jeudi 29 juillet 2010

Irrésistible

Victor Laforge... il connaît la vraie tourtière
© Photo Andére-Anne Lachaine


Happée par le Fjord, je passe en coup de vent à la Maison Heureuse et consacre donc peu de temps à naviguer sur Internet.  Mais je n'ai pas pu résister au désir de partager ce moment de vie, vécu mardi soir à la Maison de Laforge de Sainte-Rose-du-Nord, en compagnie de ma petite famille. Famille élargie qui a été témoin de l'appétit de Victor, 15 mois, qui découvrait la VRAIE tourtière - réalisation conjointe de son Papili et sa Mamieke - à laquelle il a rendu hommage à cinq reprises avec des miamhummmmm sans équivoque.

Sa maman en témoigne ici avec photo et petit film.

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jeudi 15 juillet 2010

Le Vatican incapable de reconnaître l'égalité entre hommes et femmes

Dôme du Vatican
Maison mère de pensée sexiste

Lu dans La Presse ce matin

Ordonner une femme, un «délit grave» pour le Vatican

Toute «tentative d'ordonner une femme» constitue «un délit grave contre la foi», affirme le Vatican dans un document présenté jeudi à la presse, qui durcit par ailleurs les règles contre la pédophilie au sein du clergé.

Dans ce document baptisé «normes sur les délits les plus graves», le Vatican a mis à jour ses règles vis à vis des sacrements. Ainsi, la tentative d'ordination de femmes, qui entraîne déjà l'excommunication automatique, figure parmi les délits les plus «graves» qui seront traités par la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

Parmi les autres délits contre la foi, le père Federico Lombardi cite «l'hérésie, l'apostasie et le schisme». Par contre les actes pédophiles ne seraient que des offenses «à la morale». Moi, je crois qu'il s'agit des crimes graves contre la personne, encore plus odieux parce qu'il s'agit de crimes contre des enfants sans défense. Bon!  Le Vatican prévoit tout de même des sanctions plus sévères, mais l'épée de Damocles ne pointera pas au-delà de 20 ans après le 18e anniversaire de la victime. Après il y aura prescription.

Pas d'excommunication pour les pédophiles. Cette sanction menace surtout ceux qui oseraient ordonner des femmes. La prêtrise est une fonction exclusivement réservée aux hommes sous prétexte qu'il y a 2000 ans le fils de Marie n'aurait choisi que des hommes comme apôtres. Il y a 2000 ans, les apôtres, dont leur chef,  ne vivaient pas non plus dans l'opulence d'un palais gorgé de richesses. Si l'exemple du passé fait force de loi, il devrait l'être en tout. 

J'ai de la difficulté à comprendre que l'on puisse vouloir être prêtresse pour toute église à ce point misogyne, mais je comprends encore moins que nous tolérions le sexisme institutionnalisé, sous prétexte religieux qui plus est, alors que nous revendiquons la reconnaissance d'un principe « sacré » de notre évolution humaine, à savoir que Tous les humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Ras-le-bol des croyances qui enseignent le contraire.


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jeudi 1 juillet 2010

Non à ce Canada-là




En octobre 1970, au Québec, il y avait eu des arrestations arbitraires dans un contexte orageux provoqué par un double enlèvement d'hommes politiques. C'était déjà scandaleux autant que maladroit.

En juin 2010, à Toronto, ville d'un pays qui se dit démocratique, au cours de manifestations prévues et organisées à l'occasion de la rencontre du G-20, il y a eu des arrestations arbitraires en réaction à des actes de vandalismes perpétrés par une minorité de personnes qui se sont glissées parmi les manifestants. Des arrestations, non pas sur le lieu de la manifestation, mais en pleine nuit dans un dortoir où des représentants d'organismes tout à fait légitimes se reposaient. Le récit de ces trois jours en cellule est horrifiant: privés de nourriture, privés de médicaments essentiels, privés d'intimité pour les besoins naturels, encagés sur un sol de béton froid, avec fouilles au corps en public sans aucun respect pour l'intimité et l'intégrité physique des femmes, avec cris, insultes, crachats et propos francophobes, voilà le Canada du G-20. 

Deux millions de dollars pour un faux lac afin d'épater les représentants de la presse internationale! Mais c'est ce témoignage audio-visuel qu'il faut leur montrer... car cela est le visage de ce pays d'aujourd'hui. Un pays où je ne me reconnais pas. Si c'est cela le Canada, je ne peux que lui dire NON. 

Ce 1er juillet 2010, j'ai l'âme à l'orage.

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«La répression de « l’État policier à un milliard » de Toronto a montré que les libertés civiles peuvent être suspendues à volonté. Elles ont été officiellement suspendues dans les 5 mètres entourant la cage d’acier du G20, mais, officieusement, partout ailleurs. L’État policier du G20 de Stephen Harper a vu des arrestations arbitraires, des passages à tabac, des perquisitions et saisies (y compris un parapluie confisqué hier, aujourd’hui surnommé « le parapluie à un milliard de dollars »).» À lire ici.

