mercredi 19 mai 2010

Papa

Il me semble que c'était hier. À cette même heure, ton médecin nous demandait, à nous tes quatre enfants, de te dire que tu allais mourir. Ton corps se tordait de douleur et tu refusais la morphine salvatrice afin de garder ta conscience pour lutter contre la maladie. Mon rôle était de t’aider à comprendre que ta souffrance pouvait être soulagée. Je me suis retrouvée près de toi, la gorge nouée pour te dire que ton combat était terminé. Non, non, tu n'étais pas vaincu... tu avais seulement le droit de te reposer enfin!

Un de tes poèmes disait:

Je suis rendu ce soir au terme du voyage
Qui m'a blanchi le front et creusé le visage
Des pays parcourus où je portai mes pas
Et des jours effacés qui ne reviendront pas.
 

Tu  souffrais tellement! J'ai compris le sens des mots : se tordre de douleur. Comment te convaincre d'accepter l'aide chimique qui allait te soulager? J'avais plutôt envie de te dire, comme lorsque tu es parti pour le Canada quand je n'avais que trois ans, «Ne pars pas papa... ne pars pas.» Mais j'étais devenu grande, alors j'ai dit : «Papa, tu es rendu ce soir au terme du voyage...».

Tu m'a regardée. Ton regard me demandait-il la permission de partir ou me demandait-il pardon de ce nouveau départ?

Tu as finalement accepté d'être soulagé de ta douleur et, dans un soupir résigné que je n’oublierai jamais, tu as posé ta tête sur l'oreiller, t'abandonnant. L'infirmière est venue. Très vite tu t'es endormi.  Tu étais déjà très loin de nous. Et je ne t'ai revu les yeux ouverts que le lendemain, 17h25, à ton dernier soupir. Ce soir-là, peu avant 18h, il y a eu un arc-en-ciel sur Chicoutimi. J'ai dit à Jean-Marie: «C'est bien  de lui ça, il a déjà repris ses pinceaux!» On a ri de chagrin!
Papa, demain 20 mai 2010, cela fera quatre ans que tu es parti. Et je ne t’ai pas encore dit adieu. Ne le ferai pas non plus aujourd'hui.

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vendredi 7 mai 2010

La voix des jeunes


Extrait de l'album Électrons libres de Chantale Vincelette
Publié sur le site www.nouvellesalle.com

Combien de temps encore la population du Saguenay devra-t-elle attendre une salle de spectacle qui réponde aux besoins réels de sa communauté artistique? 
Voilà la vraie question à poser.

Je regrette que la décision ne revienne qu'aux seuls citoyens de la Ville alors que je suis tout autant concernée, comme personne qui assiste aux spectacles présentés au Saguenay et comme contribuable qui souhaite qu'une partie de ses impôts soient investis dans le développement culturel de SA région.  Je demeure optimiste quand je regarde nos jeunes qui nous invitent à investir dans leur avenir. Un avenir qu'ils veulent ICI. Ils sont la voix que je veux entendre.  La voie que je veux suivre.

Voici le trac que des jeunes du Conservatoire de musique feront circuler ces prochains jours.





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mercredi 28 avril 2010

Patrice Leblanc... Rire noir de Trac


Trac - Clown Noir
Patrice Leblanc

Ma vie en théâtroscope, spectacle en solo du Clown Noir Trac est une performance pamphlétaire où le rire permet de ne pas exploser. Un rire noir plus que jaune, mais rire tout de même pour ne pas pleurer. On quitte la salle, perturbé certes, mais très content de n’avoir pas raté ce rendez-vous avec une voix qui ose dire.

Rebelle assumé, Patrice Leblanc prend le risque de l’indignation. Ne faut-il pas de l’audace en ces temps du langage épuré de toute provocation, ère aseptisée du «politiquement correct», pour saisir à bras le corps toutes les vicissitudes.

Qui connaît les Clowns noirs ne sera pas surpris de la scénographie où un homme seul sur scène se multiplie en personnages de tous âges, masculins ou féminins. Quelques planches coiffées prennent figure humaine, une planche à repasser devient civière et lit, une simple corde à linge assure l’évocation des lieux (cuisine, institution, prison). La scène de Trac ne renie rien du théâtre de l’enfance où l’imagination prête forme et caractère à l’objet selon les besoins de l’histoire à vivre.

Et quelle histoire! Celle de Trac dont la naissance annonce le destin d’un insoumis. Et tout y passe : la tendresse et la violence, l’amitié et l’abus, la rébellion et la répression, la volonté farouche de vivre libre et la chute de l’ange, l’espoir et la guerre, la vie et la mort. Patrice Leblanc a puisé à pleines mains dans l’actualité pour raconter la vie de Trac en théâtroscope. Pas besoin d’inventer. Il suffit de s’emparer des faits évoqués chaque jour par nos médias. Trac, le bien nommé Clown noir, nous montre que ce ne sont pas les clowns qui font des pitreries. 

Le bien nommé Clown Noir

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D'autres commentaires forts intéressants:

Celui de Dario Larouche: http://lesclapotisdunyoyo2.blogspot.com/2010/04/trac-ou-sa-vie-en-theatrascope.html

Celui de Denise Pelletier : http://specialdujour.hautetfort.com/archive/2010/04/29/sur-les-traces-de-trac.html

Celui de Daniel Côté (Le Quotidien) :

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Et pour ceux qui n'aurait pas fait clic sur le lien de la photo de Patrice Leblanc, il y a aussi l'excellent texte de Jean-François Caron (Voir) : http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=6&section=8&article=70594


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lundi 19 avril 2010

La SALR une montagne de plaisir

 Marie-Ève Munger - Ernestine
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie

La Société d'art lyrique
C'est une leçon de courage, une assemblée de talents, une famille d'irréductibles

Seul le temps m’a manqué et non le désir pour écrire beaucoup plus tôt tout le bien éprouvé lors de la dernière représentation du programme double de la Société d’art lyrique du Royaume, le dimanche 11 avril 2010. Le délire bien assumé dans l’opéra bouffe Monsieur Choufleuri restera chez lui de Jacques Offenbach et la superbe démonstration de la maîtrise des voix interprétant de grands airs d’opéra, alternant avec les capsules humoristiques finement ciselées dans Le Gala de Monsieur Choufleuri sont, dans mon souvenir, comme une montagne de plaisir.

