samedi 23 janvier 2010

Ecce Haiti



«Donne-moi ta main camarade. J'ai cinq doigts moi aussi.
On peut se croire égaux.»
Claude Nougaro




Photo Cyberpresse - Haïti janvier 2010

Il suffit de remplacer Bidonville par Piétonville et voilà une chanson très actuelle. La main tendue, chantée par Nougaro est aussi celle de Julie Dubois-Gravel qui a rassemblé les jeunes de la troupe d'Ecce Mundo et donné le coup d'envoi du spectacle bénéfice présenté le 28 janvier à la Saguenéenne. Avec le groupe Celtic Rythm et plusieurs autres artistes de la région ils danseront et chanteront: Ecce Haïti.



Sur le site Facebook- Spectacle bénéfice pour Haïti au Saguenay, Julie Dubois-Gravel écrit:

«Nous sommes tous touchés, de loin ou de près, par l’ampleur de la catastrophe qui touche Haïti depuis plus d’une semaine. Ayant moi-même vécu plus de quatre ans à Port-au-Prince, je cherchais, comme bien des gens, à mettre la main à la pâte pour leur venir en aide. L’idée d’organiser un spectacle s’est imposée d’elle-même. Il s’agit là d’une belle manière de démontrer une solidarité et d’envoyer un message d’espoir à ce peuple.»

Toute la population est donc invitée à assister à ce spectacle bénéfice le jeudi 28 janvier à 20 h à l’Hôtel La Saguenéenne. Le coût des billets est fixé à 15$. Des bénévoles seront sur place, tout au long de la journée, pour amasser les dons volontaires.»
***
Photo Cyberpresse - Haïti janvier 2010

Autre lien :


http://74.125.113.132/search?q=cache:hFx6-cVrPwQJ:www.traitdemarc.com/+Ecce+Mundo+Ha%C3%AFti&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

vendredi 22 janvier 2010

Théâtre du Saguenay : coup de théâtre!

Le 15 mai 2009, se réunissaient en conférence de presse, Vassilis Fasfalis président du TDS, Serge Simard ministre et le maire Jean Tremblay
© Photo Rocket Lavoir - Archives Le Quotidien


Depuis l'assemblée générale houleuse de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi du 30 juin 2009, impossible de ne pas savoir que la salle Opéra cabaret urbain était en difficulté. (Voir ici)

Tellement en difficulté, que ce fameux mardi 30 juin 2009, les membres présents ont eu la surprise d'apprendre que le cabaret avait été vendu par le conseil d'administration présidé par Me Vassilis Fasfalis pour la somme symbolique de 1$ à une personne dont on n'a pas voulu, à ce moment-là, dévoiler le nom. La somme dérisoire se justifiait, expliqua-t-on alors, par le fait que cette vente allait permettre d'éponger le déficit de 188 000 $ du Théâtre du Saguenay (Notons que ce montant identifié s'inscrivait pour la fin de l'année financière 2008). Déficit lié directement aux tribulations entre le TDS et L'Opéra, dont la coopérative avait acquis 51% des parts, tandis que Robert Hakim, des Productions Robert-Hakim et, jusqu'en janvier 2010, directeur général du Théâtre du Saguenay en conservait 49%.

Les membres de l'assemblée n'avaient pas eu accès aux états financiers de l'année 2008 et encore moins à ceux de 2009 lors de cette assemblée, car le Conseil d'administration avait omis de tenir une assemblée générale annuelle en 2008, comme prévu dans les règlements de la compagnie, article 28 :

«28. Assemblée annuelle
Dans les quatre mois qui suivent la clôture de chaque exercice social de la coopérative, ses membres doivent être convoqués en assemblée annuelle pour prendre connaissance du rapport annuel, statuer sur la répartition des trop-perçus annuels, élire les administrateurs, nommer le vérificateur et se prononcer sur toute autre question concernant l'association.»

Pierre Mazurette, président du Théâtre du Saguenay
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien


Dans un article publié par le Quotidien le 15 janvier dernier, Louis Tremblay écrit : «Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts. Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts.»

Le 19 janvier, le journaliste précisait ce qui suit : «Jusqu'à maintenant, et selon les nombreuses informations recueillies par Le Quotidien, le Théâtre du Saguenay a engagé plus ou moins 300 000$ dans l'Opéra. Cette entreprise risque d'être mise en faillite d'ici les prochains jours puisque la relance a échoué. La coopérative, qui devait récupérer une partie de ses investissements avec la vente de l'Opéra, risque donc de tout perdre dans l'aventure. Le FIER du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme subventionné à 66% par Québec et qui a agi comme institution financière dans le projet, a récupéré seulement 40 000$ des 355 000$ investis au départ. Les administrateurs cherchent à comprendre pourquoi la situation s'est détériorée de la sorte. Il y a aussi certains éléments à expliquer. Alors que la coopérative avait vendu l'entreprise en juin et n'avait donc plus d'obligation, deux versements totalisant 30 000$ ont été faits pour renflouer les coffres de l'Opéra avec des chèques du Théâtre du Saguenay.»

En complément, le journaliste et chef de la Section des arts du journal Le Quotidien, Daniel Côté cite le fiscaliste André Salesse qui rappelle aux élus de Saguenay que : «Depuis quatre ans, la coopérative est gouvernée par la ville. C'est celle-ci qui a nommé Vassilis Fasfalis, puis Pierre Mazurette, à la présidence. Elle a aussi fait en sorte que des gens quittent le conseil d'administration et que d'autres y soient intégrés. Maintenant que ça va mal, il ne faut pas chercher ailleurs. Ce sont les hauts dirigeants qui sont responsables ", argue le fiscaliste en faisant allusion, entre autres, à la mairie.»