Des témoignages ici,   ici 

Sur les nombreuses tables du quartier général de la police de Toronto, on pouvait voir des masques à gaz, une scie mécanique, des bâtons de baseball, des menottes, des cannes de peinture, des balles de golf et des dizaines d’autres objets. Certains paraissaient plus inoffensifs toutefois, comme des casques de vélos, des balles de tennis et des lunettes de soleil...
Debout devant les objets, Bill Blair a soutenu qu’il s’agit là de «preuves» de l’étendue «de la conspiration criminelle» projetée par les bandits qui ont infiltré les manifestants. «Ces personnes sont venues pour attaquer notre ville. Ils sont venus pour attaquer le sommet. Ils sont venus pour commettre des crimes et rendre coupables les gens de Toronto», a-t-il dit.»  À lire ici
«L’Association Canadienne des libertés civiles a déjà envoyé une lettre au ministre Ontarien de la sécurité publique, tandis qu’Amnistie International a émis un communiqué pour critiquer la perte du droit d’assemblée pacifique.
Il va sans dire qu’il s’agit d’un autre exemple du glissement déplorable qui s’opère au Canada concernant nos libertés civiles, dont, entre autres, l’érosion du droit d’accès à l’information du Gouvernement fédéral et les poursuites baîllon.» À lire ici

G 20: la police aurait utilisé des agents provocateurs.
 Les demandes d'enquête publique se font plus pressantes


Le président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, David Coles, qui a contribué à lever le voile sur la stratégie de la Sûreté du Québec à Montebello (on le voyait dans une vidéo confronter un agent infiltré au visage voilé qui tenait une roche dans sa main), était aussi à Toronto pour le G20. Il affirme ne pas avoir de preuves aussi concrètes qu'à Montebello, mais que les capsules sur Internet sont «troublantes». «Ça ressemble beaucoup au modus operandi de la police dans les derniers grands rassemblements», a-t-il dit au Devoir hier.»
À lire ici

   
Texte de Jean François Bissonnette. Le Devoir 10-07-03 
«Toronto a été le lieu de mise en scène d'une violence essentiellement symbolique, mais sans langage, où le «pétage» de vitrines et les coups de matraque sont venus rappeler rituellement qu'il existe dans cette société des conflits insolubles et explosifs, beaucoup plus profonds que ne le laisse croire le petit nombre des casseurs, des conflits inconscients que n'effacent pas l'autocongratulation des élites, leurs beaux discours et leurs lacs artificiels.» À lire ici



jeudi 24 juin 2010

Symbolique souvenir

Rita Turbide - Porte drapeau

Depuis 1976, mon symbole de la fête nationale des Québécois a toujours été Rita Turbide.
Au delà de sa fidélité au parti fondé par René Lévesque, Rita était une farouche guerrière engagée dans un combat pour un Québec francophone dans l'expression et dans l'esprit, mais aussi un Québec totalement autonome, délivré de tous liens avec la couronne d'Angleterre. Femme libre, avant-gardiste, elle pouvait investir son énergie et sa foi dans une cause politique tout en acceptant la complexité paradoxale de sa jeune amie immigrante incapable d'accepter frontière ou scission et pourtant ardente défenderesse de la primauté du français dans sa province d'adoption. 

Aujourd'hui, je chante avec Gilles Vigneault:

Le temps qu'on a pris pour dire que l'on s'aime, 
C'est le seul qui reste au bout de nos jours

Sachant que Rita a su vivre ces mots dans toutes ses amitiés. 

Ces mots, elle les a portés si haut que ce temps qu'il me reste, ce temps qu'elle a donné, est le drapeau avec lequel je me vêtirai aujourd'hui.



samedi 19 juin 2010

Gala de l'Ordre du Bleuet


C'est aujourd'hui que l'Ordre du Bleuet nommera 14 nouveaux membre. Voir ici


Le crédo de l'Ordre

Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage.

lundi 7 juin 2010

10 697 citoyens ont dit oui à la jeunesse et à l'avenir

Ah! que j'aurais voulu que toute la région du Saguenay puisse se prononcer sur le choix proposé, hier 6 juin! On aurait dû avoir ce droit, puisque nos impôts versés au fédéral et au provincial serviront à la restauration de l'auditorium du Cégep de Chicoutimi. 

Mais, je suis une Saguenéenne de Saint-Fulgence et donc sans droit de vote au sujet d'une salle de spectacle qui coûtera aux contribuables bien plus cher que ce que les tenants de la rénovation ont déclaré au cours des semaines précédentes. Ce silence ne sera pas entendu.

Non, je ne suis pas étonnée du résultat. Pas étonnée que 70% de la population ait choisi de ne pas se déplacer. Certains parce qu'ils sont totalement indifférents face à l'une ou l'autre des deux options. Sans doute, avaient-ils bien saisis que la différence des coûts entre les deux options étaient à plus ou moins deux millions pour les payeurs de taxes. Moins cher que le dédommagements que BTF, comme le dit cet article : «la Cour suprême du Canada a confirmé le jugement des deux premières instances, qui condamnent Saguenay à dédommager la firme BTF d'une somme de 4 M$ pour avoir attribué illégalement à un concurrent (L'Immobilière) le contrat de l'évaluation municipale à Saguenay pour les années 2004 à 2009.» Les autres, parce que les autres....

Je ne suis pas surprise que 67% du tiers de la population se soit laissé convaincre par l'appel à la restauration de l'auditorium. Leur vision est différente. C'est une conséquence. Et comprenne qui peut.

