mercredi 13 juin 2012

Dans les faits... lettre d'Ariel à J. Charest

En attendant de retrouver la force de reprendre le clavier pour m'exprimer, voici un écrit que j'endosse de toute ma conscience de citoyenne qui refuse que le parti libéral continue impunément de mentir. Je vote pour cette jeunesse libre qui se fait entendre malgré les coups de matraques, la violence policière armée et les emprisonnements arbitraires que je préfère à une jeunesse libéral. Ce texte se retrouve ici:

Voici le texte intégral:

Réponse à Jean Charest

par Ariel Laforge, jeudi 7 juin 2012, 22:47 ·
Monsieur Charest,

Dans les faits, plus de 75 % des étudiants se sont prononcés contre la hausse drastique des frais de scolarité.

Dans les faits, la majorité des élèves ont fini leur session sans retard, car la grève a été refusée généralement par un vote extrêmement serré (pour certains, ça répondait de justesse au 50 % + 1). Il faut aussi savoir que les votes contre la grève n’avaient pas à être reconduits alors que les votes pour la grève devaient être reconduits hebdomadairement.

Dans les faits, plusieurs établissements en grève ont eu une reprise des cours forcés par une occupation policière (force de l’ordre ou privée) après que le gouvernement a décidé de ne plus reconnaître le droit à la grève étudiante faisant passer le terme de grève à boycott, un changement d'image nécessaire pour une prise de position qui va à l’encontre de tout ce qui était socialement admis depuis plus de 40 ans.

Dans les faits, aucune preuve, étude ou recherche ne prouve que les universités du Québec soient sous-financées. Au contraire, les données tendent à prouver que les universités n’ont jamais été aussi riches, mais les fonds semblent être déplacés de l’enseignement vers la recherche non-fondamentale qui sert les compagnies privées. Les universités ne sont donc pas sous-financées, mais leur gestion soulève de sérieuses questions.

Dans les faits, ceux qui ont fait la demande d’augmenter le financement des universités sont les mêmes personnes qui ont décidé unilatéralement de déplafonné leur fond de retraite leur octroyant ainsi une augmentation de leur revenu à la retraite dépassant plus de 50 000 $ par année (il faut savoir qu’au Québec, le salaire moyen de la population avoisine les 50 000 $ par année). Ce déplafonnement est financé à même les budgets de fonctionnement des départements universitaires créant un déficit pour les universités allant de 1 à plus de 10 millions de dollars.

Dans les faits, le Québec a les frais universitaires les plus faibles en Amérique du Nord, mais ils sont parmi les plus élevés de l’OCDE et la province est encore loin d’atteindre les objectifs du pacte de gratuité scolaire que l’État a signé.

Dans les faits, selon l’OCDE, le programme de prêt étudiant le plus généreux est celui de l’Ontario.

Dans les faits, la bonification du programme de prêts et bourses permettra à environ 10 % des élèves non admissibles
d’y avoir droit (on parle ici d’avoir droit à la capacité de s’endetter pour étudier en ne payant les intérêts qu’une fois les études complétées) est financer à même le budget de fonctionnement des universités et le crédit d’impôt pour les frais de scolarité. En gros, on prend de l’argent depuis le remboursement des étudiants et aux universités pour donner de l’argent aux universités de façon à ce que les banques puissent faire des bénéfices dans le processus.

Dans les faits, le coût réel par jour peut différer grandement selon la méthode employée. Moi j’ai tendance à calculer ce que ça me coûte réellement. Donc, je mets de côté le crédit d’impôt pour les frais de scolarité puisqu’il s’agit d’un remboursement effectué quelques années plus tard, une fois le diplôme obtenu. Alors, nous avons une hausse (maintenant) de plus de 1760 $ répartis sur 7 ans, ce qui nous donne environ 252 $ de plus chaque année. 252 / 365 = 0,69 $ la première année. En détail : année 1 = 0,69 $, année 2 = 1,38 $, année 3 = 2,07 $, année 4 = 2,76 $, année 5 = 3,45 $, année 6 = 4,14 $, année 7 = 4,83 $. Et si l’on fait la moyenne sur 7 ans, on obtient une hausse de 2,76 $ par jour, soit 5 fois plus élevé que ce qui est prétendu. Mais mon calcul pourrait aller beaucoup plus loin, parce que ce qui n’est plus dit (mais toujours prévu), c’est qu’une fois la hausse drastique complétée, les frais de scolarité seront soumis à une hausse de 5 % par année. Alors, maintenant, le coût par jour, on le calcul pour quelle cohorte?

Je ne m’étendrai pas sur la loi 78, une loi qui s’étend sur tellement de domaines qu’il en devient difficile de voir la réelle portée de cette dernière sans faire une dissertation qui comprendrait plusieurs pages. Je signalerai seulement que les personnes même qui devraient la plaider la dénoncent (le Barreau du Québec, les juristes de la couronne).

Dans les faits, le Québec se veut démocratique, mais il est la dernière province canadienne à permettre à ses policiers à effectuer des arrestations de masses (une technique dénoncée plusieurs fois par l’ONU notamment). C’est aussi la province qui a le plus recours aux lois spéciales et aux votes sous bâillons pour régler les conflits de travail et les débats sociaux.

Dans les faits, ce qui a paru, au début, comme un conflit d’une hausse de frais est un conflit idéologique où un gouvernement à l’allégeance impérialiste tente d’éluder le débat nécessaire pour faire passer une société à tendance socialiste à une société capitaliste dure.