Finalement, aujourd'hui 22 janvier, Louis Tremblay divulgue de nouveaux chiffres : «Dans les états financiers vérifiés par le comptable Albert Lemieux, le Théâtre du Saguenay accusait un déficit à la fin du mois de juin. Jusqu'à maintenant, et les chiffres n'ont jamais été contestés, l'aventure de l'Opéra a englouti au moins 600 000$ dont une bonne proportion provient des contribuables de Saguenay et des Québécois en général. Le budget de Saguenay pour le Théâtre du Saguenay est passé de 90 000$ par année à un peu plus de 160 000$ au cours des deux dernières années.»


En conclusion

Plus on apprend sur cette saga incroyable, plus on sait que l'on ne sait pas.

Si ce n'est que la population de la RÉGION du Saguenay peut compter sur son diffuseur majeur. De 1974 à 2005 sa gestion a été saine et efficace. Au point qu'en 2005, la directrice générale Louise Beaulieu a reçu le Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU. Ce prix lui a été octroyé «pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace et d'habile négociatrice qui a su, au fil des ans, communiquer sa passion et exercer un leadership incontestable dans sa communauté et son milieu professionnel.»

Le ministre Jean-Pierre Blackburn
en compagnie de Robert Hakin
coiffant un texte d'Anne-Marie Gravel
publié le 29 mars 2009
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

En 2005, le Conseil d'administration, présidé par Vassilis Fasfalis, engageait Robert Hakim pour succéder à Louise Beaulieu.

Pour l'avenir du Théâtre du Saguenay et la réputation du milieu culturel et artistique du Saguenay, l'enjeu est important. Les membres de la Coopérative de développement culturel doivent accroître leur nombre et retrouver leur souveraineté au sein d'un organisme qui a su nous servir avec honneur pendant plus de 30 ans. S'il en est qui veulent juger, ils ne peuvent occulter trois décennies.

***

mercredi 20 janvier 2010

Du sport???


Faudra-t-il que quelqu'un meure?




Lu hier dans la Presse, ce commentaire de Patrice Lagacé dont je cite un extrait : «Ça se passe dans un match entre les Huskies de Rouyn-Noranda et les Remparts de Québec, dimanche, à Rouyn. Un joueur des Huskies, Patrice Cormier, saute sur la glace et se place sur la trajectoire de Mikaël Tam, en zone neutre. Tam fonce vers le territoire des Huskies. Il n’a pas la rondelle. Au moment de croiser le joueur des Remparts, Cormier lève le coude. Un coup vicieux, soudain, inutile et dangereux à la tête, qui stoppe la course de Tam violemment. Tam tombe et, scène terrible, entre en convulsions.»

La Ligue de hockey junior majeur du Québec devrait faire connaître ce vendredi après-midi la sanction disciplinaire qu’elle imposera à Patrice Cormier. En attendant, il a été suspendu indéfiniment par la LHJMQ.

***

dimanche 10 janvier 2010

Mano Solo : adieu notre ami

Ce 10 janvier 2010, Mano Solo est mort.
Ce 10-01-10... un autre départ.
Y'en a marre!!!


«Tant que quelqu'un écoutera ma voix, je serai vivant»




***

Quelques liens

http://www.lemonde.fr/carnet/article/2010/01/10/le-chanteur-mano-solo-est-mort_1289854_3382.html

http://www.francesoir.fr/musique/2010/01/11/mano-nous-laisse-en-solo.html

http://www.matin.qc.ca/articles/20100110152200/chanteur_mano_solo_est_decede.html




***

jeudi 7 janvier 2010

Louis Lacroix : anorexie culturelle


Les trois albums de Lhasa de Sela



Êtes-vous de l'entourage de Louis Lacroix?

Vous a-t-il demandé, le 5 janvier dernier, si vous connaissiez Lhasa de Sela? Car il semble que cela ait été toute la recherche professionnelle de l'animateur qui «anime» les ondes d'une station de radio de Québec.

Hier sur Facebook, la comédienne Marie Villeneuve nous a fait part de son indignation à l'égard des propos de cet animateur. Charles Messier nous en propose l'écoute sur youtube :



Depuis, les commentaires s'accumulent sur Facebook et dans certains blogues. Le comédien Michel Savard a créé le site :
Lhasa : pour des excuses publiques de Louis Lacroix

où de nombreuses personnes s'expriment. On peut regretter que plusieurs, dans la forme surtout et dans le fond souvent, se retrouvent tel celui qu'ils dénoncent. Mais ces réactions ont raison d'être. Il est inadmissible qu'une personne ayant le privilège d'accéder à la parole publique se permette d'aborder un sujet sans avoir fait «son travail», c'est-à-dire, s'informer lui-même afin de savoir de quoi et de qui il parle.

Il n'y a pas de honte à ne pas connaître tous les artistes de la planète. La honte, est d'avoir manqué de respect envers ses auditeurs et envers l'artiste concernée, Lhasa de Sela, en n'effectuant pas «la recherche» nécessaire afin de connaître le sujet de son propos et donner à son public une information éclairée et pertinente. Pour ajouter à la bêtise ou à l'injure, l'animateur a fait jouer un extrait de quelques secondes (fort bon d'ailleurs) d'une interprétation de Lhasa, pour conclure par une «critique» de son cru et se moquer de l'artiste décédée.