Malgré tout, je n'ai pas l'humeur orageuse. C'est inouï et enthousiasmant ce que Marie, Éric, Patrice et de nombreux compagnons de conviction (et non pas des «acolytes» comme l'a écrit si péjorativement un journaliste dans le quotidien d'aujourd'hui), ont réussi. Mobiliser près de 10 700 personnes avec peu de moyens, contre une organisation politique bardée de juristes et financièrement pleine de ressources, c'est inattendu dans le contexte actuel. 

Toute l'histoire de cette région est tissé de semblables duels. Une poignée de personnes a toujours dû se battre contre l'autorité et le pouvoir pour ouvrir cette région au progrès. Si nous sommes là, c'est grâce à eux.  

Et ces jeunes battants d'aujourd'hui seront encore là demain, après-demain. Je prends le risque de croire que nous seront plus de 10 700 à les épauler pour ces autres batailles à livrer contre l'incurie politique dans le développement de notre futur culturel et artistique.

Il nous reste une Coopérative de développement culturel à sauver.

Et, malgré tout, plus tôt que certains le pensent, une salle de concert à construire, sinon pour nos enfants du moins pour nos petits-enfants. L'avenir nous appartient.

*** 






mercredi 2 juin 2010

Pour une nouvelle salle de spectacle

 Les oiseaux de Chantale Vincelette
Deux minutes du 1er juin

Plutôt deux fois qu’une pour la nouvelle salle de spectacle.
Deux fois POUR l’avenir de mes jeunes, parce que je suis :

Pour une nouvelle salle de spectacle
et
Pour que l’on sauve le Théâtre du Saguenay

J’ai déjà longuement parlé de la saga concernant la construction d’une nouvelle salle de spectacle régionale pour la population de tout le Saguenay.
Note : J'ai réuni les principaux liens à la fin de ce texte.

Depuis la séance du Conseil de Ville de Saguenay du 4 avril 2005, alors que, unilatéralement, dans le grand silence des conseillers municipaux, envers et contre toutes les prises de position du milieu, des organismes culturels et de nombreux artistes, il a été imposée une résolution en faveur de la rénovation de l’auditorium du collège de Chicoutimi, balayant du même coup les conclusions du rapport Trigone, j’ai compris qu’il n’y avait rien à comprendre… à moins d’émettre une hypothèse au risque de me retrouver avec une poursuite infondée d’un million.

Le soufflet infligé fut alors si imprévu et si brutal que tous les intervenants - gens des arts et gens d’affaires inclus - en sont restés cois. Là où je m’attendais à une rébellion justifiée des milieux concernés, j’ai cru voir une résignation. Je n’avais pas compris que, pour plusieurs, c’est l’espoir qui venait d’être avorté.


Porte-parole des jeunes du Conservatoire pour une nouvelle salle de concert
Lors de la conférence de presse du 4 juin
© Photo courtoisie Miche Baron

Puis, il y a eu 2009. Cette pure et vivifiante levée des jeunes du Conservatoire de musique, résolus à se battre pour une salle de concert rendant justice à la musique qu’ils apprennent à jouer comme des maîtres, auprès des maîtres. Galvanisés par les propos du jeune chef prodige Jean-Philippe Tremblay, relatés dans le Quotidien par le journaliste Daniel Côté, ils ont osé dire non à un règlement d’emprunt qui devait sonner le glas d’un rêve bien légitime : une salle de spectacle ouverte sur leur avenir.

Mauvaise nouvelle pour l'auditorium Dufour
Le Quotidien du 4 juin confirme la présence d'amiante,
selon le rapport de la firme LVM-Technisol 
Photo -  Archives Le Quotidien


Même si l’on doit comprendre et respecter l’ardeur de la directrice du collège de Chicoutimi à plaider pour la cause de son établissement scolaire, c’est regrettable d’opposer deux concepts qui ont chacun leur raison d’être. Nul ne doute que l’auditorium Dufour a besoin d’être rénové. Cette salle est au service des étudiants du collège et, comme pour le Cégep de Jonquière, comme pour l’auditorium des écoles Lafontaine ou Charles-Gravel, comme pour l’auditorium du Collège d’Alma, ses administrateurs se doivent de veiller à leur bon état pour répondre à leur vocation éducative. On devine qu'il ne doit pas être facile de se résigner à perdre les revenus de location que générait le diffuseur Théâtre du Saguenay. La cause du cégep est sympathique, mais justifie-t-elle de renoncer à une autre vision?

Une autre vision comme ce projet de 16 M$
rejeté par le Conseil municipal lors de l'assemblée du 4 avril  2005


Pourquoi pas ?
Vendredi 4 juin, un vent d'espoir
© Photo courtoisie Michel Baron

Par contre, alors que les citoyens payeurs de taxes sont à l’heure d’un choix important, soit  payer une partie des coûts de la rénovation de l’auditorium ou payer pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle, comment peut-on leur laisser croire qu’une des deux options leur coûtera quatre fois plus cher que l'autre ? 