Ariel Laforge

jeudi 8 mars 2012

Le dur apprentissage de la liberté d'expression en pays démocratique

Francis Grenier 
Étudiant du Cégep de Saint-Jérôme


En juillet 2010 j'écrivais « J'ai l'âme à l'orage » en commentant ceci : « Des arrestations, non pas sur le lieu de la manifestation, mais en pleine nuit dans un dortoir où des représentants d'organismes tout à fait légitimes se reposaient. Le récit de ces trois jours en cellule est horrifiant: privés de nourriture, privés de médicaments essentiels, privés d'intimité pour les besoins naturels, encagés sur un sol de béton froid, avec fouilles au corps en public sans aucun respect pour l'intimité et l'intégrité physique des femmes, avec cris, insultes, crachats et propos francophobes, voilà le Canada du G-20. »

Ce 8 mars 2012 je me demande si je ne devrais pas écrire : «  J'ai la rage au cœur » devant ceci:

L'étudiant blessé pourrait perdre l'usage de son œil



Tristan Péloquin et Philippe Teisceira-Lessard
La Presse
Francis Grenier, l'étudiant du cégep de Saint-Jérôme blessé à un oeil par une grenade assourdissante vraisemblablement tirée par les policiers mercredi.

[...] Selon la CLASSE, l'incident est survenu dès le début de l'altercation avec les policiers. Ceux-ci auraient tiré une grenade assourdissante à bout portant vers un groupe de manifestants. La grenade aurait éclaté près de l'oeil de Francis Grenier et des éclats auraient frappé d'autres manifestants aux bras.

Les enquêteurs du SPVM ont rencontré hier Francis Grenier. «Nous avons été avisés qu'il y avait eu un blessé. Nous avons donc envoyé des enquêteurs pour savoir ce qui s'est passé», précise le porte-parole Raphaël Bergeron.

Grenade assourdissante

Le responsable du programme de techniques policières au Collège Maisonneuve, Denis Roussel, s'est dit étonné de voir qu'une grenade assourdissante puisse infliger une blessure de la sorte. Selon lui, ces projectiles sont fabriqués en carton et ne contiennent pas de composantes métalliques.

Ces grenades sont des projectiles conçus pour être envoyés en hauteur et seule une poignée de policiers montréalais serait formée pour les utiliser, a expliqué M. Roussel.
Selon la CLASSE, les agents auraient tiré horizontalement, sur les manifestants.
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Mais que faisait Francis Grenier quelques instants AVANT la grenade :


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Ce 8 mars 2012 je suis tout simplement indignée!

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Douleur auditive : 140 dB 

Seuil atteint par les fabricants : 185 dB

En revanche, des armes encore peu connues, comme le « canon à ondes de choc » ou les grenades de désencerclement DMP, semblent avoir un bel avenir répressif devant elles. Les réglementations antibruit conseillent de ne pas dépasser 120 dB, les expertises indépendantes situent la douleur auditive à 140 dB et relèvent qu'un bruit impulsif est potentiellement bien plus dangereux qu'un bruit continu, les armes à fréquences moyennes ou hautes, comme nous le verrons, déclenchent des polémiques si elles dépassent 150 dB - mais les fabricants d'armes explosives « non létales » et leurs commanditaires étatiques vantent des amplitudes déjà réalisées de 185 dB, sans qu'aucun débat ne voie le jour.

Et s'il existe un protocole international interdisant l'usage de lasers aveuglants, les armes assourdissantes et les « dommages collatéraux » qu'elles occasionnent ne font l'objet d'aucune législation spécifique, et ne s'embarrassent pas de la Convention internationale qui exige proportionnalité (par rapport à la menace) et discrimination (entre combattants et non- combattants) dans l'usage des armes.

mardi 14 février 2012

Cherche médecin désespérément


La réalité : une dame de 88 ans, mère d'une de mes amies, n'a pas pu voir son médecin de famille depuis deux ans. Ce médecin est absent depuis tout ce temps. En téléphonant au 418-690-9395, on peut entendre le message qu'il a laissé a ses patients. C'est-à dire que suite à un accident - survenu au mois de juin sans préciser l'année - il n'est pas en mesure de reprendre ses activités tant que ses propres médecins ne l'y autoriseront pas. Cela vaut la peine de l'écouter jusqu'à la fin pour mieux saisir dans quel abandon sont laissés ses patients.

Le problème de notre dame de 88 ans, c'est que PERSONNE ne peut lui trouver un médecin puisque, tant que ce médecin, bien qu'absent, demeure « en pratique » elle est considérée comme n'étant pas une personne « orpheline ». Selon sa fille, les intervenants (infirmières, clsc, assistante sociale) sensibles à ce dilemme et ont tenté vainement de le résoudre.

Elle ajoute que même au service de guichet unique de l'hôpital, impossible de l'inscrire sur la liste d'attente des personnes cherchant médecin désespérément  (éventuellement avant de mourir vu son âge dois-je présumer) puisqu'elle est considérée avoir un médecin traitant à son service. Sur le document d'inscription vous devez donnez une des trois raisons pour laquelle vous voulez vous inscrire, soit : 
1. sans médecin de famille (officiellement elle en a un)
2. départ de mon médecin (Il n'est pas parti, il est absent depuis plus de deux ans)
3. nouvellement déménagé sur le territoire.
Faut-il recourir à l'urgence? On comprend qu'il ne s'agit pas d'un cas d'urgence. (Ironiquement, on se dit qu'il faudra que son état devienne grave pour y recourir).

Mon amie demeure dans la région de Montréal. Elle est revenue (car ce n'est pas son premier retour afin de s'occuper de sa maman) pour tenter, cette semaine absolument, de résoudre ce problème. Comme elle me l'explique, ce n'est pas uniquement une question de renouvellement d'ordonnance de médicaments, car, bizarrement, le médecin traitant absent depuis deux ans, signerait les prescriptions même s'il n'a pas revu sa patiente. Sauf qu'en deux ans peut-on être certain que la médication est adéquate et que l'état de santé est inchangé, interroge sa fille. Pour établir un bilan et pouvoir aller faire faire une prise de sang, il faut le papier d'un médecin.