***
Louis Lacroix présente ses excuses

Louis Lacroix
© Photo archives Le Soleil

Les nombreuses réactions ont incité Louis Lacroix à s'excuser. Sa lettre, lue sur les ondes de FM 93,3 et livrée sur le site internet du poste de radio, a ensuite été publiée par Mathieu Boivin du journal Le Soleil cet après-midi sur Cyberpresse.(ici)
***


dimanche 3 janvier 2010

2010

2010, page blanche d'une nouvelle année déjà si riche de l'intensité de 2009.

Mes bras se sont ouverts encore plus grands pour y accueillir de nouvelles tendresses.

Avril : ce fut d'abord Victor aux yeux immenses, regard de conquérant qui cherche avec tant de détermination à se tenir debout. Magnifique enfant au rire si entier qu'il nous captive… et nous capture le cœur.

Décembre : ce furent Hugues et Alix, nos jeunes étudiants Français, au charme conquérant qui ont si bien intégré la famille qu'on ne sait pas lesquels ont adopté les uns et les autres.

Mais si grande fut la fête, l'adieu à 2009 comptait aussi sa part de deuils récents. Rita, la grande amie qui célébrait toujours avec nous l'arrivée du Nouvel An, et Jacques, notre frère aîné qui a tant investi sa vie dans le Souvenir.

Tonnent au loin le bruit des bombes et des cris de haine et de douleur. Je ne suis pas indifférente à ce qui se passe sur la planète. J'ai cependant conscience que le dernier jour et le premier jour n'étaient peuplés que par les occupants de mon cœur. Ils sont ma réalité.

vendredi 18 décembre 2009

Promenade hivernale à Chicoutimi


À défaut de mots des images


Forêt de glace
Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009




Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


Fleur de neige
Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


Chicoutimi - Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


Chicoutimi - Parc de Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009

Chicoutimi - Rivière-du-Moulin
©Photo Christiane Laforge 2009


samedi 5 décembre 2009

Jean-Claude Villeneuve se raconte

Jean-Claude Vileneuve
©Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien

Samedi dernier avait lieu le lancement du premier livre de Jean-Claude Villeneuve. Le Progrès-Dimanche en a fait sa page vedette de Ici Dimanche. Une belle page tant pour la forme que le contenu signé par le journaliste Denis Villeneuve. Elle n'est malheureusement pas disponible sur l'Internet. Mais sous forme de photo en voici un aperçu visuel.

© Progrès-Dimanche - 29 novembre 2009

Lors du lancement, à la bibliothèque de Chicoutimi, nous avons pu entendre les espoirs enthousiastes des fondatrices de la maison d'édition Vivat, Claire Bouchard et Nicole Bélanger, la petite histoire du livre livrée avec émotion par l'auteur du récit L'époque de mon enfance, Jean-Claude Villeuneuve, ainsi que d'une première appréciation élogieuse de Russel Aurore Bouchard.

Après lecture du manuscrit, ce fut pour moi un plaisir que d'écrire la préface de ce livre qui, je l'espère aura une suite. La voici:

l'Époque de mon enfance
Préface

L'homme d'aujourd'hui est issu de l'enfant d'hier. Jean-Claude Villeneuve en livre un témoignage éloquent dans ce livre, L'époque de mon enfance, où il raconte les treize premières années de sa vie.
« Comment s'est joué le silence d'une enfance et d'une adolescence sous l'influence des rudes traditions et d'une intransigeante autorité » tient-il à expliquer en avant-propos. Curieusement, si rude soit l'époque, si rigoureux soient les parents et les éducateurs, si ardue soit la vie quotidienne quand la survie est un combat jamais gagné, les pages de ce récit resplendissent d'une lumière surprenante. Comme si, à son insu, le petit garçon de cette histoire avait superposé sur la toile noire toutes les couleurs vives d'une volonté farouche de saisir le plaisir de vivre.
« Nous fûmes vite enveloppés par l'arôme du sapin de notre sommier et par la chaleur des bûches d'épinette qui pétillaient dans le gros poêle en fonte », narre-t-il au souvenir des nuits dans le camp de bûcherons, plutôt que de se plaindre de la précarité de cette expérience. Ce passage, comme bien d'autres, permet de croire que cet enfant devenu homme ne courbera pas l'échine. Et l'on regrettera peut-être que ce livre nous laisse aux portes de son adolescence, pour en venir trop vite à l'âge adulte de la fratrie Villeneuve. Il énonce les étapes inévitables de chacun : mariage, enfants, divorce, engagement professionnel, social et politique. Une énumération ponctuelle, sans plus. Comme si l'auteur n'osait aller plus loin dans les sentiments et décidait, par là, de nous laisser de l'autre côté du miroir.
Bien que l'auteur aborde le récit de son enfance par des données historiques concordant avec ses ancêtres et membres des familles Amyot, dit Villeneuve, et Jean, le lecteur se laissera petit à petit entraîner par le conteur qui se révèle au fil des pages. Sans doute, chacun aura sa façon de suivre Jean-Claude Villeneuve dans ce passé familial ; les uns soucieux de s'assurer des faits et dates dans le contexte de l'Histoire, les autres cueillant les cailloux semés dans les pages pour retrouver les pas d'un Petit Poucet refusant de s'égarer dans ce passé.
Les terres agricoles, les forêts, l'usine (en l'occurrence l'Alcan), tout est dur labeur pour les familles où les enfants se comptent quinze à la douzaine. En présentant l'un après l'autre les membres de sa famille, c'est le récit d'une époque, le demi du XXe siècle au Saguenay, qui est ici décrit sobrement. Une existence frugale, laborieuse, où les entreprises et la religion catholique demeurent les maîtres du jeu.
Les anecdotes donnent un ton plus léger à la sévérité de cette vie brossée en mots simples dans un style vif et entraînant. On y découvre la petite pièce, à l'arrière de l'épicerie de quartier, où accueillir quelques clients « particuliers » célébrant la dive bouteille, le dimanche. Le coloré Léon-Georges avec ses « rouleuses » et ses lunettes aux branches réparées avec du sparadrap. Le courageux cheval Nieger et bien d'autres.
Au-delà du simple récit surgissent les caractères des pionniers de cette région. Bien sûr, il y a la vie en forêt, les fermes laitières, le travail en usine, le commerce, mais chacun a sa part de rêve et de conquête. Comme Phydime Jean, le grand-père maternel, en route vers le Yukon (avec le cousin Thomas) pour finalement se retrouver aux États-Unis et revenir au pays pour devenir cultivateur dans le Canton Simard de Chicoutimi-Nord.
Et la tendresse dans cet univers? Jean-Claude évoque un père souvent absent, une mère d'une extrême sévérité. « Les mots amour, bonté, douceur et affection n'eurent pas de place dans son vocabulaire ni dans sa façon de nous éduquer » écrit-il, se souvenant des retours paternels comme de l'heure du châtiment dont les plus turbulents étaient menacés, non en vain.
Les souvenirs sont précieux. Si ce livre ne devait avoir que le seul mérite de préserver la mémoire d'une famille, il aurait déjà toute raison d'être. Cela demande un certain abandon, une dose de courage aussi pour mettre par écrit l'écho d'un passé brossé dans les tons sombres de la pauvreté durement combattue, de la rigidité d'une éducation.
Mais L'Époque de mon enfance de Jean-Claude Villeneuve recèle davantage qu'un récit familial. Dans la troisième partie surtout, Une saison dans les chantiers, l'histoire devient plus universelle, décrivant la vie dans un chantier, avec femme et enfants. Le narrateur devient le témoin privilégié de tous les gestes du quotidien. Un récit savoureux, riche de précision et, en plusieurs passages, fort émouvant d'une existence rigoureuse où la moindre douceur prend des airs de fête.
On avait déjà été sensible à ce petit garçon ému par la beauté de la maîtresse d'école, des épines au cœur aux premiers sentiments de jalousie, du souvenir sucré de l'anniversaire de ses cinq ans, de la corne sous les pieds privés de chaussures tout l'été par souci d'économie, de l'arrivée des premières automobiles et du tout premier salaire… en pommes de terre. Mais, à la lecture d'Une saison dans les chantiers, on découvre un auteur qui sait raconter avec justesse et nuance les odeurs de cuisine et des sapins. De précieuses informations pour des écrivains voulant recréer la vie des bois avec le plus d'authenticité possible.
On n'oubliera pas la première truite pêchée, le premier lièvre piégé, les joies simples, les plaisirs d'une enfance qui n'oublie pas qu'elle a été malmenée - comme certaine aujourd'hui - dans cette école chrétienne où élèves et enseignants se moquent du «bûcheron» qui, pour six mois d'absence à l'école et les signes apparents de la pauvreté, subit le rejet sans pleurer. « J'avais presque treize ans et un homme, ça ne pleure pas! Je reçus plus que ma part de coups et d'insultes. Je dormais très difficilement. Je me rappelle avoir pensé m'enfuir, tellement j'étais malheureux. »
Il trouva la meilleure parade : étudier tant et plus pour franchir avec succès toutes les étapes de cette enfance le menant à sa vie d'homme.
Ce livre est une forme d'héritage, pour les siens… Aussi pour nous.

Christiane Laforge
Anse-aux-Foins
22 août 2009

***

samedi 28 novembre 2009

Le clown noir au masque de fer


Diogène, Groosomodo, Trac, Piedestal, Contrecœur
Les Clowns noirs et



Christian Ouellet



Décidément, ils sont uniques!

Les Clowns noirs ne se comparent même pas à eux-mêmes. De pirouettes verbales en pirouettes physiques, ils parviennent à chevaucher un même thème sans nous lasser.

Après des années de combat contre la brigade anti-culture qui avait pour mission d'empêcher la diffusion d'œuvre théâtrale en région (La Farce de Pierre Pathelin), traversant les salles désertes sans perdre leur détermination (En attendant le Déluge), revisitant les écrits de Shakespeare pour livrer une irrésistible version de «Roméo et Juliette» réglant le sort à la brigade anti-culture sans craindre la prison, ils avaient finalement retracé le tout premier clown noir, alias Barabbas, dans un jeu volontairement plus près du théâtre conventionnel. De 2005 à 2008, les cinq clowns du Théâtre du Faux coffre ont livré le rire à provision devant des salles de plus en plus fréquentées.

Le talent de ces joyeux lurons ne pouvait nous être exclusif. Chacun se devait d'explorer d'autres scènes, d'autres répertoires et d'autres espoirs. Dès lors, il leur fallait nous convaincre du sérieux de leur adieu. Mais comment les exterminer? Sinon dans un ultime éclat de rire plein de leur impétuosité comique, ingénieusement dissimulé sous un masque de fer.