Toutes ces personnes qui travaillent d’arache-pied pour maintenir en vie la Société d’art lyrique année après année méritaient plus que 800 spectateurs en quatre représentations. D’autant plus que la prestation est de grande qualité. De l’autre côté de l’Atlantique, ces même voix qui nous étaient permis d’entendre si près de chez nous, sur le Mont Jacob de Jonquière, sont écoutées et invitées à chanter sur les grandes scènes de l’opéra.

Par exemple, Marie-Ève Munger, la superbe et talentueuse soprano colorature, Premier prix Opéra du concours International de Chant de Marmande en 2007, premier rôle féminin, Magdalena, au Théâtre du Chatelet à Paris sera au Glimmerglass Opéra aux Etats-Unis. En 2011 elle retournera à l’Opéra-Théâtre de Metz pour y chanter Nanetta  dans Falstaff de Verdi.

Ou encore Marc-Antoine d’Aragon, baryton, lauréat du concours La Bohème à Vérone, où il fera ses débuts cette année dans La Bohème de Puccini. En attendant son retour, nous penserons à lui dans le plaisir gourmand de ses propres recettes gastronomiques dont le premier livre, Des crêpes à l’Opéra vient d’être publié aux Éditions Les malins.

Retour sur la représentation du 11 avril


Marc-André Pronovost - Marie-Ève Munger
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie
Monsieur Choufleuri restera chez lui exige plus que de la voix. La qualité du jeu théâtral peut faire toute la différence. Sous l’apparence d’une fantaisie loufoque cette courte opérette n’a rien de facile. L’adaptation de Martin Giguère a donné au livret un peu de modernité et de couleur locale fort appréciées. La mise en scène alerte, voire éclatée, d’un Éric Chalifour bien servi par une scénographie judicieuse, a créé une succession de tableaux vivants toujours équilibrés. C’était particulièrement agréable de pouvoir, mentalement, appuyer sur «pause» pour mieux observer la disposition des personnages sur la scène ainsi que leurs déplacements.

Marie-Ève Munger - Ernestine
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie
Et puisqu’il est question d’équilibre, ajoutons ce complément indispensable que sont les costumes, maquillages et coiffures. Plus osés, plus extravagants pour les uns, notamment les hommes, et plus élégants, plus flatteurs pour les autres. Les coiffures irrésistibles des messieurs Choufleuri,  Balandard et Petermann pour les uns, les toilettes distinguées des dames Ernestine et Balandard pour les autres.

Très vite le caractère des personnages s’est affirmé. Marie-Ève Munger a campé une Ernestine mutine, ne laissant aucun doute sur ses sentiments amoureux avec le très déterminé Babylas (Marc-André Pronovost), musicien pauvre mais ambitieux. Si ce dernier a offert une performance juste, Marie-Ève Munger a été éclatante. Sa voix est de plus en plus belle, plus riche et incroyablement bien maîtrisée.

Le baryton basse Robert Huard a créé un Choufleuri très coloré. Une voix agréable et un jeu de scène habile, poussant son personnage à la limite de la caricature, mais sans excès afin d’en préserver tout l’aspect sympathique.

Le couple Balanchard n’aura pas passé inaperçu, tant pour les voix que la prestance. Jacinthe Thibault a de la classe et une sensibilité que le comique ne dépare aucunement. Le baryton Marc-Antoine d’Aragon nous a ravi. Un timbre de voix pur et ample à la fois qui ne lasse pas.

Martin Giguère aux mille et un talents s’est glissé dans l’habit de Petermann avec la somme d’une personnalité tissée au fil de ses nombreux rôles de factures très diverses. Un soupçon de Diogène, une allure de Molière avec quelques accents méloloufodramatiques (si je puis dire) de son cru.

Le tout porté par un orchestre qui a su se faire complice tout en jouant avec éclat sous la direction du chef Julien Proulx et un chœur sans faille.

La seconde partie de ce spectacle ne fut pas en reste. Si Offenbach fait depuis longtemps les belles heures de la Société d’art lyrique, Monsieur Choufleuri restera chez lui ne suffit pas, à lui seul, à remplir une soirée d’opéra. La SALR a su tirer parti de cette contrainte en offrant - oh! Joie - un récital de 12 chants célèbres tirés des œuvres de Rossini, Verdi, Donizetti, Mozart, Bizet et Delibes. J’ai beaucoup aimé cette opportunité d'apprécier l’une après l’autre chaque voix de ces interprètes. C’était leur rendre justice que de nous les faire entendre dans un tout autre contexte que celui de l’opéra bouffe avec ses limites, donnant toute la place à des envolées vocales qui ont conquis le public. Le lien humoristique menée bon train par Superman, pardon par Petermann était risqué. L'intensité du chant pouvait en souffrir. Et pourtant non. Cette intervention comique et toujours brève permettait une heureuse transition entre les différentes voix des solistes.

Un pas dans l’avenir

Il faudra un jour écrire la page d’histoire de nos opérettes. Comprendre comment un spectacle qui n’a cessé de s’améliorer et de présenter des artistes de plus en plus professionnels a vu le nombre de ses représentations fondre ainsi que son public. Cela, dans une région où la musique tient une grande place. Une région où des voix, désormais célèbres dans le monde, ont fait leur début sur la scène de l’opérette de Chicoutimi, tels Jean-François Lapointe, Marie-Nicole Lemieux et maintenant Marie-Ève Munger.

Il faudra retrouver le passé pour comprendre et trouver le moyen d’aider cette équipe d’irréductibles à se faire entendre par un plus grand nombre.

Martin Giguère - Petermann
Monsieur Choufkeuri restera chez lui de Jacques Offenbach
Production de la Société d'Art lyrique du royaume
© Photo Rocket Lavoie
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Pour compléter, le commentaire toujours bien documenté et pertinent de Denise Pelletier sur son blogue Spécial du jour ici.