Mon amie est venue vers moi espérant que je pourrais l'aider via mes propres médecins. Je l'ai référée à ma clinique de médecine familiale espérant qu'elle y trouvera une oreille attentive. J'ignore si elle pourra être reçue dans la plage horaire sans rendez-vous ignorant moi-même si cela vaut pour les nouveaux patients.

Certains symptômes qu'éprouve sa mère inquiètent fortement mon amie qui ne sait plus quoi faire. Assez pour qu'elle veuille secouer le système. « J'irai jusqu'à J. E. », déclare-t-elle l'humeur guerrière.

Moi-même devant son désarroi, et contre mes principes, j'ai osé lui demander pourquoi elle ne tentait pas sa chance en clinique privée. Eh! bien au privé, les médecins non plus ne sont pas disponibles. Aucune garantie d'avoir un rendez-vous ni le jour même, ni la semaine de votre requête. N'est-ce pas beau ça?

Dr Yves Bolduc, ministre de la santé

Donc, quand votre médecin de famille n'a pas les capacités de vous prodiguer ses soins depuis plusieurs années, mais qu'il garde votre dossier dans ses tiroirs et conserve sa ligne téléphonique, vous vous retrouvez dans un cul-de-sac.

Que faire pour aider mon amie?

Tous journalistes désireux de dénoncer cette situation peut communiquer avec elle m'a-t-elle assuré. Communiquez avec moi, je  vous transmettrai son numéro de téléphone

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dimanche 29 janvier 2012

Vivre debout

Gilles Vigneault
© Photo Cyberpresse - Archives

Depuis une semaine ma tête s'enchante à redire encore et encore les paroles de la chanson inédite de Gilles Vigneault Vivre debout. 

N'étant pas fan de Star académie j'aurais pu manquer cet hommage rendu à Gilles Vigneault (subtile récupération de la productrice qui parvient ainsi à ajouter ce géant à sa liste d'artistes ayant passé à SA). Ayant enregistré l'émission (vive le ENP) j'ai écouté la chanson en différé autant de fois que nécessaire pour en écrire les mots. Des mots lourds de sens qui témoignent de la culture de l'homme, de l'élégance de son style et de ses convictions. 

La langue d'un peuple n'est pas qu'un moyen de communication. C'est beaucoup plus vaste, d'où l'importance de la défendre. Oui, sa chanson est un plaidoyer à la défense de la langue française maintenue en vie par des générations de Nords-Américains. Mais son refrain peut s'entendre aussi comme un appel à se survivre... se surpasser.

Vivre
Vivre debout
Pour me survivre
Délesté de mes vieux tabous
Mais le cœur toujours prêt à suivre
Le pas pressé du caribou.

En 23 mots, il en dit des choses sur la vie, sur l'avenir, sur l'ouverture, sur une évolution et sur le lieu où cela se passe.

À ceux qui manquent de mémoire il rappelle:
Vivre debout
Pour défendre trois mots
Que disait mon grand-père
Apportés par chez nous au temps de Rabelais
En forme de rondeaux, balades ou triolets.

Tout en mettant le « poing » sur l'importance de ces mots :

Pour que mon petit-fils
Apprenne au secondaire
Que c'est en perdant ÇA
Que les peuples se meurent.

S'ouvrir aux autres, il le souhaite, mais que cette vertu n'occulte pas la vigilance :

Et que c'est acadien de survivre au danger.
Qu'être chez soi permet d'accueillir l'étranger.
Mais
Qu'il y a toujours péril en la demeure

Vivre
Vivre debout.


Comment vivre autrement?

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mercredi 4 janvier 2012

Encore?! Quelle ironie!

Ce n’est pas important de faire l’inventaire des combats menés. Ils furent nombreux. Mes cicatrices sont les strates de mes victoires. 

Un jour, pourtant, j’affronterai le dernier. Je ne le saurai pas avant le coup fatal.

J’aimais bien l'idée de poursuivre ma vie dans la certitude orgueilleuse d’avoir eu le dernier mot. Pendant longtemps encore, savourer chaque année l’étonnement ravi de mes guerriers en sarrau blanc devant une persistante amélioration de mon état de santé…contre toute attente précisons-le. Affronter chaque évaluation sans peur aucune de découvrir une nouvelle faille, convaincue d’en avoir fait le tour.

 Le 31 octobre 2011, j’étais certaine de me soumettre à une simple routine préventive. Le 16 décembre j’ai entendu battre de nouveau mes tambours de guerre.

Me revoilà donc au centre de l’arène. 

L’ennemi à combattre a la forme d’un crabe.

***
Pour suivre l'évolution de cette page de vie particulière, j'ai créé un nouveau blogue qui ne traitera que de cela:
Nordique du cancer


mardi 27 décembre 2011

Pour 2012 et plus

Encore tant de chemin à parcourir avant d'être rassasiée
© Photo Christiane Laforge


Mes bras auront toujours été trop petits pour étreindre la vie autant que je l'aime. Parce que ma vie est tissée de toutes les beautés de ma terre et de toutes les tendresses de mon cœur. Parce que ma vie s'embellit de la beauté des autres, dont la vôtre qui, parmi mes amis, savez vous passionner, vous indigner, vous enthousiasmer et chérir chacun les arts que vous pratiquez, encouragez, défendez, revendiquez. Ma vie prend sa force dans mes racines auprès des vôtres. Elle fleurit ses saisons dans la richesse de ce que nous créons ensemble. Elle grandit dans l'espoir de chaque demain attendu. Alors, permettez-moi de vous souhaitez l'oubli de ce qui vous assombri afin de vibrer pleinement aux joies possibles de de l'An 2012. 

Être vivant, tel est mon vœu pour chacun de vous. 

Vivre, tel est mon vœu.