Soir de première

Mercredi 25 novembre 2009, lors de la grande première mondiale - pourquoi jouer modeste? - de la dernière aventure des Clowns noirs, «Le Clown noir au masque de fer», je savais qu'ils bénéficiaient d'un a priori propice à l'indulgence. Car une première c'est le coup d'envoi d'une œuvre qui ne cessera de s'améliorer. L'intensité de se retrouver sur scène face au public est souvent proportionnelle à l'angoisse ressentie sur les réactions de ce même public. J'avoue n'avoir aucune envie de me souvenir des points faibles de cette production, trop occupée que je suis à rire encore aujourd'hui de certaines scènes qu'eux seuls peuvent se permettre.

Sans trahir leur effet, mentionnons la remise de l'épée au roi. Une réplique tout à fait inattendue mais d'une grande efficacité… Dans tous les sens. (Il faudra voir pour comprendre)

Le Théâtre du Faux coffre transforme sa «pauvreté» en richesse, compensant la modestie de leurs décors, des accessoires et des costumes par une ingénieuse interaction entre les personnages et les comédiens. Ils sont les Clowns noirs, personnages fictifs d'une mise en scène et six comédiens (avec Christian Ouellet, leur complice depuis Barabbas), sans cesse en équilibre entre le jeu théâtral et le jeu d'une camaraderie, séduisant tout en déstabilisant le public. Cette particularité des Clowns noirs leur est propre. Ce qui les rend uniques.

Qu'on ne s'y trompe pas, «Le Clown noir au masque de fer» est une histoire plus forte qu'elle ne parait. La réflexion est bien présente, la critique sociale et politique atteint ses cibles et les trouvailles, nombreuses, exigent toute notre attention.

J'ai aimé toutes les productions du Faux coffre. Mais plus particulièrement leur «Roméo et Juliette». J'en ai parlé sur ce blogue, ici. Cette dernière aventure réunit les qualités de tout ce qu'ils ont fait depuis leurs débuts. Christian Ouellet, sans être un clown noir, a su parfaitement s'intégrer au groupe et, dans cette pièce, ajoute à notre plaisir par la qualité de sa performance.

Inoubliables Clowns noirs!

Les représentations ont lieu à la salle Murdock du Centre des arts de Chicoutimi, à 20h du mercredi au dimanche jusqu'au 6 décembre. Par prudence, mieux vaut réserver. Voir l'affiche plus haut.


Le commencement en 2005 - La Farce de Pierre Pathelin





dimanche 15 novembre 2009

Salle de spectacle : Go Multimédia se prononce


Go Multimédia a déposé son rapport sur les coûts d'une nouvelle salle de spectacle à Chicoutimi. La population aura, dit-on, l'opportunité de se prononcer sur l'option qu'elle préfère. Mais quelle sera la question posée?

Dans un cas, il s'agit de rénover du vieux. Dans l'autre il s'agit d'investir dans du neuf. Et le coût dont il faut se soucier sera celui que le contribuable saguenéen aura à assumer.

Dans un cas comme dans l'autre, la majeure partie des fonds provient de l'extérieur. Juste retour de nos impôts payés au fédéral et au provincial, complétés par des fonds privés recueillis dans la collectivité. Donc, dans un cas comme dans l'autre, la part de Saguenay serait sensiblement la même que ce soit pour rénover ou pour construire. C'est CE chiffre-là qu'il sera important de soumettre aux citoyens.


© Progrès-Dimanche 17 février 2008


Au tout début du rapport Go Multimédia nous lisons: «Lors de nos entretiens avec ces organismes, nous avons compris qu'ils convoitaient plutôt l'acquisition d'une salle pluridisciplinaire avec une acoustique de qualité et qu'un site faisait consensus auprès de tous, soit la zone ferroviaire, localisée sur le boulevard Saguenay Est, à l'est de la rue Lafontaine. Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle.»

S'appuyant sur ce dit consensus, l'étude n'a donc pas regardé s'il existe un site alternatif qui aurait pu, lui aussi, faire consensus. On ignore si la question a seulement été soulevée. Or cette information importe puisque le rapport tient compte d'un aspect qui influe sur les coûts. C'est-à-dire le fond du terrain nécessitant une structure compensée pour soutenir le poids de la construction, les frais de décontamination et le coût d'un stationnement (j'imagine que cela sera vrai pour tout autre édifice construit sur ce site).

Mais attention! Il faut savoir si, salle de spectacle ou pas, la décontamination et la réalisation d'un stationnement, Saguenay entreprendra tout de même ces travaux, ainsi que décrit ici dans son projet de rénovation du Centre-Ville. Si cela est, ces dépenses ne devraient donc pas être incluses dans les coûts de la nouvelle salle puisqu'elles figurent déjà dans les projets de la Ville. Sinon, ils ne servent qu'à gonfler le prix global du projet de la nouvelle salle de spectacle.

Go Multimédia
a consulté les organisme et leurs représentants suivants: L'orchestre symphonique représenté par Daniel Tremblay et Jocelyn Robert, Le Festival de musique du royaume (Gabrielle Gaudreault présidente fondatrice, Hélène Gaudreault, André Salesse), les porte-parole des Étudiants du Conservatoire (Marie Gilbert Thévard et Éric Dufour), la Société d'art lyrique du royaume (Luc Blackburn, président et conseiller municipal) et le Théâtre du Saguenay (Robert Hakim directeur général et Éric Asselin).

Notons - je crois que cela a de l'importance - que cette étude a été réalisée avec la collaboration du client de Go multimédia, soit Ville de Saguenay représentée par Jean-François Boivin et François Hains.