NDLR : J'ai demandé d'autres photos permettant de voir différentes scènes et personnages..
Je les joindrai à cette page aussitôt reçues

lundi 12 avril 2010

René Gagnon se dénude




René Gagnon et sa muse Claire-Hélène Hovington
© Photo Réjean Leclerc


Le peintre René Gagnon
Peintre du Saguenay et des paysages nordiques
nous souhaite la bienvenue sur son tout nouveau site internet.


On y retrouve des pages sur sa démarche artistique, ses racines, sa terre natale le Saguenay, ses collections et expositions de peintures, ses albums souvenirs réunissant photos et films, une revue de presse, le tout complété par ses amours : sa muse et ses carnets de cuisine. Un clin d'œil sympathique et fort instructif par ces pages de vie qui évoquent une époque et nous rappellent ces gens connus qui ont fait partie de son univers.


Nouveau site de René Gagnon

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mardi 6 avril 2010

Claude Robinson se multiplie dans son combat

Claude Robinson
© Photo: François Roy,
La Presse - Archives


Claude Robinson se multiplie.
Il aura fait plus d'enfants qu'il ne le pensait peut-être.

Sa cause est devenue LA cause qui nous concerne tous. Nous les exilés du pouvoir et de l'argent. Non seulement il est le créateur spolié, trahi, plagié, mais encore il est citoyen d'un pays qui dans ses lois et plus encore dans l'absence de ses lois n'assure pas à ses créateurs des droits légitimes sur le patrimoine dont s'enrichit sa nation. Pire, le système judiciaire est conçu de telle façon qu'il faut être naïf de penser que tous sont égaux devant la Loi.

«Et malgré un jugement qu'un juge a pris huit mois à livrer, me voilà encore être obligé à me défendre. C'est ce que j'appelle de l'abus. Mais je suis prisonnier. Je me dois de continuer sinon c'est fini pour moi»

Ce mercredi 7 avril à 11h, sera ouvert le site
http://clauderobinson.org/


Les faits

Relatés sur le site de Startec (Société des Auteurs de Radio, Télévision et Cinéma):

1982 : Claude Robinson crée " Robinson Curiosité ", personnage central d'un projet de série télévisée pour enfants, qu'il dessine d'ailleurs à partir de son propre visage. Il développe le concept, crée plusieurs autres personnages, écrit des synopsis, des scénarios et une bible avec la description et les dessins de chaque personnage.

De 1983 à 1985 : Claude Robinson présente son projet à divers diffuseurs et producteurs au Québec, ainsi qu'à Téléfilm Canada. Il s'associe avec Pathonic en 1985 en vue de produire la série.

1986 : Claude Robinson et Pathonic retiennent les services de CINAR comme consultante pour la promotion et la vente de la série aux États-Unis. Dans le contrat de services signé par Ronald A. Weinberg, Cinar s'engage à prendre connaissance de tout le projet (personnages, synopsis, scénarios et autres composantes). Claude Robinson se rend à New York et à Los Angeles rencontrer des producteurs et des diffuseurs avec les représentants de Cinar et Pathonic. Malgré l'intérêt des diffuseurs américains, ces rencontres demeurent sans suite.

1987 : Claude Robinson reprend ses démarches avec un nouveau partenaire, SDA, et vise aussi le marché européen. En avril, il présente son projet au MIP-TV, à Cannes, entre autres, à Christophe Izard, alors de Calypa et à Peter Hille, président de Ravensburger. Il y fait la rencontre de Micheline Charest et de Ronald A. Weinberg. Thérésa Plummer-Andrews de la BBC demande par télex la cassette du démo de la série Robinson Curiosité. Mais, de retour de Cannes, SDA se retire du projet.

1988 à 1994 : En 1988, Claude Robinson fonde une nouvelle compagnie afin de produire son projet de manière indépendante.

1995 : Des démarches auprès de Philips pour la production de CD-i interactifs donnent des résultats. Mais le 4 septembre, Claude Robinson voit " Robinson Sucroé " sur les ondes de Canal Famille. C'est le choc. Début octobre, il envoie une mise en demeure à CINAR, qui affirme n'avoir aucune trace dans ses archives d'un lien quelconque avec Claude Robinson ou son œuvre. Début novembre, il porte plainte au criminel (GRC) pour contrefaçon de droits d'auteur (ce dossier est toujours en cours). Puis au début novembre 1995, il envoie une seconde mise en demeure, en vain.

1996 : En juillet 1996, Claude Robinson intente une poursuite au civil contre les producteurs de la série Robinson Sucroé.



La pauvreté des artistes canadiens, dont le revenus moyen se situe en de ça de quelque 20 000$ est déjà un scandale. Mais voilà qu'un des nôtres, après plus de 14 ans de lutte judiciaire - et à quel prix? - obtient gain de cause, il subit l'ultime outrage de se voir obligé de se battre à nouveau.

Ils sont riches … et un peu grâce à lui. Lui, il est pauvre… beaucoup plus à cause d'eux et d'un système légal qui donne plus de pouvoir au poids de l'argent. N'en déplaise au juge… il n'y a pas de justice quand le verdict ne suffit pas à rendre la Justice.


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Quelques liens utiles

La quête de Claude Robinson : ici

Le droit d'auteur en France : ici

Le très bon texte de Nathalie Petrowski dans la Presse: ici

Une différence qui se calcule : ici


Office de la propriété intellectuelle au Canada : ici


Certains projets de loi, comme le projet C-61, soulèvent bien des questions : ici

Et pour terminer une citation:

«Le titulaire du droit d'auteur est également chargé de veiller à toute violation du droit d'auteur. Si cela se produit, le titulaire du droit d'auteur peut exercer un recours légal (article 34).»





samedi 13 mars 2010

Jean Ferrat, encore un adieu

Jean Ferrat - 1930-2010
© Photo AFP

Je viens d'apprendre, en lisant le blogue d'un ami, la mort de Jean Ferrat. Ce nouveau deuil m'atteint avec quelques heures de retard. Poète d'une solidarité indéfectible, il m'a soufflé les mots de mes révoltes et pousser au bout de mes passions en me faisant mieux entendre Aragon.




Je suis sous le choc. Je n'ai pas envie de lui dire adieu. Aussi, je fais miens ses propres mots qu'il chantait à son père : «Tu aurais pu vivre encore un peu».