 ***

mardi 13 décembre 2011

Des Bleuets et du cœur

Cela se passe ICI
Le rapport 2011 des banques alimentaires du Québec rapporte que le recours à l’aide alimentaire a été la solution alternative pour plus de 155 539 personnes, une augmentation de 22 % depuis la récession de 2008. Cette année, 15,6 % d’entre elles ont eu recourt pour la première fois à une banque alimentaire afin de nourrir leur famille. La clientèle étudiante avec prêts et bourse comme source de revenus devant se tourner vers l’aide alimentaire pour boucler ses mois a connu une hausse de plus de 32,3 % en 2011. Il est important de noter une hausse des ainés (46,4 %) dans la clientèle des comptoirs alimentaires.

Des Bleuets qui ont du cœur

Karl Roos et Cynthia Harvey
© Photo Johanne Cormier

Sensibles aux besoins grandissants de personnes en survie dans une société d’abondance, des artistes de la région ont choisi la musique pour cri de ralliement. Des Bleuets et du cœur, « tous pour les autres », chanteront-ils le vendredi 18 décembre 13h30, à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob de Jonquière. Et ce, pour une troisième année.

Initié en 2009 par l’auteur-compositeur-interprète Karl Roos et ses amis musiciens, ce spectacle bénéfice a successivement permis de récolter 400 et 500 kilos de denrées alimentaires et biens de première nécessité, récupérés et redistribués par Moisson Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ces denrées sont d’ailleurs le seul prix d’entrée demandé aux spectateurs dont 300 avaient répondu présents en 2010. L’objectif pour 2011 est de faire salle comble.

Pour sa troisième édition, « Des Bleuets et du cœur » réunira plus de 16 artistes sous la direction artistique de Cynthia Harvey. Tous bénévoles, ces Bleuets de cœur, musiciens, auteurs, compositeurs et interprètes de carrière mettent ainsi leur talent au service d’une cause humanitaire : 

« Aujourd'hui, on n'a plus le droit ni d'avoir faim ni d'avoir froid, lit-on sur la page du groupe. Nous ne sommes pas une entreprise ! Juste des êtres humains au service d'autres humains moins bien nantis.  Notre mission : offrir à travers notre petite contribution artistique un peu de chaleur à ceux qui en ont tant besoin. »

Rappelons que pour notre seule région, Moisson Saguenay–Lac-Saint-Jean dénombre 8500 personnes qui ont recours chaque mois au soutien alimentaire des 71 organismes bénéficiaires. Ce nombre a augmenté de 12%, incluant des travailleurs au salaire minium, parents de jeunes enfants et qui ont de la difficulté à subvenir à leurs besoins primaires.

Un cœur de bonne souche

Néo Québécois d’origine Belge, Karl Roos enfant a été entrainé par son père dans un mouvement d’aide d’après guerre, destiné à soutenir les familles dans le besoin. La « ducasse Bastien » aura été son école du cœur. 

« Ces valeurs m'ont été inculquées depuis mon plus jeune âge et je n'ai donc aucun mérite si ce n'est peut-être que de vouloir continuer à les perpétuer notamment à travers Des Bleuets et du cœur, confie-t-il. Je continue de penser que le rendement d'une chaîne ne dépend pas du meilleur élément mais bien du plus fragile et c'est en l'aidant, en le renforçant que nous pouvons rendre cette chaîne meilleure et plus forte. »

Photo provenant de la page Facebook de Cynthia Harvey

Ralliant des amis à sa cause, comme Cynthia Harvey, directrice artistique et l’animatrice Marie-Christine Bernard, marraine à vie, Karl Roos et son équipe bénéficient également du soutien de la Ville par le biais du Centre culturel du Mont-Jacob qui a mis l’équipe et la salle Pierrette-Gaudreault à leur disposition. Considérant que la vedette du jour se doit d’être la générosité, tant des artistes que du public, les organisateurs préfèrent ne pas annoncer quels sont ceux qui monteront sur scène, même si plusieurs d’entre eux sont des artistes reconnus.


Pour rejoindre Des Bleuets et du Cœur : 418-695-9685


Troisième édition du spectacle Des Bleuets et du cœur 
au bénéfice de Moisson du Saguenay.

Date et lieu :
Dimanche 18 décembre à 13h30, à la salle Pierrette-Gaudreault du Mont-Jacob du Centre culturel de Jonquière. Sièges non réservés. Premier arrivé, premier assis.

Artistes bénévoles :
Musiciens, auteurs, compositeurs, interprètes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, sous la direction artistique de Cynthia Harvey.

Prix d’entrée :
Denrées alimentaires non périssables

jeudi 1 décembre 2011

Miro

Miro Angers-Laurin
Photo provenant de la page Facebook


Avant de se laisser convaincre que les jeunes sont cruels les uns envers les autres dans nos écoles, oublions l’ombre un moment pour voir la beauté rayonnante de la générosité des enfants inspirés par leurs enseignants.

Cela se passait le 28 novembre à l’école de Sainte-Rose-du-Nord, petit village sur la rive nord du Fjord Saguenay.

Le combat de Miro

Miro en juin 2011 au spectacle aérien de Bagotville
Photo provenant de la page Facebook

En octobre dernier, Miro Angers-Laurin a dû  quitter ses compagnons d’école pour recevoir des soins à l’Hôpital Sainte-Justine de Montréal. Terrible verdict pour ce garçon de 11 ans et sa famille : une tumeur au cerveau inopérable, comme le relate avec émotion la journaliste Mélyssa Gagnon dans le Progrès-Dimanche du 6 novembre. (ici)
  
« Malgré l’inouïe tristesse de la situation, le père de famille fait toutefois preuve de force. En entrevue téléphonique, il demeure solide. Cette résilience trouve écho chez tous les membres de la famille, même si chaque personne a droit à ses moments de chagrin, » écrit Mélyssa.