Pour revenir sur «l'exclusion» du Théâtre du Saguenay dans le dit «consensus» et je cite: «Consensus de tous sauf le théâtre du Saguenay qui ne fait pas partie des groupes revendiquant la construction d'une nouvelle salle de spectacle», il serait utile de se souvenir d'un passé récent. En 2005, l'Association des centres-villes déposait un projet d'implantation d'une nouvelle salle de spectacle polyvalente de 1200 sièges rejoignant les attentes des organismes culturels. Ce projet a reçu sans équivoque l'aval du Théâtre du Saguenay. Et pour cause, cette infrastructure ne se limitait pas seulement à une salle de spectacle, mais prévoyait loges, bureaux, salle de répétition, café et autres commodités modernes. Coût prévu: 16M$. La contribution demandée aux contribuables de Saguenay se limitait à 3 M$ contre une participation de 2,2 M$ pour un projet de rénovation de l'auditorium Dufour dont le coût total était alors évalué à seulement 3,5 M$. Précisons que c'est sur cette sous-évaluation du coût des rénovations de l'auditorium Dufour (projet Sirois) que Ville de Saguenay a imposé son choix.

Rappelons que le 4 avril 2005, sans consultation, unilatéralement et muselant toute opinion contraire au projet Sirois, incluant les porte-parole du Théâtre du Saguenay, les élus de Saguenay ont appuyé sans s'exprimer la décision du maire Jean Tremblay. J'en ai parlé ici.

Aux premiers temps de cette saga d'une salle de spectacle, à Chicoutimi, c'est donc bien le Théâtre du Saguenay qui le premier appuyait le projet d'une nouvelle salle de spectacle, projet soumis par des gens d'affaires de Saguenay. L'organisme culturel, comprenons-le, n'a pas eu d'autre choix que de se rallier à l'option «rénovation» afin de sauvegarder son statut de diffuseur officiel et d'assurer sa survie.

Le projet de Go Multimédia

Le rapport de Go Multimédia décrit avec détails et illustrations ce que sera la nouvelle salle de spectacle. Projet qu'il recommande d'ailleurs.

Cette partie est très intéressante, mais occulte totalement toute comparaison avec «l'autre produit» en concurrence, c'est-à-dire l'auditorium Dufour rénové. Rappelons que les coûts de cette rénovation n'ont cessé de croître depuis 2005. Voir ici.

Ce rapport anticipe les coûts d'exploitation et d'entretien de la salle de spectacle particulièrement élevés. Dans un dossier bien étoffé réalisé sur le sujet en 2005, Yvon Paré, alors journaliste pour Le Quotidien écrivait déjà : «Après vérification auprès de plusieurs intervenants, les coûts d'entretien dont on fait souvent mention dans la région sont nettement gonflés. Nulle part au Québec ces frais ne dépassent les 175 000 $. Alors, quand on parle de 500 000 $ pour l'entretien d'une salle, on exagère.» (Un investissement réaliste, Progrès-Dimanche 16 janvier 2005, page B 13)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Curieusement, on ne parle pas des retombées économiques directes et collatérales, ni même des revenus anticipés de cet investissement. Pourtant il existe des exemples vérifiables où d'autres municipalités ont fait la preuve des avantages d'un tel investissement. Comment la population pourra-t-elle prendre une décision éclairée avec des données aussi incomplètes?

Que dire? «Des études sérieuses évaluent à un million de dollars les retombées de la programmation de l'Auditorium Dufour dans le milieu. Il n'est pas fantaisiste de multiplier ce montant par trois au cours des années suivant la construction ou une rénovation sérieuse. La ville se prive de plusieurs millions en ne bougeant pas. Sans compter qu'une salle peut être un élément clef dans la relance d'un centre-ville. La preuve a été faite partout au Québec. Est-ce qu'une nouvelle salle de spectacles est un placement ou une dépense? À vous de trancher.» (Progrès-Dimanche, 16 janvier 2005, page B4 : Un outil de relance privilégié)

© Progrès-Dimanche 16 janvier 2005

Pour faire le bon choix, le citoyen doit savoir le prix qu'il paiera réellement dans un cas comme dans l'autre. Lui laisser croire qu'il doit décider de dépenser 10,5 M$ en rénovation ou 39 M$ en construction nouvelle serait malhonnête. Mais voilà, le rapport Go Multimédia n'explique nulle part la provenance des fonds requis et donc, nous tient dans l'ignorance quant aux déboursés réels des contribuables de Saguenay dans ce projet.

Le rapport Go Multimédia laisse trop de questions sans réponse pour s'en contenter. Il a certainement respecté le mandat qui lui a été donné.

Aux défenseurs d'un projet d'avenir ambitieux de se mobiliser.

***

Copie de l'étude réalisée par Go Multimédia disponible sur le site de Saguenay dans les Dossiers de l'heure: ici

***

jeudi 12 novembre 2009

Un Ubu roi qui a du panache

Ubu Roi d'Alfred Jarry - Les Têtes Heureuses 2009
Martin Giguère, Christian Ouellet, Patrice Leblanc

© Photo Jean-François Caron

Les têtes Heureuses nous ont depuis longtemps appris que leurs productions créaient chaque fois un évènement. Il y a toujours «un je n'sais quoi» qui confère à leur théâtre une profondeur qui doit tout à leur mise en scène et à leur distribution. Leur Ubu Roi le confirme une fois de plus. Leur Ubu roi a du panache.

Mes réserves ébranlées

Je n'aime pas le théâtre burlesque. La farce vulgaire, grotesque me hérisse. Et la lecture du texte de la pièce d'Alfred Jarry me laissait mitigée quant au plaisir anticipé. Cependant, les Têtes Heureuses sont une valeur sûre. Et plusieurs noms de la distribution valaient le déplacement.