Une question honnête aurait proposé aux citoyens : voici ce que VOUS  (vos taxes) aurez à payer pour la rénovation d’une salle que le diffuseur devra louer, soit  8596M $, et voici ce que VOUS (vos taxes) aurez à payer pour la construction d’une nouvelle salle qui vous appartiendra, soit  10524M $. Que préférez-vous ?
Note : j’ai lu les rapports des analystes des deux parties et j’ai retenu le plus plausible à mes yeux, soit celui d’André Salesse. Pourquoi ? Parce que Monsieur Salesse a démontré sa compétence en livrant les chiffres comptables les plus réalistes de la dette du Théâtre du Saguenay (162 000$), dénonçant la mise en faillite sur la prétention contestable d’une dette de plus de 1,5M$ avancée par les fossoyeurs du TDS.

En fait, je crois que la vraie question à poser est de savoir si la population désire que sa Ville soit dotée ou non d’une nouvelle salle de spectacle. Et à partir de là, trouver le financement, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres projets audacieux, que certains ont aussi contestés, que ce soit dans le domaine sportif ou touristique ou culturel.


Sauver le Théâtre du Saguenay


 
À La Une du Quotidien - 2 juin 2010

Je suis pour que l’on sauve le Théâtre du Saguenay d’une faillite injustifiée. Cette coopérative culturelle a le mérite d’avoir doté la région d’une excellente réputation comme diffuseur majeur. Le TDS nous a fait honneur. Le Théâtre du Saguenay est une coopérative inclusive de toute la population de la région. Au lieu de se refermer sur un «membership» essentiellement local, elle est ouverte à toute personne du «diocèse de Chicoutimi», ce qui inclus des résidents de Saint-Honoré, de Saint-Fulgence, de Sainte-Rose-du-Nord, de Saint-Ambroise, etc. dont plusieurs aimeraient bien avoir leur mot à dire le 6 juin.

Je suis pour la Coopérative culturelle qui est le cœur du Théâtre du Saguenay parce qu’elle est apolitique et que son chiffre d’affaire annuel de 1,5 M $ démontre sa capacité de mener à bien son plan de redressement. J’admire ses défenseurs qui, plutôt que de tourner le dos aux créanciers, affirment au contraire qu’ils veulent honorer leur dette, payer leur dû et continuer la mission que cet organisme dirigeait très bien avant que ne leur soit imposée une ingérence indue et politique.

 Éric Dufour, musicien
© Photo Michel Baron


 Marie Gilbert-Thévard
© Photo Michel Baron




Je m’incline avec respect devant les Éric Dufour, Marie Gilbert-Thévard qui se multiplient et qui donnent des ailes à plus d’un. Je m’incline devant un Patrice Leblanc qui a lancé le cri de ralliement, «Aux arts citoyens» ainsi qu’un André Salesse qui met des chiffres sur les doutes soulevés.



Et je ne peux qu’applaudir les six cents personnes présentes, hier soir, au spectacle donné par des artistes d’ici, mettant des noms, des visages et la preuve de leur talent sur les «Ils sont qui eux?» trop longtemps ignorés, trop souvent méprisés.

J’ignore, ce 2 juin 2010, si David l’emportera contre Goliath. Quoiqu’il arrive, ce que je ressens au plus fort de ma foi en cette jeunesse debout, c’est l’espoir retrouvé.

La vie c’est l’évolution, le mouvement, le changement.

L’avenir c’est construire.


***
Éric Dufour et Marie Gilbert-Thévard ont remis une lettre 
à Michel Bonneau, alors directeur régional au ministère de la Culture, 
des Communications et de la Condition féminine, 
demandant de reporter l'octroi des subventions
liées au projet de rénovation de l'Auditorium Dufour.
© Photo Jeannot Lévesque
 


Liens complémentaires

Analyse comparative : ici
Se souvenir de 2005: ici

J'ai un peu écrit sur le sujet

La Voix des jeunes : ici  
Aux Arts mes citoyens : ici
TDS coup de théâtre : ici
Go multimedia : ici
Quoi encore? ici
La tentation totalitaire : ici
Histoire sans fin d'une salle : ici

Vendredi 4 juin 2010
sur le site éventuel de la 
Nouvelle salle de spectacle régionale du Saguenay


Ils sont pour une nouvelle salle de spectacle



Marie Gilbert-Thévard
plaide la cause des jeunes et de nombreux artistes

Éric Dufour ne lâche pas





Les médias étaient présents ce vendredi 4 juin

Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour
Se battent depuis plus de 14 mois
Pour que la population du Saguenay puisse  disposer d'une salle de concert 
digne des musiciens formés dans cette région.

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vendredi 28 mai 2010

Construire son avenir

«Tiens papa on va pouvoir construire mon avenir»

Victor Laforge sera-t-il un artiste? Artiste, ce mot honni  par  plusieurs dirigeants politiques qui ne supportent pas l'insubordination de cette espèce en voie de multiplication. 

Né en milieu rural, sur une ferme des Ardennes belges, l'arrière grand-papa de Victor a été mis au ban de sa famille parce qu'il aimait plus que tout dessiner et peindre. Ce «travers» venait sans doute de ses gênes paternels, alors qu'il était né «enfant de l'amour» (jadis on disait bâtard), d'un père déclaré inconnu même s'il était connu. Justement parce qu'il était connu! Un géniteur issu d'une famille d'artistes où être mécène pour les arts était la norme.