« On a deux choix. 
Ou on se met à frapper dans les murs, 
ou on vit à 100 miles à l’heure avec notre gars et notre fille. 
Mon fils va faire ce qu’il veut 
et moi, je ne me censure plus. 
J’essaie de garder le sourire. 
Qu’est-ce que je peux
faire d’autre? » (
Jean Angers)


Les enfants de l’école de Miro



Afin de contribuer au fonds de soutient pour permettre à Miro d’avoir sa famille auprès de lui pendant son combat, les élèves de maternelle et primaire de la petite école de Sainte-Rose-du-Nord ont présenté une soirée poésie et musique le 28 novembre. Les enseignantes et organisatrices de cet événement bénéfice, Reine Desmeules et Julie Villeneuve, m’ont invitée comme marraine de cette soirée particulière préparée en moins de dix jours. 


Émue par l’histoire de Miro. Touchée par la décision audacieuse de ses parents de tout mettre en suspend - travail du papa, études en doctorat de la maman, réaménagement des cours de la jeune sœur en secondaire - afin de vivre auprès de leur héros de 11 ans. Sensible à l’idée de choisir la poésie et la musique pour une soirée bénéfice. Enchantée de voir ses parents se ternir debout auprès de leurs enfants pour réaliser ce projet. Et finalement, honorée d’avoir été l’invitée privilégiée de ce récital où ces enfants ont livré une prestation avec sérieux et générosité. Le geste était important et ils ont su le démontrer avec cœur.


La vraie poésie de cette soirée, ce fut ces enfants qui, malgré leur très jeune âge, ont répondu présents pour un beau geste de solidarité. À travers eux, j’ai vu la beauté.
 

Photo provenant de la page Facebook


Ma petite contribution

Parce que demandé et parce que promis, voici le texte que j’ai écrit pour la circonstance, en prévision de ce 28 novembre.


Ode à Miro

Je conjugue au présent
Chaque instant de ce mois
Sachant ne pas avoir
Le temps de te connaître

Ton entrée dans ma vie
Coup de poignard au cœur
Et pourtant ton sourire
Me parle de bonheur

Tu es le géant
Et moi le pied d’argile
Ton courage est plus grand
Que la rage qui m’anime

Du haut de tes 11 ans
Tu éclaires nos routes
Comme un phare sur l'océan
Nous évite l’écueil

Ton nom devient symbole
Des enfants de nos vies
Ton combat nous rappelle
Que chacun est précieux

Car telle est la leçon
Que ta famille nous donne
Rien n’est plus important
Que le temps de Miro


Christiane Laforge
27 novembre 2011


Miro Angers-Laurin
Photo provenant de la page Facebook


Rappel des adresses pour effectuer un don pour Miro et sa famille

Manoir Ronald McDonald de Montréal

A/S FAMILLE ANGERS, CHAMBRE 301

5800, chemin Hudson,
Montréal 
(Québec) H3S 2G5

O

Ou encore par transfert bancaire, 
communiquez avec Richard Saint-Pierre 
pour obtenir toutes les informations bancaires afin de faire parvenir vos dons directement par internet.
Donc, deux  façons de contribuer.
 


Photo provenant de la page Facebook


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vendredi 19 août 2011

Fabuleux été


Mon été est fabuleux.

Depuis la mi-juillet je me tiens loin de la télévision, de la radio et des journaux et de l'Internet. Là où je vis mes jours de pluie et de soleil je n'ai qu'un accès téléphonique via mon cellulaire qui ne capte pas partout. Une boîte vocale capture les voix amies qui souhaitent que je les rappelle. Occasionnellement je me connecte, modérément car un ami voisin a la gentillesse de partager son temps d'antenne, histoire de saluer les amis du réseau afin de connaître le plus important : les naissances, les joies, quelquefois les inquiétudes, les chagrins et souvent les grincement de dents à l'égard des gouvernants dont plusieurs me semblent en train de délirer sérieusement. Alors je me réfugie dans cet éloignement salutaire, plongeant dans les livres et marchant dans la forêt, les yeux gorgés de la beauté du fjord et les oreilles du chant des ruisseaux.



Quand reviendra l'automne, je serai comme feuille au vent, toute colorée du rouge passion, de jaune soleil et vert printemps, qui se posera sur le clavier pour une valse de mots dont j'ignore encore tout.

À bientôt!


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mercredi 6 juillet 2011

La légende d'Arthur Villeneuve

Production la Pulperie de Chicoutimi et Théâtre CRI
Émilie Gilbert Gagnon, Mélanie Potvin, Marilyne Renaud, Patrice Leblanc, Hélène Bergeron, 
Benoît Lagrandeur, Martin Giguère, lors de la grande première le 5 juillet 2011
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

L'inattendu était au rendez-vous ce mardi 5 juillet au Bâtiment 1912 de la Pulperie de Chicoutimi. En créant La légende d’Arthur Villeneuve, le Théâtre CRI a superbement illustré l’étonnante ingéniosité de nos auteurs, metteurs en scène, scénographes et comédiens. C’est la somme d’une expérience théâtrale qui s’est construite avec un talent certain, soutenu par une ténacité dont j’ai été l’heureux témoin pendant plusieurs décennies. Bravo!

Que de pièges se dressaient sur la route de ce projet imaginé par Guylaine Rivard alors que, visitant la Pulperie et son œuvre maîtresse la maison peinte d’Arthur Villeneuve, elle s’est laissée envahir par son aura colorée. « Un lieu extrêmement évocateur, écrit-elle, renfermant toute une somme de récits, de mystères ou de secrets qui m’apparurent soudainement comme une source intarissable d’inspiration. »

Nul doute, les spectateurs qui aborderont cette pièce sans a priori seront immédiatement emportés dans une fantaisie burlesque qui les conduira du rire au sourire attendri jusqu’à ce très beau moment où l’œuvre picturale d’Arthur se révèlera dans sa véritable dimension.