Christian Ouellet dans UBu Roi
© Photo Merryl B. Lavoie

Oh! surprise! J'ai succombé à la séduction d'un jeu théâtral exceptionnel. Coup de maître, dès le départ, que de confier tous les rôles, féminins comme masculins, à des hommes. La farce est sans équivoque. L'audace aussi, d'une mise en scène qui, poussant au paroxysme l'intention d'une vulgarité consommée dans une scène très osée de «fornication», campe les personnages avec force. Et il fallait l'incroyable talent de Christian Ouellet (Père Ubu) et de Martin Giguère (Mère Ubu) pour réussir à imposer une image sexuelle puissante sans heurter. Le spectateur est bousculé certes, mais il comprend mieux pourquoi la dynamique de ce couple entraîne l'un et l'autre au-delà de ses propres limites. Si désireux de richesse et pouvoir qu'il soit, Père Ubu ne franchit le pas que poussé par l'ambition démesurée d'une femme qui sait comment l'asservir.

Modernité de la mise en scène

Ainsi qu'il l'avait habillement réalisé dans la mise en scène de «Guerre», suggérant les temps et les lieux par le déplacement de quelques accessoires, Rodrigue Villeneuve a pris le risque d'une mise en scène dépouillée, occupant l'espace central du théâtre tandis que les spectateurs se retrouvent de part et d'autre de la scène.

Christian Ouellet (Ubu)
Patrice Lebanc (Capitaine Bordure)

Ubu Roi - Têtes Heureuses 2009

© Photo Jean-François Caron

La pièce se déroule en crescendo où la vénalité des uns s'ajoutent à la convoitise des autres, broyant tout sur leur passage, l'un pour assouvir sa soif de pouvoir, l'autre pour s'approprier le bien des autres. En situant l'action en Pologne, ainsi que le voulait Jarry pour mieux dire que le lieu du délit est sans importance, le drame qui se joue s'universalise et, inévitablement, démontre sa vérité intemporelle.

Sur écran des images projetées pendant la pièce évoquent l'existence d'autres Ubu Roi que celui de cette fiction. Il aurait été souhaitable que l'on soit plus mesuré dans le choix de ces «illustrations»… La suggestion aurait gagné en force à ne cibler que des exemples incontestables d'une pareille cruauté.

Pour illustrer ce qui suit, exemple de photos projetées
Le lynchage de Thomas Shipp et d'Abram Smith

Photo trouvée ici

J'ai éprouvé le même inconfort devant la projection des pendaisons des Noirs américains accompagnant la scène des meurtres d'Ubu contre les «nobles fortunés». L'assassinat raciste de ces hommes et femmes, souvent pauvres - tableaux insoutenables s'il en est - n'ont aucun lien avec ce qui se passe sur la scène et interfèrent sur l'attention portée à l'action qui se déroule.

Et quelle action: un tourbillon de folie, de va-et-vient tonitruants, de rebondissements loufoques et dramatiques. On assiste à un méli-mélo savant où se succèdent coups de fusils, adieux mélodramatiques, crimes et poursuites.

Les comédiens

Martin Giguère crée une Mère Ubu d'une extrême efficacité. Un jeu caricatural habilement maîtrisé qui transcende toute la vénalité du personnage.

Christian Ouellet est tout simplement exceptionnel. Son jeu est si intense que l'on reste accroché à l'expression de ce visage où tout passe. Les yeux tantôt rieurs, tantôt cruels, ajoutent à l'éloquence de la voix et du geste. Une présence si forte qu'elle accentue les quelques faiblesses des autres. Ne fusse que pour voir ce duo magistral, cela mérite de se précipiter au Petit-Théâtre de l'Université du Québec à Chicoutimi. Les dernières représentations auront lieu du 12 au 15 novembre.

La distribution se compose également du très sérieux Patrice Leblanc en Capitaine Bordure, du clown attendrissant Guillaume Ouellet en héritier adolescent Bougrelas, du sage un peu hautain Marc André Perrier en Venceslas, ainsi que de l'ineffable Éric Renald en Reine Rosemonde grandiloquente.


Une très bonne critique de Mélyssa Gagnon
© Le Quotidien, 31 octobre 2009

Quelques liens complémentaires :

http://www.cyberpresse.ca/le-quotidien/arts-spectacles/200910/21/01-913392-ubu-roi-un-clin-doeil-aux-politiciens-actuels.php

http://specialdujour.hautetfort.com/archive/2009/11/02/ubu-roi-sombre-et-jouissif.html

http://lesclapotisdunyoyo2.blogspot.com/2009/10/ubu-roi.html


***

jeudi 29 octobre 2009

Marie-Christine Bernard lauréate du Prix France-Québec 2009

© Photo Marie-Christine Bernard


Marie-Christine Bernard n'a pas fini de nous surprendre. Nous ne sommes pas les seuls à aimer les écrits de cette femme-flamme sensible et passionnée.


Le Prix France-Québec 2009 octroyé à Marie-Christine Bernard pour son roman Mademoiselle Personne.

Elle supplante ainsi Pascale Quiviger (La maison des temps rompus), ainsi qu'Éric Dupont (Bestiaire) qui étaient finalistes avec notre écrivaine d'Alma. Sans doute parce que, comme l'écrit si bien son éditeur: «La langue de Marie Christine Bernard est organique, océane et aérienne: tantôt touchante comme une brise, tantôt déchaînée comme la mer en furie, tantôt odorante comme les corps repus d’amour et l’iode des grèves gaspésiennes.»