***
Un texte de mon ami le peintre Niala
qui manipule les mots avec dense-citée

T'AURAIS PU VIVRE... EN CORPS UN PEU...

En corps un peu
T'aurais pu vivre Jean
Encore un peu
C'est pas parce que maintenant ton âme est immortelle
Que tu devais te raser la moustache
Ya d'la chair pour les canons
Qu'est bonne à trinquer après les boules
Un jeu de paumes empoignées
Fait pas l'âne
Reste
On va r'prendre un dernier vert
Le soleil te lèche la montagne
Elle pouvait qu'être encore plus belle
Pour ce dernier cortège jusqu'à ton lit
Au jour d'huis elle s'ouvre
Tu prends la porte
Va, elle t'attend ta Muse
Heureuse d'être guérie
Laisse ouvert
Ne ferme pas les yeux
On est dedans
Pour la faim des temps qui chantent
Pour l'espoir
Pour la joie de vivre
Pour aller au bal des poétes faire denser le néant
Au son de tes paroles
Apollinaire au piano
Lou aux lèvres de tes chansons
Aragon à l'accordéon
Chagall au violon
T'aimant à en perdre la raison
Mais, t'as pas fini ton verre...

Loisobleu

vendredi 5 mars 2010

Lettre à Naema



À toi Naema d'Égypte qui a été accueillie au Québec.

Je suis, comme toi, une immigrante venue d'un autre pays. J'ai choisi de vivre au Québec parce que j'en aime sa modernité de pensée où je peux vivre ma vie de femme sous le regard des hommes, mes amis, mes alliés, mes amours.

Élevée dans un milieu catholique, j'ai participé à la lutte contre des croyances issues d'un temps millénaire où les femmes étaient considérées inférieures, où les femmes devaient jurer obéissance aux hommes, où les femmes étaient perçues comme les tentatrices et donc les coupables du désir des hommes. J'ai contribué, avec les hommes et les femmes de ce pays, à édifier cette société moderne où le mot liberté s'épelle avec les lettres du mot respect.

Naema, j'éprouve un grand malaise à t'entendre revendiquer le droit de te voiler le visage. Ce n'est pas le vêtement mais tout ce qu'il évoque qui m'indispose. Nous entendons que cela est ton choix personnel. Mais pour toi comme pour nous, nos choix personnels ont une limite. Notre société comporte ses règles incluant de se présenter à l'autre à visage découvert. Le contraire est perçu comme un manque de respect. De nombreux érudits de l'Islam ne cessent de nous expliquer que la religion dont tu te revendiques n'oblige pas les femmes à porter voile ou niqab. Ta propre croyance, expliques-tu, assure que ton choix est religieux. S'il advenait que la seule «croyance» de chacun devienne «la religion» dont notre charte a voulu protéger la libre pratique, j'imagine mal comment accommoder l'exception sans égard pour les convictions de la majorité.

Je te dirai alors que, selon ma croyance, ton choix de porter le niqab pour te soustraire aux regards des hommes est une injure à mon honneur de femme et insulte mon fils. À mon sens, ton choix est signe d'arrogance et non d'humilité, d'orgueil guerrier et non de modestie, te servant de notre conception de la liberté pour nous imposer ce niqab dont le symbole implicite évoque l'oppression des femmes et la négation de leur droit à l'existence.

Ton voile se dresse entre mon fils et les fils de mes sœurs et amies du Québec comme si, parce qu'ils sont hommes, leur regard ne pouvait être que pervers, concupiscent et sans respect pour toi. Ton voile se dresse entre mon visage nu et ma dignité comme si sa nudité était une offense à la modestie, à la pudeur et un appel à la luxure. Ton voile m'oppresse parce que je crois qu'il dissimule trop de blessures encore aujourd'hui imposées à d'autres femmes. Sais-tu que certaines de tes sœurs parmi nous portent le niqab pour se cacher d'une famille qui les menace de mort pour le seul crime d'avoir voulu affirmer leur liberté? Et je les aide à le porter, avec la crainte et la révolte que je partage avec elles. Ton niqab est politique et il m'outrage car tu comptes te servir des lois de mon pays conçues pour protéger nos libertés.

Je me sens terriblement humiliée, comme mère d'un fils à qui j'ai appris que les hommes et les femmes sont égaux et se doivent un respect mutuel. Je me sens isolée de toi par toi, qui te refuses de comprendre que nous voulons pour nos filles et nos fils un autre monde que celui que tu as quitté.

Dans un article de La Presse, je lis :
«Hier, elle (
toi Naema) s'est vidé le cœur. Elle ne comprend toujours pas pourquoi le cégep l'a expulsée. «Ils ont détruit mes rêves», accuse-t-elle.»»


Moi, je ne comprends pas pourquoi tu ne comprends pas. Et ce sont mes rêves que tu détruiras si jamais cette société qui est la mienne cédait à ton entêtement vestimentaire et ouvrait la porte à toute idéologie qui convaincrait ma petite-fille Élika à se couvrir d'un voile et disparaître aux yeux des hommes.

Gérard Bouchard, homme de tolérance s'il en est, et co-signataire du rapport Bouchard-Taylor n'a pas hésité à exprimer, à l'émission radiophonique de Christiane Charrette, son indignation. Il a dit :
«De se sentir obligée de tourner le dos à la classe pour ne pas regarder [les hommes], de demander à trois hommes de se déplacer pour ne pas les voir : je crois que ces comportements installent l'homme dans une position inférieure. C'est comme si l'homme inspirait une répulsion, qu'il était une source de mal, d'abjection.»

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Autre lien :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201003/02/01-4256828-port-du-niqab-au-cegep-accommodement-sans-heurts-a-ste-foy.php



lundi 22 février 2010

Le Prisme culturel en deuil


Marie-Claire Bouchard
Présidente et directrice générale du Prisme culturel
© Photo Steeve Tremblay - Archives Le Quotidien




La mort silencieuse de Claire Bouchard


Discrète jusqu'à la fin, Claire Bouchard, co-fondatrice de l'école de danse Le Prisme culturel a fait un pas vers l'infini le 17 février 2010. Ce lundi, parents et amis lui diront adieu. Mais c'est toute la communauté culturelle qui portera le deuil.