Jean Laforge, artiste peintre malgré l'oprobe de son époque et la vindicte de sa famille a lui-même engendré des artistes. Quatre sur quatre qui ont eux-mêmes donné naissance à des artistes, en arts visuels, en musique,  en écriture.

Victor est né à Chicoutimi, en avril 2009, lieu de vie de sa famille et peut-être de son avenir. Pour lui, rien de moins que le meilleur. Comme l'on voulu les hommes et les femmes qui, au cours du siècle dernier, ont tout investi pour doter cette région des écoles formant des artistes. Nous avons besoin de visionnaires, capables de prendre le risque du meilleur et construire, ici, un avenir pour nos jeunes. Peut-être qu'alors notre démographie saguenéenne cessera-t-elle de vieillir.

Petit Victor brandit les outils. Aux arts mes citoyens!

Floraison de couleurs - Élika Laforge 2010

Deux pinceaux, un peu d'eau, une palette de couleurs, une toile blanche. Élika, 2 ans et demi, seule à la grande table, a peint cette toile. La seule intervention a été la signature ajoutée par une Mamieke séduite qui a troqué cette floraison de couleurs contre une toile vierge. 

Élika Laforge sera-t-elle une artiste? Artiste, ce mot honni  par plusieurs dirigeants politiques qui ne supportent pas l'insubordination de cette espèce en voie de multiplication.

Petite Élika brandit les pinceaux. Aux arts mes citoyens!

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mercredi 19 mai 2010

Papa

Il me semble que c'était hier. À cette même heure, ton médecin nous demandait, à nous tes quatre enfants, de te dire que tu allais mourir. Ton corps se tordait de douleur et tu refusais la morphine salvatrice afin de garder ta conscience pour lutter contre la maladie. Mon rôle était de t’aider à comprendre que ta souffrance pouvait être soulagée. Je me suis retrouvée près de toi, la gorge nouée pour te dire que ton combat était terminé. Non, non, tu n'étais pas vaincu... tu avais seulement le droit de te reposer enfin!

Un de tes poèmes disait:

Je suis rendu ce soir au terme du voyage
Qui m'a blanchi le front et creusé le visage
Des pays parcourus où je portai mes pas
Et des jours effacés qui ne reviendront pas.
 

Tu  souffrais tellement! J'ai compris le sens des mots : se tordre de douleur. Comment te convaincre d'accepter l'aide chimique qui allait te soulager? J'avais plutôt envie de te dire, comme lorsque tu es parti pour le Canada quand je n'avais que trois ans, «Ne pars pas papa... ne pars pas.» Mais j'étais devenu grande, alors j'ai dit : «Papa, tu es rendu ce soir au terme du voyage...».

Tu m'a regardée. Ton regard me demandait-il la permission de partir ou me demandait-il pardon de ce nouveau départ?

Tu as finalement accepté d'être soulagé de ta douleur et, dans un soupir résigné que je n’oublierai jamais, tu as posé ta tête sur l'oreiller, t'abandonnant. L'infirmière est venue. Très vite tu t'es endormi.  Tu étais déjà très loin de nous. Et je ne t'ai revu les yeux ouverts que le lendemain, 17h25, à ton dernier soupir. Ce soir-là, peu avant 18h, il y a eu un arc-en-ciel sur Chicoutimi. J'ai dit à Jean-Marie: «C'est bien  de lui ça, il a déjà repris ses pinceaux!» On a ri de chagrin!
Papa, demain 20 mai 2010, cela fera quatre ans que tu es parti. Et je ne t’ai pas encore dit adieu. Ne le ferai pas non plus aujourd'hui.

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vendredi 7 mai 2010

La voix des jeunes


Extrait de l'album Électrons libres de Chantale Vincelette
Publié sur le site www.nouvellesalle.com

Combien de temps encore la population du Saguenay devra-t-elle attendre une salle de spectacle qui réponde aux besoins réels de sa communauté artistique? 
Voilà la vraie question à poser.

Je regrette que la décision ne revienne qu'aux seuls citoyens de la Ville alors que je suis tout autant concernée, comme personne qui assiste aux spectacles présentés au Saguenay et comme contribuable qui souhaite qu'une partie de ses impôts soient investis dans le développement culturel de SA région.  Je demeure optimiste quand je regarde nos jeunes qui nous invitent à investir dans leur avenir. Un avenir qu'ils veulent ICI. Ils sont la voix que je veux entendre.  La voie que je veux suivre.

Voici le trac que des jeunes du Conservatoire de musique feront circuler ces prochains jours.





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mercredi 28 avril 2010

Patrice Leblanc... Rire noir de Trac


Trac - Clown Noir
Patrice Leblanc

Ma vie en théâtroscope, spectacle en solo du Clown Noir Trac est une performance pamphlétaire où le rire permet de ne pas exploser. Un rire noir plus que jaune, mais rire tout de même pour ne pas pleurer. On quitte la salle, perturbé certes, mais très content de n’avoir pas raté ce rendez-vous avec une voix qui ose dire.

Rebelle assumé, Patrice Leblanc prend le risque de l’indignation. Ne faut-il pas de l’audace en ces temps du langage épuré de toute provocation, ère aseptisée du «politiquement correct», pour saisir à bras le corps toutes les vicissitudes.