Pour d’autres, qui ont connu la famille d’Arthur et d’Hélène, la levée du rideau sera inévitablement précédée d’une certaine attente, d’une curiosité sur le comment raconter cette page de notre histoire artistique régionale. 

Souhaitant tout le bien possible aux artisans de cette aventure théâtrale, l’esprit demeure quand même prompt à la critique devant tout excès possibles, soit dans la caricature, la complaisance, la facilité ou le récit documentaire. L’auteur, Martin Giguère, a su éviter ces écueils. Il l’explique très bien ici : « Une légende est une histoire vraie qu’on déforme, qu’on amplifie par l’imagination. Il n’y a aucun mensonge dans une légende. Il n’y a que des pirouettes de l’esprit pour viser juste, pour divertir, pour faire saisir l’essentiel sans se prendre les pieds dans la réalité qui, elle, est rigide et sans compromis. » Cela définit parfaitement cette production théâtrale.

Tout se joue à l’intérieur d’un décor fait de draperies blanches suggérant une grande cuisine, avec ses portes et fenêtres derrières lesquelles se profileront les ombres de plusieurs personnages. Peu d’accessoires. L’essentiel. Assez pour faire illusion. Autour de la table, un couple s’affronte. La petite maison étouffe la femme qui harcèle son impassible mari afin de quitter cette demeure dont les murs ne cessent de gémir. « Les maisons qui craquen nous livrent ses secrets », dit-il pour la calmer. Une belle succession de tirades sur le chant des maisons nous est décochée tout de go. Le texte fourmille de répliques que l’on voudrait retenir. Elles nous tombent dessus en cascade, entre deux pitreries, tiraillés que nous sommes entre la subtilité des mots et la bouffonnerie du jeu qu’accentuent des costumes auxquels les bandes dessinées rigolotes ont tout à envier.

Le spectateur impatient de voir sur scène le célèbre couple, risque de trouver un peu longue cette entrée en matière sur la vente de la petite maison, ponctuée par le duel opposant les résidents à leurs voisins. Ceux-ci veulent à tout prix prendre possession des lieux. Le spectateur idéal, donc sans attente, y verra surtout une mise en scène clownesque, très physique, préparant le terrain pour le contraste voulu entre un voisinage hostile et l’arrivée du timide Arthur avec sa très autoritaire épouse.

Arthur (Benoît Lagrandeur) sympathise avec le
propriétaire de la maison de la rue Taché (Martin Giguère)
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

Benoît Lagrandeur crée un Arthur si vrai qu’on en vient à oublier le comédien. Voire même ne pas le reconnaître. On se laisse captiver par le personnage, si authentique, si entier. On se surprend à éprouver une grande tendresse pour son apparente docilité, ses silences et sa foi inébranlable en ce don qui l’habite. Une interprétation remarquable.

Hélène Bergeron campe une Hélène Morin impressionnante. Impossible de ne pas reconnaître cette maîtresse femme que la comédienne a su rendre avec justesse, sans jamais verser dans la caricature. Elle a mis en évidence le lien affectif réel, la connivence malgré son ton bourru avec cet Arthur qu’elle défendra contre tous dans le pire et le meilleur.

Affiche - Hélène Bergeron (Hélène Morin) et Benoît Lagrandeur (Arthur Villeneuve)

La transformation de l’humble barbier en peintre reconnu est habilement menée. C’est un très beau tableau qui se brosse sous nos yeux, tout en conservant à la pièce son ton burlesque avec le passage successif des personnalités qui ont joué un rôle majeur dans la carrière de Villeneuve.

La chute est habile. En deux mouvements on saisit la mort du peintre, le déménagement de la maison à la Pulperie et le dernier trait lancé aux détracteurs dont nul ne se souviendra, tandis qu’Arthur survit.
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Une bonne critique de Roger Blackburn dans Le Quotidien : ici

Autre texte, sur le sujet dans le Voir : ici


On en parle à la télé : ici

Dario Larouche a la bonne idée de mettre le documentaire de l'ONF sur son Blogue Les clapotis d'un YoYo II : ici

jeudi 26 mai 2011

Michel a rejoint son père Arthur

Michel Villeneuve 
1949-2011


Sonne le glas ce 26 mai 2011 sur la mort de Michel Villeneuve, fils du peintre-barbier Arthur Villeneuve, lui-même décédé le 21 mai 1990. À cinq jours près. Comme si Michel avait tenté de dépasser le pas ultime avant de culbuter dans l’au-delà.


Travaux du printemps. Une chute aussi imprévisible que cruelle où Michel a heurté le sol de sa tête. Des jours et des jours d’un combat incroyable pour survivre. Pour sa famille, ses amis, c’est l’attente résignée. Puis l’espoir insensé, quelques jours trop brefs, sous la pression d’une main et quelques mots échangés… avant d’affronter aujourd’hui l’implacable verdict.


Les jumeaux Michel et Micheline Villeneuve
© Photo courtoisie Micheline Villeneuve


Le grand silence de sa jumelle Micheline, ce soir au téléphone, a dit, mieux que les mots, l’ampleur du vide laissé par ce départ inattendu. Michel et Micheline, indissociables dans mon esprit depuis le temps de l’adolescence alors qu’on se retrouvait dans la maison de la rue Taché, nos pères parlant peinture et nous de poésie.

Ce soir, je pense au chagrin de toute la famille. Son épouse, ses fils, ses frères et sœurs. Mais qu’il est difficile d’imaginer ces lendemains qui vont venir sans plus jamais voir jusqu’où ses dessins vont nous entraîner. 