La maladie a eu raison de sa vitalité, ne lui laissant que bien peu de temps pour la vaincre. Les représentations de décembre 2009 du ballet Casse-Noisette, présenté depuis 1996 par le Prisme culturel, avaient été annulées en raison de ce combat contre la maladie mené par la présidente et directrice générale de cette école.

Le pas du Chat botté, à l'origine de la fondation du Prisme culturel, aura été bien au-delà de nos capacités de la suivre. Car c'est ainsi que tout a commencé à Saint-Bruno en 1971.

«Marie-Claire Bouchard et Germaine Tremblay, toutes deux enseignantes au collège de Saint-Bruno, dirigeaient un projet d'intégration des arts en milieu scolaire. Le projet consistait en une présentation d'une pièce de théâtre « Le Chat botté » à laquelle était jumelé un volet danse. La directrice artistique France Proulx, alors étudiante au baccalauréat en enseignement à l'Université du Québec à Chicoutimi et professeur de ballet, s'était jointe à l'équipe afin de diriger ce volet à l'intérieur du projet.» (Historique site web du Prisme culturel)

Au cours de ma carrière, j'ai été un des témoins privilégiés de la grande aventure de cet école et de ses succès. C'est au Prisme culturel que le désormais célèbre Guillaume Côté a fait ses débuts. Un petit Prince devenu roi au Ballet National du Canada comme danseur et compositeur. Pour chaque succès de ses élèves ou professeurs, pour chaque prix et projet, Marie-Claire Bouchard me téléphonait, s'excusant à tort de me déranger mais ne pouvant faire autrement tellement elle se réjouissait pour «l'autre». Lorsque je sollicitais une entrevue, elle cédait aussitôt la place à sa directrice artistique, ses professeurs ou ses élèves. Mais j'ai quand même eu le privilège de ses joies, la confidence de ses chagrins et de ses pires douleurs. Épouse, mère de famille, elle est aussi de ces personnes qui ont fait et font encore la richesse artistique de notre région. Ne l'oublions pas.

Adieu Madame Bouchard. Vous resterez dans ma mémoire.

Christiane Laforge
Journaliste pour Le Quotidien
De 1973 à 2009

dimanche 21 février 2010

Aux arts-mes citoyens

Des citoyens déterminés à sauver le Théâtre du Saguenay
se sont réunis samedi dernier

«AUX ARTS COMPAGNONS»
Patrice Leblanc



Aux arts-mes citoyens



Que Patrice Leblanc me permette cet emprunt à sa propre locution , «Aux arts compagnons», alors qu’il a réussi à mobiliser un groupe de personnes afin de préserver l’esprit de la Coopérative culturelle et de sauver le Théâtre du Saguenay que certains s’empressent à enterrer sans avoir tout tenté.

La faillite annoncée du Théâtre du Saguenay a levé un vent de révolte. Et c’est avec spontanéité qu’une première assemblée s’est tenue samedi 20 février 2010, au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi, pour créer le groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay qui a déjà son site web ici, et sa page Facebook là. Plus de 75 personnes étaient présentes et de nombreuses autres dont je suis, absentes à regret, ont signifié leur appui par écrit (fait avéré).

Un naufrage incompréhensible

Depuis le 30 juin 2009, les vagues sont devenues tempête dans la saga, résumée ici, de cet organisme culturel qui pourtant naviguait avec brio depuis 1974 sous les directions successives de Françoise Desbiens et de Louise Beaulieu.

En 2005, Louise Beaulieu (Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU, octroyé pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace) quittait la direction générale d’une Coopérative en excellente santé, comme le rapporte Pascal Girard dans le Progrès-Dimanche:
«Quand j'ai quitté en 2005, on avait une réserve dans les cinq chiffres, a-t-elle avancé. Celle à qui elle avait succédé était également présente. Françoise Desbiens fut l'une des fondatrices. Elle a rappelé que la mission première était l'accessibilité de la culture. Selon elle, cette mission s'est perdue dans les dernières années.» (PD du 21 février page 14)

Sur la page du groupe Sauvons le Théâtre du Saguenay, Éric Dubois précise: «Plusieurs éléments sont encore nébuleux et nous nous expliquons mal comment cette coopérative, florissante jusqu'en 2005 (plus de 1,5 M $ en chiffre d'affaires), a été déroutée vers un désastre financier dont nous n'avons pas encore l'ampleur réelle.»

Dans le rapport financier de 2006-2007, le directeur général Robert Hakim (engagé à l’unanimité par le CA que présidait Jean Bilodeau) déclarait, à la journaliste Anne-Marie Gravel, anticiper un surplus appréciable : «Robert Hakim, écrit-elle, estime percevoir un surplus d'environ 60 000 $ grâce à la présence d'un peu plus de 50 000 spectateurs au cours de la dernière saison."Nous bénéficions d'un budget de 1,5 million $, dont plus de 88 % provient de la billetterie. Nous devons nous assurer de présenter que des spectacles vendeurs tout en continuant notre mission et en respectant nos objectifs. Les spectacles internationaux et à grand déploiement viennent remplir les coffres, ils font la différence!", a souligné le directeur général du Théâtre du Saguenay.» (Le Quotidien du 7 juin 2007, page 31.) Un surplus de 57 000$ a été confirmé au dépôt du rapport financier de 2007.

Faut-il donc comprendre qu’il aura fallu moins de deux ans pour créer une dérive entre 2008 et 2009?

Rappelons que le rapport des états financiers pour 2008, rendu public seulement en juillet 2009, démontrait un déficit de seulement 180 000$. Chiffres déclarés à la fois par Robert Hakim (dg), Vassilis Fasfalis (président) et Albert Lemieux, comptable chargé des états financiers du Théâtre du Saguenay. (Le Quotidien, jeudi 2 juillet 2009, p. 31)

Moins d’un an plus tard ce serait la faillite???

Fait-on faillite avec des revenus de 1,5 millions de dollars? Ou bien négocient-on d’abord avec les créanciers identifiés?

Il y a trop de questions sans réponse pour que les membres de la Coopérative culturelle de Chicoutimi déclarent forfait sur la décision unilatérale - du moins c’est ce qui ressort des témoignages des membres - du seul président, non élu qui plus est.