Qui connaît les Clowns noirs ne sera pas surpris de la scénographie où un homme seul sur scène se multiplie en personnages de tous âges, masculins ou féminins. Quelques planches coiffées prennent figure humaine, une planche à repasser devient civière et lit, une simple corde à linge assure l’évocation des lieux (cuisine, institution, prison). La scène de Trac ne renie rien du théâtre de l’enfance où l’imagination prête forme et caractère à l’objet selon les besoins de l’histoire à vivre.

Et quelle histoire! Celle de Trac dont la naissance annonce le destin d’un insoumis. Et tout y passe : la tendresse et la violence, l’amitié et l’abus, la rébellion et la répression, la volonté farouche de vivre libre et la chute de l’ange, l’espoir et la guerre, la vie et la mort. Patrice Leblanc a puisé à pleines mains dans l’actualité pour raconter la vie de Trac en théâtroscope. Pas besoin d’inventer. Il suffit de s’emparer des faits évoqués chaque jour par nos médias. Trac, le bien nommé Clown noir, nous montre que ce ne sont pas les clowns qui font des pitreries. 

Le bien nommé Clown Noir

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D'autres commentaires forts intéressants:

Celui de Dario Larouche: http://lesclapotisdunyoyo2.blogspot.com/2010/04/trac-ou-sa-vie-en-theatrascope.html

Celui de Denise Pelletier : http://specialdujour.hautetfort.com/archive/2010/04/29/sur-les-traces-de-trac.html

Celui de Daniel Côté (Le Quotidien) :

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Et pour ceux qui n'aurait pas fait clic sur le lien de la photo de Patrice Leblanc, il y a aussi l'excellent texte de Jean-François Caron (Voir) : http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=6&section=8&article=70594


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lundi 19 avril 2010

La SALR une montagne de plaisir

 Marie-Ève Munger - Ernestine
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie

La Société d'art lyrique
C'est une leçon de courage, une assemblée de talents, une famille d'irréductibles

Seul le temps m’a manqué et non le désir pour écrire beaucoup plus tôt tout le bien éprouvé lors de la dernière représentation du programme double de la Société d’art lyrique du Royaume, le dimanche 11 avril 2010. Le délire bien assumé dans l’opéra bouffe Monsieur Choufleuri restera chez lui de Jacques Offenbach et la superbe démonstration de la maîtrise des voix interprétant de grands airs d’opéra, alternant avec les capsules humoristiques finement ciselées dans Le Gala de Monsieur Choufleuri sont, dans mon souvenir, comme une montagne de plaisir.

Toutes ces personnes qui travaillent d’arache-pied pour maintenir en vie la Société d’art lyrique année après année méritaient plus que 800 spectateurs en quatre représentations. D’autant plus que la prestation est de grande qualité. De l’autre côté de l’Atlantique, ces même voix qui nous étaient permis d’entendre si près de chez nous, sur le Mont Jacob de Jonquière, sont écoutées et invitées à chanter sur les grandes scènes de l’opéra.

Par exemple, Marie-Ève Munger, la superbe et talentueuse soprano colorature, Premier prix Opéra du concours International de Chant de Marmande en 2007, premier rôle féminin, Magdalena, au Théâtre du Chatelet à Paris sera au Glimmerglass Opéra aux Etats-Unis. En 2011 elle retournera à l’Opéra-Théâtre de Metz pour y chanter Nanetta  dans Falstaff de Verdi.

Ou encore Marc-Antoine d’Aragon, baryton, lauréat du concours La Bohème à Vérone, où il fera ses débuts cette année dans La Bohème de Puccini. En attendant son retour, nous penserons à lui dans le plaisir gourmand de ses propres recettes gastronomiques dont le premier livre, Des crêpes à l’Opéra vient d’être publié aux Éditions Les malins.

Retour sur la représentation du 11 avril


Marc-André Pronovost - Marie-Ève Munger
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie
Monsieur Choufleuri restera chez lui exige plus que de la voix. La qualité du jeu théâtral peut faire toute la différence. Sous l’apparence d’une fantaisie loufoque cette courte opérette n’a rien de facile. L’adaptation de Martin Giguère a donné au livret un peu de modernité et de couleur locale fort appréciées. La mise en scène alerte, voire éclatée, d’un Éric Chalifour bien servi par une scénographie judicieuse, a créé une succession de tableaux vivants toujours équilibrés. C’était particulièrement agréable de pouvoir, mentalement, appuyer sur «pause» pour mieux observer la disposition des personnages sur la scène ainsi que leurs déplacements.

Marie-Ève Munger - Ernestine
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie
Et puisqu’il est question d’équilibre, ajoutons ce complément indispensable que sont les costumes, maquillages et coiffures. Plus osés, plus extravagants pour les uns, notamment les hommes, et plus élégants, plus flatteurs pour les autres. Les coiffures irrésistibles des messieurs Choufleuri,  Balandard et Petermann pour les uns, les toilettes distinguées des dames Ernestine et Balandard pour les autres.

Très vite le caractère des personnages s’est affirmé. Marie-Ève Munger a campé une Ernestine mutine, ne laissant aucun doute sur ses sentiments amoureux avec le très déterminé Babylas (Marc-André Pronovost), musicien pauvre mais ambitieux. Si ce dernier a offert une performance juste, Marie-Ève Munger a été éclatante. Sa voix est de plus en plus belle, plus riche et incroyablement bien maîtrisée.