Œuvres de Michel Villeneuve - Expo à la Pulperie 2007
© Photo Le Quotidien

Depuis 1997, Michel s’imposait avec talent comme l’héritier de ce père célèbre. Il avait su trouver son propre langage sans renier une filiation évidente entre ses dessins et l’imaginaire
d’Arthur. Dessinateur compulsif, couvrant papiers, napperons, cartons, en tout temps, en tout lieu, l’autodidacte affirmait une maîtrise grandissante du mouvement que lui reconnaissent les témoins de ses premières expositions, d’abord à Larouche en 2005, puis à La Pulperie de Chicoutimi en 2007 et finalement à Gatineau et autres lieux où Michel animait des ateliers pour les enfants prêts à le suivre dans ce monde onirique qui nous a charmé.

Le journaliste Yvon Paré, avait très bien résumé l’œuvre et l’homme dans une excellente critique publiée dans le Progrès-Dimanche. En relisant cet extrait, j’ai eu le sentiment de vraiment comprendre ce qui rendait Michel Villeneuve si attachant.

 « Villeneuve rend hommage à la vie et à la forme en se laissant porter par ces dessins, travaillant à la manière des surréalistes qui refusaient « de penser » et toute censure. Il en résulte des mondes étonnants, une joie frénétique, un hymne à la vie qui rassure et apaise même s’il faut quitter nos références. Un monde glissant, dansant, rampant qui renoue avec l’inconscient et les archétypes. Un monde de silence et de méditation aussi. »


Michel Villeneuve
Archives - Le Quotidien 


En guise d’au revoir, pour toi Micheline, j’aime penser que Michel a retrouvé son père Arthur Villeneuve, imaginant les deux artistes réunis pour un symposium éternel de peintures et dessins joyeusement colorés.

Adieu Michel. 
Toute ma sympathie à ta famille.


Œuvre de Michel Villeneuve
© Archives Le Quotidien






mardi 24 mai 2011

Pierre Dumont nous laisse sans voix

Photo de la page B1 du Progrès Dimanche du 23 janvier 2005
Pierre Dumont tenait une exposition au CNE
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien


Il nous semblait indestructible et voilà qu’il disparaît soudainement. Trop tôt pour mesurer le vide que ce géant va laisser. Pierre Dumont figure dans ma mémoire de journaliste au palmarès des artistes les plus remarquables. Il a toujours su nous surprendre. Mais on ne lui en demandait pas tant!

Adieu Pierre. Je n’ai pas eu le temps de te dire toute mon admiration. Pour tes œuvres de musicien, de peintre, de sculpteur et pour ton engagement social qui a largement contribué au développement et au dynamisme culturel de la région pendant plus de trente ans. Que l'on pense seulement au Festival des musiques de création du Saguenay fondé en 1989 et qui, ce triste jour, doit battre la mesure de ton départ.

Aucune rencontre avec toi n'a été banale. Je me permets, ici, de reprendre tel quel un reportage que j'avais écrit, après une longue entrevue avec toi. On y retrouve ton humanité, tes émotions et ta richesse intellectuelle. J'étais fascinée. Je le suis encore, avec une infinie tristesse à la pensée que tu n'es plus.

 Pierre Dumont
© Archives Le Quotidien

PD 20 mars 1997

CHICOUTIMI (CL) - «Je suis un sculpteur qui fait de la peinture, un peintre qui fait de la musique.  Le sculpteur est très bon, le musicien est moyen et je suis un mauvais peintre.»
Pierre Dumont est un artiste interdisciplinaire qui a besoin de ses multiples disciplines pour trouver équilibre et plaisir.

«Je me tanne vite. Je travaille beaucoup de façon inconsciente. J'écris surtout la nuit, mais après une heure ou deux je me tanne. Je passe à la peinture. Je me tanne. Je viens à la musique.  En fait, j'ai besoin de tout pour vivre.»

Et pas seulement la création.  Pierre Dumont, aime la bonne chère, les bons vins et la convivialité.  Recevoir des amis autour d'une bonne table importe à sa vie, tout autant que l'enseignement qu'il dit adorer.

«J'aime le milieu de l'enseignement.  J'aime le travail d'atelier et les jeunes me passionnent.  Avec eux, je ne ressens pas l'angoisse du tableau blanc.  Ils nous obligent à l'authenticité.  Ils nous font voir que l'on connaît le langage mais pas le sens du langage.»
Originaire de Kénogami, Pierre Dumont est fils d'un ouvrier qu'il décrit comme un artisan original, créatif et patenteux, d'une mère couturière également soucieuse du beau et petit-fils d'un grand-père habile de ses deux mains. Un milieu propice à l'éclosion d' artiste. Son frère Mario travaille pour les films Intrigue de Montréal et s'occupe des effets spéciaux.
À douze ans, il étudie la peinture dans le sous-sol de la résidence de Pierrette Gaudreault, fondatrice de l'Institut des arts au Saguenay. En même temps, il apprend la guitare, autodidacte à la recherche des sons uniques qu'il compose aussi sur le clavier. Il aime les instruments ethniques et se sent particulièrement attiré par les Indes.
« Je n'ai vraiment pas une culture rock nord américaine. J'ai travaillé sept ans avec  Ganesh Annandan, musicien indien (lors du groupe Cizo) et j'étais plus attiré par Ray Charles, par le gospel, par Ravi Shankar et Léo Ferré. »


 

Sa jeunesse est axé sur les arts. Réfugiant sa timidité dans la sécurité du foyer. Il en conserve toujours son côté sauvage et le vit dans la solitude de son atelier. Mais il est devenu plus sociable, par l'enseignement et ses activités dans le milieu des arts. Il est membre fondateur, avec Jean-Pierre Bouchard, du CEM (Centre d'expérimentation musicale) et il préside le Festival des musiques de création.
Lorsqu'il était jeune, Pierre Dumont envisageait de quitter la région. « Je ne voulais surtout pas revenir à Jonquière.  Je rêvais de New York.  Et on m'a offert un poste au Cégep de Jonquière. »

Il a cédé à l'attrait de l'enseignement, sans regret aujourd'hui, et à la tentation de la sécurité que cela apportait, lui donnant une grande liberté pour créer.