«Nous constatons que sur un CA de neuf personnes jusqu'à tout dernièrement, seulement quatre étaient élues par les membres de la corporation. Le président Pierre Mazurette n'a jamais reçu l'assentiment des membres pour sa nomination, ni pour ses démarches pour mettre fin aux activités de la coopérative.» lit-on sur le site Sauvons le Théâtre du Saguenay.

Serait-ce que les membres de la Coopérative ont été laxistes?

Non, découvre-t-on, à la lecture de ce que relate Éric Dubois dans son compte-rendu de la rencontre de samedi : «Le président Mazurette a refusé de tenir une assemblée spéciale des membres, même si celle-ci avait été demandée par des membres de la corporation. Il a aussi refusé de travailler sur un éventuel plan de relance des opération du TDS, qui aurait été, selon nous, la première chose à faire avant de convenir de la faillite. En ce sens, les membres et un syndic de faillite auraient très bien pu orienter les démarches vers une proposition concordataire envers les créanciers du TDS et préparer un plan de redressement. Nous croyons que c'était son travail en tant que président de la coopérative, travail qu'il s'est toujours refusé de faire.»

Mais alors comment Monsieur Mazurette s’est-il retrouvé à la présidence du conseil d’administration du Théâtre du Saguenay? Le président nommé par le ca - lequel avait préalablement été élu par l’assemblée générale pour être membre de ce conseil d'administration - était Richard Boivin. Celui-ci a démissionné peu après.

«Le président Pierre Mazurette, en poste depuis décembre 2009 avait un objectif clair: mener la coopérative vers la faillite. C'est le mandat qu'il a accepté, suite à l'invitation lancée par le Maire Jean Tremblay. Il s'est affairé depuis à dépeindre la situation qui prévalait au TDS comme étant catastrophique, sans pourtant démontrer clairement, chiffre à l'appui, cette affirmation. Le président se cache derrière l'enquête policière en cours, mais allègue des manque à gagner de un millions de dollars. Mais rien ne prouve cela actuellement», affirme Éric Dubois.

Il faut reconnaître que les déclarations successives rapportées dans les journaux ont de quoi nous troubler. La valse des chiffres non vérifiés et non prouvés a perdu ses repères passant de 300 000$ a 400 000 $ pour dépasser la douche froide d’un million assaissonné d’une affirmation non vérifiée disant que «les revenus sont pratiquement inexistants.» (Le Quotidien, mardi 16 février 2010, p. 3)

La mise en faillite n’était pas encore faite que Le Quotidien rapporte: «Le directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, s'est rendu hier à Québec pour rencontrer à ce sujet les autorités du ministère de la Culture et des Communications et voir les différentes options qui s'offrent à la Ville, dont celle de créer une nouvelle corporation.» Nous avons bien lu Ghyslain Harvey et non le directeur-général du Conseil des arts de Saguenay, Claude Martel, ni la présidente du Conseil des arts, Sylvie Gaudreault. Rarement nous n’aurons été témoin d’un tel empressement au service de la Culture au Saguenay!

Mais voilà que le Citoyen, non résigné à se voir dépossédé de sa coopérative, se multiplie. Car le Théâtre du Saguenay appartient à la Coopérative culturelle fondée en 1974 et composée de membres qui ont le droit de prendre les décisions qui les concernent. Ils sont venus le réaffirmer ce samedi 20 février en compagnie des membres fondateurs de ce fleuron. Fleuron malmené par des décisions politiques depuis que ses membres ont été spoliés de leur libre arbitre sur leur propre salle de spectacle et, maintenant, de leur désir de survivre.

Membre du comité, Jocelyn Robert écrit: «Jusqu'en 2005, le Théâtre du Saguenay était une bonne entreprise rentable dont les opérations permettaient la diffusion d'un calendrier des arts de la scène important depuis plus de trente ans et ce, en respect d'une mission défendue par des professionnels... Cependant, avec la décision de la Ville de s'opposer à la vision de développement du TDS en 2005 et de ne pas
respecter les souhaits et intérêts du milieu professionnel, la ville a contribué directement à mettre en place une gouvernance inapte à défendre les vrais intérêts de la diffusion pour détourner les objectifs au profit du privé.»

Un comité a été formé.

«Rassembler et informer tous les gens qui ont à cœur la survie du Théâtre du Saguenay et l'avenir culturel de la région. Ne laissons pas la ville prendre le contrôle de la diffusion!» conjuguent-ils au présent.

Comme le dit avec justesse Patrice Leblanc, il ne s’agit pas seulement de la cause d’une ville mais bien d’une région. La mienne, la vôtre. En devenant membre de la coopérative, les citoyens de la périphérie des villes fusionnées de Saguenay démontrent leur sentiment d’appartenance à la dimension régionale de nos infrastructures culturelles. Un aspect bien trop souvent occulté, au grand dam des artistes et travailleurs culturels de la région du Saguenay.

Lucien Frenette, directeur général du Conseil régional de la culture, Denise Lavoie, ancienne directrice du Festival international en arts de la marionnette, Éric Dubois, candidat municipal défait et membre du Théâtre du Saguenay, Jocelyn Robert, directeur général de l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Pierre-Paul Legendre, membre numéro 29 de la coopérative, Véronique Beaulieu, ancienne membre du conseil d'administration et Patrice Leblanc, organisateur de la rencontre et membre de la troupe des Clowns noirs, forment le comité qui a pour mandat de rencontrer le syndic Réjean Bergeron, de tenir une assemblée générale spéciale et d'entamer les démarches de relance.

Notons que le comité a reçu l’appui de Jeanne Blackburn, qui fut ministre et députée au cours des années 1985 à 1998 pour le Parti québécois et du fiscaliste André Salesse qui défend le projet d’une nouvelle salle de spectacle pour la région du Saguenay.

***

mardi 16 février 2010

Le Réveil : Requiem pour 20 emplois



Chapeau ! les syndiqués du Réveil


Dominique Savard
Présidente du syndicat et journaliste au Réveil
© Photo Le Quotidien


Votre retour au travail dans les conditions imposées par la menace, après un lutte courageuse menée, presque seuls contre tous, pendant 50 semaines, est très révélateur de ce que nous sommes.