Le baryton basse Robert Huard a créé un Choufleuri très coloré. Une voix agréable et un jeu de scène habile, poussant son personnage à la limite de la caricature, mais sans excès afin d’en préserver tout l’aspect sympathique.

Le couple Balanchard n’aura pas passé inaperçu, tant pour les voix que la prestance. Jacinthe Thibault a de la classe et une sensibilité que le comique ne dépare aucunement. Le baryton Marc-Antoine d’Aragon nous a ravi. Un timbre de voix pur et ample à la fois qui ne lasse pas.

Martin Giguère aux mille et un talents s’est glissé dans l’habit de Petermann avec la somme d’une personnalité tissée au fil de ses nombreux rôles de factures très diverses. Un soupçon de Diogène, une allure de Molière avec quelques accents méloloufodramatiques (si je puis dire) de son cru.

Le tout porté par un orchestre qui a su se faire complice tout en jouant avec éclat sous la direction du chef Julien Proulx et un chœur sans faille.

La seconde partie de ce spectacle ne fut pas en reste. Si Offenbach fait depuis longtemps les belles heures de la Société d’art lyrique, Monsieur Choufleuri restera chez lui ne suffit pas, à lui seul, à remplir une soirée d’opéra. La SALR a su tirer parti de cette contrainte en offrant - oh! Joie - un récital de 12 chants célèbres tirés des œuvres de Rossini, Verdi, Donizetti, Mozart, Bizet et Delibes. J’ai beaucoup aimé cette opportunité d'apprécier l’une après l’autre chaque voix de ces interprètes. C’était leur rendre justice que de nous les faire entendre dans un tout autre contexte que celui de l’opéra bouffe avec ses limites, donnant toute la place à des envolées vocales qui ont conquis le public. Le lien humoristique menée bon train par Superman, pardon par Petermann était risqué. L'intensité du chant pouvait en souffrir. Et pourtant non. Cette intervention comique et toujours brève permettait une heureuse transition entre les différentes voix des solistes.

Un pas dans l’avenir

Il faudra un jour écrire la page d’histoire de nos opérettes. Comprendre comment un spectacle qui n’a cessé de s’améliorer et de présenter des artistes de plus en plus professionnels a vu le nombre de ses représentations fondre ainsi que son public. Cela, dans une région où la musique tient une grande place. Une région où des voix, désormais célèbres dans le monde, ont fait leur début sur la scène de l’opérette de Chicoutimi, tels Jean-François Lapointe, Marie-Nicole Lemieux et maintenant Marie-Ève Munger.

Il faudra retrouver le passé pour comprendre et trouver le moyen d’aider cette équipe d’irréductibles à se faire entendre par un plus grand nombre.

Martin Giguère - Petermann
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie
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Pour compléter, le commentaire toujours bien documenté et pertinent de Denise Pelletier sur son blogue Spécial du jour ici.

NDLR : J'ai demandé d'autres photos permettant de voir différentes scènes et personnages..
Je les joindrai à cette page aussitôt reçues

lundi 12 avril 2010

René Gagnon se dénude




René Gagnon et sa muse Claire-Hélène Hovington
© Photo Réjean Leclerc


Le peintre René Gagnon
Peintre du Saguenay et des paysages nordiques
nous souhaite la bienvenue sur son tout nouveau site internet.


On y retrouve des pages sur sa démarche artistique, ses racines, sa terre natale le Saguenay, ses collections et expositions de peintures, ses albums souvenirs réunissant photos et films, une revue de presse, le tout complété par ses amours : sa muse et ses carnets de cuisine. Un clin d'œil sympathique et fort instructif par ces pages de vie qui évoquent une époque et nous rappellent ces gens connus qui ont fait partie de son univers.


Nouveau site de René Gagnon

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mardi 6 avril 2010

Claude Robinson se multiplie dans son combat

Claude Robinson
© Photo: François Roy,
La Presse - Archives


Claude Robinson se multiplie.
Il aura fait plus d'enfants qu'il ne le pensait peut-être.

Sa cause est devenue LA cause qui nous concerne tous. Nous les exilés du pouvoir et de l'argent. Non seulement il est le créateur spolié, trahi, plagié, mais encore il est citoyen d'un pays qui dans ses lois et plus encore dans l'absence de ses lois n'assure pas à ses créateurs des droits légitimes sur le patrimoine dont s'enrichit sa nation. Pire, le système judiciaire est conçu de telle façon qu'il faut être naïf de penser que tous sont égaux devant la Loi.

«Et malgré un jugement qu'un juge a pris huit mois à livrer, me voilà encore être obligé à me défendre. C'est ce que j'appelle de l'abus. Mais je suis prisonnier. Je me dois de continuer sinon c'est fini pour moi»

Ce mercredi 7 avril à 11h, sera ouvert le site
http://clauderobinson.org/


Les faits

Relatés sur le site de Startec (Société des Auteurs de Radio, Télévision et Cinéma):

1982 : Claude Robinson crée " Robinson Curiosité ", personnage central d'un projet de série télévisée pour enfants, qu'il dessine d'ailleurs à partir de son propre visage. Il développe le concept, crée plusieurs autres personnages, écrit des synopsis, des scénarios et une bible avec la description et les dessins de chaque personnage.