« Pour être un artiste, il faut avoir la couenne dure. Après de belles années en 1970, le temps des boîtes à chansons, des galeries (il a participé à la création de la galerie de l'Arche à Jonquière), les artistes de mon âge se sont sentis fatigués, désabusés. »
C'est ce qui expliquerait le creux de la vague qui a marqué les années 1980 dans le domaine de la culture. Heureusement il semble y avoir un mouvement de renaissance. Bien souvent provoqué par le retour des créateurs qui sortent de leur morosité.
 
« Depuis deux ou trois ans, on sent du mouvement. Cela dépend des contextes sociaux. Je pense que plus on est opprimé, coupé, plus on crée, plus on développe d'énergie. Par réaction. Il faut aussi dire que les jeunes reviennent de plus en plus au théâtre, à l'écriture. Le problème, cependant, c'est qu'ils n'ont pas leur place, pas d'argent. C'est à nous de les aider. C'est important de ne pas oublier que cela a été dur pour nous. Ne pas oublier par où on a passé. »

 Œuvre de Pierre Dumont
© Photo Sylvain Dufour

Pour lui, les temps sont plus cléments. Et il se partage sans difficulté entre toutes ses passions, quoiqu'il confie que « peindre et sculpter ça me donne le goût de vivre. La première chose, c'est le plaisir d'entrer dans ton atelier. »

 Il y prépare actuellement une prochaine exposition spectacle, prévue pour janvier 1998. Sa démarche artistique regroupe la musique, l'écriture, la peinture, la sculpture et la photographie. Il sait aussi s'entourer de complices de talent : Lou Babin, Pierre St-Jak et Bernard Bergeron. Avec eux, il a réalisé  La vie silencieuse des pierres. On lui connaît aussi Trou de mémoire. Et il prépare Les porteuses d'Ô et Les tambours d'Ô (installation à la Pulperie de Chicoutimi, où il réalisera aussi son Jardin sonore.

Pierre Dumont compte de nombreuses expositions, plusieurs productions musicales, sur disques, en théâtre et au cinéma et a donné de nombreux spectacles.

 Œuvre de Pierre Dumont
© Photo Sylvain Dufour

« Ma vision de l'art se rapproche inévitablement du rituel. À l'avant-plan se retrouve un lieu, des objets,des rythmes. Une musique, une vision du futur, une bribe de l'histoire. J'ai toujours eu un grand respect pour la nature sauvage, pas celle qu'on apprivoise mais plutôt l'esprit déroutant et caché des êtres et des choses qui par leurs forces témoignent encore de l'origine. »

 Pierre Dumont
Archives Le Quotidien 



 

dimanche 17 avril 2011

Parlons élections


 Au Québec, 38% des répondants au sondage estiment que 
Ses adversaires Stephen Harper et Michael Ignatieff récoltent respectivement 14% et 13%.
Photo PC
 
Tellement d’évènements bousculent la planète que mon esprit se sent ballotté d’une tempête à l’autre, incapable de garder le cap dans une direction précise. Haïti, Côte-d’Ivoire, Tunisie, Égypte, Lybie, Yémen, Iran, Japon.  Ajoutons le Canada, où toutes allégeances confondues font preuve que la partisannerie et la soif du pouvoir prévalent sur le bien-être du peuple. Il y a bien des extrémistes, des intégristes politiques ou religieux ou les deux qui veulent le pouvoir pour imposer leurs idées. Le pire est d’imaginer qu’ils sont sincères. L’insupportable sera de les subir. 

Parlons élections

Plusieurs fois déjà des appels “confidentiels” ont fait sonner mon téléphone dans le but de connaître si le candidat nommé pouvait compter sur mon appui.  Chaque fois je réponds : « Je veux entendre jusqu’au bout ce que chacun propose avant de prendre ma décision. »

C’est la moindre des politesses que de les laisser s’exprimer jusqu’au 2 mai, sinon pourquoi dépenser 300 millions pour une campagne électorale? Pour des affiches peu convaincantes? Pour le palmarès de la publicité la plus ignoble? Pour le refus outrageant de répondre aux questions légitimes des journalistes? Pour voir des citoyens expulsés des assemblées qui devraient pourtant servir à débattre des idées pour lesquelles on leur demande de voter?

Je compte bien réfléchir jusqu’au bout afin de ne pas commettre d’erreur. Sachant les limites de notre système électoral, je dois me résoudre à orienter mon vote en fonction de la gestion de mon pays et non de la valeur du candidat puisqu’il se soumettra aux directives de son chef, bien que, logiquement, il devrait plutôt s’occuper des directives de la population qu’il représente. Puisque j’ai combattu pour la reconnaissance de l’égalité des femmes et des hommes, pour l’accès aux soins de santé et à l’instruction pour tous sans discrimination à l’égard de la fortune, pour la protection et le soutien des plus faibles, pour une société privilégiant la prévention et surtout pas la répression, pour un pays soucieux de protéger ses terres, son eau, son environnement, pour un gouvernement capable de mettre un frein à la cupidité des banques,  à l’irresponsabilité des multinationales, à la destruction des emplois et à l’exploitation des travailleurs, je veux connaître lequel va le mieux se battre pour ces mêmes priorités. À la toute fin, aurais-je le choix entre le pour ou le contre?

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Pour information : Les cinq plateformes électorales

Vert 
NPD
Libérale
Conservatrice
Bloc 

L'alternative de Chantal Hébert

J'ai emprunté cette illustration ici