Refuser de recevoir et de lire le Réveil, boycotter ceux qui ont continué d'y publier leur publicité, tout cela aura été dérisoire pour plus d'un alors que, malgré une loi - malheureusement mal adaptée à l'ère d'Internet - rien n'a empêché Pierre Karl Péladeau de trouver des complices pour réaliser le travail des syndiqués mis en lock-out et des «investisseurs complaisants» pour alimenter ses profits.

Je me demande comment le maire de votre ville et les conseillers qui vous représentent peuvent ignorer qu'ils ont cautionné, par leur arrogance pour l'un et leur apathie pour les autres, à la conclusion de votre lutte, creusant la fosse des vingt emplois définitivement perdus. Comment ont-ils pu, puisant à même VOS taxes acheter de l'espace dans ce journal tandis que vous luttiez pour sauver des emplois? Comment ont-ils pu accorder des entrevues à des «anonymes» sachant que ceux-ci contribuaient à vous affaiblir?

Je ne doute pas que le vote de ce lundi 15 février aura été déchirant. Le tiers d'entre vous était prêt à prendre le risque d'une fermeture annoncée. Les deux tiers ont tenu compte de la perte d'une maigre prime, mais prime tout de même, pour les 20 employés mis au chômage.

L'idée de supplanter le Réveil en lançant votre propre hebdomadaire gratuit aurait dû susciter plus de réel intérêt dans la communauté. Mais celle-ci est-elle prête à se battre contre la montréalisation de nos médias ? Pensons à Corus qui vient d'amputer l'information régionale du temps d'antenne du matin pour remplacer Myriam Ségal par l'émission de Paul Arcand?

J'éprouve un sentiment de deuil et une grande amertume face à la conclusion de votre combat. Mais je lève mon chapeau devant vous qui avez mené cette lutte avec dignité jusqu'à la fin.
***

Quelques liens pour se rappeler:

http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2009/03/04/001-lock-out-reveil-quebecor.shtml

http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1490

http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=1490

http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2010/01/27/001-reveil-collaboration-saguenay.shtml

http://www.voir.ca/blogs/popculture_saguenay/archive/2009/03/11/quebecor-effraie-saguenay.aspx#comments

mercredi 3 février 2010

Mon fils a 27 ans ce 3 février à 23h53

Ariel

Que de chemin parcouru!

On voudrait retenir le temps pour prolonger l'émerveillement devant la beauté d'un enfant. Mais, ce serait retarder l'émerveillement ressenti devant l'enfant devenu homme. Et quel homme!

Voilà 27 ans que tu rends ma vie plus riche, plus belle, plus intense, plus ardente. Voilà 27 ans que mon cœur est ébloui par cet amour que tu m'inspires. Un amour que tu multiplies depuis 2001, 2007 et 2009.

Tu es beau mon fils. Je t'aime.

Maman, pour toi seul.


Non, ce n'est pas Ariel
C'est Élika


Non, ce n'est pas Ariel
C'est Victor



Voici Ariel

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Salle de spectacle: une parodie savoureuse


On trouve de tout sur youtube

:-)

Une parodie de la fureur du Führer
avec pour thème
la Salle de spectacle à Chicoutimi



D'un auteur non identifié, mais qui ne passera pas inaperçu.

***

On devrait bientôt la voir aussi sur le site de http://www.nouvellesalle.com/

samedi 23 janvier 2010

Ecce Haiti



«Donne-moi ta main camarade. J'ai cinq doigts moi aussi.
On peut se croire égaux.»
Claude Nougaro




Photo Cyberpresse - Haïti janvier 2010

Il suffit de remplacer Bidonville par Piétonville et voilà une chanson très actuelle. La main tendue, chantée par Nougaro est aussi celle de Julie Dubois-Gravel qui a rassemblé les jeunes de la troupe d'Ecce Mundo et donné le coup d'envoi du spectacle bénéfice présenté le 28 janvier à la Saguenéenne. Avec le groupe Celtic Rythm et plusieurs autres artistes de la région ils danseront et chanteront: Ecce Haïti.



Sur le site Facebook- Spectacle bénéfice pour Haïti au Saguenay, Julie Dubois-Gravel écrit:

«Nous sommes tous touchés, de loin ou de près, par l’ampleur de la catastrophe qui touche Haïti depuis plus d’une semaine. Ayant moi-même vécu plus de quatre ans à Port-au-Prince, je cherchais, comme bien des gens, à mettre la main à la pâte pour leur venir en aide. L’idée d’organiser un spectacle s’est imposée d’elle-même. Il s’agit là d’une belle manière de démontrer une solidarité et d’envoyer un message d’espoir à ce peuple.»

Toute la population est donc invitée à assister à ce spectacle bénéfice le jeudi 28 janvier à 20 h à l’Hôtel La Saguenéenne. Le coût des billets est fixé à 15$. Des bénévoles seront sur place, tout au long de la journée, pour amasser les dons volontaires.»
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Photo Cyberpresse - Haïti janvier 2010

Autre lien :


http://74.125.113.132/search?q=cache:hFx6-cVrPwQJ:www.traitdemarc.com/+Ecce+Mundo+Ha%C3%AFti&cd=3&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

vendredi 22 janvier 2010

Théâtre du Saguenay : coup de théâtre!

Le 15 mai 2009, se réunissaient en conférence de presse, Vassilis Fasfalis président du TDS, Serge Simard ministre et le maire Jean Tremblay
© Photo Rocket Lavoir - Archives Le Quotidien


Depuis l'assemblée générale houleuse de la coopérative de développement culturel de Chicoutimi du 30 juin 2009, impossible de ne pas savoir que la salle Opéra cabaret urbain était en difficulté. (Voir ici)

Tellement en difficulté, que ce fameux mardi 30 juin 2009, les membres présents ont eu la surprise d'apprendre que le cabaret avait été vendu par le conseil d'administration présidé par Me Vassilis Fasfalis pour la somme symbolique de 1$ à une personne dont on n'a pas voulu, à ce moment-là, dévoiler le nom. La somme dérisoire se justifiait, expliqua-t-on alors, par le fait que cette vente allait permettre d'éponger le déficit de 188 000 $ du Théâtre du Saguenay (Notons que ce montant identifié s'inscrivait pour la fin de l'année financière 2008). Déficit lié directement aux tribulations entre le TDS et L'Opéra, dont la coopérative avait acquis 51% des parts, tandis que Robert Hakim, des Productions Robert-Hakim et, jusqu'en janvier 2010, directeur général du Théâtre du Saguenay en conservait 49%.