Voir le résumé ici et critique là, et commentaires là, là et là.

Marie-Christine Bernard Lauréate Prix France-Québec
© Photo archives Jeannot Lévesque

Ce n'est pas le premiers honneur qui échoit à notre auteure (oui, je suis possessive), mais il confirme combien cette écrivaine enthousiaste touche ses lecteurs puisque le choix du lauréat se fait par vote public.

«Créé en 1998, le prix littéraire France-Québec souligne l’excellence du roman contemporain québécois en récompensant chaque année l’un de ses auteurs. Voué à la promotion et à la diffusion en France de la meilleure littérature québécoise, ce prix poursuit dans le domaine culturel, la mission que s’est donnée il y a plus de 40 ans l’association France-Québec : faire découvrir et faire aimer les spécificités de cette nation francophone d’Amérique.» (source: communiqué de presse, Corinne Tartare Vice-présidente Culture, AFQ)

Le prix est annuel. La présélection et la sélection se font au printemps et en été. L'annonce du lauréat se fait à l'automne. Le prix, d’une valeur de 5000 € environ 8 000$), est remis au mois de mars lors d’une cérémonie officielle, à Paris, dans le cadre d'une tournée dans plusieurs régionales de l’association. (Voir site France-Québec)

***


vendredi 23 octobre 2009

Lettre à Damir

Au pied de l'érable
Première neige - 22 octobre 09
© Photo Christiane Laforge

La neige d'octobre n'est plus si bienvenue que jadis.

Pour l'enfant d'hier, elle était comme des baisers doux, un peu mouillés, plein de promesses festives et de batailles épiques autant que joyeuses.

Lors des heures amoureuses, elle présageait des tempêtes espérées pour garder captif mon François Paradis. Puis, femme de labeur, les hivers sont devenus trop longs dans ce pays privé d'été.

Marcher dans la neige du 23 octobre 2009 © Photo Christiane Laforge

La neige d'hier fut à peine tolérée. Alors, de la voir s'attarder, tout ce vendredi de soleil promis, m'exaspérait dans mes pas glissants lors de la montée et descente de mes 3,3 km quotidiens de la grande côte du rang Saint-Joseph.

Et voilà que je découvre sur mon mur de Facebook cette invitation à lire le texte de Jean-François Caron, une lettre adressée à son fils Damir en lien avec cette première neige d'octobre 2009 en terre saguenéenne. (Voir ici)

Elle me rend la mémoire de l'enfance d'Ariel qui m'inspirait ce sentiment intense exprimé dans cette lettre. Je l'ai lue une seconde fois, totalement réconciliée avec la neige d'octobre. La beauté est dans l'œil de celui qui regarde.

***

mercredi 21 octobre 2009

Discrimination permise




Au Canada, la charte des droits m’interdit de discriminer toute personne en raison de sa race, de son origine nationale ou ethnique, de sa couleur, de sa religion, de son sexe, de son âge, de ses déficiences mentales ou physiques.

Au Canada, toute personne peut me discriminer pour mon sexe en raison de sa religion.

Quelqu’un peut-il m’expliquer???


Tous les humains naissent libres et égaux en dignité et en droits

Les femmes aussi?
Veuves Indoues, femmes exicées, femmes voilées, femmes lapidées, femmes assasinées pour «l'honneur», femmes violées, femmes vendues, femmes fouettées, femmes esclaves

vendredi 16 octobre 2009

Nécrophagie littéraire

Scène de nécrophagie -
Photo Christophe Eyquem



J'éprouve un grand malaise à la lecture des intentions avouées de Bertrand Visage des éditions du Seuil, éditeur français de Nelly Arcan. Celui-ci veut fouiller les entrailles de l'ordinateur de l'auteure, morte par suicide à 36 ans alors que son livre Paradis, clé en mains était sous presse.

Nelly Arcand
Lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle
Photo Radio-Canada


Il envisage de publier le roman «inachevé» de 40 pages sur lequel elle travaillait, espérant franchir le mot de passe de l'ordinateur de Nelly pour en extraire d'autres écrits inédits et les publier aussi advenant qu'ils «présentent un intérêt littéraire».

Bertrand Visage
Photo Hubert Hayaud

Les réactions outrées lui feront sans doute faire machine arrière. Mais il y a pensé… et d'autres avec lui.

***

jeudi 8 octobre 2009

Dans un pays aux arbres d'or

Mon pays c'est l'automne.
Prise de vue à 850 mètres de hauteur,
à partir du Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

J'ai la tête dans les nuages. J'espérais plus de soleil. Il s'est pointé trop tard.

Cela ne m'a pas empêché d'aimer ce que j'ai vu. Trésors visuels accumulés lors d'une grande balade sur le Mont-Valin avec halte prolongée au Pic de la Hutte.

Vue du Pic de la Hutte, Mont Valin, Saguenay.
Pas assez de soleil pour aviver les tons d'or des arbres
à 850 mètres de hauteur.

© Photo Christiane Laforge

Un fjord, des lac, des arbres d'or.
Prise de vue à 850 mètres de hauteur,
à partir du Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge


Floraison d'automne.
Trésor trouvé lors d'une balade au Pic de la hutte sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

Ton de soleil,
capturé lors d'une balade sur le Mont-Valin.
© Photo Christiane Laforge

Il était tout seul, un peu en retrait du sentier,
ignorant tout de sa beauté.
Je l'ai cueilli sans y toucher du bout de ma lentille.

©Photo Christiane Laforge