De 1983 à 1985 : Claude Robinson présente son projet à divers diffuseurs et producteurs au Québec, ainsi qu'à Téléfilm Canada. Il s'associe avec Pathonic en 1985 en vue de produire la série.

1986 : Claude Robinson et Pathonic retiennent les services de CINAR comme consultante pour la promotion et la vente de la série aux États-Unis. Dans le contrat de services signé par Ronald A. Weinberg, Cinar s'engage à prendre connaissance de tout le projet (personnages, synopsis, scénarios et autres composantes). Claude Robinson se rend à New York et à Los Angeles rencontrer des producteurs et des diffuseurs avec les représentants de Cinar et Pathonic. Malgré l'intérêt des diffuseurs américains, ces rencontres demeurent sans suite.

1987 : Claude Robinson reprend ses démarches avec un nouveau partenaire, SDA, et vise aussi le marché européen. En avril, il présente son projet au MIP-TV, à Cannes, entre autres, à Christophe Izard, alors de Calypa et à Peter Hille, président de Ravensburger. Il y fait la rencontre de Micheline Charest et de Ronald A. Weinberg. Thérésa Plummer-Andrews de la BBC demande par télex la cassette du démo de la série Robinson Curiosité. Mais, de retour de Cannes, SDA se retire du projet.

1988 à 1994 : En 1988, Claude Robinson fonde une nouvelle compagnie afin de produire son projet de manière indépendante.

1995 : Des démarches auprès de Philips pour la production de CD-i interactifs donnent des résultats. Mais le 4 septembre, Claude Robinson voit " Robinson Sucroé " sur les ondes de Canal Famille. C'est le choc. Début octobre, il envoie une mise en demeure à CINAR, qui affirme n'avoir aucune trace dans ses archives d'un lien quelconque avec Claude Robinson ou son œuvre. Début novembre, il porte plainte au criminel (GRC) pour contrefaçon de droits d'auteur (ce dossier est toujours en cours). Puis au début novembre 1995, il envoie une seconde mise en demeure, en vain.

1996 : En juillet 1996, Claude Robinson intente une poursuite au civil contre les producteurs de la série Robinson Sucroé.



La pauvreté des artistes canadiens, dont le revenus moyen se situe en de ça de quelque 20 000$ est déjà un scandale. Mais voilà qu'un des nôtres, après plus de 14 ans de lutte judiciaire - et à quel prix? - obtient gain de cause, il subit l'ultime outrage de se voir obligé de se battre à nouveau.

Ils sont riches … et un peu grâce à lui. Lui, il est pauvre… beaucoup plus à cause d'eux et d'un système légal qui donne plus de pouvoir au poids de l'argent. N'en déplaise au juge… il n'y a pas de justice quand le verdict ne suffit pas à rendre la Justice.


***

Quelques liens utiles

La quête de Claude Robinson : ici

Le droit d'auteur en France : ici

Le très bon texte de Nathalie Petrowski dans la Presse: ici

Une différence qui se calcule : ici


Office de la propriété intellectuelle au Canada : ici


Certains projets de loi, comme le projet C-61, soulèvent bien des questions : ici

Et pour terminer une citation:

«Le titulaire du droit d'auteur est également chargé de veiller à toute violation du droit d'auteur. Si cela se produit, le titulaire du droit d'auteur peut exercer un recours légal (article 34).»





samedi 13 mars 2010

Jean Ferrat, encore un adieu

Jean Ferrat - 1930-2010
© Photo AFP

Je viens d'apprendre, en lisant le blogue d'un ami, la mort de Jean Ferrat. Ce nouveau deuil m'atteint avec quelques heures de retard. Poète d'une solidarité indéfectible, il m'a soufflé les mots de mes révoltes et pousser au bout de mes passions en me faisant mieux entendre Aragon.




Je suis sous le choc. Je n'ai pas envie de lui dire adieu. Aussi, je fais miens ses propres mots qu'il chantait à son père : «Tu aurais pu vivre encore un peu».



***
Un texte de mon ami le peintre Niala
qui manipule les mots avec dense-citée

T'AURAIS PU VIVRE... EN CORPS UN PEU...

En corps un peu
T'aurais pu vivre Jean
Encore un peu
C'est pas parce que maintenant ton âme est immortelle
Que tu devais te raser la moustache
Ya d'la chair pour les canons
Qu'est bonne à trinquer après les boules
Un jeu de paumes empoignées
Fait pas l'âne
Reste
On va r'prendre un dernier vert
Le soleil te lèche la montagne
Elle pouvait qu'être encore plus belle
Pour ce dernier cortège jusqu'à ton lit
Au jour d'huis elle s'ouvre
Tu prends la porte
Va, elle t'attend ta Muse
Heureuse d'être guérie
Laisse ouvert
Ne ferme pas les yeux
On est dedans
Pour la faim des temps qui chantent
Pour l'espoir
Pour la joie de vivre
Pour aller au bal des poétes faire denser le néant
Au son de tes paroles
Apollinaire au piano
Lou aux lèvres de tes chansons
Aragon à l'accordéon
Chagall au violon
T'aimant à en perdre la raison
Mais, t'as pas fini ton verre...

Loisobleu