Les membres de l'assemblée n'avaient pas eu accès aux états financiers de l'année 2008 et encore moins à ceux de 2009 lors de cette assemblée, car le Conseil d'administration avait omis de tenir une assemblée générale annuelle en 2008, comme prévu dans les règlements de la compagnie, article 28 :

«28. Assemblée annuelle
Dans les quatre mois qui suivent la clôture de chaque exercice social de la coopérative, ses membres doivent être convoqués en assemblée annuelle pour prendre connaissance du rapport annuel, statuer sur la répartition des trop-perçus annuels, élire les administrateurs, nommer le vérificateur et se prononcer sur toute autre question concernant l'association.»

Pierre Mazurette, président du Théâtre du Saguenay
© Photo Rocket Lavoie - Le Quotidien


Dans un article publié par le Quotidien le 15 janvier dernier, Louis Tremblay écrit : «Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts. Président de la coopérative du Théâtre du Saguenay depuis seulement novembre dernier, Me Pierre Mazurette peine toujours à suivre les méandres financiers qui ont amené l'organisme de diffusion de spectacles à accumuler une dette de 275 000 $ dans le cabaret urbain l'Opéra, dont la coopérative détenait 51 % des parts.»

Le 19 janvier, le journaliste précisait ce qui suit : «Jusqu'à maintenant, et selon les nombreuses informations recueillies par Le Quotidien, le Théâtre du Saguenay a engagé plus ou moins 300 000$ dans l'Opéra. Cette entreprise risque d'être mise en faillite d'ici les prochains jours puisque la relance a échoué. La coopérative, qui devait récupérer une partie de ses investissements avec la vente de l'Opéra, risque donc de tout perdre dans l'aventure. Le FIER du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme subventionné à 66% par Québec et qui a agi comme institution financière dans le projet, a récupéré seulement 40 000$ des 355 000$ investis au départ. Les administrateurs cherchent à comprendre pourquoi la situation s'est détériorée de la sorte. Il y a aussi certains éléments à expliquer. Alors que la coopérative avait vendu l'entreprise en juin et n'avait donc plus d'obligation, deux versements totalisant 30 000$ ont été faits pour renflouer les coffres de l'Opéra avec des chèques du Théâtre du Saguenay.»

En complément, le journaliste et chef de la Section des arts du journal Le Quotidien, Daniel Côté cite le fiscaliste André Salesse qui rappelle aux élus de Saguenay que : «Depuis quatre ans, la coopérative est gouvernée par la ville. C'est celle-ci qui a nommé Vassilis Fasfalis, puis Pierre Mazurette, à la présidence. Elle a aussi fait en sorte que des gens quittent le conseil d'administration et que d'autres y soient intégrés. Maintenant que ça va mal, il ne faut pas chercher ailleurs. Ce sont les hauts dirigeants qui sont responsables ", argue le fiscaliste en faisant allusion, entre autres, à la mairie.»

Finalement, aujourd'hui 22 janvier, Louis Tremblay divulgue de nouveaux chiffres : «Dans les états financiers vérifiés par le comptable Albert Lemieux, le Théâtre du Saguenay accusait un déficit à la fin du mois de juin. Jusqu'à maintenant, et les chiffres n'ont jamais été contestés, l'aventure de l'Opéra a englouti au moins 600 000$ dont une bonne proportion provient des contribuables de Saguenay et des Québécois en général. Le budget de Saguenay pour le Théâtre du Saguenay est passé de 90 000$ par année à un peu plus de 160 000$ au cours des deux dernières années.»


En conclusion

Plus on apprend sur cette saga incroyable, plus on sait que l'on ne sait pas.

Si ce n'est que la population de la RÉGION du Saguenay peut compter sur son diffuseur majeur. De 1974 à 2005 sa gestion a été saine et efficace. Au point qu'en 2005, la directrice générale Louise Beaulieu a reçu le Prix Reconnaissance décerné par RIDEAU. Ce prix lui a été octroyé «pour souligner ses qualités de gestionnaire efficace et d'habile négociatrice qui a su, au fil des ans, communiquer sa passion et exercer un leadership incontestable dans sa communauté et son milieu professionnel.»

Le ministre Jean-Pierre Blackburn
en compagnie de Robert Hakin
coiffant un texte d'Anne-Marie Gravel
publié le 29 mars 2009
© Photo Sylvain Dufour - Le Quotidien

En 2005, le Conseil d'administration, présidé par Vassilis Fasfalis, engageait Robert Hakim pour succéder à Louise Beaulieu.

Pour l'avenir du Théâtre du Saguenay et la réputation du milieu culturel et artistique du Saguenay, l'enjeu est important. Les membres de la Coopérative de développement culturel doivent accroître leur nombre et retrouver leur souveraineté au sein d'un organisme qui a su nous servir avec honneur pendant plus de 30 ans. S'il en est qui veulent juger, ils ne peuvent occulter trois décennies.

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mercredi 20 janvier 2010

Du sport???


Faudra-t-il que quelqu'un meure?




Lu hier dans la Presse, ce commentaire de Patrice Lagacé dont je cite un extrait : «Ça se passe dans un match entre les Huskies de Rouyn-Noranda et les Remparts de Québec, dimanche, à Rouyn. Un joueur des Huskies, Patrice Cormier, saute sur la glace et se place sur la trajectoire de Mikaël Tam, en zone neutre. Tam fonce vers le territoire des Huskies. Il n’a pas la rondelle. Au moment de croiser le joueur des Remparts, Cormier lève le coude. Un coup vicieux, soudain, inutile et dangereux à la tête, qui stoppe la course de Tam violemment. Tam tombe et, scène terrible, entre en convulsions.»

La Ligue de hockey junior majeur du Québec devrait faire connaître ce vendredi après-midi la sanction disciplinaire qu’elle imposera à Patrice Cormier. En attendant, il a été suspendu indéfiniment par la LHJMQ.

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