en confirmant la richesse. À souligner aussi, la scène du veau d’or avec un Quilico flamboyant qui mènera le bal,  bal de plus en plus endiablé où tous ne sont plus que des marionnettes.



Caroline Gélinas dans le rôle de Siebel
 © Andrée-Anne Lachaine photographie

Au IIIe acte, on se retrouve dans le jardin de Marguerite, où tout est suggestion dans la disposition : là un salon, là une chambre, là un présentoir de bijoux. Une mise en scène de l’illusoire où la symbolique des lieux coïncide avec celle des sentiments. L’amour de Siebel qu’expriment les fleurs contre l’attrait des parures d’or qui est le piège de Méphistophélès afin de satisfaire la passion de Faust. « Si les fleurs l’emportent, je veux bien perdre tous mon pouvoir. » Comme s’il n’allait pas l’utiliser contre la candeur de Marguerite et l’hésitation de Faust troublé par un sentiment amoureux véritable qui pourrait dominer son désir. L’aveu de la victoire à venir sera fait devant le miroir alors que France Bellemare nous offre une version très personnelle de l’Air des bijoux. Un moment suave. Elle est convaincante chantant « Ce n’est plus moi, c’est la fille d’un roi qu’on salue au passage. » Comme si elle venait tout juste de découvrir sa beauté.


Nathalya Thibault dans le rôle de Marthe, amie de Marguerite
©Andrée-Anne Lachaine photographie


Tandis que Marguerite prend conscience de sa nature féminine, se joue une scène de séduction incroyable entre Méphistophélès et Marthe, incarné par Nathalya Thibault, ce phénomène de scène pour ses qualités vocales comme pour son jeu toujours expressif et efficace. Elle a un sens du théâtre qui nous ravit chaque fois. Elle se livre sans pudeur, avec une touche d’humour de bon aloi.

 France Bellemare, Marguerite
©Andrée-Anne Lachaine photographie



L’entracte sera suivie des actes IV et V où l’intensité dramatique va croissant. De beaux tableaux se succèdent réunissant solistes et chœur. Marguerite dans l’église pour prier, cherchant le pardon et le réconfort après la naissance de son enfant et l’abandon de son amant. Méphistophélès s’y révèle dans toute sa puissance satanique. Gino Quilico a une telle prestance que l’on se sent envoûté par tout ce qui se dégage de sa stature et de sa voix. Le décor crée l’ambiance solennelle du lieu où les objets comme les personnes fusionnent pour évoquer à la fois le sacré et le diabolique.
Suit le retour de guerre des soldats chantant Gloire immortel de nos aïeux. Parmi eux, Valentin frère de Marguerite campé par Geoffroy Salvas, une autre belle voix de cette distribution, complétée avec assurance par Jean-Simon Boulianne dans le rôle de Wagner. La scène se termine par un duel opposant Faust et Valentin qui meurt sans accepter de pardonner sa sœur d’avoir été séduite : « Si Dieu te pardonne, soit maudite ici-bas. »

Au dernier acte, l’opéra atteint son apogée. Toute la scène se transforme en prison. La scénographie de Chantale Boulianne, depuis le début, mais particulièrement dans cet acte est remarquable. Au centre, enchaînée, Marguerite attend l’exécution de la sentence pour infanticide. Faust tente en vain de la sauver. Chaque mouvement accompagne les voix dans ce combat des forces contraires. La disposition des personnages, le décor, les éclairages, le contraste des costumes, la robe blanche de Marguerite, le rouge et noir de Faust et Méphistophélès, le gris des figurants, tout cet ensemble forme un visuel équilibré, pur art d’un tableau de maître. C’est intense. Lorsque Marguerite, monte les marches de l’échafaud, ici suggéré par un escabeau, et que Faust tombe à genoux pour prier, l’émotion est palpable. Une finale saisissante, grandiose dans sa simplicité.
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Acte II : avant de partir en guerre, 
Valentin, Geffroy Salvas, implore Siebel de veiller sur Marguerite
© Andrée-Anne Lachaine photographie 


Il y aura encore beaucoup à dire sur cette production. La présence de deux fillettes,  Madeline Bossé et Annlou Morissette, symbole de pureté, naïves souvent, séductrices parfois comme s'approchant du piège tendu par Méphistophélès. Ou encore les maquillages de Guillaume Lavoie, les coiffures de Luc Ladouceur, la performance du chœur dirigé par Annie Larouche. Et plus... C'était la générale. Imaginez ce soir.

Le mieux, c'est d'aller voir, de vivre ce moment majeur dans l'histoire de la SALR. Au Théâtre Banque nationale de Chicoutimi, à 19 h30 les 16 et 17 février, à 14 h le 18 février.